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ISBN : 2211236537
Éditeur : L'Ecole des loisirs (07/03/2018)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 61 notes)
Résumé :
1921 Les guerres indiennes sont loin. Leurs survivants ont, pour la plupart, été parqués dans des réserves où ils végètent, misérables, abandonnés à leur sort.Une exception à cette règle : le peuple osage. Il s'est vu attribuer un territoire minéral aux confins de l'Oklahoma. Or ces rochers recouvrent le plus grand gisement de pétrole des États-Unis. Les Osages sont millionnaires, roulent en voitures de luxe, envoient leurs enfants dans les plus prestigieuses univer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Franckync
  12 juillet 2018
Titre : La note américaine
Auteur : David Grann
Editeur : Editions Globe
Année : 2018
Résumé : Acculés sur des terres arides et montagneuses de l'actuel Oklahoma, les derniers rescapés de la tribu Osage survécurent paisiblement sur ces terres inhospitalières jusqu'à la fin du XIX ème siècle. Lorsque des arcs en ciel apparurent à la surface des ruisseaux les grandes compagnies prirent soudain conscience que ces miséreux était propriétaires du gisement pétrolifère le plus fructueux d'Amérique du nord. Ce fut alors l'opulence pour la tribu, une opulence de courte durée puisque meurtres, disparitions et empoisonnements décimeront ses membres les uns après les autres. le scandale provoquera des remous jusqu'aux plus hautes sphères de l'état et c'est alors qu'un certain J Edgar Hoover profitera de l'affaire pour asseoir son pouvoir au sein de l'administration américaine. Ce furent alors les prémices du FBI et des méthodes d'enquêtes modernes.
Mon humble avis : Une histoire tirée de faits réels, une enquête minutieuse, une prochaine adaptation cinématographique par l'immense Martin Scorcese, autant d'arguments convaincants pour que votre serviteur ne passe pas à côté de cette note américaine. Ajoutez à cela une réputation élogieuse, un roman précédent extrêmement convaincant - The lost city of Z - et vous comprendrez aisément avec quelle impatience je m'attaquais à ce texte. Trop d'attente ? Trop d'avis dithyrambiques ? Mon avis sera malheureusement mitigé et je vais tenter de vous en expliquer les raisons. Pour commencer Grann est journaliste et cela se sent dès les premières lignes, le style est aussi froid que précis voir méticuleux à l'excès. Si l'on sent un immense travail d'enquête l'auteur reste à la lisière de ses personnages et petit à petit s'installe une distance tenue entre le texte et son lecteur. Certains adoreront ce style, ce n'est pas mon cas et je me suis souvent imaginé ce qu'aurait fait Tom Wolfe d'une histoire pareille. Vraiment désolé d'aller à contre-courant de nombreux lecteurs mais malgré d'évidentes qualités le bouquin de Grann ne me laissera qu'un souvenir tenace, celui d'être passé à côté du grand roman que méritait cette sombre histoire de cupidité, d'injustice et de racisme. Car l'histoire est passionnante, édifiante et l'un des talents principal de l'auteur est d'en dépeindre tous les enjeux avec précision, d'en explorer chaque rouage quitte à négliger l'humanité de ses personnages. Ce n'est que mon humble avis, forcément subjectif, mais j'ai fini ce bouquin avec soulagement et la tête dans les étoiles en imaginant l'adaptation prochaine qu'en fera Scorcese.
J'achète ? : Non et une fois n'est pas coutume je te conseillerais de patienter jusqu'à la sortie prochaine du long métrage. Difficile de faire des comparaisons en matière de littérature mais La note américaine m'a souvent rappelé un autre roman encensé : La serpe de Jaenada. Dans les deux cas je n'ai pas accroché au texte mais visiblement il y a de nombreux amateurs alors je te laisse seul juge...
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belette2911
  06 janvier 2019
L'Oklahoma est une terre aride, sans perspectives intéressantes, d'ailleurs, ceux qui y firent la première ruée, surveillés par Lucky Luke, quittèrent vite cette terre de misère.
