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EAN : 9782020099677
317 pages
Seuil (01/10/1989)
3.77/5   114 notes
Résumé :
Dès sa parution en 1950, Moïra fut tenu pour un chef-d'œuvre. Étudiant à l'université de Virginie, Joseph Day, 19 ans, "un roux violent et fanatique", s'impose par sa personnalité physique et morale. Il représente ce qu'on appelle un "puritain". La tentation fatale sera Moïra (forme irlandaise de Marie, comme Maura et Maureen). Habituée à séduire, Moïra ne s'attendait pas à être séduite à son tour par ce garçon vierge et passionné. Ils succombent l'un à l'autre. Mai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  17 août 2014
Moïra est un court roman de Julien Green fragmenté en brefs chapitres dont la lecture est aisée, je n'irai pas jusqu'à prétendre " agréable " car cette lecture ne m'a jamais vraiment captivée. Aisée donc pour moi uniquement parce qu'elle est courte.
Le protagoniste principal est Joseph Day, un jeune étudiant ayant quitté la boue et la poussière de ses collines natales pour venir étudier le grec ancien (afin, précise-t-il, de pouvoir enfin lire les évangiles dans leur forme originale) à l'université dans une grande ville du sud des États-Unis en 1920.
Croyant et puritain jusqu'à la racine du crin, la découverte de " La Grande Ville " et de ses " dépravations " (aussi insignifiantes soient-elles) vont renforcer chez lui le côté extrême et jusqu'au-boutiste de sa ferveur religieuse. (Qu'on qualifierait aujourd'hui d'intégrisme religieux.)
Il va vite se retrouver en marge de la vie étudiante par cette attitude à rebours de l'époque et des activités des étudiants de son âge. Qu'en sera-t-il quand le démon de la tentation charnelle, incarnée par Moïra, s'emparera de notre saint apôtre ?...
Je vous laisse le découvrir... ou ne pas le découvrir, car cette lecture ne me semble pas indispensable, loin sans faut, avec son discours ultra-chrétien qui me sort par tous les pores. Cependant, il semble que ce livre soit considéré par certains comme un des grands chefs-d'oeuvre du XXème siècle, donc, encore une fois, c'est à vous de voir. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Cath_perrin
  28 août 2021
Joseph Day séduit hommes et femmes. Il les séduit malgré lui, ce qui le soumet à une tentation insupportable, lui qui ne cherche qu'à se rapprocher de Dieu. Les pensées « impures » ne cessent de se multiplier. Il finit par succomber. En voulant effacer ses péchés, il va commettre bien pire.
Moïra est un livre fiévreux, qui dénonce les frustrations provoquées par un sentiment religieux excessif. À replacer dans le contexte historique des années 1950. Il est pourtant certainement d'actualités, la religion mal comprise pouvant être remplacée par d'autres causes.
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lecassin
  05 avril 2013
Joseph Day, le personnage central de Moïra, est un jeune protestant aux origines modestes, venu étudier à la ville, en fait dans une petite ville du sud des Etats-Unis, en Virginie. C'est un « esprit pur », puritain… et le libertinage des étudiants qu'il côtoie le désarme complètement.
Cependant, lui le rouquin à peau laiteuse attire, et pas seulement les femmes. S'en rend-t-il vraiment compte ?
Apparaît Moïra… Tentatrice…
Moïra, c'est le livre du combat de la foi contre les nécessités de la chair ; un combat que Julien Green mènera une grande partie de sa vie. Autobiographique, ce roman ? L'auteur s'en défend…Hum…
Un livre qui pose quelques questions essentielles dans la vie d'un protestant pur et dur comme : comment vivre sans aimer ? comment aimer sans se renier ? …
Un beau texte « classique » bien dans le style de l'auteur : riche, évocateur…avec en arrière plan, cette question de l'homosexualité qui harcèlera l'auteur sa vie durant.
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Woland
  29 février 2008
Publié en 1950, "Moïra", à qui Green accorda à regrets le tréma afin de faire correspondre le prénom à sa prononciation irlandaise, est un sobre récit sur les dangers du sentiment religieux lorsque celui-ci est mal interprété. Autant dire que ce roman, bien qu'il ne parle pas évidemment pas de terrorisme, reste d'une redoutable actualité. C'est en effet un sentiment religieux mal compris, très mal ressenti et plus encore récupéré par des hommes de pouvoir qui rend notre monde si dangereux, cinquante-six ans après la parution du roman de Green.
