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Julien Gravelle (Autre)
EAN : 9782381140056
359 pages
Éditeur : Wildproject (22/10/2020)
4.38/5   4 notes
Résumé :
" Le bois est plein de fantômes. On voit leurs ombres bossues, fatiguées par de trop longs portages, les jambes arquées par les journées de voyage en raquettes. Les gens d'avant, sentant fort la sueur, la boucane et la graisse animale. Indiens, coureurs des bois, trafiquants de peaux. Sauvages, ils l'étaient tous, même si tous n'étaient pas autochtones. Et ils étaient chez eux sur ce territoire qui eut bien des noms.
Les Ilnuat l'appelaient "Nitassinan"-- not... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
raton-liseur
  28 janvier 2021
Encore une fois avec ce livre reçu en échange d'une critique, je découvre un nouvel auteur et un nouvel éditeur. Je suis à chaque fois ébahie par la prolificité des éditeurs, par les projets qu'ils ont et la richesse du catalogue qu'ils mettent ainsi à notre disposition. Je mesure la chance que l'on a, en tant que lecteurs francophones, d'avoir à notre disposition un tel foisonnement. Et quand ce que l'on découvre c'est un livre aussi chouette que celui-là, c'est encore mieux !
Nitassinan, c'est un bout de terre, d'abord territoire du peuple innu, maintenant incorporé à la région du Québec. Ce que se propose ce livre, ce n'est pas moins que retracer les changements subis par cette région depuis l'arrivée des premiers Européens sur ses rivages. Les éditeurs parlent d'un roman à la croisée du roman historique et du nature writing. C'est plutôt une bonne description, sauf que je ne dirais pas que c'est un roman. Pour moi, il s'agit de 9 nouvelles, certes toutes situées au même endroit et classées par ordre chronologique. Il y a donc une vraie unité dans ce recueil qu'il faut absolument lire en entier et dans l'ordre, mais on ne peut pas vraiment parler de roman.
Mais cela n'enlève rien à ce livre, qui m'a entraînée dans des lieux qui me font souvent rêver, mais qui ne sont pas pour moi qui admire et déteste le froid en même temps. Julien Gravelle, Franc-comtois d'origine, connaît bien cette zone, qu'elle a choisie pour y vivre, et c'est donc un livre très personnel, qui rend hommage à un territoire, au mode de vie qu'il a engendré et à ceux qui l'ont habité.
Les nouvelles sont diverses, mais sont toutes plutôt sombres. Elles montrent les changements de mode de vie par toute une foule de détails, que ce soit les changements d'armes pour la chasse et le travail des carcasses, les changements de langue, de prénoms… Les croyances et la religion tiennent une grande place tout au long du livre, et c'est normal puisqu'elle est l'essence d'une culture, sa partie la plus visible et souvent la colonne vertébrale d'une société. La façon dont la rencontre entre les croyances traditionnelles et celle du dieu unique sont exposées est très intéressante, avec une prise en compte de toutes les incompréhensions de part et d'autre. Puis ensuite, quand la religion chrétienne domine sans contexte, j'ai bien aimé que cette opposition soit remplacée par une réflexion sur la religion d'Abel et celle de Caïn, qui fait d'ailleurs écho à la citation de Jacques Cartier citée en exergue de ce livre : « C'est certainement là, la terre que Dieu donna en héritage à Caïn. » Belle et intéressante analyse menée avec délicatesse tout au long du livre.
Et à chaque fois, Julien Gravelle se concentre sur les hommes qui sont en harmonie avec leur milieu, ou qui la cherche, il s'intéresse aux perdants, ceux qui n'ont pas écrit l'histoire, ceux qui ont vu leur mode de vie mourir avec eux. Ce sont les renoncements quotidiens qui sont décrits ici. Et dire cela, ce n'est pas dire que ce livre est triste. Tous ces personnages sont libres et vivent de cette liberté qu'ils respirent, ils ne sont même pas tous amers face aux changements, et ils voient le monde s'y adapter, ils prennent acte. La vie au bois a changé, mais elle est toujours possible et la dernière nouvelle m'a d'ailleurs surprise avec la conclusion (provisoire) qu'elle apporte à cette histoire d'un lieu.
Et puisque le lieu est bien le personnage principal du roman, un lieu que l'on habite, que l'on aime, que l'on prend en grippe, que l'on abîme aussi, mais un lieu qui est autant par ceux qui le peuplent que par lui-même, alors peut-être qu'il s'agit bien d'un roman plutôt que d'une suite de nouvelles. Un roman qui mérite que l'on fasse rentrer le froid dans son cocon de lecture, pour découvrir ce lieu, ces habitants, et un roman que j'ai pris un très grand plaisir à lire.
