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Citations sur Si j'étais vous (32)

colimasson
colimasson   31 juillet 2012
- Cette nuit, par une faveur insigne, vous recevrez le don de changer votre personnalité contre celle qu’il vous plaira d’élire : vous deviendrez qui vous voudrez. Toute l’expérience humaine, éparse autour de vous, vous est offerte. D’un être à l’autre, selon le caprice de votre curiosité, vous voyagerez comme le voyageur qui s’arrête dans une ville le temps qu’il faut pour en épuiser les plaisirs ou satisfaire son goût de savoir. Vous ne connaîtrez de la souffrance que ce que vous en voudrez apprendre, et vous jouirez de tous les bonheurs possibles. L’humanité deviendra la bouche par laquelle vous assouvirez vos faims ; ses doigts, son corps, serviront à la dilatation énorme de vos appétits. Fabien, je vous donne le monde.
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colimasson
colimasson   17 août 2012
[…] en réalité, c’était un homme d’autant plus férocement attaché à lui-même qu’il se croyait dégagé de tous les liens de sa volonté propre. Il était pieux, principalement parce qu’il s’aimait pieux.
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colimasson
colimasson   30 juillet 2012
- […] Vous savez comme moi qu’une des causes majeures de l’ennui est l’étroitesse de notre destinée. Nous nous éveillons chaque matin les mêmes, et c’est en vain que les rêveurs de l’Antiquité ont soutenu que jamais la même personne ne passe deux fois par la même porte. La vérité est que chaque homme est condamné à vivre dans le même corps, à voir par les mêmes yeux, à comprendre et à méditer jusqu’à la mort par le secours du même cerveau. L’ingénieux supplice de l’identité crée un enfer beaucoup plus subtil que le lieu torride inventé par la superstition. Etre éternellement le même n’est pas supportable aux esprits affinés par la réflexion.
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colimasson
colimasson   27 juillet 2012
[…] il comprit que ce n’est pas en pressant un livre sur son cœur qu’on s’instruit, mais secrètement il regretta d’en savoir déjà si long, car il lui semblait qu’en apprenant une chose il en désapprenait une autre, et plus belle. Pourtant le goût du savoir lui vint avec les années, mais ce qu’il acquérait en étudiant se payait toujours d’un prix qu’il ne soupçonnait pas et ses maîtres le privaient peu à peu de toutes les ressources que contient ce que nous appelons l’ignorance. A présent il s’entendait à combiner des mots de manière à leur faire dire à peu près tout ce qu’il voulait, mais il ne savait plus parler au vent, ni à la pluie, ni à la lumière que le soleil versait à ses pieds comme avec un seau. Entre lui et tout ce qui ne parle pas le langage humain un grand fossé se creusa.
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Amorina
Amorina   30 mars 2014
Entre toutes les souffrances qu'avait connues le monde et dont la somme avait chargé l'âme du Sauveur, il y avait cette souffrance particulière qui était la souffrance d'une jeune fille isolée et perdue au fond d'une grande ville. Du haut de sa croix lointaine, il avait peut-être vu la petite Française agenouillée au pied d'un lit. Entre elle et lui, ce lien existait. Dans ses mains à elle, il n'y avait pas ces clous pareils à d'épouvantables pistils de fer au milieu de fleurs blanches, mais elle avait comme lui une plaie qui se ne voyait pas, dans la poitrine.
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colimasson
colimasson   11 août 2012
En poussant les portes de ce logis démoralisant, le jeune homme se rappelait souvent la parole d’un de ses oncles, qui, le voyant étudier l’Evangile, lui avait dit un jour : « Celui qui aime la vérité ne sera jamais riche. » Or, pour M. Fruges, la vérité s’apprenait dans les livres et il en concluait que les livres l’avaient mené comme dans un cachot, droit à cette pièce étouffante ou glaciale selon la saison, mais toujours triste.
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colimasson   03 août 2012
Ne pas comprendre ! … Jusqu’à ce jour il ne s’était jamais rendu compte de la souffrance que cela pouvait être. Entre lui et ces noms qui dansaient sous ses yeux il y avait quelque chose qui le faisait songer à de l’ombre ou à du brouillard.
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colimasson
colimasson   26 juillet 2012
Trop de choses lui manquaient pour qu’il exprimât les pensées qu’il avait en tête, et tout d’abord, il le savait, une ignorance profonde de l’expérience humaine. C’était, en définitive, à cause de cela que la langue lui résistait. Ce qu’il savait par intuition ne suffisait pas. La souffrance est l’étoffe dont sont faits les livres, et il n’avait pas encore assez souffert pour parler du bonheur.
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colimasson
colimasson   24 juillet 2012
Avait-on jamais réussi à emprisonner dans une phrase un regard, un parfum, un accord musical ? Tout se réduisait à d’imparfaites allusions que chacun pouvait entendre à sa guise. Ainsi, devant les astres d’une nuit limpide, Fabien éprouvait la tristesse d’un muet cherchant à dire ce qui est en lui ; et il se demanda si jamais un homme avait pu délivrer son âme de ce grand poids de choses inexprimées dont se chargent les étoiles.
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colimasson   23 juillet 2012
Plus rien n’importait sur la terre, pensait-il, si cette terre était vraiment aussi petite que l’affirmaient les astronomes, mais si chétive qu’elle fût et si minuscule un être humain sur cette terre, cet être n’en avait pas moins toutes ces étoiles dans sa tête.
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