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Stan Grant (Autre)David Fauquemberg (Traducteur)
EAN : 9782367342153
230 pages
Éditeur : Au Vent des Iles (09/06/2020)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :


Une réflexion personnelle d’une puissance hors du commun sur les questions raciales, culturelles et identitaires.

En tant qu’Aborigène, Stan Grant a dû faire face toute sa vie à l’héritage raciste de son pays, l’Australie. Confronté dès l’enfance à l’adversité, il a réussi à y échapper grâce aux études et à la découverte des écrits de James Baldwin, devenant l’un des journalistes les plus reconnus d’Australie. Dans cet essai, Stan Gran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
EvlyneLeraut
  20 juin 2020
Essentiel, « Sourde colère » (Un aborigène indigné) est une tempête en pleine nuit. Des vagues frappent les rochers. Une colère sourde parce que certaine et immortelle. Un cri du coeur et une larme qui s'écoule, celle de trop. Stan Grant délivre par son témoignage le vif de ce qui l'habite. Sans pathos, les faits sont posés à plat. Stan Grant est aborigène. L'Australie, un écueil qui rejette les siens depuis la nuit des temps. Plus que cela encore on remonte le long de la sève originelle. On est emmuré tout comme lui dans le piège du génocide. Même si ce mot n'est jamais prononcé. Il n'est plus question de colonisation mais d'anéantissement d'un peuple sacré arraché de la Terre-Mère. Ses frères et soeurs de sang vivant encore de nos jours l'encerclement de l'Apartheid. Ils se fraient tous un semblant de vie entre tôles et barbelés, racisme et haine, pauvreté et misère morale. Stan Grant, raconte et dénonce. Ce sang qui devient fleuve démultiplié. Les siens rejetés mais, qui, de force et de conviction, d'amour, se risquent sur les rives des blancs. Aborigène, et tu meurs. Tu n'es pas. Et pourtant ! Stan Grant s'est frayé un chemin entre les broussailles du mépris, du rejet, de l'exclusion. Devenu journaliste cosmopolite, brillant, cultivé, il fait des reportages dans le monde entier. Il est issu de ces batailles qui gagnent. Mais la sueur laborieuse des siens reste collée sur sa peau noire. « Mon père avait survécu aux violences policières de sa jeunesse. Il avait réussi à déjouer les manoeuvres des agents des services sociaux. Il avait travaillé dur et nourri sa famille. Et voilà qu'on l'honorait officiellement pour avoir sauvé une langue qui avait valu à son père d'être jeté en prison. » le Wiradjuri. Retenez bien ce symbole ! Cet essai est un levier. Stan Grant son modèle. Un homme debout et qui ne vacille pas. Il écrit cette page mémorielle qui fait frissonner par sa vérité, sa cruauté. Aborigène on aime ton nom. Ce livre des Savoirs Grands ivre d'une « Sourde Colère » est indispensable. « Ce pays aussi est ancien et les gens d'ici, comme moi, sont les fils de leur terre. Ce n'est pas un endroit de transit ; les hommes n'y ont pas erré de long en large en quête du prochain endroit hospitalier où ils pourraient s'établir. » Cet essai est une réalité écorchée vive au fronton des valeurs universelles. Traduit de l'anglais (Australie) par David Fauquemberg. Publié par les Editions Au vent des îles.
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MadameTapioca
  08 juin 2020
[ Advance Australia fair ! ]

Stan Grant est journaliste, présentateur télé, australien et aborigène. Ce livre est une réponse passionnée et puissante au racisme en Australie, à la douleur, à la honte, à la colère et aux difficultés d'être un homme indigène.
C'est une réflexion très personnelle sur ce que signifie être australien, ce que signifie d'être indigène, d'être noir dans un pays blanc.

Les australiens en savent plus sur les peuples amérindiens que sur les peuples qui ont toujours vécu dans leur pays.
Non cette terre n'était pas inhabitée avant l'arrivée des colons et non la colonisation ne s'est pas faite de manière pacifique.
Spoliation des terres, meurtres, pillage d'une culture et de ses traditions, destructions des familles.

C'est un livre déchirant et une histoire qui malheureusement se partage avec les peuples autochtones du monde entier. Un livre qui appuie là où ça fait mal, qui m'a révoltée, captivée. Ça sort demain et je vous le recommande chaudement.

« Une autobiographie d'une grande profondeur, méditation d'un écrivain aborigène sur l'Australie blanche. » Joyce Carol Oates

Traduit par David Fauquemberg
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ninamarijoninamarijo   03 juillet 2020
Vous nous avez baptisé "Aborigènes" : un terme qui, pour mon peuple, n'avait aucun sens. En imposant ce terme unique, vous avez effacé nos identités véritables. Aujourd'hui, nous sommes constamment obligés de prouver qui nous sommes.
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MadameTapiocaMadameTapioca   02 juin 2020
Je suis en colère: ça, je le sais. Ma colère éclate brusquement, à la moindre provocation; quelquefois, elle me coupe le souffle. Je sais d'où elle vient. Je l'ai vue chez mon père et lui-même l'avait héritée de son père. Elle naît du poids de l'histoire.
J'ai peur, aussi. Et cette peur provient de la même source. J'ai connu cette peur toute ma vie. Quand j'étais petit, elle me rendait malade, physiquement malade au creux de l'estomac. C'était la peur de ce qui pouvait nous atteindre - le sentiment d'impuissance, l'impression d'être à la merci de l'intrusion des policiers ou des agents des services sociaux faisant respecter les lois, ces lois qui entérinaient notre exclusion et nous condamnaient à la misère.
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MadameTapiocaMadameTapioca   02 juin 2020
J’ai appris que pour être accepté il fallait lisser mes différences jusqu’à renier quasiment mon identité aborigène.
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MadameTapiocaMadameTapioca   02 juin 2020
Je veux vous parler de sang et de racines, vous raconter à quel point les miennes sont profondément enfouies dans cette terre. Je veux vous parler d'un nom qui devait être le mien, un nom wiradjuri qui m'a été transmis au gré d'une lignée dont la filiation remonte à des milliers d'années - un nom qu'on nous a pris en même temps que notre langue et que nos terres. Et je veux vous raconter comment j'en suis arrivé à porter le patronyme qui est le mien: Grant, le nom d'un Irlandais, un nom qui vient du temps où régnaient le vol et la mort.
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MadameTapiocaMadameTapioca   02 juin 2020
L'Australie n'est toujours pas parvenue à décider si nous avons été colonisés ou envahis. Nous, nous n'avons aucun doute là-dessus. Les gens de notre peuple sont morts en défendant leurs terres et eux non plus n'avaient aucun doute sur ce qui leur arrivait. Quoi qu'il en soit, le résultat a été le même pour nous tous, peu importe le nom qu'on lui donne. En l'espace d'une génération, les civilisations de la côte est - plus anciennes que les pharaons - ont été dévastées.
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