Quoi de plus naturel, alors, pour le Gouvernement Blanc d'y parquer les Osages, peuplade Indienne, qui, comme les autres tribus, gênait ces messieurs dans leurs grands projets d'aménagement du territoire ?
Allez hop, cassez-vous là-bas, bande d'emplumés ! (ceci est la pensée de l'époque et non la mienne, je précise pour ceux/celles qui ne l'auraient pas compris).
Mais si la terre de l'Oklahoma n'est guère propice à la culture, son sous-sol est riche d'une substance noire et puante : le pétrole ! Sortez les derricks et faites revenir Lucky Luke pour s'y balader à l'ombre de ces derniers.
Je plaisante, pourtant, il n'y a rien qui prête à rire dans ce roman mais je me devais d'évacuer la tension et la rage dirigée contre "ma race" (les Blancs) et le gouvernement américain.
Après les avoir retiré de leurs terres, on a balancé les Indiens dans des coins de misère, on leur a enlevé les bisons, la possibilité de les chasser, de vivre dignement, de continuer leurs rites, on les a rationné, le Gouvernement n'a pas payé pas l'argent qu'il leur devait (ou alors, il l'a fait en ration de bouffe merdique), on a voulu les assimiler de force à nos coutumes de Blancs et si des Indiens sont devenus riches grâce au pétrole, on a estimé qu'ils n'étaient pas capables de gérer leur argent et donc, on les a mis sous tutelle de curateurs ultra véreux et voleurs…
Je ne vous dis pas le nombre de fois où j'ai vu rouge… Dans ces pages, la cupidité, le racisme, la mauvaise foi, l'injustice, la jalousie et l'envie de ce que l'autre possède sont légion, comme si toute une partie des salopards de l'Amérique s'étaient donné rendez-vous sur cette terre dont personne ne voulait avant.
Pourtant, les Osages avaient bien négociés les droits de l'exploitation du pétrole, ils avaient été malins car leur vision était sur le long terme et avaient blindé la chose en faisant en sorte que les parts de chaque membre ne soient transmissibles que par héritage.
Trop malins sans doute, ce qui a énervé l'Homme Blanc, obligeant les Osages à avoir des curateurs Blancs. Quand Homme Blanc pas content de voir Or Noir filer entre ses doigts, lui toujours faire ainsi pour spolier l'Autre.
Ce roman qui a tout d'un roman noir n'est pas une fiction, hélas, tout ceci est réel : le pétrole sur leurs terres, ainsi que les meurtres crapuleux qui touchèrent des Osages et les différentes enquêtes qui eurent bien eu lieu mais se soldèrent par un grand point d'interrogation tant on leur mettait des bâtons dans les roues ou des couteaux dans le dos.
À la manière de Truman Capote, pour son roman "De sang-froid", David Grann nous plonge dans l'histoire en temps réel, nous présentant les différents protagonistes, leurs assassinats, les peurs des autres, les enquêteurs qui piétinent ou qui disparaissent mystérieusement, jusqu'à ce qu'on balance un certain J. Edgar Hoover à la tête de l'enquête.
Enfin, pas vraiment lui, mais les hommes de son Bureau Fédéral d'Investigation qui devront autant jouer à Sherlock Holmes qu'a James Bond afin de s'infiltrer sans se faire remarquer. Et dans ce rôle, Tom White fut extrêmement bon enquêteur.
Chaque fois qu'un personnage entre dans la danse, l'auteur nous offre une courte biographie de ce dernier, allant même jusqu'à nous parler de son enfance, de ses parents, de ce qu'il a vécu, le tout au détriment de l'intrigue puisque nous en perdons un peu le fil mais l'avantage est que l'auteur nous y replonge assez vite.
Ce procédé ne m'a pas dérangé, il m'a permis de mieux faire connaissance avec tout le monde et j'ai eu l'impression de découvrir l'Amérique par le petit bout de la lorgnette, mais cela pourrait rebuter les lecteurs qui chercheraient un récit linéaire et dont la bio de chacun serait intégrée au texte, fondue dans l'histoire.
