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ISBN : 2253006939
Éditeur : Le Livre de Poche (15/04/2003)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 162 notes)
Résumé :
La Puissance et la Gloire est le sommet des romans catholiques de Graham Greene. Il lui fut inspiré par un séjour au Mexique en 1937.

Le clergé mexicain persécuté par le gouvernement révolutionnaire, il ne reste qu'un seul prêtre, dont la tête est mise à prix. Ce prêtre est un pauvre homme qui aime trop l'alcool et qui a fait un enfant à une de ses paroissiennes.

Il essaie de fuir mais revient chaque fois qu'un mourant a besoin de lui, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  13 mars 2014
"Car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles"
Dans les années 1930,dans un état mexicain , il ne reste plus qu'un prêtre. le gouvernement révolutionnaire mexicain avait mené une vigoureuse campagne contre les représentants de l'Eglise catholique, la Christada. En les expulsant avant tout. En contraignant les réfractaires au départ à se marier, et donc à contrevenir aux dogmes de leur confession.
Pourquoi est-il resté, ce prêtre, il l'explique dans un des plus beaux passages de ce livre, un dialogue:
"- Mais pourquoi êtes-vous resté ?
- Je me le suis demandé, répondit le prêtre, une fois. La vérité, c'est qu'un homme ne se trouve pas placé brusquement devant deux partis à prendre , un bon et un mauvais. Il se trouve engagé peu à peu...ce n'était pas la première fois dans L Histoire, qu'on brûlait des églises. Vous n'ignorez pas que c'est arrivé souvent. Ca ne signifie pas grand chose. Je pensais que je resterais, disons, encore un mois, pour voir si les choses allaient s'améliorer. Et puis.. oh! vous ne pouvez pas savoir comme le temps passe vite!"
...je crois qu'il aurait mieux valu que je m'en aille , moi aussi. Car c'était l'orgueil qui me faisait agir. Ce n'était plus l'amour de Dieu... Je ne servais à rien, mais j'étais resté..C'est une erreur que l'on commet de penser que parce qu'une chose est difficile et dangereuse..
...- Et bien, vous allez devenir un martyr, vous aurez cette satisfaction.
-Oh, mais non! Les martyrs ne me ressemblent pas du tout. Ils ne réfléchissent pas tout le temps."
Donc, il est resté, célébrant une messe ici ou là , administrant des sacrements, et se rendant surtout au chevet de mourants pour leur accorder ce que son ministère lui permet, l'absolution de leurs péchés, tout cela en se cachant bien sûr, protégé dans la grande majorité des villages.
Seulement le voilà rattrapé par la réalité , et donc poursuivi.
Il y aura dans ce livre ce rapport entre ces deux hommes , cette traque en tous lieux , des observateurs, des populations qui subissent comme toujours. Et un Judas, bien sûr.
La grande force de ce magnifique roman est de ne faire d'aucun personnage un portrait tranché au couteau. le prêtre est.. alcoolique, plutôt lâche, il a eu un enfant avec une villageoise , et il n'a qu'une seule envie, parvenir à fuir , même si le lieutenant sacrifie des villageois pour faire peur aux autres et qu'ils le dénoncent. le lieutenant, lui, a eu à souffrir de l'attitude de l'Eglise dans sa jeunesse, il est déterminé mais l'auteur lui prête des qualités d'écoute et même de compassion..Le Judas, et bien il a besoin de manger, et donc de la rançon promise. Les observateurs ( extraordinaire personnage du dentiste ) ont de temps en temps des sursauts. Bien et mal se mélangent , il ne reste que toute cette ambiguïté des rapports de force..idéologiques? Qui s'opposent? Même pas..
Et ce qu'on appelle la foi du prêtre?
" Ecoutez-moi, dit le prêtre ardemment, en se penchant en avant dans le noir , pressant d'une main son pied tordu de crampes, je n'ai pas autant de duplicité que vous le croyez. Pourquoi, à vôtre sens, irais-je dire aux gens du haut de ma chaire, que si la mort les prend à l'improviste, ils sont en danger d'être damnés? Je ne leur raconte pas de conte de fées auxquels je ne crois pas moi-même. Je ne sais rien du tout de la miséricorde divine. Je ne sais pas dans quelle mesure le coeur humain apparaît à Dieu comme un objet d'horreur. Mais je sais ceci: que si jamais dans ce pays un seul homme fut damné, alors je ne puis manquer d'être damné aussi. Il ajouta lentement: " Je ne souhaiterais pas qu'il en fût autrement. Je ne demande que la justice, rien de plus."
