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EAN : 9782253001904
376 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (16/11/2005)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 97 notes)
Résumé :
A vingt-sept ans, avec ce roman devenu un classique, Julien Green installait aux côtés d'Eugénie Grandet et d'Emma Bovary une autre inoubliable figure de femme au destin silencieusement écrasé dans l'étouffante médiocrité de la province. Jeune et belle, Adrienne Mesurat s'étiole entre un père tyrannique et borné et une sœur plus âgée, aigrie et malade. Il suffit d'un homme croisé, d'un regard un instant saisi, pour rendre à jamais insupportable cette existence sans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
FleurDuBien
  24 novembre 2017
C'est malin.
Me voici amoureuse passionnée de ce merveilleux ouvrage.
Et de cet auteur.
C'est par l'intermédiaire de Mme Roudinesco, avec son Dictionnaire amoureux de la psychanalyse, livre fort intéressant au demeurant, et plus particulièrement l'entrée du dictionnaire Green Julien, c'est par son intermédiaire donc que j'ai eu envie de connaître cet écrivain peu connu finalement.
Et je ne fus pas déçu.
J'ai adoré ce livre lu en une journée tant il m'a plu.
Je découvre cet auteur et je suis conquise, tellement que derechef, ni une ni deux, je viens de commander Léviathan, un de ses autres romans.
Julien Green est un chirurgien de l'âme, âme qui se trouve disséquée tout au long du roman. Quel talent !
Le sujet : la descente aux enfers d'une jeune femme, Adrienne Mesurat, qui pourrait tout à fait être la soeur d'Eugénie Grande de Balzac, ou la cousine germaine de Emma Bovary tant cette vie tragique nous fait penser à ces héroïnes qui, elles aussi, seront doté d'un avenir bien sombre, et qui souffreront le martyr jusqu'à leur mort, aussi bien physiquement que moralement.
De nos jours, Adrienne aurait sans nul doute été internée, tellement sa folie se construit de jour en jour, tout doucement mais sûrement.
Ces bourdonnements d'oreille incessants, ces crises d'angoisse à répétition, ces hallucinations, toute cette souffrance en somme la mènent tout droit à cette folie. En un mot comme en cent, Adrienne devient psychotique, avec cette merveilleuse dissection de la maladie mentale que nous offre Julien Green.
Il faut dire qu'elle n'à pas de chance cette pauvre Adrienne...
Plus d'une fois, cet ouvrage remarquable m'a fait penser à Balzac, mon cher Balzac, mais, et là c'est une première, en mieux.
C'est superbement écrit, ce qui ne gâche rien, j'ai vraiment eu un grand coup de coeur pour ce roman, qui m'a beaucoup touché.
A bientôt pour la critique de Léviathan, roman de ce cher Green que je compte commencer aujourd'hui.
Quand on aime, on ne compte pas !
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lecottageauxlivresFanny
  11 octobre 2017
Il y a tant de choses à dire de ce roman de Julien Green. Adrienne, petite soeur d'Emma Bovary, est une jeune femme belle et aisée qui s'ennuie terriblement dans une petite ville de province. Elle vit littéralement séquestrée par son père, un homme violent et froid. Sa soeur, souffreuse et jalouse, l'épie et voit le vice dans les moindres gestes d'Adrienne. Enfermée dans cette maison, écrasée par cette morale écoeurante et étouffée par cette petite ville où chacun se mêle de la vie de tous, Adrienne n'a aucun espoir pour son avenir. Un jour, lors d'une promenade, une voiture la dépasse lentement. Elle croise le regard du médecin, qui habite à deux rues de chez elle, pendant quelques secondes et ce dernier lui adresse un signe de la main. Ce minuscule événement prendra alors une empleur considérable dans la vie d'Adrienne. Elle aime cet inconnu d'un amour aveugle et fou. Prête à tout pour le revoir, elle rôde la nuit dans sa rue, se penche à l'extrême bord de sa fenêtre pour voir sa maison alors que sa soeur observe et comprend son changement d'attitude.
