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EAN : 9791091328739
70 pages
Éditeur : Gope éditions (09/03/2020)

Note moyenne : 5/5 (sur 7 notes)
Résumé :
J’ai respiré les arômes rouges de la fleur nationale malaisienne et son essence s’est infiltrée en l’âme de ma chair, entre les pages rouges de mon carnet de déambulations dont je vous ouvre le poémier-fleur :

« Changement de fuseau à l’aéroport
le téléphone adopte l’heure malaisienne.
Six heures dans ma tête, minuit dans mon corps
j’ai fait cette nouvelle heure mienne.

Selamat datang ke Malaysia! »

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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
OZALID
  05 août 2020
CETTE MALAISIE LAH
(Patricia Houéfa Grange)
Voyage… Évasion… nos désirs d'ailleurs mis un peu en pénitence en ces temps de confinement, d'isolement.
Et pourtant, cela ne signifie pas repli sur soi : voyager, s'évader est toujours à notre portée. Ouvrir un livre, un album, un carnet de voyage.
Celui que je vous propose est un joli « Carnet de déambulation en prose pantounée » ainsi que le décrit son auteure Patricia Houéfa Grange : Cette Malaisie lah ! publié chez GOPE éditions.
Le pantoun malais dont Patricia Grange accompagne ses notes de voyage est un poème court (quatrain) dont l'auteure est friande et dont elle joue en virtuose et c'est donc aux sources qu'elle est allée à sa rencontre.
Éclats de rires et fumets de grillades
Bukit Bintang fait la fête
L'étrangère déambule en promenade
Coeur qui tangue à fleur de quête.
Belle déambulation où chantent les noms des lieux visités : Kuala Lumpur, Penang, Ipoh, Cameron Highlands, Gunung Brichang, Malaka, Selangor, etc… Pour ceux qui ont peur de s'y perdre et d'y perdre le nord, une carte est fournie, un itinéraire jalonné de papillons. Pour rappel le blog de Patricia s'intitule http://www.papillonsdemots.fr/
Balade à travers les rues, les atmosphères que Patricia Grange capte, tous sens déployés. « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». À sa suite, nous voilà pourvus d'une kyrielle de mots colorés, acidulés, à faire claquer ou à laisser fondre lentement comme bonbons.
La fête des sonorités de la langue malaise que Patricia prend plaisir à scander.
La fête bat et résonne
Dans les nuits de Penang
Le malais claque et sonne
Sur le bout de la langue
Plaisir de mon propre voyage s'insinuant dans « cette Malaisie lah » !
« lah est ce petit intensif malais à placer partout où nécessaire qui vous signe un Malaisien aussi infailliblement qu'en un certain pays les Français seraient surnommés ouh lala » dit la préface de Georges Voisset.
Il est vrai qu'on a envie de s'exclamer à chaque étape, à chaque paysage, à chaque saveur découverts.
J'aime le voyage sous l'égide de Patricia Grange ; il nous donne tellement à ressentir car l'auteure habite ces villes, ces rues, ces mets, ces bruits, les sort de leur exotisme touristique trop superficiel. Comme elle, nous ressentons les êtres et les choses du dedans, leur âme.
« Selangor j'ai habité la nuit de ta peau » susurre-t-elle. « Absorber le moment de toutes ses fibres, de chacun de ses pores » … Ainsi va la voyageuse qui finit par trouver le havre qu'elle aimerait habiter, Melaka : « de toutes les villes traversées c'est celle qui me ressemble le plus ». Et elle sait où sont ses attaches. Melaka, elle la compare à Bordeaux « qui lui colle à la peau » ; elle y retrouve aussi un peu de son pays de naissance, le Bénin.
« À des dizaines de milliers de kilomètres du petit pays d'Afrique où je suis née, un petit pays d'Asie m'a rendu une partie de moi-même. Tout en m'offrant des couleurs, des saveurs et des odeurs qui lui sont propres. »
Philosophie du voyage qui lui donne toute sa richesse. Et moi, loin de la Malaisie, loin de Bordeaux, loin de Cotonou, j'ai vibré à toutes les péripéties de son parcours… et avec cette citation, me voilà revenue aux premières pages du carnet de Patricia, presque sans m'en apercevoir. J'ai adopté ses sauts de puce, confortablement installée, hors des fatigues des déplacements, des attentes en aéroports… Je n'ai qu'à me laisser emporter par ses impressions auxquelles se mêlent les miennes. Au hasard des pages feuilletées, je suis prête à retrouver : Kuala Lumpur, Penang, Ipoh, Cameron Highlands, Gunung Brichang, Malaka, Selangor, etc .
Juste un au revoir murmuré sur le pantoun de clôture :

