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Céline Véron Voetelink (Traducteur)
ISBN : 2809801754
Éditeur : L'Archipel (14/04/2010)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 77 notes)
Résumé :
1536. Henri VIII d'Angleterre a fait décapiter pour adultère, inceste et haute trahison sa deuxième épouse, Anne Boleyn, qui n'a pas enfanté l'héritier mâle qu'il espérait. Quelques jours plus tard, il épouse Jane Seymour, qui lui donnera un fils - le futur Edouard VI - mais décèdera en couches en 1537. 1539. Le roi se marie avec Anne de Clèves - faire alliance avec les Protestants est d'une importance stratégique. D'abord éblouie par les fastes de la cour, la nouve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  09 décembre 2012
« Comment un souverain, jadis le plus beau prince de la chrétienté, le défenseur de la foi, la lumière de sa nation, a-t-il pu devenir – oserais-je le formuler – un tel monstre ? » En 1539, le roi Henri VIII d'Angleterre, bouffi, cruel et tout-puissant, a en effet tout d'un ogre. Il n'hésite pas à emprisonner, torturer, voire "décoller" celles et ceux qui osent le contredire ou qu'il imagine comploter dans son dos. de plus, il traîne à la jambe une blessure purulente qui empeste horriblement. Sa troisième épouse, Jane Seymour, s'étant éteinte à la suite de ses couches, il choisit de se remarier avec une Allemande, Anne de Clèves, afin de faire alliance contre la France et l'Espagne...
Après « Deux soeurs pour un Roi », Philippa Gregory retrace, toujours sous l'angle féminin, la deuxième partie du règne de Henri VIII. Dans ce roman choral, trois femmes sous l'influence de leur famille - Anne de Clèves (la sage), Catherine Howard (la coquette) et Jane Boleyn (l'espionne) - nous font partager leur quotidien à la manière d'un journal intime. J'ai retrouvé avec grand plaisir la belle écriture du premier roman, tout en goûtant la diversité de points de vue apportée par cette narration à trois voix.
Anne de Clèves quitte son duché et la tyrannie de son frère pour découvrir son vieil époux et ce curieux pays d'Angleterre, sur lequel elle pose un plaisant regard extérieur. La très jeune et pétillante Catherine Howard est une de ses dames d'atour, dont le souverain va s'enticher au point d'en faire sa cinquième épouse. Son insouciance et sa cupidité apportent de l'humour au récit, pourtant tragique au demeurant. Enfin, Jane Boleyn, figure de l'ombre manipulée (comme Catherine) par le duc de Norfolk, est à moitié folle depuis l'exécution de son époux George et de sa belle-soeur Anne Boleyn. Elle dirige la maison de la reine en étant prête à toutes les bassesses pour conserver « L'Héritage Boleyn ».
Amours, cruauté, trahisons... la vie à la cour rappelle le premier opus, mais en plus désespéré, comme si le roi, sentant sa fin approcher, s'offrait une orgie de violence. Bien que sa douloureuse issue en soit connue, ce captivant roman historique m'a tenue en haleine du début à la fin.
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helvetius
  20 mai 2015
Que de frissons durant cette lecture ! Mais pas des frissons d'excitations ou de tout autre sentiment enjoué, non là, il s'agit de frissons d'angoisse et de peur! Philippa Gregory arrive très bien à retranscrire la malignité, le côté malsain, néfaste et malfaisant d'Henri VIII. A travers le récit de 3 femmes ayant partagé une partie de la vie du souverain, dont 2 reines, l'auteure nous dresse un portrait peu reluisant de ce roi, bouffi d'orgueil et rongé par le mal et la paranoïa.
Nous retrouvons Jane Boleyn, belle-soeur d'Anne Boleyn, que nous avons rencontré dans Deux soeurs pour un roi. Déjà maltraitée par Philippa Gregory, elle en rajoute une couche et nous permet de comprendre à quel point l'avarice et la soif de pouvoir sont néfaste pour l'Homme. Je me suis beaucoup demandée si cette Jane n'était pas à moitié dérangée dans sa tête...La fin du roman peut nous laisser le croire mais je pense qu'elle n'a pas su, ou voulu, s'échapper des filets de Thomas Howard, l'homme le plus détestable qui soit après Henri VIII. Femme d'atour des différentes reines, elle relie tous les évènements et nous permet d'avoir une vision claire du caractère du roi et de son évolution au fil des années. Son personnage est nécessaire, à la fois car elle joue le rôle d'une intrigante mais elle est aussi là pour rappeler le passé et la menace toujours présente qui pèse sur les épaules d'une reine.