Le héros de Green, Joseph Day, est un jeune protestant américain qui descend de ses collines natales pour entrer dans une université sudiste. Son but essentiel : apprendre le grec afin d'être plus près du Christ. (!!!) Mais évidemment, outre son cours de grec, il se voit contraint de prendre d'autres activités, dont un cours de littérature anglaise où Shakespeare et Chaucer (non-expurgés) tiennent le haut du pavé. Les réactions du jeune Joseph aux audaces de vocabulaire des deux Elizabéthains sont à la fois comiques et tragiques.
Cet homme qui n'affirme n'avoir d'autre préoccupation que son salut et celui des autres (il est fermement décidé à "sauver" des gens qui ne lui demandent rien) est en effet essentiellement hanté par le sexe et les femmes, chose ma foi ! des plus normales à son âge mais qu'il rejette comme il rejetterait Lucifer en personne venu pour le séduire.
Comme Joe possède lui-même un physique des plus avantageux, il se voit vite en but à une recherche homosexuelle, qu'il ne comprend pas tout d'abord, de la part de certains de ses condisciples. Dans les années 50 (songeons à la thématique homosexuelle de "La Fureur de Vivre" avec le personnage de Sal Mineo, amoureux transi de celui interprété par James Dean), les amours viriles ne sont guère appréciées aux USA. A fortiori dans ce Sud traditionnaliste en diable et qui paraît figé à jamais dans son passé de gloire et d'esclavage.
Mais seules les femmes, toujours les femmes, intéressent Joe. Tout au moins le croit-il et tout comme Paul Guéret dans "Léviathan", il finira par user du viol et du meurtre pour arriver à ses fins.
... Mais est-il bien hétérosexuel ? ...
Roman en demi-teintes, d'un style plus élagué, plus nu même que "Léviathan" et les oeuvres de la première période de Green, "Moïra" est un réquisitoire impitoyable et digne d'un Gide à l'encontre du sentiment religieux qui, lorsqu'il est mal compris et mal appliqué, n'engendre que refoulement, inhibitions et crimes. L'auteur y affirme entre les lignes que l'homosexualité est bien souvent une conséquence de cette horreur des femmes qui régit les sociétés patriarcales et qu'y maintiennent d'une main de fer prêtres et religieux.
S'il y a déviation, celle-ci est donc produite par l'homme et non par Dieu. Au contraire, à l'exemple de Joseph Day qui voudrait traiter tous les pécheurs "comme le Christ au Temple", la religion , revue et corrigée par les puritains de toutes confessions, devient une arme destructrice, trop préoccupée à flageller la chair pour ne pas crier au monde que, justement, c'est cette chair et non l'esprit qui la fascine.
L'un des passages les plus critiques du roman se situe dans les premiers chapitres, lorsque l'un des personnages dit à Joe (je cite de mémoire) que l'amour l'intéresse, comme tout le monde, et que, vu sa jeunesse, il aurait tort de culpabiliser. Or, Joe a cette réplique horrible : "Ce qui m'intéresse, c'est seulement la Religion."
Tout à fait comme si, pour les puritains de son espèce, l'amour n'avait rien à voir avec le sentiment religieux, encore moins avec le sentiment divin ... ;o)
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ordinary_reader
  11 avril 2016
Je n'avais pas aimé ce roman, porté aux nues et considéré comme un chef-d'oeuvre de la littérature classique.
Le héros est un jeune étudiant pauvre venu étudier en Virginie.
C'est un protestant "pur et dur", puritain et obsédé par le péché, surtout celui de la chair.
La tentation pour lui sera incarnée par la belle Moïra...
C'est le récit du combat psychologique et spirituel d'un jeune homme très tourmenté.
L'amour même semble impossible, puisqu'il détourne l'homme pur de Dieu par les faiblesses de la chair. Un fanatisme et un égoïsme malfaisants qui poussent le héros finalement dans l'impasse, et à l'irréparable.
Ce garçon ne m'avait inspiré ni compassion ni admiration, bien au contraire, je n'avais pas aimé son orgueil et son extrémisme religieux.