Dans la préface, François Mauriac parle de martyre, d'identification au Christ, et ce roman a été qualifié de grand roman catholique. Pourquoi pas, à chacun son interprétation en fonction de ses croyances. Et effectivement , le parcours du prêtre finit par ressembler à un chemin de croix.Et ce qu'il finit par faire, il sait que cela va le perdre, mais il le fait quand même.
Parce que c'est..son devoir. Parce qu'il fait ce qu'il peut faire.
Cela en fait-il un saint, ce que Mauriac sous-entend? Ca, c'est une discussion qui me dépasse, je dois dire ,et encore une vision catholique, mais ce sont ses failles, ses doutes , mais aussi son humilité, ses capacités de voir clair en lui, et ses actes qui en font un si beau personnage.
C'est surtout, pour moi, un grand roman "humaniste", qui montre les hommes tels qu'ils sont capables d'être, dans le pire, le meilleur, et tous les aspects..moins contrastés . Avec un grand signe d'espoir à cette humanité à la toute fin, merveilleuse.

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gill
  07 juin 2016
"La puissance et la gloire" est une pièce de théâtre transposée du roman de Graham Greene par Pierre Bost, Pierre Darbon et Pierre Quet.
Elle a été représentée, pour la première fois, en octobre 1952, au Théâtre Municipal de Mulhouse et reprise, en décembre de la même année, sur la scène du théâtre de l'Oeuvre à Paris.
C'est une pièce en deux actes et sept tableaux.
Le rideau se lève sur le cabinet du dentiste, Robert Tench.
Robert Tench est anglais.
Depuis quinze ans, pour faire fortune, il s'est exilé dans la capitale d'une province mexicaine.
Mais il s'y est trouvé ruiné par la révolution.
Depuis il souffre.
Il souffre de cette ville, de ce pays, il souffre de tout.
Éperdu de sueur et d'ennui, il s'est vu réduit, pour partir lui-même un jour, de faire partir les autres, de leur faire, pour quelque argent, passer la frontière.
Robert Tench soigne le chef de la police lorsque survient un homme derrière lequel se cache un prêtre ...
Je ne connais pas le célèbre roman de Graham Greene.
Je ne sais donc pas si sa transposition à la scène lui est fidèle.
Mais je pense que le trio de dramaturges a laissé durant la réécriture quelque-chose en route.
Un petit quelque-chose indispensable qui aurait fait la force du roman et qui manque à la pièce.
Car la lecture de celle-ci est longue et paraît quelque peu ennuyeuse.
L'errance de ce prêtre, sans rebondissement, sans interrogation profonde et sans "bouleversant bouleversement" s'avère être aussi sans rythme.
Elle n'est pimentée par aucune réplique.
Les dialogues, ternes et réguliers, n'ont aucune aspérité.
Seule, l'atmosphère étouffante est bien rendue.
"La puissance et la gloire" est un de ces livres qui, dès sa dernière page refermée, semble aussitôt se couvrir de poussière pour disparaître plus vite de la mémoire ...

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stcyr04
  03 décembre 2012
Dans un état du Mexique, le Tabasco, vivant sous le joug d'une junte militaire, les prêtres ont fui. Il leur est interdit d'exercer leur office et on les oblige à se marier; un choix cornélien s'offre à eux: le mariage et la profanation de leur ministère ou le mur blanchi à la chaux derrière soi et le peloton d'exécution devant... Dans cette “république socialiste” tout ce qui rappelle l'ancien ordre de chose est effacé, les églises deviennent des bâtiments profanes, les parvis sont aménagés en terrain de sport, on traque les représentants de l'église, on réprime les moindres vestiges de foi chez les humbles - ce qu'on nomme superstition - et l'on a même prohiber l'alcool. Dans cette atmosphère oppressante, il reste un représentant indigne de la vieille foi, un prêtre alcoolique bourrelé de pêchés, qui, un jour d'ivresse, à commis la fornication et est devenu père. Cette homme est un fugitif mais il n'a pas abandonné, il n'a pas abjuré sa foi et malgré le marasme de déchéance où se débat son âme, malgré l'incapacité matérielle où il se trouve de remplir son office, il reste malgré tout, par sa seule présence, encore un peu fidèle...