Nous suivons également Anne de Cléves, 4ème épouse d'Henri VIII. Issue d'une région allemande en plein essor, elle représente au départ un atout car protestante. Malheureusement, la récente ascension de sa famille ne lui a pas réellement permit d'être au courant des moeurs de son futur époux. Une regrettable erreur lors de leur première rencontre va lui attirer les foudres d'Henri VIII mais qui, pour une fois, seront plutôt douce et lui permettront de lui survivre. Non destinée à être reine, elle a pourtant su s'adapter aux règles d'une cour corrompue et malsaine. Très intelligente, elle a su tirer son épingle du jeu même si son destin n'a pas forcement été celui qu'elle aurait préféré. C'est vraiment un personnage très touchant qui m'a marqué par sa gentillesse et sa discrétion.
Enfin Catherine Howard...Pauvre Catherine...Bien que très instruite sur les choses de l'amour malgré son jeune âge et sa condition d'Howard, elle fait preuve d'une candeur touchante. Bon parfois, j'avoue qu'elle était à la limite, ayant des réactions enfantines mais vu son âge, ceci explique sans doute cela...Son récit apporte une certaine fraîcheur au roman même si son destin apporte effroi et dégoût. Bien que ces actes soient condamnables, la sanction semble disproportionnée...Qui aurait pu résister à l'appel de la passion avec le jeune et beau Thomas Culpepper alors qu'on est marié à un vieux roi bougon, psychopathe et pourri, aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur?
Ces 3 femmes apportent chacune une vision de cette cour et des évènements. Jane a le côté manipulateur et malsain, Anne le côté réfléchi et respectueux et Catherine la frivolité et malheureusement l'immoralité...Ces 3 récits s'entrecoupent et permettent une lecture fluide, sans aucune longueurs. Philippa Gregory a encore su me captiver et j'avoue ne plus voir Henri VIII du même oeil...Encore une fois, je n'ai pas été déçu par cette lecture et pense devenir une fan inconditionnelle de Philippa Gregory. Je vais dès à présent m'attaquer à La reine clandestine !

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idevrieze
  22 août 2014
le récit de trois femmes sous le règne de Henry VIII
Oui, cette année, j'ai décidé de réviser mes Tudors. Et comme je n'aime pas spécialement les grandes biographies ampoulées pour l'été, je me suis pris l'intégrale de la série (qui est bien faite d'ailleurs) et pour le mois d'Août, je me suis dit que lire un petit Philippa Gregory, cela allait me faire réviser un peu. Bah oui. Sauf que j'avais oublié que Catherine Howard, je ne pouvais pas la blairer.
Par contre, il y avait Anne de Clèves et ça c'est de la Nana ! Quant à Jane Boleyn, mise à part que c'est une langue de vipère bien connue, elle a permis sur ce livre de quincanner. Aussi on voit bien trois visions de la femme sous Henry VIII ici, et je dois dire que cela apporter un bon petit rythme au roman. Mais reprenons.

Trois styles de femmes différentes de l'époque.
Nous avons tout d'abord ma préférée : Anne de Clèves qui vit sous la coupe d'un frère tyrannique dont on se demande souvent s'il n'a pas des envies incestueuses d'ailleurs. Elle a une demande en mariage de la part de Henry VIII et prend cette opportunités pour pouvoir se libérer. Et là on se dit que la nénette, elle se sent mieux avec ce monstre qu'avec son frère. Et bien cela donne la couleur de son enfance dis donc ! Mais qu'à cela ne tienne, Anne de Clèves, dans ce roman se révèle entièrement en tant que femme dévouée mais célibataire. C'est, selon moi, la plus accomplie des trois femmes car en définitive, elle est heureuse.
Catherine Howard r, quant à elle, c'est la bimbo du coin. C'est la fille qui ne peut être comblée que si elle est désirée par la terre entière. Aussi, même avec le roi, et surtout avec ce roi, elle se retrouve totalement affamée de sexe. Et du coup, elle se fait mangée toute crue par les intrigues. C'est clairement la Lolita, la femme enfant qui veut jouer dans la cour des grands mais qui n'est pas du tout calculatrice. Aussi, toutes ses erreurs se retournent contre elle, jusqu'à la tuer.