(dès la 2nde)
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   15 octobre 2016
- Tu sais, Jo, reprit Mac Allister avec un ton de fausse innocence, demain soir on va bien s'amuser en ville. Tu devrais venir. Il y aura une réception dans la belle maison rouge qui est au coin de Jefferson Street, tout près de la gare. Les dames serviront à boire aux étudiants. Après quoi, ils danseront avec elles. Veux-tu savoir comment Jo ?
- Je ne sais pas ce que tu veux dire.
- Bien entendu. Mais tu vas comprendre.
Au même instant, il se mit à se trémousser sur le lit d'une façon si parlante que Joseph sentit les oreilles lui brûler. Sans répondre, il défit la ceinture noire qui lui serrait la taille, puis ce fouet au poing, il leva tout à coup le bras. Et comme dans le bois avec la branche dont il avait frappé l'arbre, il eut l'impression que son bras agissait de lui-même. L'étroite lanière coupa l'air tiède en sifflant pour s'abattre sur le dos de Mac Allister qui se jeta à bas du lit avec un hurlement. Un autre coup de ceinture lui mordit les jambes, et il fit entendre un nouveau cri de rage et de douleur.
- Tu voulais un sermon. En voilà un ! dit Joseph de la voix d'un homme qui suffoque et que lui-même ne reconnut pas. Veux-tu que je continue, fils de Bélial ?
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moraviamoravia   15 octobre 2016
- Je ne me sens nullement différent des autres, fit Joseph en haussant les épaules.
- Ah ! s'écria Killigrew avec un nasillement de triomphe. Là est précisément le nœud de toute la question. Vous refusez de voir cette différence. Or vous savez comme moi que les étudiants ne pensent qu'aux femmes et à la boisson, alors que vous...
- Moi, non ! s'écria Joseph qui décroisa les bras.
- Vous aussi, fit doucement Killigrew, vous comme les autres.
Joseph se leva avec une telle brusquerie qu'il renversa la chaise sur laquelle il était assis.
- Ce n'est pas vrai !
- Allons repris son visiteur d'une voix égale, ne vous conduisez pas comme un enfant. Ramassez votre chaise et causons. La différence entre vous et les autres, c'est qu'ils cèdent à leurs instincts...
- A leurs instincts bestiaux, fit Joseph, les joues roses de colère.
- Bestiaux si vous voulez. Il y a une bête en chacun de nous.
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moraviamoravia   11 octobre 2016
Pourquoi David lui avait-il dit qu'ils étaient choisis, tous les deux ? Qu'en savait-il, ce petit monsieur si sûr de lui et qui parlait déjà comme du haut d'une chaire ? Il avait même cette raideur de la tête que donne le col empesé des pasteurs, et puis cette voix contenue, patiente, ce sourire affable, prodigué à tout venant...
La religion , était-ce cela ? "Moi, pensa-t-il brusquement, j'aime la religion à l'état sauvage."
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moraviamoravia   11 octobre 2016
On parlait toujours, à côté, un peu plus bas que tout à l'heure, cependant, mais de temps à autre, Mac Allister jetait une phrase comme un coup de clairon.
"Moi, je les aime petites, déclara-t-il, et blondes, un peu grasses, mais pas trop, blanches comme du lait, lisses comme...lisses comme une prune.
- Lisses comme une prune n'est pas mal, fit la voix docte. Où as-tu trouvé ça, Mac ?
- Mais dans ma tête !
- Mollior cuniculi capillo...Catulle n'a pas trouvé mieux : plus doux que la peau de lapin. "
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moraviamoravia   16 octobre 2016
Ce soir, ils sont tous allés en ville, dans cette maison dont m'a parlé Mac Allister, une maison...
A ces mots, David se redressa et fit un visible effort sur lui-même.
- Tu veux dire la maison de prostitution ?
- Oui. Et je suis sûr que Simon s'y trouve, en ce moment.
David ne répondit pas tout de suite, mais considéra Joseph d'un air perplexe.
- Il ne faut pas juger les hommes, dit-il enfin. Christ a dit de ne pas juger. A notre âge, l'instinct est presque irrésistible, l'instinct...sexuel.
- Je hais l'instinct sexuel, fit Joseph d'une voix sourde.
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