Ce roman qu'on pourrait qualifier de catholique, tant les thèmes chrétiens y sont omniprésents, à commencer par le titre, référence à la doxologie finale de la messe catholique (« Car c'est à toi qu'appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. ») et tant la destinée du prêtre rappelle – à sa manière – la passion du Christ, est un grand roman tant par son style personnel et sûr , son habileté à créer une atmosphère et par la charge dramatique qui s'amplifie à mesure que la lecture progresse.
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GrandGousierGuerin
  20 septembre 2015
Dans un pays qui serait le Mexique des années révolutionnaires, en proie à un anticléricalisme d'Etat extrême : soit le prêtre renonce à son office et se marie, soit on le passe par les armes !
Un seul prêtre reste, un pauvre curé, le dernier des derniers … Pour preuve : il est alcoolique et est même père d'une petite fille. Mais, envers et contre tout, il reste et ne parvient pas à s'échapper car il se sent habité par sa mission que nul autre que lui ne peut tenir, malgré sa honte, son désespoir et son état de péché.
Magnifique roman sur le rôle du prêtre, la vocation, le péché et sa rémission, le salut de l'âme. En prime on a également une version revisitée du Judas, bien plus humaine, et qui a su gêner l'église en son temps.
Selon moi, un de ces romans intemporels qu'il faut avoir lu, quel que soit son approche envers la religion et tout particulièrement le catholicisme car on touche ici au plus profond de l'homme, à son âme et à son essence même ! Sans le moindre doute, une lecture qui restera pérenne et qui donne envie de lire ou de relire Sous le soleil de Satan de Bernanos !
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frandj
  12 mars 2014
C'est indiscutablement un grand roman, très ambitieux, qui a marqué les lecteurs de mon âge et que la jeune génération ignore probablement.
En mettant en scène ce prêtre "pécheur" qui fuit la répression anticléricale de la révolution mexicaine, au début du XXème siècle, l'auteur a voulu dépeindre toute l'humanité, ou du moins ceux qui se réclament de près ou de loin de la chrétienté. Chez ce prêtre comme dans tout homme, les faiblesses les plus condamnables se trouvent étroitement juxtaposées à une fidélité obstinée vis-à-vis de la religion catholique et de ses vertus cardinales. Cette intrication rend vain tout jugement qu'on serait tenté de porter sur un individu; seul Dieu pourra le juger - et sans doute lui accorder sa grâce. C'est du moins ainsi que G. Greene voit la condition humaine.
Compte tenu de son sujet, le roman de l'auteur britannique aurait très bien pu être intitulé "La pesanteur et la grâce"... mais ce titre a été choisi par S. Weil (pour un livre presque contemporain).
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
PrigentPrigent   14 juillet 2010
Un des Pères nous apprend que la joie est tributaire de la souffrance. La souffrance est partie essentielle de la joie. Quand nous avons faim, songez comme la nourriture nous paraît bonne. Quand nous avons soif... [...] Nous nous privonspour mieux apprécier. Vous avez entendu parler de ces hommes riches, dans le Nord, qui mangent des mets salés, afin d'augmenter leur soif, avant de boire ce qu'ils appellent un cocktail. Avant le mariage aussi viennent les longues accordailles... [...] Voilà pourquoi je vous dis que le Ciel est ici : ceci fait partie du Ciel, comme la douleur fait partie de la joie. Priez [...] d'avoir à souffrir encore et de plus en plus. Ne vous lassez jamais de la souffrance. Les gendarmes qui vous épient, les soldats qui ramassent les impôts, les coups que vous recevez sans cesse du jefe parce que vous êtes trop pauvres pour payer, la petite vérole, la fièvre, la faim... tout cela fait parrtie du Ciel, et vous y prépare. Peut-être que sans toutes ces misères, qui sait, le Ciel vous paraîtrait moins beau. Le Ciel ne serait pas complet. Et le Ciel. Qu'est-ce donc que le Ciel ? [...] Le Ciel est le lieu où il n'y a pas de jefe, pas de lois injustes, pas de soldats, pas de famine. Au Ciel, vos enfants ne meurent pas.
