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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2709629623
Éditeur : J.-C. Lattès (20/08/2008)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Le jour de sa mort, Julio Carrión, prestigieux homme d’affaires qui a acquis son pouvoir durant la dictature de Franco, lègue une fortune considérable à ses enfants. Il leur laisse également un passé incertain, caché, chargé de culpabilité, qui remonte à ses années dans la division azul, durant la guerre civile espagnole. À son enterrement, en mars 2005, son fils Álvaro, le seul à ne pas avoir voulu travailler dans les affaires familiales, est étonné par la présence... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
caro64
  05 mai 2011
Tout simplement fascinant… le coeur glacé m'a "happée", j'ai vraiment adoré ! Je pourrai en rester là, vous dire que ce livre fait plus de mille pages mais que dès que vous le commencerez vous ne le lâcherez plus et que vous ne vous rappellerez même pas qu'il y en avait autant, que vous ne voudrez plus qu'il finisse… le roman d'Almudena Grandes n'est pas un succès littéraire espagnol pour rien. Très bien écrit, il retrace une grande partie de l'Histoire contemporaine de l'Espagne. L'incursion de la fiction sur le terrain de la guerre civile espagnole est menée avec maestria.
Soit une fresque intense, captivante, qui commence par l'enterrement du patriarche Julio Carrion, mort à 83 ans d'une crise cardiaque, en 2005. Sa veuve et ses cinq enfants se retrouvent au cimetière. La présence discrète d'une inconnue trouble l'un des fils, Alvaro, prof de physique à l'université de Madrid, marié et père d'un petit Miguel. Cette vie tranquille va voler en éclats au contact de ladite inconnue, une certaine Raquel Fernandez Perea, jeune banquière de 35 ans, jolie, intelligente. Elle révèle à Alvaro quel lien inattendu l'unissait à son père. Malaise. Alvaro s'interroge. Qui était vraiment cet homme de tempérament aux origines modestes devenu richissime ? Comment avait-il fait fortune ? Impossible d'empêcher le passé de refaire surface. Un passé poisseux, qui empoisonne peu à peu le présent d'Alvaro et des siens, mais qui le précipite, contre toute attente, dans les bras de Raquel... Soit plus de 1000 pages où se croisent, se recroisent, chapitre après chapitre, une fois au passé, une fois au présent, une belle histoire d'amour, mais aussi celle de deux familles espagnoles intimement liées, deux familles qui ont chacune des secrets très lourds à porter. 1072 pages pour nous plonger dans "juste une histoire espagnole comme les autres". Une histoire étonnante et ambitieuse. Il aura fallu quatre ans de recherche à son auteur pour écrire cette extraordinaire saga familiale enkystée dans le XXième siècle et ses guerres.
Almudena Grandes noue une intrigue qui lui permet de retracer 70 ans d'histoire de l'Espagne à travers la vie des deux familles de bord opposé : les sombres périodes de la guerre civile, de la seconde guerre mondiale, de la dictature franquiste et l'après dictature.
A lire absolument pour connaître le destin de ces milliers de personnes qui se battirent pour leurs idées jusqu'à tout perdre y compris la vie, pour comprendre ce que cela signifia de continuer à vivre pour les exilés républicains de 1939, ce que signifia pour eux l'incompréhensible bienveillance des démocraties européennes vis à vis de Franco à la libération, ce qu'ils ressentirent lorsque, enfin de retour en Espagne, ils comprirent que tout avait été fait pour les oublier ... Les héros du roman vérifient à leurs dépends que la vérité et le devoir de mémoire, pourtant indispensables, engendrent aussi douleur et violence. Impossible de tout dire, tant le roman offre de thèmes de réflexion et de sentiments divers tout en nuance. Si on ne peut s'empêcher d'être souvent ému à la lecture, c'est que chaque détail est inspiré de "vraies vies" et il faut absolument lire la note, émouvante, en fin de roman où l'auteur remercie individuellement les espagnols qui ont accepté de témoigner avec beaucoup de dignité.
Ce roman est magnifique, tant par le souffle historique que l'écriture, tout est parfait. Ne vous laissez pas impressionner par ce pavé, ça en vaut vraiment la peine ! Bouleversant, poignant, il retentira longtemps en vous, tel un chant flamenco andalou : envoûtant. Ce livre se dévore comme une saga, avec ce petit supplément d'âme qui donne l'impression d'en sortir grandi.