Adrienne Mesurat est une tragédie bouleversante. C'est le drame des jeunes filles du début du XXe siècle enfermées par les carcans de l'époque et mises au banc de la société par des bourgeoises colportant les ragots pour leur bon plaisir. Ce classique qui tombe un peu dans l'oubli prend le lecteur aux tripes et le perturbe. Pendant 450 pages, le lecteur devient cette jeune femme recluse et amoureuse d'un homme qu'elle ne connaît pas. Publié en 1927, alors que Julien Green n'avait que 27 ans , ce roman mérite une place au soleil.
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stcyr04
  07 mai 2020
Il aura falut un regard, un seul.
Alors qu'Adrienne rentre chez elle avec son bouquet, un coche la dépasse. Elle y voit M. Maurecourt, le docteur, qui lisant, lève les yeux dans le vague pour fixer sur elle, l'espace d'un instant, un regard curieux et la saluer en touchant son chapeau. C'est tout. Adrienne l'aime, c'est lui. Rentrée à la maison elle y retrouve son atmosphère irrespirable entre le père insensible et tyran domestique et Germaine, la soeur aînée, vieille fille, aigrie et souffreteuse. Même si elle a la crainte des miasmes de cette dernière, elle voudrait occuper sa chambre qui offre une vue sur la maison du médecin. L'ambiance délétère s'aggrave, et un jour, la famille, finalement, implose; Germaine s'en va au diable vauvert, et le père fait une "mauvaise chute" dans l'escalier. Adrienne demeure seule, on pourrait dire - si l'expression n'était rebattue, qu'elle est littéralement tombée amoureusement folle de ce médecin qui ignore être devenu l'idée fixe d'une demoiselle qui pourrait être sa fille. Elle quitte son village, déambule dans un état second, fait preuve d'un comportement erratique, entraînée par la culpabilité et son idée fixe; son monde se réduit à M. Maurecourt. Elle revient à la maison du malheur, c'est là qu'elle est la plus proche de l'être aimé qui ne se doute de rien. Dans la commune on jase, on insinue : le père a peut être été "aidé"; dans ces petits villages de province de quoi vivrait on sans la rumeur?
Dans tous les classiques il y a une forme de latence, l'oeuvre ne s'offre pas d'emblée au lecteur : l'impatience n'est pas de mise Julien Green regardait les théories freudiennes avec circonspection. Adrienne Mesurat n'en est pas moins un cas clinique, je ne m'aventurai pas a un diagnostique, mais il est clair que l'on assiste à la lente et inexorable dégradation d'une âme en peine. L'auteur n'est pas dans l'analyse, il tend vers le béhaviorisme; il expose les comportements, les discours, dans des situations données et des interactions humaines La quatrième de couverture évoquait des illustres héroïnes, Emma Bovary et Eugènie Grandet. Effectivement Adrienne Mesurat est une figure romanesque inoubliable. Bonne pioche.
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antigoneCH
  16 août 2020
De Julien Green, je ne connaissais pas grand chose, mis à part le nom, la solide réputation et l'existence de son journal. Je n'ai cependant pas hésité à prendre ce livre lorsque je l'ai vu, gage de qualité d'écriture, et d'un univers classique qu'il me serait agréable de retrouver à l'occasion. Et je n'ai pas été déçue. Julien Green explique en préambule les coulisses de l'écriture de ce roman, son intérêt d'alors pour la psychanalyse de Freud et l'observation qu'il a faite à ce moment-là de sa famille, vaquant à ses occupations domestiques. Et nous entrons en effet dès les premières pages dans un intérieur domestique. Dans une petite ville de province, La Tour-l'Eveque, vit une famille composée d'un père autoritaire, d'une grande soeur maladive, et d'une cadette d'à peine dix-huit ans, Adrienne. le quartier est calme, peu de voitures circulent dans leur rue, dans laquelle Adrienne s'échappe parfois. Un jour, alors qu'elle est partie un peu plus loin encore, elle croise le regard de son voisin, médecin, à travers la vitre de sa voiture. Des sentiments qui ressemblent à de l'amour, ou plutôt à une sorte de fixation amoureuse, naissent dans le coeur de la jeune fille. Toutes ses actions vont dorénavant avoir un seul but, pouvoir apercevoir au mieux la maison de son voisin. Pour ce faire, elle sort encore tous les soirs, convoite la chambre de sa soeur aînée, mieux disposée, et attend avec impatience le retour de son autre voisine, qui a une vue imprenable sur le pavillon du médecin… Il est peu de dire que ce qui a germé dans l'ennui, les contraintes excessives de sa famille, la routine, va engendrer des comportements étranges chez Adrienne, jusqu'au drame… J'ai été assez bluffée par ce roman qui sait faire monter en puissance le malaise et la tension. On s'attache au personnage d'Adrienne, tout en étant un peu accablé par son attitude et ses choix. Julien Green laisse en suspend quelques interrogations, par exemple sur le lien réel de Germaine, la grande soeur, avec sa cadette. On imagine aussi le père Mesurat détenteur de lourds secrets. Ce roman, paru en 1927, m'a fait une grande impression.