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mariecesttoutmariecesttout   09 février 2014
Le lieutenant s'assit sur son lit et se mit à enlever ses bottes. C'était l'heure de la prière. Les cancrelats se cognaient aux murs avec des explosions de pétards. Plus d'une douzaine retombèrent sur les carreaux du sol, les ailes endommagées. Le lieutenant pensa avec fureur qu'il y avait encore dans le pays des gens qui croyaient à un Dieu d'amour et de miséricorde. Certains mystiques prétendent qu'ils entrent en communication directe avec Dieu. Lui aussi était un mystique et jamais il n'avait rencontré que le néant, la certitude absolue que, dans un monde mourant qui se refroidissait, des animaux avaient évolué jusqu'à devenir des êtes humains , absolument sans but ni raison. Il le savait.
...
Les yeux ouverts, le lieutenant restait couché sur le dos tandis que les cafards explosaient contre le plafond. Il se rappelait du prêtre que les Chemises Rouges avaient fusillé le long du mur de ce cimetière de la colline et qui était un autre petit homme rond aux yeux protubérants. C'était un monsignore, et il pensait que le titre le protégerait: il avait une sorte de mépris pour le bas clergé et , jusqu'à la dernière minute, il avait invoqué son rang. Ce n'était que tout à fait à la fin qu'il s'était rappelé ses prières. Il s'était agenouillé et on lui avait accordé le temps d'un bref acte de contrition. Le lieutenant avait assisté en spectateur, l'affaire n'était pas de son ressort. En tout cas, ils avaient fusillé cinq prêtres, deux ou trois s'étaient échappés, l'évêque était bien tranquille à Mexico, un seul s'était conformé à l'ordre du gouverneur imposant le mariage à tous les prêtres. Il habitait maintenant près du fleuve avec sa gouvernante. Cette solution, bien entendu, était la meilleure: épargner cet homme qui servait d'exemple vivant de la faiblesse de leur foi. Cela prouvait bien que pendant des années, ils avaient vécu dans l'imposture. Car s'ils avaient vraiment cru au ciel et à l'enfer, ils n'auraient pas refusé un court moment de souffrance pour mériter l'éternité..Etendu sur son lit dur, dans cette nuit chaude et moite, le lieutenant n'avait aucune sympathie pour les défaillances de la chair.
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PrigentPrigent   01 août 2010
Il avait un sentiment démesuré de sa propre importance : il était incapable d'imaginer ce monde dont il n'était qu'un détail banal, ce monde de traîtrise, de violence et de luxure où sa propre ignominie était tout à fait insignifiante. Combien de fois le prêtre avait-il entendu cette même confession ? Les hommes sont si limités : ils n'ont même pas l'habileté d'inventer un vice nouveau : les animaux en savent autant qu'eux. Et c'est pour ce monde que le Christ est mort ; plus l'on voit de corruption autour de soi, plus la gloire qui entoure sa mort resplendit. C'est trop facile de mourir pour ce qui est bon ou beau, son foyer, ses enfants ou la civilisation... il fallait un Dieu pour mourir afin de sauver des hommes lâches et corrompus.
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SachenkaSachenka   07 décembre 2015
- Mais pourquoi êtes-vous resté?
- Je me le suis demandé, répondit le prêtre, une fois. La vérité, c'est qu'un homme ne se trouve pas placé brusquement devant deux partis à prendre, un bon et un mauvais. Il se trouve engagé peu à peu.
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SachenkaSachenka   08 décembre 2015
- Ah! bien, quand vous aurez mon âge, sans doute saurez-vous que le cœur est une bête dont il est prudent de se méfier. L'intelligence en est une autre, mais elle, au moins, ne parle pas d'amour.
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Our Man in Havana - Original Trailer (1959) Notre Agent à La Havane (Our Man in Havana) est un film britannique réalisé par Carol Reed, avec Alec Guinness, Burl Ives et Maureen O'Hara. Scénario de Graham Greene, d'après son roman d'espionnage (1950).
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