Après une lecture aussi prenante, je me demande sur quoi je vais bien pouvoir enchaîner ... C'est le problème avec les "coups de coeur" !
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mariecesttout
  02 avril 2014
Très bien traduit de l'espagnol par Marianne Millon
En exergue:
L'une des deux Espagnes
Saura te glacer le coeur
(Antonio Machado)
1936/1939 : cette courte période a changé la vie de toute une génération espagnole et influé grandement sur les suivantes jusqu'à aujourd'hui. La guerre civile espagnole est le fond historique de ce très long roman ( plus de 1000 pages), à travers le récit du destin de deux familles. Cela commence par un enterrement, celui de Julio Carrion Gonzalez.
Auquel assiste bien sûr sa famille, mais aussi Raquel, que personne ne connaît. Ou plutôt ne reconnaît. Car ce n'est pas vraiment une inconnue.
Cette famille Gonzales, elle l'a déjà vue une fois, avec son grand-père. Rentré en Espagne d' un long exil en France après la mort de Franco. Et après cette visite, c'est la seule et unique fois qu'elle l'avait vu pleurer ce grand-père. Après, elle n'en avait plus entendu parler, car les histoires espagnoles, il vaut mieux ne pas trop en parler pour ne pas se glacer le coeur.
A travers une multitude de petites histoires ( qui sont, l'auteur l'explique dans le chapitre situé à la fin, tout à fait historiquement vraies) , Almudena Grandes raconte dans un désordre chronologique qui perd le lecteur un peu au début ( heureusement qu'il y a un arbre généalogique!) les engagements, les guerres au sein des mêmes familles, les drames, les atrocités de cette guerre, mais aussi la malhonnête et l'opportunisme de certains.
C'est très bien construit et tout à fait passionnant, du moins toute la partie historique. Moi qui adore découvrir l'histoire par le biais de récits de destins individuels, je ne peux pas cacher le plaisir pris à cette lecture.Même si c'est quelquefois un peu long, mélo,et laborieux essentiellement dans l'histoire passionnelle entre Alvaro,un des fils de Julio, et Raquel.
Mais comme le récit est bien mené, les révélations successives font qu'une fois commencé, il est difficile d'arrêter de tourner les pages pour savoir enfin ce qui s'est réellement passé!
La partie historique,donc, mais également ce qui est le vrai thème de ce roman, l'influence de l'histoire sur la vie actuelle dans les familles espagnoles. Ceux qui veulent tout savoir et ceux qui ne veulent rien savoir. Lourd à porter, dans une histoire nationale, une guerre civile..
Très bon moment de lecture.
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nadejda
  18 juillet 2011
Un roman-fleuve qui emporte, colossal et captivant. Almudena Grandes nous fait pénétrer au coeur de la vie de deux familles espagnoles, les Carrion et les Fernandez, dont on partage les espoirs, les déchirements et les souffrances, les amours et les haines, les trahisons et les deuils. Tous vont être entraînés dans le flot mouvementé et tragique de l'histoire espagnole de l'avènement de la 1ère République en 1931 puis la victoire du front populaire espagnol en 1936, suivi du soulèvement des carlistes et phalangistes qui mène à la guerre civile de 1936 à 1939, pour aboutir à la soumission de l'Espagne sous la dictature franquiste. 
La fin de la dictature, en permettant le retour des exilés, fera rejaillir le poids du passé sur les enfants et petits-enfants qui, de soupçons en questionnements, vont rompre le silence et mettre au jour des liens et des facettes de leurs parents qu'ils n'imaginaient pas.
Le lecteur est tenu en haleine de bout en bout, car Almudena Grandes parvient à nouer une intrigue qui, au fil des retours en arrière, ne se dévoile que très progressivement et fait s'imbriquer tous ces destins qui se croisent comme les pièces éparpillées d'un puzzle dont on finit par trouver la place.
Ainsi d'Alvaro, fils de Julio Carrion riche homme d'affaires madrilène, qui va découvrir la complexe et trouble personnalité de son père à la faveur de sa rencontre avec Raquel Fernandez Perea, mystérieuse jeune femme, présence troublante, entrevue au cimetière lors de l'enterrement de ce père dont il dit et répète plusieurs fois qu'« il avait été un homme beaucoup plus extraordinaire que nous, ses enfants, ne l'étions devenus».