Enfin, il y a Jane Boleyn, c'est la langue de p***. C'est la femme qui se sert de sa langue de vipère pour avoir du pouvoir. Elle a réellement hérité de la fièvre des Boleyn, celle là. Mais voyez vous, dans la famille Boleyn, elle n'est pas du tout la seule à convoiter des possessions. de plus, tout le monde connaît ses traitrises et elle a beau rejeter la faute sur les autres, elle n'en est pas moins coupable ! A cause d'elle Anne Boleyn et son frère ont été exécutés et tout le monde le sait. C'est le personnage qu'on ne peut aimer. Mais personnellement, elle ne me rend que triste.

Et donc l'héritage Boleyn ?
Cela raconte bien entendu les conséquences politique de la réforme anglicane qui a été causée, comme vous le savez sûrement *hum* à cause du mariage de Henri VIII avec Anne Boleyn. Mais cela va aussi parler de la cour, de ce qu'elle est devenue après la disparition de cette reine qui a marqué définitivement l'Angleterre.
Enfin, nous parlerons dans ce livre des enfants de Henri VIII de leur avenir mais aussi et surtout et enfin du comportement de Henri VIII. En effet, le prince charmant dans ses jeunes années est devenu un personnage vieux, gras, malade et un peu dément. C'est devenu un vrai tyran et cela aussi est une conséquence des Boleyn.
En bref, un roman qui peut convenir aux amateurs d'Histoire car il vous fait quelques piqûres de rappel mais aussi aux amateurs de romance car nous voyons bien entendu le point de vue des femmes dans ce roman.
Lien : http://labibliodekoko.blogsp..
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frenchbooklover
  15 septembre 2014
Jane Boleyn
Blickling Hall, Norfolk
Juillet 1539
Il fait chaud, aujourd'hui; un vent brulant souffle une puanteur pestilentielle sur les landes marécageuses. Mon époux vécût-il encore, ce temps inclément ne nous retiendrait point captifs, l'oeil fixé sur l'aube crayeuse et morne, mais nous trouverait à la suite du roi dans les riches provinces du Hampshire et du Sussex, juchés sur de magnifiques montures, guettant l'océan."
Jane Boleyn se languit dans son manoir de Blickling Hall. En 1536, suite à son témoignage accablant, son époux George Boleyn et sa belle-soeur, Anne Boleyn ont été exécutés. Pour la récompenser de sa loyauté, le roi Henri VIII a préservé l'"héritage Boleyn" et lui a confié la charge de dame d'honneur de la nouvelle reine Jeanne Seymour. Mais cette dernière est morte en couches et depuis, Jane Boleyn n'a plus de position à la cour. Elle espère être bientôt rappelée quand le souverain se remariera.
Au même moment, dans le duché de Clèves, la jeune Anne pose pour le peintre Hans Holbein le Jeune. Ce dernier a pour mission de représenter toutes les prétendantes d'Henri VIII. Et Anne espère que son portrait rencontrera l'agrément de ce roi.
"Cependant, son choix doit se porter sur moi. J'y suis absolument résolue. Cela seul me permettra d'échapper à cet endroit."
Pendant ce temps-là, à Norfolk House, Catherine Howard, une adolescente de 13 ans, confiée aux bons soins de sa grand-mère, compte les minutes qui la séparent de ses retrouvailles avec le fringant Francis Dereham.

Trois femmes à un croisement de leur vie...Trois femmes dont le destin va être infléchi par le roi Henri VIII.
Ce dernier n'est plus que l'ombre du beau et fringant jeune homme décrit par la Cour en son début de règne. Il n'a jamais pu guérir d'une blessure reçue lors d'un tournoi en 1536 et se promène désormais avec une plaie purulente et nauséabonde à la jambe. de plus, il a dû renoncer à tout exercice et a vu son embonpoint doubler.
Aussi, quand il vient par surprise à la rencontre d'Anne de Clèves sur sa route vers la capitale et qu'il l'embrasse, il provoque chez sa promise une réaction de dégoût. Elle ne peut s'empêcher de s'essuyer violemment la bouche et de cracher par terre.
Choqué, décontenancé, le roi Henri VIII ne sait comment réagir. Finalement, une des suivantes d'Anne de Clèves, la petite Catherine Howard, parvient à lui rendre un peu de sa majesté par un compliment adroitement placé.
Les épousailles d'Henri VIII et d'Anne de Clèves débutent donc sous de mauvais auspices. le roi ne peut honorer sa femme. Et sa haine envers elle ne cesse de grandir. Alors que son attirance pour Catherine Howard ne cesse de s'accroître.
