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EAN : 9782253139119
276 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1996)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Blanche s'est tuée par amour, laissant derrière elle une petite fille de onze ans, Elisabeth. Celle-ci s'enfuit de chez sa cousine qui l'a recueillie. Élevée chez les Lerat, un couple à la fois médiocre et charitable, elle est une jeune fille lorsque resurgit son père, M. Edme, qui l'emmène dans sa propriété de Fontfroide où il a fondé une sorte de communauté spirituelle. Commencé dans l'enfer des passions familiales, le destin d'Élisabeth peut-il trouver là un nouv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
brumaire
  19 mai 2018
J'ai découvert Julien Green à l'adolescence. Je me souviens du plaisir éprouvé à la lecture de Léviathan, du Visionnaire, de Chaque homme en sa nuit....J'avais 16, 17 ans et j'ai aimé ces romans de Green pour de fausses raisons. Je ne savais pas alors l'importance que revêtait pour l'auteur , la religion, les problèmes du bien et du mal, l'homosexualité, la culpabilité....Je découvrais dans ces romans une atmosphère onirique proche de celle que Edgar Alan Poe instille dans ses contes. J'étais en ce temps là un fervent lecteur de la collection "Fantastique" des éditions Marabout : Gustav Meyrink, Heinz Ewers, Michel de Gheldérode, Claude Seignole, Jean Ray....Je ne voyais Green que comme un continuateur , ou un compagnon, de ces maîtres.
Beaucoup d'années ont passé .....(soupirs...). Je suis revenu à Julien Green très récemment par " Les pays lointains" , un" remake" de Autant en emporte le vent. Bouquin intéressant , un genre Maurice Denuzière : le Sud, les plantations de coton, la guerre de sécession....agréable à lire. Et puis , dans une vente de livres d'occasion , dont la recette est destinée à quelque bonne action en Afrique ( pas oublier, j'habite en Vendée....les assos , surtout cathos, sont légion...) , pour cinquante centimes d'euros , je me suis offert "Minuit" , une vieille édition du Livre de Poche (la couverture n'est pas celle montrée ici) . Et j'ai retrouvé l'enchantement éprouvé à l'adolescence !
Une lecture troublante partagée en rêve et réalité. Dés le commencement du roman le lecteur, s'il veut bien "jouer" le jeu, est plongé dans un monde décalé qui ressemble au notre par les occupations vulgaires du commun , mais qui par quelques touches étranges dues à l'art d'écriture de Julien Green, le font pénétrer de l'autre côté du miroir. Alice ici s'appelle Elisabeth ; elle est orpheline , sa mère s'est suicidée par amour . On s'attend donc a une variation littéraire sur la pauvre délaissée aux prises avec ses méchantes tantes , du Dickens comme l'on bien vu les auteurs de critiques précédentes , et puis très vite on passe dans une autre dimension où la logique est vite mise à mal. Elisabeth s'enfuit de chez ses tantes, se trouve adoptée par un couple de petits bourgeois ( l'erreur serait de se poser la question triviale : " mais ses tantes ne l'ont pas fait rechercher par la police ? " ) , puis son bienfaiteur étant décédé , elle se retrouve dans une maison, un château dirions nous, étrange et inquiétant , entourée de personnages pour le moins bizarres. La raison n'est jamais dite et c'est cette partie du roman qui a troublé certainement beaucoup de lecteur. Julien Green en bon sudiste américain devait connaître les oeuvres de Poe, peut-être Lovecraft , car ce château ne déparerait pas dans une nouvelle des deux précités.
L'héroïne, alors âgée de 16 ans , erre dans cette sombre demeure jamais éclairée, où ses locataires apparaissent et disparaissent mystérieusement au détour des multiples couloirs et portes dissimulées. le lecteur insensiblement, par quelques indices anodins, subodore que tous ces personnages, dont le mystérieux Mr Edme, a quelque chose à voir avec l'évènement fondateur de l'histoire : le suicide de la maman de l'héroïne.
On peut bien sûr se contenter d'apprécier ce roman en considérant uniquement l'événementiel , l'histoire....Comme je l'aurais fait il y a 50 ans .
On peut aussi , sachant les préoccupations religieuses de Julien Green (il abjure le protestantisme pour se convertir au catholicisme ), y voir une superbe allégorie platonicienne des deux mondes : celui d'ici bas, le réel, entaché du péché, et celui de l'invisible, celui des âmes, le monde parfait des idées....Le décryptage n'est pas aisé car il me semble que l'auteur a mis un malin plaisir à brouiller les évidences. On voit bien, par exemple , que le beau Serge, le beau jeune homme dont s' éprend Elisabeth, peut représenter le monde d'ici bas, imparfait et mauvais. Et Mr Edme alors ? Mr Edme avatar du Christ ? Mr Edme présidant le souper du soir avec autour de lui les douze membres de sa famille....ça ne vous rappelle rien ? et ce serviteur , humble, rabroué, un peu simplet, et qui se prénomme Agnel...