Et pourtant...l'image lumineuse du séducteur et du magicien va se fissurer. La passion qui naîtra entre Alvaro et Raquel, fille et petite fille de républicains exilés en France, va faire basculer la vie d'Alvaro en la bouleversant de fond en comble. Car... «...de nombreuses années s'écoulèrent, avec leur cortège de changements, mais Raquel Fernandez Perea ne cessa jamais de regarder le ciel. Et elle n'oublia jamais le nom de l'homme qui avait fait pleurer son grand-père.»
Une fois entamé, j'ai été prise dans les rets de ce roman historique riche de grands moments d'émotion et de nombreux personnages très attachants. J'ai essayé de freiner, de faire quelques poses en sachant qu'une fois arrivée au bout d'un tel livre j'allais en être triste et me sentir vide et désoeuvrée mais j'y suis revenue très vite et j'y reviendrai sans doute encore.
Car la note de l'auteur, en fin de volume, intitulée «De l'autre côté de la glace», ne fait que renforcer l'intérêt passionné pour cette lecture où la réalité l'emporte sur la fiction..... A l'épigramme extrait d'un poème de Antonio Machado, mort d'épuisement à Collioure en février 1939, «Petit espagnol qui vient au monde/ Que Dieu te préserve,/ Une des deux Espagnes saura te glacer le coeur» répond une déclaration, toujours d'Antonio Machado, en décembre 1938, placée à la fin «... pour les stratèges, pour les politiques, pour les historiens, tout est clair : nous avons perdu la guerre. Mais sur le plan humain, je n'en suis pas si sûr... Nous l'avons peut-être gagnée.»
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Cath36
  28 octobre 2012
Le Coeur glacé, qui est l'histoire de deux familles espagnoles du régime de Franco à nos jours, est un livre à la fois passionnant et éprouvant. Éprouvant parce qu'il m'a fallu du temps pour rentrer vraiment dedans, d'une part parce que j'ai eu beaucoup de mal à situer les personnages des deux familles (heureusement du reste qu'il y a deux arbres généalogiques au début), et d'autre part parce que les allers et retours entre le présent et le passé m'égaraient passablement. Et puis ce livre est long, et Grandes donne parfois l'impression de noyer le poisson, alors que l'histoire est déjà fort compliquée. Mais ce livre est en même temps absolument passionnant , parce qu'il situe une époque à travers des vies qui en ont été témoins, et qu'il décrit des vies dans le contexte d'une époque qui seul permet de comprendre et de juger, avec le recul qui est celui du romancier, ou de l'historien. Ce texte est à la fois saga, témoignage et documentaire sur ce qu'ont vécu les espagnols, émigrés ou non, pendant et après la guerre civile, sur les trahisons, les amitiés, les rancunes, les vengeances et finalement la réconciliation au coeur d'une belle et douloureuse histoire d'amour. Tout y est passé au crible et aucun sentiment n'échappe à Grandes, dont l'écriture, percutante, analyse avec acuité chaque situation, chaque personnage. Roméo et Juliette de deux familles ennemies, Alvaro et Raquel, les deux amants, sont encore plusieurs décennies après, victimes d'un passé très lourd, qui, comme l'aile du papillon continue de provoquer tempêtes et remous, remords et rancoeurs. Pas plus que l'Europe n'est ressortie indemne du nazisme, l'Espagne ne l'a été du franquisme, et Grandes démontre avec brio les ravages d'une guerre fratricide. Un très grand roman.
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litolff
  04 mai 2010
Coup de foudre !
Voilà un roman qui m'a empêchée de dormir plusieurs nuits durant (il est gros !) et que j'ai dévoré avec frénésie, espérant comme dans tous les chefs-d'oeuvre que ça ne se termine jamais...
Pour Raquel, Alvaro quitte son épouse et son fils.
Mais cette passion prend un tour déchirant lorsque les origines de chacun apparaissent au grand jour. Elle, est descendante de républicains exilés en France, lui, fils d'un odieux opportuniste qui a bâti sa fortune sous Franco.
Divine ballade espagnole, fresque magistrale d'un pays encore hanté par les décennies franquistes. On y redécouvre avec effroi les horreurs et les tourments commis et subis dans les deux camps autour d'une histoire d'amour déchirante, écrite (et traduite) dans une langue magnifique et documentée de façon irréprochable.
Almudena Grandes maîtrise avec brio un sujet difficile, une tragédie qui a divisé l'Espagne pendant de longues décennies et y introduit un souffle romanesque absolument irrésistible : bouleversant, passionnant, tout simplement exceptionnel !!!