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JaneEyre
  07 février 2021
Difficile de livrer un avis tranché sur cette lecture...
D’une part j𠆚i adoré la couverture que je trouve très réussie et une thématique qui m𠆚ttire beaucoup! Je ne connaissais pas du tout la maison d’édition wildproject et je trouve qu’il y a des choses très tentantes dans leur catalogue!
Ensuite, j𠆚i trouvé le style très soigné et plutôt agréable
Cependant... je ne peux pas dire que j𠆚i vraiment aimé! Les personnages sont assez peu développés et je n𠆚i ressenti que peu d𠆞mpathie pour eux et ne me suis pas vraiment passionnée pour leur histoire. le but du livre était de mettre en valeur un territoire, mais je trouve que cela s𠆞st fait au dépends des personnages et de l’histoire...
ensuite, j𠆚i trouvé que même malgré le découpage en plusieurs nouvelles, ce livre m𠆚 semblé par moment terriblement long et parfois un peu plat... il m𠆞st souvent tombé des mains et c𠆞st dommage...
je ne sais pas si ce sont des points negatifs de ce livre ou si c𠆞st moi qui n’étais pas vraiment réceptive mais je reste sur un avis très mitigé malgré les qualités que je lui reconnais malgré tout
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ledext
  31 janvier 2021
Nitassinan, "notre terre" en langue Ilnu, région du Lac Saint Jean au Québec.
L'histoire de cette terre et de son peuple est ici retracée au cours de 9 récits, de 1563 à nos jours.
Neuf destins, neuf histoires qui parlent de la relation des hommes à la nature, de leur place au sein de celle ci. Mais également de la colonisation vue par les peuples indigènes, de la perversion de leur mode de vie par les attraits de la richesse et par l'évangélisation des pères missionnaires. Neufs destinées qui nous disent que malgré tout cela, l'envie de nature brute et de libertée restent présentes, chevilléed au corp et à l'âme de ces hommes et de ces femmes.
La plume est magnifique, on se trouve plongé au cœur des paysages et des peuplades sans aucune description superflue, c'est précis et aiguisé comme un scalpel.
Ce texte renvoie à des questions brûlantes, sur notre rapport à la nature, sa destruction et notre envie de domination, notre rapport aux autres cultures, la colonisation, la religion...
Et surtout, surtout, c'est une bouffée d'air pure, de liberté, de territoires sans limites à une période bien triste ou les grands espaces nous manquent tant.
Pour finir, ce roman est très bien documenté et m'a donné envie dans savoir plus sur ces époques et cette région du monde.
Bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman et je le recommande vivement aux amoureux de la nature ou de l'histoire Amérindienne.
Un grand merci à Babelio et masse critique grâce à qui j'ai découvert ce livre.
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critiques presse (2)
Actualitte   12 mai 2021
C'est avec l'histoire dramatique et héroïque du clan d'Ashini que débute cet ouvrage, comme autant d'histoires égrenées sur cinq siècles de distance dans les bois de Nitassinan.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   11 mai 2021
C'est avec l'histoire dramatique et héroïque du clan d'Ashini que débute cet ouvrage, comme autant d'histoires égrenées sur cinq siècles de distance dans les bois de Nitassinan.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   29 janvier 2021
Assis sur un banc de neige devant sa tente prospecteur, à regarder les chiens dévorer le veau, Léopold se mit à penser qu’il était comme ces chiens, un peu sauvage, mais avant tput domestique. Un Indien lui avait dit un jour que le bois était une idée de Blanc. Pour lui, il n’y avait nulle frontière, il n’aurait su dire où finissait le village, où commençait le bois.
(p. 312, Chapitre 7, “Celui qui avait un frère”).
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raton-liseurraton-liseur   29 janvier 2021
Ils ne se posaient pas la question de savoir ce qu’il fallait croire ou non. C’est d’ailleurs une question que les Ilnuat ne se posaient que rarement. Ils étaient moins intéressés par la vérité que par le gibier.
(p. 42, Chapitre 1, “Celui qui eut peur d’un ours qui ne voulait pas mourir”).
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raton-liseurraton-liseur   29 janvier 2021
Il manquait les mots ! Alors ils créèrent les Ilnuat pour que les mots puissent continuer à faire vivre le monde. Car finalement, Kakwa, que serait ce monde s’il n’y avait les mots pour en dire la beauté ?
(p. 88, Chapitre 1, “Celui qui eut peur d’un ours qui ne voulait pas mourir”).
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