Les recherches qu'a dû faire l'auteur furent colossales, ça se sent bien dans son texte et en plus de la bio du personnage et ses actions, nous avons souvent eu droit à une photo de lui et de sa famille, renforçant encore plus le caractère Historique de cette enquête.
Lorsque j'eus terminé ma lecture, je ne savais plus trop où je me trouvais tant j'avais été abasourdie, dégoûtée, ébranlée, choquée, déroutée par ce que je venais de lire.
Mélange entre le roman noir et historique, entre le récit vrai et le polar whodunit, ce roman inclassable ne laissera sans doute personne indifférent.
Roman saisissant de par le portrait de la communauté Osage qu'il nous offre et cette plongée dans un chapitre de l'Histoire sombre des États-Unis où les oppresseurs américains Blancs spolièrent les oppressés Osages avec une froideur et une mauvaise foi qui donne envie de gerber.
Glaçant, lorsqu'on finit les dernières pages et que l'on se rend compte que tout ne sera jamais vraiment élucidé et que des meurtriers courent toujours. Enfin, non, maintenant, ils ne courent plus, mais ils n'ont jamais été inquiétés.
Un dernier roman fort que j'ai lu avant de basculer en 2019… Si quelqu'un a un "Oui-Oui" à me prêter, je le lirai volontiers !

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encoredunoir
  07 mars 2018
Jusqu'au rachat par les États-Unis de la Louisiane française en 1803, les Osages peuplaient un immense territoire du centre du pays, entre Missouri et montagnes Rocheuses. Peu à peu confinés dans un espace sans cesse plus étriqué, confrontés à l'avancée des colons blancs, ils finirent par acheter au début des années 1870 des terres dans l'actuel Oklahoma. Leur histoire, à partir de ce moment aurait pu se dérouler sans grands bouleversements. Malins – et acculés – les Osages avaient en effet jeté leur dévolu sur des terres peu chères et surtout montagneuses, arides et désolées ; le genre d'endroit dont aucun blanc ne voudrait. Et puis, vers la fin du XIXème siècle, on s'aperçut que de jolis arcs-en-ciel apparaissaient parfois dans les ruisseaux. Quand, au début des années 1900, sous une nouvelle pression gouvernementale, les terres durent être redistribuées en partie, l'avocat des Osages, négocia une clause selon laquelle toutes les ressources du sous-sol appartenaient à la tribu. En pleine seconde Révolution industrielle, les Osages se retrouvaient assis sur d'importantes réserves de pétrole, ils en étaient les propriétaires et, surtout, ils s'étaient organisés pour que les parts de chaque membre ne soient transmissibles que par héritage. Tout cela était un peu frustrant pour le gouvernement qui, donc, obligea cependant chacun des propriétaires osages à avoir un curateur blanc pour gérer sa fortune. C'est que les Indiens, ces grands enfants, pouvaient être tentés de dépenser bêtement cet argent des droits d'exploitations délégués à des compagnies pétrolières qui tombait avec une régularité de métronome, ou plutôt de chevalet de pompage, sur leurs comptes en banque.
Mollie Burkhart avait de la chance. Cet Osage, propriétaire de parts, était tombé amoureuse d'Ernest Burkhart, un blanc, et l'avait épousé. Ernest était son curateur et le couple vivait assez confortablement sans avoir à se soucier de demander à qui que ce soit comment utiliser leur fortune. Mais Mollie avait aussi des soeurs et une mère. En mai 1921, Anna, sa soeur aînée, disparut. On retrouva son cadavre quelques jours plus tard, abandonné dans une ravine, une balle dans la tête. La mort d'Anna inaugurait ce que les Osages allaient appeler le Règne de la terreur. Plusieurs années durant, un nombre conséquent de membres de la tribu, dont une partie de la famille de Mollie, allaient trouver la mort dans des circonstances violentes : exécutions sommaires, empoisonnement et même dynamitage. Avocats ou détectives embauchés pour leur venir en aide n'y couperaient pas non plus, poignardés ou battus à mort sans que personne ne soit capable de retrouver les coupables et jusqu'à ce que, en 1925, l'affaire soit confiée à Tom White, ancien Texas Ranger devenu agent du Bureau of Investigation, futur FBI, sous les ordres d'un jeune fonctionnaire de Washington obsessionnel et ambitieux : J. Edgard Hoover. Avec une équipe d'agents sous couverture infiltrés dans la communauté du comté d'Osage, White allait peu à peu lever le voile sur les responsables du Règne de la terreur.