Lien : https://leslecturesdantigone..
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Elisane
  18 juin 2017
Je n'ai pas réussi à accrocher à cette histoire... Pourtant on compare sur la quatrième de couverture Adrienne à deux figures classiques que j'affectionne beaucoup : Madame Bovary et Eugénie Grandet. Sauf que voilà, je n'ai pas réussi à compatir au triste sort d'Adrienne. Contrairement à Emma qui a joué avec mes nerfs ou à Eugenie qui m'a profondément touchée, Adrienne m'a passablement ennuyée. Je n'ai pas su accrocher à " l'histoire d'amour" non plus, autre preuve peut-être de la folie d'Adrienne. En bref une lecture qui n'est pas déplaisante mais qui n'a pas combler mes attentes.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
lecottageauxlivresFannylecottageauxlivresFanny   11 octobre 2017
Certaines heures semblent impossibles à vivre. Il faudrait pouvoir les sauter, les omettre et rejoindre la vie un peu plus loin. Pourquoi souffrir toutes ces angoisses ? Elles ne rendent pas meilleur, n'apportent pas de solution aux difficultés présentes, elles sont stériles et ne font que durcir le coeur.
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meknes56meknes56   15 novembre 2019
Adrienne passa un chiffon qu'elle tenait à la main sur le marbre de la desserte par un geste machinal.
– Rien, fit-elle. Les verres des photographies sont si sales. C'est à peine si l'on peut voir ce qu'il y a dessous.
– Il faut les laver avec un peu d'alcool et les frotter avec un chiffon sec, reprit la voix au bout d'un instant.
Il y eut un silence.
– Elles seront toujours aussi laides, dit Adrienne comme si elle se parlait à elle-même.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   15 août 2017
C'était une femme d'un âge incertain, parce que la maladie semblait l'avoir prématurément vieillie, et l'on eût hésité à lui donner trente-cinq ans. Son grand corps voûté comme celui d'un vieillard ne paraissait pas en état de se soutenir et elle marchait en étendant vers elle sa main droite d'une manière qui faisait songer à une aveugle. La crainte de tomber accusait l'expression naturellement timide du visage, et ses sourcils, sans cesse rapprochés par l'inquiétude et la souffrance, avaient fini par creuser des rides parallèles dans le front.
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emdicannaemdicanna   06 avril 2018
Le coeur humain est ainsi fait. Il laisse s'écouler de longues années et ne songe pas un instant à se mutiner contre son sort, puis il vient un moment où il sent tout d'un coup qu'il n'en peut plus et qu'il faut tout changer dans l'heure même et il craint de tout perdre s'il diffère d'un seul jour cette entreprise dont la veille encore il n'avait pas l'idée.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
l y a quelque chose de terrible dans ces existences de provinces où rien ne paraît changer, où tout conserve le même aspect, quelles que soient les profondes modifications de l'âme. rien ne s'aperçoit au dehors de l'angoisse, de l'espoir et de l'amour, et le coeur bat mystérieusement jusqu'à la mort sans qu'on ait osé une fois cueillir les géraniums le vendredi au lieu du samedi ou faire le tour de la ville à onze heures du matin plutôt qu'à cinq heures du soir.
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Julien Green et son journal caché.
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