Par conséquent, il décide de trouver le moyen de se débarrasser de la duchesse allemande. Et s'il la faisait accuser de sorcellerie?
Dans cet ouvrage, on suit donc le règne d'Henri VIII entre 1536 et février 1542, date de l'exécution de Catherine Howard. Des années marquées par les dissensions entre Catholiques et Protestants, les luttes intestines pour le pouvoir entre le duc de Norfolk et Cromwell et deux mariages royaux.
Deux mariages avec deux femmes radicalement opposées. Ce qui est d'autant plus souligné par la construction narrative où les points de vue de Catherine et d'Anne s'enchaînent. A la naïveté, la coquetterie, le désir de vivre et de plaire, le pouvoir de séduction, l'imprudence de l'une répondent le sens du devoir, l'intelligence, le courage, la compassion de l'autre.
Deux pions soumis au bon vouloir des hommes qui disposent d'elle au gré des alliances et de leur bon plaisir. Deux pions souvent manipulés et utilisés pour accomplir les desseins de certains puissants.
Deux pions tour à tour espionnés et aidés par une troisième femme qui occupe également le devant de la scène dans ce roman: Jane Boleyn qui a trahi sa belle-soeur et son époux pour conserver son rang et qui se sert des deux femmes pour conforter sa position à la Cour et dans les faveurs d'Henri VIII et du duc de Norfolk.
Mais dispose telle de tant de marge de manoeuvre? Et ne se leurre telle pas finalement?
Trahison, désir, passion, complots, alliances, jalousie...constituent autant d'ingrédients de ce roman historique.
On s'attache à Anne et Catherine (même si la seconde m'a paru souvent trop frivole, j'ai été émue par son destin et celui de Thomas et Francis).
On s'indigne de la condition des femmes à cette époque.
Et, même si on connaît le sort réservé à ces héroïnes, on est happés par ce récit, habilement découpé et écrit.
Bref, vous l'aurez compris: un roman historique très intéressant et qui m'a permis de mieux découvrir les dernières années du règne d'Henri VIII.
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MaToutePetiteCulture
  01 décembre 2015
Je n'avais pas complètement adhéré à Deux soeurs pour un roi car, plutôt bien renseignée sur cette période du règne de Henri VIII, certains éléments historiques m'avaient dérangé, et je trouvais que l'on s'attardait trop sur Marie Boleyn plutôt que sur Anne, mille fois plus intéressante.
Dans L'héritage Boleyn, nous suivons en parallèle trois personnages féminins : Jane Boleyn (née Parker, perfide belle-soeur d'Anne Boleyn), Anne de Clèves (éphémère épouse n°4 de Henri VIII) et Catherine Howard (éphémère trop jeune épouse n°5, toujours du même Henri VIII). Trois personnages bien différents, de par leur histoire et leur culture, mais qui se retrouvent toutes trois victimes d'un roi ayant commencé à plonger dans une folie meurtrière, paranoïaque et destructrice). Et je les ai toutes trois adorées ! Si vous n'avez pas lu Deux soeurs pour un roi avant L'Héritage Boleyn, vous serez surpris de la tournure prise par le personnage de Jane Boleyn; j'ai adoré ce tournant pris par l'auteure, ce déni de perfidie et de culpabilité.
Mon personnage préféré reste sans aucun doute Anne de Clèves, qui a fait preuve d'une modernité sans pareille en refusant de retourner dans son pays natal après avoir été répudiée, et choisissant de vivre en célibataire. Un choix pas toujours évident à assumer, surtout quand retourner auprès du roi devient une peur panique…
Quant à la jeune Catherine Howard, mariée à 15 ans à un roi obèse de 50 ans, on ne peut que compatir à son sort. Certes elle se montre assez idiote, mais qui pourrait l'en blâmer ?
Le rythme de l'histoire est très bon, et je n'ai pas vu défiler les 535 pages de ce livre ! le style de l'auteur est, comme pour le premier roman, très fluide, et on se passionne rapidement pour l'histoire de ces jeunes femmes à la cour d'Angleterre, devant faire face à un roi tyrannique et à une cour perfide. Même si l'action n'est pas le maitre mot de ces romans, l'angoisse dominante et les divers complots et accusations dont sont victimes nos personnages suffisent à nous entrainer dans l'histoire.