Tout cela pourrait sans problème constituer un formidable roman noir. On croise en effet dans La note américaine une formidable galerie de personnages ambivalents, du notable ambitieux au médecin douteux, en passant par des gangs de moonshiners, des flics en costard, des détectives qui semblent sortis d'un roman de Hammet et des politiciens plus véreux les uns que les autres. le livre de David Grann, pourtant, n'a rien d'un roman. Aussi oublié soit-il, le Règne de la terreur a bien existé, et Grann entend bien dans cet ouvrage, non seulement le rappeler, mais aussi montrer le sort qui fut réservé aux Osages par le gouvernement américain et enfin, faire la lumière sur tout un système de mise en place de cette terreur et d'exploitation de celle-ci à des degrés divers.
Journaliste et romancier, Grann a donc mis sa plume au service d'une recherche historique exemplaire, et réciproquement. Il donne ainsi naissance à une oeuvre de literary nonfiction de grande qualité divisée en trois grandes parties qui s'articulent parfaitement et viennent, l'une après l'autre, à la manière de poupées russes, dévoiler à chaque fois un nouvel aspect de cette fascinante histoire.
La première, à travers le personnage de Mollie et de sa famille, expose les débuts du Règne de la terreur tout en décrivant méticuleusement la situation des Osages. L'histoire de Mollie, de la manière dont elle est éduquée, arrachée pour cela à sa famille, forcée à la conversion au christianisme, considérée malgré tout par les autorités comme une éternelle mineure, la façon dont est distillée opiniâtrement aux jeunes Osages par les autorités la haine de soi, de sa langue, de ses croyances et de ses traditions… tout cela dresse un édifiant tableau de rapports entre Blancs et Osages d'autant plus inégaux que ceux qui imposent leur culture et leur vision du monde aux autres, sont ici ceux qui ne possèdent pas la supériorité économique. Handicap qu'ils compensent toutefois assez vite par le biais du système des curateurs.
La deuxième tourne autour du personnage éminemment romanesque de Tom White, de sa relation avec Hoover, et, surtout de sa détermination à démasquer et à traduire en justice les coupables dans des lieux gangrénés par la corruption et le mensonge. Il y a – c'est la seule comparaison qui me vient sur le moment – du Mississippi Burning dans cette histoire tragique. En filigrane, c'est aussi la manière dont Hoover crée et met définitivement le grappin sur le FBI qui apparaît.
Dans la troisième et ultime partie, c'est au tour de David Grann de se mettre un peu en scène et, surtout, de donner la parole aux descendants des protagonistes – victimes ou bourreaux – du Règne de la terreur. Il y montre comment cette affaire d'une rare abjection a peu à peu sombré dans l'oubli de la mémoire contemporaine américaine mais est demeurée extrêmement douloureuse au sein de la communauté osage et, par ailleurs, il ouvre de nouvelles pistes et démontre l'étendue véritable du Règne de la terreur et la façon dont un véritable système d'appropriation par la violence et la terreur a pu se mettre en place.
Ouvrage d'enquête historique exemplaire, formidable roman noir et saisissant portrait d'une communauté dans laquelle les liens entre opprimés et oppresseurs s'entremêlent jusqu'à la nausée, La note américaine est un livre captivant.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Bazart
  28 août 2018
Déjà auteur de la cité perdue de Z, subliment adapté l'an passé par James Gray, David Grann signe avec La Note américaine un récit à multiples entrées, mêlant les genres.

Cette enquête journalistique sur un épisode oublié de l'Histoire des États-Unis et qui nous mène à la rencontre des Amérindiens est assez effarante et passionnante : David Grann a reconstitué scrupuleusement les faits, se basant sur les archives et les témoignages.
