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EAN : 9791026236498
441 pages
Librinova (08/07/2019)
4.4/5   43 notes
Résumé :
Tino n'existe pas ! Tombé du ciel il y a près de trente-cinq ans, son père, un marginal sans nom porteur d'un lourd mystère, a oublié de le déclarer à l’État-Civil. Ils vivent tous deux à la périphérie de la civilisation et de ses dangers, sans autre identité que leur statut fragile de vendeurs nomades à la sauvette. Mais un jour, le patriarche meurt, laissant Tino seul face à un immense défi : s'inscrire dans le monde des hommes, en respectant la promesse qu'il lui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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"Les trois vies de l'homme qui n'existait pas" de Laurent Grima - Lecture numérique - Éditions Librinova - Lu en janvier 2020. Ma première lecture de l'année.

"Il n'y a pas d'âge pour s'inventer un destin"

Dédié à son père :
"J'espère, où que tu te trouves, que toi aussi tu es fier de moi"

La couverture est tout un poème à elle seule.

Tino,
Je me permets de vous appeler Tino, que vous préférez à Antoine ou à Günther (que vous n'aimez pas).
On ne peut pas dire que votre début dans la vie fut facile, déposé par votre très jeune mère dans les bras de votre père, à peine né, père qui ne savait rien de votre existence.
Et vous voilà arrivé à l'âge de 34 ans à vivre le décès de celui-ci âgé de quatre-vingts ans, ce papa qui a passé sa vie à vous apprendre la vie, à vous élever, oui, élever est le bon terme, porter haut, à vous enseigner la lecture et l'écriture et tant d'autres choses que beaucoup d'enfants scolarisés ne connaissent pas.
Un tsunami vous a ravagé le coeur.
Vous veniez "d'entrer dans une nouvelle ère : celle du "plus jamais" (Ch. 1)
Mais vous avez relevé la tête, et vous avez décidé d'écrire l'histoire de votre père et la vôtre avec lui, l'histoire d'un homme sans identité, tout comme vous qui n'avez jamais été inscrit sur les listes civiles. Vous avez vécu tous deux une vie de nomades dans un vieux fourgon Citroën rafistolé en un bien modeste camping-car, sans Internet, sans facture, sans compte bancaire Vous viviez de vente de produits divers sur les marchés en échappant aux contrôles. Vous avez voyagé en France, en Italie, en Croatie, en Belgique.
Et puis, il y avait "le chien" (c'est son nom), ce bouvier berlinois fidèle et discret que votre papa vous avait offert pour vos trente ans.
Vous avez respecté scrupuleusement les instructions de votre père lorsqu'il est décédé, instructions très particulières et combien difficiles à accomplir pour un fils. "Tu me mettras mon beau costume. le seul qu'il possédait. Oui, il était beau mon père. Beau comme un pauvre qui n'avait pas cédé à la tentation de l'amertume" (CH. 1).
"Des flots de larmes se déversaient maintenant sur mes joues... Voila papa... Tout va se passer comme tu le souhaitais... Une page de plus de trente ans venait de se tourner" (Ch.1). Votre chagrin fut immense.

Après avoir accompli ses dernières volontés, il vous a fallu reprendre la route, seul avec "le chien", dans ce vieux fourgon qui brinquebalait de partout mais qui représentait toute votre vie.
Les questions sont venues dans votre tête, qu'alliez-vous faire, que vouliez-vous faire, quels buts vous fixer? Vous étiez désemparé. Votre père vous avait laissé plusieurs messages au cours de sa vie dont celui-ci : "Tu es tellement doué que tu pourrais expérimenter tout un tas de choses, comme si tu vivais plusieurs vies. Alors, vis-les... Et tu seras couvert de gloire mon Tino"
Vous évoquez V. Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Ella Fitzgerald et beaucoup d'autres aussi qui ont traversé le temps et ont laissé des traces de leur passage.

Et c'est là que l'évidence vous a sauté aux yeux, vous alliez écrire. "Mais j'étais certain d'une chose : si Antoine allait bientôt vendre sur les marchés, Tino, lui, désormais serait écrivain." (Ch. 5).

Et puis, au long de vos pérégrinations, une fuite d'eau provenant du toit de votre vieux tacot déclencha une découverte qui va bouleverser votre vie et vous envoyer dans le passé. Ce passé que vous ne connaissiez pas, votre père étant inflexible si vous abordiez le sujet.