Je soupçonne Green de s'être diverti ( l'humour n'est pas absent de ce livre...un humour pince sans rire qui sied à cet aristocrate sudiste ! ) , à semer indices et ....chausse-trappes.
Il va sans dire que j'ai été emballé par ce livre , et que, plus que jamais , je tiens Julien Green pour l' un des plus grands écrivains français. Une somme m'attend : son journal !

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araucaria
  26 novembre 2012
Roman captivant que j'ai lu avec passion. Mon premier livre de cet auteur. Une belle découverte.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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magireve
  10 mars 2020
Le topos de la jeune orpheline abandonnée est sans doute l'un des plus vieux de la littérature: on songe à La Vie de Marianne, le roman de Marivaux,, aux Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, ou encore à Jane Eyre de Charlotte Brontë. Au XXe siècle, il est toujours aussi prisé: dans ce roman de Julien Green, nous découvrons la fascinante Elisabeth: fille d'une femme éplorée qui s'est donné la mort dans un élan passionnel et d'un père inconnu. Au début de l'oeuvre, la fillette est recueillie par l'une de ses tantes qui ne lui témoignent que de l'indifférence. La petite décide de s'enfuir en pleine nuit, et s'aventure dans le vaste monde, au mépris des périls auxquels elle s'expose. La diégèse de ce roman est très déconcertante; si nous pouvons croire dans un premier temps que l'intrigue se déroule à l'époque de l'auteur, plusieurs éléments indiquent que, au fur et à mesure que nous progressons dans la lecture du roman, nous nous aventurons dans un domaine où le surnaturel intervient. le roman se découpe en trois parties où nous découvrons l'héroïne lors de différentes parties de sa vie: la première est bien sûr celle de l'enfance, la seconde, celle dédiée à l'adolescence, et la troisième… tout bien réfléchi, je préfère vous laisser le découvrir par vous-même, autrement, je gâcherais votre plaisir de lire cette oeuvre! Elisabeth est une héroïne aux antipodes des canons des héros traditionnels: froide, distante, néanmoins fougueuse, voire indomptable, cette jeune fille recherche la tranquillité dans un monde absurde (la dimension kafkaïenne est très prépondérante). Elle n'hésite pas à se montrer hautaine et péremptoire avec une répartie aussi aiguisée qu'une lame de rasoir. Elle ne compte que sur elle-même et fait montre d'un instinct de survie à toute épreuve. Ne vous méprenez pas, elle n'est pas antipathique, cette distance qu'elle dresse avec ses interlocuteurs lui vient de la façon dont elle a été traitée dans son enfance. Elisabeth est une héroïne attachante dans la mesure où elle tente désespérément de trouver un refuge où elle peut goûter le calme qui lui fait défaut. Un roman hélas trop court que l'on n'a nullement envie de refermer.
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Sweetwater
  05 novembre 2020
J'ai lu ce livre lorsque j'avais 13 ans. Pourquoi? Je l'ignore. Alors que je ne lisais jamais. Comme c'est assez littéraire, je me suis accroché. C'était dur, et personne ne m'obligeait. Je me souviens de scènes de descriptions la nuit, avec cette petite fille qui ressentait ce que moi aussi je ressentais dans l'obscurité, cette peur... Puis, alors que ça n'avait pas été facile comme lecture, l'année suivante je l'ai relu! Pourquoi? Vite, SVP, urgent: il me faut un psy!!! Je suis maso!!! J'ai retrouvé cette atmosphère de minuit, de basculement d'un monde à l'autre, de cette heure qui est une non-heure. Là c'est moi qui le dit aujourd'hui, j'imagine que ça fait bien, du haut de mes 118 ans, mais à l'époque j'avais peut-être tout simplement besoin de retrouver cette amie de mon âge (?)... étant dans une grande solitude sentimentale (non, retenez vos larmes svp)? Bref, tout ce que je viens de dire me donne envie de le relire, pour voir... Donc, promis, je vous ferai une autre critique car celle-ci, vraiment, n'en est pas une... Ah oui, j'oubliais: l'année suivante j'ai réclamé à mes parents une mobylette.