(Monique Merabet 29 avril 2020)
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Norlane
  18 décembre 2020
Un format carré comme j'aime pour la poésie, un joli choix de papier et de typographie, des illustrations délicates, ce livre me plait de prime abord, ça compte.
Et puis je lis la préface qui parle de bonbons et explique le pantoun - quatrain rimé codifié venu de Malaisie. Je suis intriguée.
Et puis vient le carnet de voyage qui mêle prose et pantoun, lieu après lieu les sensations, les émotions, d'une Béninoise bordelaise découvrant ce pays asiatique mélangé d'influences, et c'est très beau. le rythme d'une conteuse, le plaisir des sons des mots, des langues entremêlées, des rimes dans les quatrains (pauvre rime délaissée par la poésie contemporaine...), qui nous emmène dans le voyage sans avoir besoin de connaitre, ni la Malaisie, ni le Bénin et Bordeaux qui apparaissent aussi, même si j'ai aimé que son passage dans les Cameron Highlands me rappelle @Le jardin des brumes du soir.
Le glossaire à la fin est parfait mais on peut lire sans s'y référer. Et puis relire. Parce que ce petit livre donne envie d'y retourner.
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MarianneDesroziers
  02 juillet 2020
Depuis un peu plus de 10 ans, les éditions GOPE éditent des livres (dans différents genre : B.D. poésie, romans essais) concernant la Thaïlande, la Malaisie, le Cambodge, l'Indonésie, Hong Kong avec un attention particulière portée aux auteurs ayant une double culture.
Je les découvre grâce à ce joli livre de Patricia Houéfa Grange, traductrice, performeuse, conteuse, danseuse, dessinatrice, origamiste émérite et surtout poétesse et grande voyageuse dont je vous invite à visiter le site ici !
Et c'est bien de poésie et de voyage dont il est question dans ce livre en forme de carnet de voyage tendrement illustré par ses soins.
Nul besoin d'être spécialiste du pantoun - cette forme particulière de poème court - ni d'être déjà allé en Malaisie pour se régaler de ces pages enchanteresses où se mêlent prose, poésie et illustrations colorées et très vivantes. le lecteur se transforme en petite souris sur les pas de Patricia qui voyage en vraie épicurienne, prête à goûter de nouveaux mets, à sentir de nouvelles odeurs parfois entêtantes, à se mêler à la foule et à s'enivrer de l'ambiance des différents quartiers des villes et des paysages naturels de la Malaisie qu'elle explore avec gourmandise. Car ce qui la guide c'est la rencontre authentique de l'Autre qui se double d'une approche très sensorielle du pays, les cinq sens à l'affût de toute nouvelle expérience. Elle voyage en poète : comment faire autrement quand on est poète?
Si la découverte d'un pays et de ses différentes facettes est au coeur de ce livre, on apprécie aussi les ponts construits par Patricia entre la Malaisie et d'autres lieux chers à son coeur : Bordeaux sa ville d'adoption, le Bénin de son enfance, mais aussi d'autres pays visités comme le Mexique. On se prend à réclamer d'autres livres, sur d'autres voyages... un livre sur le Bénin aussi.
A signaler, la très belle préface de Georges Voisset, cofondateur de Pantun Sayang et directeur de publication de Pantouns et genres brefs.
Un livre qui ne s'épuise pas à la première lecture et qui donne envie de voyager mais aussi de lire de la poésie, des carnets de voyage et de redécouvrir les grands écrivains voyageurs comme Nicolas Bouvier.
Merci à Patricia Houéfa Grange pour cet excellent moment de lecture et ce livre si réjouissant, lumineux, frais, léger et profond à la fois qui respire l'amour de la vie.
Lien : https://lepandemoniumlittera..
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Luceaflorent
  16 novembre 2020
Cette Malaisie Lah ! vous offre une expérience multisensorielle qui se déguste comme une mangue bien juteuse, s'écoute comme le chant mémorable d'un voyage intérieur et intime, se touche avec le contact de sa divine couverture, résonne en vous comme des incantations mystiques ou des mélopées séculaires venues de nos communes mémoires. Ses volutes de fumée d'encens emplissent votre bouche assoiffée qui s'abreuve au lait sucré distillé par la prêtresse poétesse Patricia Houéfa Grange. Cette dernière nous fait voyager vers un ailleurs si familier et si inédit que nos sens sont chavirés. J'ai habité ce livre "comme une seconde peau" à même de guérir mes maux, j'ai goûté son fruit ardent comme le creuset incandescent des volcans antillais et j'ai tutoyé un instant la plénitude d'une terre de "l'entre-deux", une terre teintée d'éternité. Je vous invite donc à embarquer sur la chaloupe rêveuse d'une amoureuse des mots et des rencontres aux antipodes qui pourtant vous reconnectent à votre moi profond. Ce voyage lah ! vous laissera un souvenir impérissable et vous hantera pendant longtemps.
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clairelisecoux1
  05 août 2020
Quel délice de suivre les pas de Patricia Houéfa Grange dans ce petit pays d'Asie peu connu qu'est la Malaisie !
Ce recueil, qui mêle avec brio prose et poésie, nous emmène au coeur de la Malaisie, un coeur vibrant, vivant, sonore.
Se mélangent avec art les couleurs, les odeurs, les saveurs, les bruits, sollicitant la totalité de nos sens tout au long de la lecture. L'utilisation çà et là de la langue malaise enrichit, en outre, ce carnet des sonorités propres à cette langue si particulière.
Nous voyageons, de chapitre en chapitre, à travers les paysages, les villes, les sites que Patricia a découverts avec curiosité, gourmandise, et toute l'intensité et la joie de vivre qui la caractérisent. Ce carnet de voyage fascine par la façon dont l'auteure décrit ses ressentis et nous les livre avec force, quels qu'ils soient.
Elle évoque aussi avec beaucoup d'émotion ses rencontres amicales et on ressent la chaleur des liens qu'elle a pu nouer sur place autour d'un repas ou ailleurs. On entend les rires, on se réjouit des petits cadeaux glissés à son départ dans son sac.
C'est donc un carnet presque intime qu'a rédigé Patricia, ce qui le distingue de bien des carnets de voyage.
L'écriture est d'une précision d'orfèvre et les pantouns ponctuent avec grâce la rivière des mots. Patricia nous prouve, une fois de plus, avec quel brio elle maîtrise l'art du pantoun.