Vos recherches vous ont fait rencontrer des personnes pour le moins surprenantes et déterminantes pour la suite de votre histoire.

C'est ici que j'arrête ma chronique, d'abord chers lecteurs, pour que vous ayez envie de connaître ce qu'il va se passer, et parce que la suite, Toni, je ne peux pas l'écrire, j'ai le cœur en miette, de chagrin et de joie, ce que vous avez écrit est un immense cri d'Amour et d'Humanité dans ce qu'elle a de plus beau et de plus laid.
Un livre tellement rempli d'émotions, que j'ai lu en une soirée et un jour sans presque m'arrêter, cela ne m'est plus arrivé depuis longtemps.

Votre papa décédé Laurent Grima, tout comme celui de Tino, de là où ils se trouvent doivent être fiers de vous.

Je vous souhaite, en cette année 2020 qui vient d'ouvrir ses volets sur le monde, d'être lu par une multitude de personnes et de connaître le succès Laurent Grima, votre livre est une pépite.
Cher(e)s babélionautes, ne manquez pas d'aller lire les chroniques déjà postées, c'est Ladybirdy qui m'a incitée à la lecture de ce cadeau, car oui, c'est un cadeau que l'on ouvre à chaque page.




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Trois noms pour trois vies, Tino, Antoine et Günther, c'est l'homme senzanome, l'homme qui n'existait pas. Tino, c'est le vendeur sur les marchés, Antoine c'est l'intellectuel qui rêve d'écrire un roman, Günther, c'est l'homme rebelle. C'est du moins par ces trois prénoms que son père le nommait au fil de ses humeurs. Fils d'un nomade, dépourvu de mère, le narrateur n'aura de cesse de remplir ses poches de trésors gratuits à défaut d'un nom sur une carte d'identité. Tino, puisque c'est ce nom qu'il préfère, vient de perdre son père, un homme profondément humain qui lui avait tout appris. Lorsqu'il dépose le corps de son père à la mer, Tino se promet qu'il vivra, une vie au moins, deux, trois et plus. À bord de son camion Citroën, près du chien, il arpente la France, l'Italie, la Belgique, la Croatie et fera des rencontres qui bouleverseront sa vie.

Les trois vies de l'homme qui n'existait pas est un roman patchwork bourré d'humanité et terriblement attachant et émouvant. Il y a aussi des passages truculents où Tino empile son costume de vendeur sur les marchés pour vendre des produits invendables (un seul gant rose en caoutchouc, de la crème solaire qui transforme les enfants en schtroumpfs). Ce roman aborde tant de thèmes, allant de l'anticonsumérisme, la tolérance, la résilience, la créativité, l'amour, l'amitié, la maternité/paternité sans compter qu'il donne la part belle à une nature éblouissante avec une mer en toile de fond, mère de tous les hommes. On en aurait presque le tournis tant ce roman est diversifié avec des passages magnifiques encouragés par des réflexions sociétales, des images à fleur de peau d'une précieuse intensité. On s'y sent bien dans ce roman. Il caresse, il embrasse, il encourage, il éveille, il rassure.