Tout ce qu'il décrit semble en effet être le reflet exact de la réalité de ce “règne de la terreur” qui secoua la tribu des Osages au début des années 1920.
Ouvrage d'enquête historique exemplaire, formidable roman noir et saisissant portrait d'une communauté dans laquelle les liens entre opprimés et oppresseurs s'entremêlent avec effroi, La note américaine est un livre en tous points captivant et salutaire.
On annonce un film tiré du livre avec Martin Scorsese à la réalisation, Robert de Niro et Leonardo DiCaprio dans les rôles titres....

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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evascardapelle
  12 juillet 2018
Journaliste au New York Times puis au Washington Post, David Grann, titulaire d'un master de Creative Writing, est aussi l'auteur américain du roman "La cité perdue de Z", récemment (et remarquablement) adapté au cinéma par James Gray.
A travers "La note américaine", il nous propose un formidable voyage dans le temps en revenant sur la période la plus sombre de l'histoire de l'Oklahoma : les crimes perpétrés contre les Osages, peuple amérindien installé sur la réserve de Gray Horse en 1870.
L'enquête commence comme un roman, posant ses personnages, une famille amérindienne, celle de Mollie Burkhart et les Blancs, nouveaux riches, cow-boys ou escrocs.
L'histoire commence par un meurtre, dans les années 20, celui de la soeur de Mollie, Anna, qu'on retrouva au fond d'un ravin, une balle dans la tête, le début d'une longue série de décès suspects et de disparitions élucidées (ou non). "La note américaine", c'est celle que font payer les Blancs aux Amérindiens, ces Blancs, racistes, cupides, qui voient la situation se retourner contre eux à la faveur des Osages. En effet, ces derniers se sont trouvés expulsés du Kansas pour habiter les terres rocailleuses de l'Oklahoma. Pas de bol pour les Blancs, il s'avère que ces terres sont très riches en pétrole et que l'exploitation de la ressource va enrichir la tribu de Mollie Burkhart au delà de toute espérance. Le peuple Osage devient alors le plus riche de l'Amérique.
Il n'en fallait pas moins pour susciter les convoitises, déchaîner les esprits les plus vils, et orchestrer de terribles machinations. Il faut récupérer l'argent, cet argent que ces peuples améridiens ne méritent pas. David Grann dresse un constat sans équivoque des conséquences de décisions gouvernementales qui, par mépris, rendront le vol des richesses envisageable et accessible aux pires crapules. Il faudra, par exemple, attendre un bon nombre d'années après la résolution (partielle) de l'affaire, pour que les Osages soient autorisés à gérer leur fortune eux-mêmes et ne soient plus contraints de confier leur pécule aux "curateurs" (Blancs, évidemment), curateurs qui, voyant passer sous leurs yeux des sommes folles, n'auront qu'un objectif : dépouiller leurs clients. Au delà de l'aspect financier, les lois nient toute reconnaissance des peuples amérindiens, considérés comme incultes et stupides.
Plus largement, "La note américaine" nous rappelle que les décisions politiques moralisatrices restrictives en terme de liberté, la Prohibition par exemple, éveillent chez l'Homme les pires vices, favorisent la misère et, de ce fait, la corruption, le crime organisé, au lieu de protéger ses populations et de les faire "grandir".
Parallèlement, Grann raconte la création du FBI avec la prise de pouvoir de l'égocentrique et tyrannique J.E Hoover. Hoover tout aussi attaché à faire de cette traque une vitrine pour son organisation, que Tom White (coup du sort : "Blanc" en anglais !), enquêteur tenace, droit et courageux, l'est à débusquer celui (ou ceux) qui ont commandité les meurtres de la tribu Osage. Car, sans White et son équipe, envoyés en Oklahoma par Hoover, les disparitions des membres de la famille Burkhart n'auraient jamais été élucidées tant la perversité est de mise, le mode opératoire, complexe et la corruption, galopante.
Au fil de ses rencontres avec les descendants Osages, Grann prend la mesure (et le lecteur aussi) de l'envergure exceptionnelle de l'affaire dont maintes disparitions ne furent jamais élucidées et plongèrent dans la torpeur, l'angoisse et la détresse, les survivants. "Cette terre est gorgée de sang" commentera Mary Jo Webb, institutrice à la retraite qui enquêtera pendant des décennies sur la disparition non élucidée de son grand-père, comme bien d'autres le feront, en vain.