"Tapis de fleurs d'angsana
offrandes jaunes vers les temples.
L'encens s'élève vers Bouddha
mille prières me contemplent."

"Forêt moussue, forêt primaire
refuge des divinités.
À hauteur de lichen et fougères
habiter l'éternité."

"Forêt vierge des songes
vole, vole, le bel oiseau frêle.
Ne brise pas ce vrai mensonge
où s'ébat mon âme-tourterelle."

"Dans le ciel, la pleine lune luit
lucioles dans les branches.
Selangor m'a éblouie
ma nuit sera blanche."

J'ai refermé à regret ce carnet habité jusqu'à la dernière ligne. Très émouvante en effet la dernière promenade évoquée dans ce carnet qui met "à l'envers" le coeur de Patricia.
"Dernière promenade. Essayer, essayer de ne pas y penser. Essayer de ne pas penser. Essayer de ne plus être que dans l'instant. Essayer, essayer, essayer… ".
Lien : http://leclosauxpoemes.eklab..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
MarianneDesroziersMarianneDesroziers   02 juillet 2020
Kuala Selangor

Selangor. J'ai habité la nuit de ta peau.
Douceur du soir. Tendre mon visage au vent tiède. Fermer les yeux. Cette odeur de marée légère particulière aux petites villes du bord de l'eau.
Selangor. J'ai habité la nuit de ta peau.
Lune gibbeuse. Petit restaurant aux pieds baignés de rivière presque sur pilotis. Partager le sel de la pêche en bonne compagnie. Poissons et fruits de mer nourrissent l'amitié. Fermer les yeux. Absorber le moment de toutes ses fibres, de chacun de ses pores
+ Lire la suite
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LiseSLiseS   05 août 2020
Selangor. J'ai habité la nuit de ta peau.
Douceur du soir. Tendre mon visage au vent tiède. Fermer les yeux. Cette odeur de marée légère particulière aux petites villes de bord d'eau.
Selangor. J'ai habité la nuit de ta peau.
Lune gibbeuse. Petit restaurant aux pieds baignés de rivière, presque sur pilotis. Partager le sel de la pêche en bonne compagnie. Poissons et fruits de mer nourrissent l'amitié. Fermer les yeux. Absorber le moment de toutes ses fibres, de chacun de ses pores.
Selangor. J'ai habité la nuit de ta peau.
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