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Critique de Sylviegeo


Sylviegeo
  22 mars 2019
Je n'ose imaginer la tonne de documents, la montagne de dossiers, les archives pratiquement moisies que David Grann a dû consulter pour écrire "La note américaine". Je n'ose pas imaginer l'évolution de son état d'esprit au fil de sa recherche. Si moi lectrice fut outrée, imaginez ce que c'est que de découvrir cet outrage au fur et à mesure de la recherche et surtout l'ampleur de celui-ci.
Car c'est plus qu'un outrage.
Les Indiens Osages se voient attribuer par le gouvernement fédéral des États-Unis une très grande partie du territoire de l'Oklahoma. Ils en deviennent donc propriétaires. Une bonne affaire de régler se dit le gouvernement fédéral, on les a "parqués" dans un territoire aride où pas grand chose ne pousse. Survivront-ils? Bref, on espère ne plus entendre parler de cette nation. Mais oh surprise! On s'aperçoit que le sous-sol des terres Osages regorge de pétrole. Il est nécessaire et primordial d'exploiter cette ressources dans le courant du développement économique du début du 20 e siècle. Et donc, les exploitants des compagnies pétrolifères doivent payer des redevances aux propriétaires des parcelles de terrains: les Osages. On parle ici de millions et de millions de dollars. Les Osages sont devenus un peuple autochtone immensément riche où les blancs étaient à leur service. Le hic c'est qu'un Amérindien à l'époque n'est pas une "vraie" personne, un "vrai" citoyen et c'est par le biais d'un curateur, blanc il va s'en dire, que l'Osage peut bénéficier de son argent
Vous voyez venir ?
Tout le monde veut l'argent des Osages.
Ça commence avec la disparition d'Anna Brown, retrouvée assassinée d'une balle dans la nuque, puis d'un autre homme, puis d'un couple dont la maison explose littéralement au centre ville, puis des Osages qui sont de plus en plus malades et qui finissent par mourir toujours de façon suspecte mais toutefois, indétectable. Les premiers enquêteurs sur ces cas ne trouvent absolument rien, ne prouvent rien et n'accusent personne.
Il y a maintenant 24 meurtres.
Et aucun résultat d'enquête. Entre en scène le FBI , le Bureau, qui en est à ses balbutiements mais qui a déjà à sa tête John Edgar Hoover. Il dépêchera sur le territoire Osage une équipe d'enquêteurs qui finiront par voir la lumière .
Les Osages ont vécu des années sous le règne de la terreur.
Les curateurs ont des Osages sous tutelle qui périssent tous pratiquement de mort violente. Pas une seule famille Osage , semble-t-il qui n'ait pas perdu au moins un membre à cause des droits d'exploitation. Des 24 premiers cas de morts violentes, on peut maintenant les compter par centaines.
De 1907 à 1923, il y a eu 607 morts Osages.
Le taux de mortalité est de 19% annuellement alors que la moyenne nationale , à l'époque, Noirs et Blancs confondus est de 12%. Et tout le monde trouvait ça normal. Personne n'agitait le drapeau. Tous les rouages de la société, du shérif au juge, en passant par les médecins, les avocats, les banquiers, les élus, gouverneurs ou autres étaient complices de ce système meurtrier pour détourner des millions et des millions de dollars. Tous s'arrangeaient pour y trouvaient leur compte, sauf les Osages qui ne savaient plus comment se protéger.
Ce que nous présente "La note américaine" c'est une véritable culture de l'assassinat, du vol et de la spoliation bien établie , avec ses meurtres bien dissimulés, servant la cupidité.
Un documentaire qui se lit comme un roman tellement c'est prenant.
C'est une lecture exigeante, c'est consciencieusement écrit et c'est révélateur de trop de péchés à faire pardonner. À lire.
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