Enquête minutieuse, roman historique, "La note américaine" emportera par son écriture fluide les adeptes de la littérature américaine et amérindienne. Il paraît que Martin Scorsese en a commencé le tournage ce printemps. Espérons que le film soit à la hauteur du livre de David Grann.
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critiques presse (3)
Actualitte   05 novembre 2018
Tous les ingrédients sont réunis pour entraîner le lecteur dans une histoire trépidante, digne du meilleur thriller. Mais David Grann y ajoute une profonde humanité, son empathie, et ce sont des pages de tristesse et de colère, un appel à la mémoire et la justice.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   19 avril 2018
Années 1920, Oklahoma. De riches Indiens Osages sont assassinés, jusqu’à ce que les fédéraux s’en mêle. « La Note américaine » : une part sombre de l’histoire des Etats-Unis décryptée dans un récit captivant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   28 mars 2018
Le journaliste réputé David Grann livre d’incroyables révélations sur les meurtres d’Amérindiens en Oklahoma. "La note américaine" dévoile avec rigueur un complot couvert par le FBI. Martin Scorsese est sur la balle....
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   04 juillet 2018
Mary Jo Webb me raccompagna jusqu'à la porte. La nuit tombait. La ville, les rues et la Prairie au-delà était désertes. "Cette terre est gorgée de sang", commenta Mary Jo. Elle se tut un instant et nous entendîmes les feuilles des chênes bruisser dans le vent. Puis elle me rappela ce que Dieu avait dit à Caïn après le meurtre d'Abel: "La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi."
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Les Osages étaient alors considérés comme le peuple le plus riche par individu au monde. « Voyez et contemplez ! s’exclamait un journaliste de l’hebdomadaire new-yorkais Outlook. Les Indiens, au lieu de mourir de faim […], jouissent de revenus réguliers qui rendent les banquiers malades de jalousie. »
Le public était subjugué par la prospérité de la tribu qui venait contredire les images associées au premier contact brutal que les Amérindiens eurent avec les Blancs – le péché originel sur lequel le pays était né. Les journalistes titillaient leurs lecteurs avec des articles sur la « ploutocratie osage » et les « millionnaires rouges » aux manoirs en briquettes de terre cuite et chandeliers, avec bagues de diamants, manteaux de fourrure et chauffeurs. Un reporter s’émerveilla devant les filles osages qui fréquentaient les meilleures écoles d’Europe et portaient de somptueuses tenues françaises, comme si « une très jolie demoiselle des boulevards de Paris était venue errer par inadvertance dans cette petite réserve ».
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
En 1870, les Osages – expulsés de leurs tipis, leurs tombes pillées – acceptèrent de vendre leurs parcelles du Kansas aux colons à un dollar vingt-cinq l’acre. Malgré cela, certains d’entre eux massacrèrent des Indiens, laissant leurs corps mutilés, scalpés. À la vue de ces horreurs, un agent des Affaires indiennes s’interrogea : « Qui de ces gens sont les véritables sauvages, la question se pose. »
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JustineDeusonJustineDeuson   26 janvier 2019
L’Histoire est un juge impitoyable. Elle expose au grand jour nos erreurs les plus tragiques, nos imprudences et nos secrets les plus intimes ; elle jouit de son recul sur les événements avec l’arrogance d’un détective qui détiendrait la clé du mystère depuis le début.
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Bien des années après la Révolution américaine, l’opinion publique restait hostile à la création de services de police, craignant qu’ils ne deviennent le bras armé de la répression. Les citoyens préféraient répondre aux cris de la foule en traquant eux-mêmes les suspects. En 1928, Benjamin N. Cardozo, futur juge de la Cour suprême, nota que ces poursuites « n’étaient pas prises à la légère ni menées en traînant les pieds, mais avec honnêteté, courage et en faisant usage de toutes les ressources opportunes à disposition ».
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