Sans nom, sans identité, l'auteur nous passe le message que nous sommes tous des étrangers dans ce monde, qu'il faut composer avec ce que nous jugeons bon pour nous, sans nous faire avoir par les médias, la publicité, un monde hypertrophié où coule à l'excès le superflu. C'est un bon et nécessaire retour à la vraie vie et rien que pour cela, je remercie Laurent Grima d'avoir écrit ce roman dans un phrasé impeccable véhiculant un message qui va au devant de l'espoir, quelque part où bat le poumon de la vie.
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Je vois que bon nombre de mes amis (ies) ont lu ce livre et lui ont décerné 4 étoiles, et voire 5 même ! Mais je m'en tiendrai à 3 étoiles et demie pour 2 raisons. La première est que d'entrée, j'ai été confrontée à une situation qui, au regard des proportions qu'elle a prises, m'a semblé si improbable, que j'aurais sans doute refermé le livre, si je n'avais pour principe de ne pas abandonner une lecture, sauf de manière vraiment exceptionnelle. La pilule était un peu grosse, voire indigeste, mais fidèle à moi-même, j'ai poursuivi. La deuxième raison est que, bien que l'auteur m'ait séduite par la joliesse de sa plume, j'ai quand-même constaté qu'il a maintes fois utilisé le futur alors que le conditionnel s'imposait, et également le passé simple à la place de l'imparfait ou vice-versa. L'histoire est malgré tout portée par une écriture légère, fluide et agréable à lire. Quant aux personnages, y compris "le chien", ils sont en grande majorité fort attachants, et j'ai été particulièrement touchée par celui de ce père humble, cultivé, doté d'intelligence, et qui au mépris des vicissitudes qui ont jalonné sa vie, a su se forger un coeur si grand et une âme si lumineuse. Ce papa qui dans la mort était beau ! " Beau comme un pauvre qui n'avait pas cédé à la tentation de l'amertume". C'est si vrai et si joliment dit. Beau comme le mien, monsieur Grima ! Aide-comptable, papa de 11 enfants, qui au moment de l'adieu, vêtu de son costume bleu marine, de sa cravate assortie et de sa chemise blanche, ressemblait à un grand général de l'armée de l'air. Laurent Grima parle si bien des gens humbles, et tord le cou à cette idée reçue, selon laquelle seuls les mieux placés sur l'échelle sociale ont un esprit cultivé.
De nombreux sujets s'articulent autour du thème principal, et c'est avec brio, et parfois avec beaucoup d'humour, que l'auteur fustige la société de consommation, le racisme, l'hypocrisie de certains pratiquants et j'en passe. "Le lendemain, c'est à coups de sac à main qu'une matrone me cueillit au sortir d'une église, sa charité chrétienne ayant certainement pour limite la périphérie d'un bénitier". Tout ces points de vue que celà dit en passant, j'adore débusquer lors de mes lectures, en apprennent beaucoup sur le regard critique que pose l'auteur sur le monde, et ils ne peuvent qu'étoffer le récit qu'il nous donne à lire.
Je vais devoir mettre un terme à ma critique, bien que je pourrais encore développer longuement ma pensée, mais je voudrais vous dire monsieur Grima, que j'ai l'assurance que votre père est fier de vous. Car je sais par expérience, que des pères comme le votre, comme le mien, n'attendent pas de nous que nous soyions forcément ministre ou je ne sais quoi d'autre. Ils ne sont pas de ceux qui attendent que leurs enfants les auréolent de "gloire". Ils souhaitent seulement que nous nous réalisions, et que nous fassions du mieux que nous pouvons. Vous êtes sur la bonne voie, et je vous dis merci, merci pour cette lecture qui me fut très agréable.
Ce roman est une ode à l'amour, une analyse de la drôle de société dans laquelle nous vivons.
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La plume de Laurent Grima est superbe, douce, piquante quand il faut , humoristique aussi. Je me suis prise a sourire plus d'une fois en lisant ce roman.

C'est aussi l'occasion de croiser le chemin d'un homme qui n'existe pas administrativement.. mais il est bien là , bien vivant, en chair et en os. C'est aussi une histoire ou énormément de sujets sont abordés. Avec des petites idées émises ici et là. Des idées très juste d'ailleurs, qui font réfléchir à notre monde d'aujourd'hui.. à notre quotidien, aux gens que nous rencontrons, aux contraintes que nous avons.. etc..

Je reconnais volontiers que c'est un très beau roman, néanmoins j'ai quand même un petit bémol mais qui m'est tout personnel : je n'ai pas réussi a m'attacher au personnage principal. J'ai préféré les personnages secondaires. de ce fait, j'ai eu du mal a avoir une réelle empathie pour Tino. et je pense n'avoir pas apprécié ce roman a sa juste valeur.

Je remercie l'auteur pour m'avoir fait connaître sa plume, je me pencherais très certainement sur ses autres romans car son écriture vaut le détour
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Un livre intrigant, et aux personnages attachants.

J'avais déjà aimé le premier ouvrage de l'auteur, "(re)vivre", livre qui nous avait embarqué dans la lente reconstruction d'un homme, après l'accident, le deuil, les épreuves, le drame. Je vous incite à le découvrir si vous ne l'aviez pas encore fait, ce livre est aussi très intéressant.

Ici, il est aussi question de dignité, de l'essentiel et du goût de la vie, mais la partition est bien différente. Une petite part de drame, de l'émotion, certes, mais aussi beaucoup d'humour, des voyages, de l'évasion, et toujours une grande humanité.

Laurent Grima a su se renouveler, dans le style, la narration, les personnages, les rebondissements.

