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Citations sur Deux soeurs pour un roi (21)

Ode
Ode   08 décembre 2012
[Marie Boleyn, Été 1526]
La reine hocha la tête en apprenant, comme les courtisans qui tendaient l'oreille, qu'elle n'accompagnerait pas le roi dans son périple estival.
– Merci, répondit la souveraine avec une dignité simple. La princesse m'écrit qu'elle fait de grands progrès en grec et en latin.
– Cela ne lui sera guère d'utilité pour concevoir des fils et des héritiers, répliqua sèchement le roi. J'espère qu'elle ne deviendra pas une savante voûtée. Le premier devoir d'une princesse est d'être la mère d'un roi, comme vous le savez, madame.
La fille d'Isabelle d'Espagne, l'une des femmes les plus intelligentes et les mieux éduquées d'Europe, croisa ses mains sur ses genoux et baissa les yeux vers les riches bagues qu'elle portait aux doigts.
– Je le sais, en effet.
Henri se leva brusquement en claquant des mains. Les musiciens s'interrompirent aussitôt, attendant ses ordres.
– Une gigue ! ordonna-t-il. Dansons avant le dîner !
Ils s'exécutèrent aussitôt et les courtisans se mirent en place. Henri s'avança vers moi. Je me levai mais il me sourit seulement avant de tendre la main à Anne. Les yeux baissés, elle passa devant moi. Sa robe me frôla avec impertinence, comme pour me signifier de reculer. Levant les yeux, je croisai le regard de la reine, aussi vide que si elle eût observé des pigeons pépiant dans un colombier, persuadée de leur insignifiance.
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LiliGalipette
LiliGalipette   11 octobre 2017
« Si elle partage la couche du roi et y conçoit un bâtard, nous aurons gros à jouer. » (p. 22)
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Woland
Woland   22 septembre 2010
[...] ... - "Quel est le secret de l'emprise de [votre soeur] sur [Henry], selon vous ?

- Ils se ressemblent," répondis-je, laissant mon antipathie à leur endroit se glisser dans ma voix. "Aucun des deux ne s'arrêtera à rien pour obtenir ce qu'il veut et gardera, avec une détermination inébranlable, les yeux sur sa cible. Et, à présent que leurs désirs coïncident, ils sont ..." Je marquai une chose, cherchant le mot juste. "Formidables", terminai-je.

- "Je peux être formidable", énonça la Reine ( 1 )

Je lui lançai un regard de biais. N'eût-elle été la Reine, j'aurais passé mon bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi.

- "Qui le sait mieux que moi ? Je vous vis tenir tête au Roi encoléré et vous opposer à deux cardinaux ainsi qu'au Conseil privé. Mais vous servez Dieu, vous aimez le Roi et vous adorez votre enfant. Vous ne vous laissez point guider par cette unique question : "Qu'est-ce que je veux ?"

Elle secoua la tête.

- "Ce serait péché d'égoïsme."

Je regardai les deux silhouettes [Anne Boleyn et Henry VIII] au bord du fleuve, les deux plus grands égoïstes qu'il m'eût été donné de rencontrer.

- "En effet." ... [...]

( 1 ) : Catherine d'Aragon, infante de Castille et d'Aragon, puis princesse de Galles et reine d'Angleterre, fille de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle Ière de Castille la Catholique, mère de Mary Ière Tudor.
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Emily5F
Emily5F   04 avril 2010
Jane Seymour choisit sa robe de mariée le jour où ma soeur fut exécutée. Je ne l'en blâmai pas, Anne ou moi eussions fait de même. Henri changeait vite d'avis et il fallait se montrer sage et le suivre sans s'opposer à lui. Surtout à présent. Il avait divorcé d'une femme irréprochable et en avait décapité une autre : il connaissait son pouvoir.
Jane serait reine et ses enfants, quand elle en aurait, deviendraient princes et princesses. Ou bien elle attendrait, comme les autres, de concevoir en sachant, mois après mois, que la patiente et l'amour du roi s'amenuisaient. Peut-être aussi que la malédiction lancée par Anne-sa mort en donnant naissance à un fils-se réaliserait. Je n'enviais pas Jane Seymour. J'avais vu deux reines mariées au roi Henri, aucune n'en avait retiré beaucoup de bonheur.
Quant à nous, les Boleyn, mon père avait raison, il nous fallait surivre. Avec la mort d'Anne, mon oncle Howard avait perdu une bonne carte, qu'il avait jouée comme Madge et moi. Je savais qu'il trouverait toujours une autre fille à offrir, que celle-ci fût destinée à séduire le roi ou à devenir un exutoire à sa fureur. Il jouerait de nouveau. Mais, pour l'heure, nous, les Boleyn, étions détruits. Nous avions perdu la reine Anne, la plus célèbre d'entre nous. Elizabeth ne vallait rien, moins encore qe la princesse Marie, déjà si méprisée. Jamais elle ne serait appelée princesse, jamais elle ne prendait place sur le trône.
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Patricia4
Patricia4   26 septembre 2014
Observez et apprenez, Marie. L'erreur n'a point sa place à la cour.
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Woland
Woland   22 septembre 2010
[...] ... - "Comment vous portez-vous, Votre Majesté ?" m'enquis-je ( 1 ) avec prudence.