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   29 octobre 2012
"Tout le monde avait peur, les riches et les pauvres, les gens instruits et ceux qui ne l’étaient pas, tout le monde, très peur. Casilda avait peur, et ton grand-père et ses parents aussi. Ils avaient peur pour elle, pour le petit, toi...Tu ne sais pas de quoi tu parles, Raquel, tu ne peux même pas l'imaginer."... Pour tous, le temps avait passé, mais la peur demeurait, aussi puissante, aussi provocante, aussi infranchissable qu'une montagne aux sommets enneigés que les villageois s'habituent à regarder de la plaine, pendant des années, sans oser imaginer que quelqu'un puisse l'escalader, arriver au sommet, et contempler ce qu'il y a de l'autre côté.
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litolfflitolff   17 mai 2010
Les femmes ne portaient pas de bas. Leur genoux larges, bombés, charnus, soulignés par l'élastique des chaussettes, dépassaient parfois de leurs robes, qui n'étaient pas des robes, mais des sortes de housses en toile légère, sans forme et sans revers, auxquelles je n'aurais jamais su donner un nom. Ce fut ce qui attira mon attention sur elles, plantées comme des arbres étiques dans l'herbe négligée du cimetière, sans bas, sans bottes, sans rien d'autre pour se couvrir qu'une veste en gros tricot qu'elles serraient contre leur poitrine avec leurs bras croisés.

Les hommes ne portaient pas de manteau non plus, mais ils avaient boutonné leurs vestes, en laine épaisse elles aussi, plus sombres, pour dissimuler leurs mains dans leurs poches de pantalon. Ils présentaient entre eux la même ressemblance que les femmes. Ils avaient tous une chemise boutonnée jusqu'au cou, la peau rêche, rasée de frais, et les cheveux très courts. Certains avaient coiffé un béret, d'autres non, mais leur posture était la même, les jambes écartées, la tête très raide, les pieds bien campés sur le sol, des arbres comme elles, courts et massifs, capables de supporter des calamités, très vieux et très robustes à la fois.
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nadejdanadejda   16 juillet 2011
Ils s’étreignirent sans rien ajouter, et celui qui survécut se rappela toujours cette étreinte, la conserva parmi les instants les plus précieux de sa vie, l’évoqua avec la cupidité de l’avare qui compte son argent sans se lasser et le revécut souvent, dans les périodes les plus dures et dans les meilleures, entre l’éblouissement de l’amour et l’attente de la mort, entre la rapidité de l’infortune et la lenteur de la prospérité, entre l’odeur de peur que dégageaient les wagons des trains, celle des nuits à la belle étoile et l’oubli inconscient de l’odeur de la peur, et après, avec les émotions et les désirs, avec les dimanches et les jours ouvrables, avec la chaleur du corps de sa femme les nuits d’hiver où il fallait s’emmitoufler et les rires de leurs enfants qui grandissaient sans le fardeau épuisant de la mémoire, Ignacio Fernandez Munoz conserva toujours le souvenir de cette étreinte comme un trésor sans prix, le sauf-conduit qui lui permit de rester vivant, d’arriver à être heureux dans un monde où Mateo, son frère n’existait plus. p310
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caro64caro64   04 mai 2011
Pour vivre ici (en Espagne), il y a des choses qu’il ne vaut mieux pas savoir, voire ne pas comprendre, tout laisser en l’état : les branches du pommier perpétuellement nues, les fruits par terre, disposés avec soin, astuce avantageuse et mesquine qui plaît au scénographe habitué à travailler sans témoins, car ceux qui ne sont pas encore des cadavres sont déjà morts de peur. (…) Par amour ou par calcul, pour protéger une fillette en particulier ou ses propres arrières, il vaut mieux ne pas savoir, ou mieux encore, que personne ne sache, et tant d’années se résument à ça, trois générations entières, presque un siècle de douleur, d’orgueil.
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litolfflitolff   16 novembre 2010
Parce que nous sommes espagnols et que les Espagnols ne peuvent jamais être entièrement heureux, une variété domestiquée et ivre de désespoir se penchait sur les commissures des lèvres, l’humidité des yeux, les arêtes du visage de ces hommes secs, consumés, épuisés par l’exercice constant de leur dureté, qui levaient un verre pour recommencer, l’un après l’autre, "morte la bête, mort le venin".
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Vidéo de Almudena Grandes
Bande-annonce de Castillos de Carton, adapté de l'oeuvre d'Almudena Grandes par Salvador García Ruiz (2009)
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