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sophdel5
  11 novembre 2010
C'est un livre qui, au début, est un mélange d'Oliver Twist et d'Harry Potter. Il faut attendre la page 100 pour se sentir emporté et avoir envie de continuer. Là, il a des allures de l'Auberge de la Jamaïque, de Daphné du Maurier : la jeune héroïne se trouve dans une maison dont les hôtes semblent avoir une façon de vivre étrange... le suspense nous tient jusqu'à une fin... décevante, comme si l'auteur n'avait pas trouvé mieux.
Une livre correct mais... étrange.
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
Peek-the-BooksPeek-the-Books   14 juillet 2012
P79
Lorsqu'elle fut seule et que le pas de Rose se fut éloigné dans le corridor, Elisabeth s'agenouilla sur la couverture et demeura immobile. Elle espérait qu'en ne bougeant pas le calme lui reviendrait, mais sa crainte était si forte et si profonde qu'il lui semblait entendre le bruit de son propre coeur battant sous les revers de son manteau. La peur d'un enfant est un monde dont les grandes personnes ne connaissent guère la configuration ténébreuse ; il a son ciel et ses abîmes, ciel sans étoiles, abîmes sans aurores. Le voyageur de dix ans s'enfonce malgré lui dans ce pays nocturne où le silence parle et l'ombre voit ; il sait qu'un regard luit au seuil des cavernes et que le long des chemins obscurs des cris lui seront jetés à l'oreille. Les mains à la tête et le dos rond, Elisabeth tenta de se faire plus petite, de retenir son souffle, comme pour échapper à l'attention de l'ennemi invisible. Si brave qu'elle fût en présence des humains, toute sa vaillance la quittait dès que mourait la lampe.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   16 août 2017
-En déplaçant les heures de votre vie quotidienne, poursuivit M.Edme, en faisant du jour la nuit, et de la nuit le jour, j'ai réussi parfois à vous faire pénétrer jusqu'au seuil d'un domaine qui reste caché à l'humanité normale. Dans le plus rebelle d'entre vous, il y a un dormeur qui obéit à ma voix. Plus souvent que vous ne le croiriez, vous vous êtes promenés avec moi sur des routes où le bruit de nos pas ne résonnait plus. Vous ne savez pas qui je suis. Vous savez moins encore qui vous êtes. Je me trouve ici pour vous le dire et vous mener là où vous serez heureux à jamais.
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PenelopePenelope   23 avril 2011
Tout à coup elle eut peur. Sa main droite crispée sur la manche d'un couteau s'arracha de la poche où elle le tenait caché depuis une heure, et le geste fut fait avant qu'elle s'en rendit compte, tellement elle y avait songé. Du premier coup, la pointe trouva l'endroit que les doigts avaient touché dans la voiture, sous les revers du manteau. La violence du choc la fit tomber à genoux et elle resta ainsi un court instant avant de s'abattre. Au-dessus d'elle, le mouchoir qui s'était échappée de sa main palpitait dans le vent comme l'aile d'un grand oiseau blessé.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   12 août 2017
Son visage prit une couleur cireuse comme si la mort, en passant près d'elle, la couvrait de son ombre. (...)
De temps en temps, une phrase d'une netteté cruelle arrivait jusque-là. (...)
A mesure que progressait le récit de sa tante, Elisabeth sentait croître en elle le mépris de cette personne bavarde et, par une obscure divination des choses, elle lui en voulait de ce que Blanche était morte.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   26 août 2017
-Mes amis, le bonheur est là, reprit M. Edme quand son cousin eut disparu. celle que vous allez voir est le gage visible que nous accorde le pays mystérieux où je veux vous conduire. L'autre nuit, j'ai vu Elisabeth pour la première fois depuis son enfance. Elle dormait. Dans ses traits délicats, j'ai distingué les traits spirituels que les sens nous cachent et reconnu la marque secrète des prédestinés. Aux regards de ceux qui voient, cette enfant se meut dans un brouillard de lumière. Par les entiers du rêve, elle pénètre au coeur des régions lointaines où le souvenir de notre monde s'efface, puis elle s'éveille et elle oublie, mais il y a au fond d'elle-même, enveloppé dans toutes les illusions de la chair, quelque chose d'inconnu qui dort. Elle ne le sait pas. cependant elle soupçonne cette présence à la fois douce et redoutable, elle devine que troubler le dormeur, c'est ébranler la vie du corps, et que le libérer, c'est mourir, mais elle saura lui parler et elle entendra ses réponses sans épouvante. Avec elle, nous irons par-delà les déserts du mensonge. Déjà l'air autour de nous vibre et bourdonne sous la pulsation de l'invisible. Ecoutez.
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Julien Green et son journal caché.
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