Il leva la tête et darda sur moi des yeux injectés de sang.

- "Mal," répondit-il doucement.

- "Qu'y a-t-il ?"

Il ressemblait à un petit garçon, ce soir-là, perdu et triste.

- "Je n'ai point couru les joutes ce jour. Je ne courrai plus.

- Jamais ?

- Peut-être jamais.

- Pourquoi, Henry ?"

Il marqua une pause puis déclara, d'une petite voix :

- "J'ai pris peur lorsque mon écuyer me sangla dans mon armure. N'est-ce point honteux ?"

Je ne sus que dire.

- "Les joutes sont affaires dangereuses," reprit-il avec ressentiment. "Vous autres femmes, installées dans les tribunes, préoccupées de gages et de faveurs, écoutant les hérauts sonner les trompettes, vous ne l'entendez point."

J'attendis.

- "Et si je périssais ?" demanda-t-il soudain. "Qu'adviendrait-il alors ?"

Un horrible instant, je crus qu'il s'enquérait du salut de son âme.

- "Nul ne le sait avec certitude", répondis-je d'une voix hésitante.

Il écarta mes paroles d'un geste.

- "Pas cela. Qu'advient-il du trône de mon père ( 1 ) , qui pacifia le royaume après des années de lutte ? Nul autre n'y serait parvenu, et il avait deux fils ( 2 ), Mary ! Il assura la sécurité du pays, autant sur les champs de bataille que dans son lit. J'ai hérité d'un royaume doté de frontières bien gardés, de lords fidèles, d'un trésor remplir d'or, mais je n'ai personne à qui le transmettre."

J'inclinai la tête, émue par l'amertume contenue dans ces paroles.

- "La terreur de périr sans un fils pour me succéder m'exténue. Je ne puis jouter, ni même chasser d'un coeur léger. Lorsque s'élève un obstacle devant moi, je n'éperonne plus mon cheval pour le franchir d'un bond, épouvanté à l'idée de ma mort et de la vision de la couronne d'Angleterre accrochée dans un buisson d'épines." ... [...]


( 1 ) : Mary Carey, née Boleyn.

( 2 ) : Henry, comte de Richmond, devenu Henry VII, premier souverain Tudor et descendant de Jean de Gand, en d'autres termes d'Edouard III Plantagenêt.

( 3 ) : Arthur, Prince de Galles et premier époux de Catherine d'Aragon, mort de la suette ou de la tuberculose, à l'âge de seize ans, et Henry, duc d'York, qui deviendra Henry VIII.
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MIRLI39
MIRLI39   18 août 2013
Je suis née pour être votre rivale, répliqua-t-elle posément, et vous la mienne.Nous sommes soeurs, n'est-ce pas?
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FleurCannibale
FleurCannibale   30 mai 2010
Parfois, lors de ces moments calmes qui précédent le dîner ou bien quand la pluie l'empêchait de chasser, Henri trouvait seul le chemin qui mène aux appartements de la reine; elle posait alors sa lecture ou sa couture et nous renvoyait d'un mot, lui adressant un sourire qu'elle n'accordait à nul autre, pas même à sa fille, la princesse Marie.
Une fois, je le trouvais assis à ses pieds comme un amant, la tête posée sur ses genoux. La reine enroulait autour de ses doigts les boucles d'or roux; elles scintillaient avec l'éclat des bagues qu'il lui avait offerte quand il l'avait épousé contre l'avis de tous.
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Emily5F
Emily5F   04 avril 2010
- Anne, commença le roi
Elle se tourna vers lui.
- L'on versa dans votre oreille mensonges et poisons contre moi, l'interrompit-elle en hâte. J'ai droit à meilleur traitement. Je vous fus bonne épouse, je vous aimai comme nulle autre femme.
- Anne...
- Certes , je ne portai point de mâle en son terme, mais ce n'est guère ma faute, poursuivit-elle avec passion. Catherine non plus. L'appelâtes-vous sorcière pour autant ?
Un murmure réprobateur s'éleva; j'aperçu un poing se former, pouce entre l'index et le majeur, exécutant le signede croix qui conjurait la sorcellerie.
- Je vous ai donné une princesse, cria Anne, la plus belle qui fût jamais, avec vos cheveux, vos yeux. A sa naissance, vous affirmâtes qu'il était encore tôt encore et que nous avions le temps d'avoir des fils. Vous ne craigniez pas votre ombre alors, Henri !
Elle avait à demi dévêtu Elizabeth, la tenant à bout de bras. Henri recula, bien que la petite appelât "papa!" en lui ouvrant les bras.
- Sa peau est parfaite, sans marque d'aucune sorte ! Personne n'osera nier qu'il s'agit d'une enfant bénie de Dieu, qu'elle sera la plus grande princesse que ce pays ait jamais connue ! Pouvez-vous regarder votre fille sans savoir qu'elle aura des frères et des soeurs aussi forts et beaux qu'elle ?
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RLSblog
RLSblog   23 juillet 2018
Séduire un homme est à la portée de chacune ; le garder fait toute la difficulté.
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