AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Lolokili


Lolokili
  06 janvier 2014
Confession préliminaire : La buse intégrale en matière d’axiomes et de théorèmes, la littéraire pur jus notoirement hermétique à la chose matheuse depuis la classe de sixième... c’est moi. Pour m’avoir séduite à ce point, La Déesse des petites victoires – brillant produit de littérature mais avec plein de maths à l’intérieur – relève donc à mes yeux du prodige absolu.

Autre étonnement à mi-parcours de ma lecture : à l’inverse d’un ex champion de raquette reconverti dans la ritournelle démagogique, Yannick Grannec est... une femme. Queuoi ? – m’étranglai-je à l’évocation soudaine de LA prof inflexible qui me dégoûta à jamais de tout ce qui ressemble même de loin à une racine carrée – c'est une femme qui va enfin lever mes inhibitions ? se permettant même de commettre sur le sujet un ouvrage émouvant, au style impeccable et fluide ? Vaazy décidément je kiffe ce bouquin, m’interpellai-je, toujours à mi-parcours de ma découverte.

Digressions mises à part, venons-en à la vie d’Adèle. Ici point de couleur chaude ou de cheveux bleus mais La Déesse des petites victoires, c’est bien elle, Adèle. Et ses « petites victoires » constituent le cœur de cinquante ans d’abnégation aux côtés d’un mari prestigieux, Kurt Gödel, mathématicien de génie, complexe et attachant mais néanmoins pas bien facile à vivre comme garçon. Victoires minuscules mais essentielles d’une femme pragmatique et décalée, qui consacrera son existence à soutenir – au propre comme au figuré – son illustre et fragile bien-aimé. Victoire de l’amour sur la raison pure, victoire de la volonté sur la démence, victoire de Yannick Grannec sur mon aversion pour les ma... Bref.

Bien que romancés dans cet ouvrage, les personnages d’Adèle et Kurt Gödel ont réellement existé, même si Gödel marqua moins les esprits qu’Einstein dont il fût par ailleurs un ami très proche. Mais Yannick Grannec est allée plus loin : à travers l’éclosion de liens inattendus entre une veuve acariâtre et une jeune femme désabusée, l’histoire gagne encore en profondeur et s’articule élégamment entre passé et présent.

Amitié, passion, génie, folie, Histoire du vingtième siècle, sciences et philosophie, autant de thèmes qui se mêlent admirablement pour offrir un récit habité, passionnant, et manifestement documenté à l’extrême. Un bijou d’humour et d’érudition, un doux pétillement qui a illuminé ma fin d’année, comme une petite victoire sur le marasme ambiant.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
Commenter  J’apprécie          876



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (64)voir plus