Une nouvelle réussite pour Philippa Gregory, dont il me tarde de lire les autres oeuvres !
17/20
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   09 décembre 2012
[Catherine Howard, juillet 1540]
Bien que tout à fait assurée de ma stupidité et de mon incapacité à entretenir, selon les paroles de ma grand-mère, « plus d'une idée à la fois », je constate à tout le moins que le roi a perdu l'esprit – et le monde avec lui. Son épouse devient sa sœur tandis que je la remplace à ses côtés. Moi, Cathy Howard, je me transforme en reine d'Angleterre : Voilà !
Je peine encore à le croire. En outre, j'aimerais que l'on me réponde sur ce point : qu'est-ce qui empêchera le roi de s'éveiller un beau matin en me déclarant préalablement fiancée moi aussi et notre union invalide, ou encore infidèle, afin de me décapiter ? Qui l'empêchera de succomber aux yeux de biche de l'une de mes jolies demoiselles d'honneur, puis de me répudier ?
Exactement ! Je crois que nul n'y songe, hormis moi-même. Ces éminents personnages, comme ma grand-mère, qui distribue insultes et gifles avec tant de libéralité ou s'extasie devant cette extraordinaire occasion offerte à une péronnelle de mon espèce, oublient que tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse ! Et qui, alors, en recollera les morceaux ?
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OdeOde   05 décembre 2012
[Anne de Clèves, 1539]
Je réussirai. J'honorerai ma fonction de reine d'Angleterre. J'apprendrai leur langue - je la comprends déjà quelque peu quoique je peine à m'exprimer. Je retiendrai les noms et les rangs de chacun, ainsi que la façon appropriée de m'adresser à eux, pour ne plus me tenir comme une poupée dont on tire les ficelles. Sitôt arrivée, je commanderai de nouvelles robes ; mes compatriotes et moi-même ressemblons à des canards gras face aux élégants cygnes anglais. Les femmes de ce royaume avancent à demi vêtues, une fine coiffe sur les cheveux. Elles se meuvent d'un pas léger dans leurs étoffes délicates tandis que nous tanguons, enfoncées dans une épaisse futaine. Je me montrerai élégante, charmante - royale, enfin ! -, mais, par-dessus tout, je parviendrai à affronter une centaine de personnes sans que la peur me couvre de transpiration !
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OdeOde   13 décembre 2012
[Catherine Howard, avril 1540]
Alors que je me dirige vers les appartements de la reine peu avant le dîner, une main légère se pose sur ma manche. M'imaginant qu'il s'agit de John Beresby ou de Tom Culpepper, je me retourne en riant afin de leur enjoindre de me lâcher, mais j'aperçois le roi et plonge aussitôt dans une révérence.
– Ainsi, vous m'avez reconnu, énonce-t-il sous le grand chapeau et dans la large cape qui, à ses yeux, suffisent à le rendre méconnaissable.
Grand et gras comme il est, exhalant une odeur de viande avariée, le reconnaître ne nécessite guère un sens particulier de l'observation, mais je m'exclame :
– Je crois que je reconnaîtrais Votre Majesté en tout temps et en tous lieux.
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OdeOde   07 décembre 2012
[Anne de Clèves, janvier 1540]
Le branches dénudées des arbres tranchent sur le ciel comme les fins entrelacs de fils sombres sur une tapisserie bleue. Dans le parc qui s'étire sur des lieues, le vert se mêle à l'éclat blanc du givre tandis que le soleil d'hiver nous baigne d'une lumière jaune pâle. Partout, derrière des cordons aux couleurs chatoyantes, se pressent les Londoniens qui m'acclament. Pour la première fois, je cesse d'être Anne de Clèves - moins jolie que Sibylle, moins charmante qu'Amalie. Ce peuple étrange, riche, aimable, excentrique, m'a adoptée ; j'incarne à ses yeux cette reine honnête et bonne qu'il aspire à voir régner sur son pays.
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OdeOde   08 décembre 2012
Londres exhale une odeur particulière, composée des excréments des milliers d'animaux gardés dans les cours ou les allées, des abats rejetés par les bouchers et les poissonniers, de la puissante âcreté du cuir tanné et d'une fumée omniprésente. Çà et là, une maison patricienne se dresse au-dessus de la misère, protégée par de hauts murs derrière lesquels émerge la cime d'un arbre planté dans la cour intérieure. Les nobles construisent leurs demeures à deux pas des masures et louent coutumièrement leur pas-de-porte à des mendiants.
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