Tout commence par une scène un peu triste. Deux hommes en tête-à-tête, et le deuil. le père tant aimé est parti ... Maintenant, Tino va devoir vivre son deuil, puis vivre. Vivre sans son père, vivre tout court, découvrir la vie.
On va découvrir progressivement pourquoi c'est si difficile, pourquoi Tino se lance dans une grande quête, et va s'inventer plusieurs vies.
Au moins trois vies, comme il l'avait promis, à son père et à lui-même, il s'était promis de vivre au moins trois vies, trois belles vies.

Errance, quête, voyage, découvertes, ce livre nous permet une belle évasion ! Pendant que Tino (ou Antoine, c'est selon) va sillonner les routes, les plages, nous nous régalons aussi, d'anecdotes drôles, tendres, décalées ...
Les rencontres, poétiques ou non, vont aider Antoine à se trouver. Professionnellement, amoureusement, amicalement peut-être aussi ? et on suit aussi une belle quête des origines. Car Tino/Antoine sait peu de choses sur la vie de son père, homme marginal, humaniste et un peu mystérieux.

On va croiser aussi une belle galerie de personnages. Un improbable "John Wayne", finalement plus émouvant qu'il n'y paraissait, de jolies femmes, des touristes achetant des objets improbables sur des plages, un migrant, des Italiens, des passionnés de foot et des blasés de tout, des Français de différentes régions, des familles recomposées ...

Je ne vous en dis pas plus, il faut découvrir ce livre !

Merci à l'auteur pour ce deuxième livre que j'ai beaucoup aimé.
J'attends maintenant la parution d'autres livres ...
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Il y a quelque chose d'une relation charnelle entre un livre et son lecteur. Le premier contact d'abord, avec un titre qu'on lit la tête penchée en trahissant l'air de rien une ébauche d'inclination. Et puis le regard que l'on porte sur la couverture en cherchant dans une illustration les indices d'un plaisir. L'objet de ce désir qui naît et que l'on retourne sur la quatrième de couverture dans la quête d'un élan décisif, une bascule... L'acte de lire qui vient ensuite : le contact délicieusement rugueux avec les pages, et l'odeur de l'encre, intemporelle, universelle, qui accompagnent le voyage. Et puis les mots enfin, qui bercent, emportent et chavirent en faisant naître tous les mouvements possibles de l’immobilité.
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Je ne connaissais vraiment de la Belgique que quatre choses : la bière, succulente et souvent audacieuse, les frites, franchement inimitables, Tintin, ses aventures un peu vieillottes, et enfin Jacques Brel, ce mythe unique qui donna chair comme aucun autre aux mots qu'il chantait. Pour autant, j'avais su capter au cours de mes rares passages dans le « plat pays » un esprit particulier, une façon d'être dans un décalage subtil, un petit pas de côté désenchanté, mais drôle, sans guère de prétention et armé d'un solide sens de l'autodérision. Les quelques Belges que j'avais croisés, des marginaux forcément, ne se prenaient pas pour des Américains. Ils se prenaient pour des Belges et ils s'en contentaient. 
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Elle était belle encore Vanessa en cette nuit tombante ! Aussi belle qu'hier, que demain. La permanence de sa beauté me réconfortait, comme quand on vient régulièrement se réchauffer au soleil dans le sud en se disant que l'on a de la chance. Oui, ce soleil, j'avais de la chance de l'avoir trouvé. Cette étoile bienveillante et fragile qui préservait une tiédeur douillette même lorsque du froid régnait dans ma vie. Combien de personne peuvent se vanter d'avoir, ne serait-ce qu'une nuit, fait l'amour au soleil ? 
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L’homme en lui-même, n'est rien. Il est bancal, imparfait, inachevé. Quoi qu'en disent peut-être certains récalcitrants, fondamentalistes de la solitude et de l'isolement, ou les hypertrophiés mâles de l’ego, le sexe fort lui-même est beaucoup trop faible pour s'autosuffire. Il a besoin d'une peau pour délivrer et recevoir des caresses, d'une voix et d'un regard pour se sentir exister, d'une belle âme pour grandir à ses côtés et d'un cœur aimant pour se sentir appartenir....
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Pourquoi la mer ? Me répondit mon père il y a quelque temps à peine alors que je l’interrogeais sur ses dernières volontés. Parce que tous ceux qui veulent croupir sous une dalle emprisonnent ceux qui restent dans un lieu unique de souvenirs. (...) Toi, partout où tu trouveras une eau un peu sauvage, tu me trouveras moi. Je ne serai jamais loin, jamais parti tout à fait.
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