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ISBN : 2266145487
Éditeur : Pocket (07/10/2004)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 111 notes)
Résumé :
" Je n'ai aucune nostalgie de l'enfance. " Dès les premiers mots, Hélène Grimaud donne le ton de son étonnant récit. L'itinéraire de cette pianiste française de renommée internationale emprunte mille chemins buissonniers ; on la suit, de seuil en seuil, à travers son adolescence prodige, sa rupture avec le milieu parisien, son exil aux Etats-Unis, les doutes et la solitude à New York - jusqu'à cette nuit où son regard croise celui d'Alawa, la louve d'où viendra la r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  30 mai 2017
Souvent j'associe intérieurement musique et littérature. Non pas que j'ai besoin de musique pour lire, cela dépend juste du moment, et surtout du lieu. La musique me sert pour m'isoler du reste du monde, afin de pénétrer au mieux dans le livre. Pénétrer quel beau mot, surtout quand le roman est écrit par une femme que je trouve des plus magnifiques. Mais la beauté ne fait pas tout parce qu'en plus, elle sait m'émouvoir avec ses silences et ses notes de musique, un piano aux accents du sud, Aix-en-Provence, la Camargue, le Vercors, les loups. le roman me faisait un poil peur, poil de loup, poil de bison, une touffe d'émotion. Je n'imaginais pas que la femme pouvait être parfaite, m'émouvoir autant par sa crinière brune et par son interprétation de Beethoven que par la mise en scène de sa biographie, mélangeant souvenirs d'enfance, références musicales et passions animales. Les passions bestiales, ça me cause… Une passion physique, même.
Trouble. Non je ne parle pas du fond de mon verre de bière, mais de ce qu'elle peut provoquer en moi sa musique, sa chevelure, son sourire. Ses silences. Ma vie est faite de silence, je les écoute, les intègre, les partage. Ils sont compris ou pas. Comme la musique. Plusieurs niveaux, il faut de la patience, des dièses et des soupirs, de la jouissance, parfum d'une vie, fougue de la jeunesse mais moi je suis vieux, alors à quoi bon, à quoi bon écouter encore de la musique, rester dans le silence, creuser sa tombe, sentir la terre et le parfum des louves qui viennent respirer mon corps en putréfaction dans les steppes du silence, territoire sauvage d'un coeur battant pour des envolées aussi lyriques qu'un vol de grues ou de lagopèdes à queue blanche.
Je suis son parcours, du moins sa jeunesse, ce premier roman relate ses premiers événements, juste avant la consécration, ses doutes et sa détermination. Entre deux réflexions sur sa vie, elle me parle animaux, bestialité des hommes, sauvageons êtres que l'homme qui a toujours massacré le loup pour sa fourrure. Je sens qu'elle les aime ces bêtes à fourrure, envie de me transformer en loup, sentir ses caresses, caresser par sa mélodie, mélodie du coeur, élévation de mon âme, spiritualité d'un majeur en pleine action qui écoute Rachmaninov. J'aime la musique. La musique fait partie de moi, comme les silences. La musique est silence, et inversement. Une meute de loups hurle sous la lune, lune bleue bien évidemment, photo nocturne d'une transcription européenne de nos contes d'enfant. D'ailleurs, le premier disque que j'ai acheté pour mon fils ne serait-il pas Pierre et le Loup. le classique mène donc aux loups. C'est clair, maintenant. le hurlement du loup n'est qu'une longue mélodie du coeur que les plus grands pianistes retranscrivent en y mettant l'âme et le silence. le silence et les loups. le silence des loups.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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rabanne
  17 avril 2016
Je ne connaissais Hélène Grimaud que de réputation.
J'avais vu quelques émissions avec elle, et regardé quelques unes également de ses prestations.
Hélène Grimaud écrit tout d'abord très bien, sa plume est non seulement littéraire mais spirituelle.
Elle retrace la période s'étendant de son enfance, à Aix-en-Provence, à sa vie de jeune femme installée aux États-Unis. Avec le piano, son existence trouve enfin un sens, corps et âme en symbiose avec l'instrument, avec les compositeurs...
Les chapitres de cet ouvrage se découpent entre récit de vie et anecdotes historiques, philosophiques ou religieuses sur la place des animaux dans la religion, la littérature (faits divers, sorcellerie, l'imaginaire collectif, mythologie).
Ces incursions traitent essentiellement (mais pas que) du loup et de la légende tristement funeste qui le précède (surtout en Europe).
Hélène consacre la fin de son ouvrage sur la réalisation du projet de sa vie : la création de sa propre réserve de loups, à la suite d'une rencontre "coup de foudre" avec une louve, lorsqu'elle vivait en Floride.
Ce récit est un témoignage authentique, introspectif, précis, intelligent, sans faux semblant mais sans impudeur. C'est, je le répète, très bien écrit et agréable à lire !
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lecteur84
  11 janvier 2017
Voilà le livre d'une femme de caractère et d'exception aussi, une musicienne hors pair qui très jeune découvre ce langage subtile et merveilleux, surtout qui va savoir s'imposer pour que la musique devienne son art de vivre. mais ce n'est pas seulement la description de cette découverte et l'ascencion de cette virtuose aux sommets. Non, c'est aussi et en même temps la passion des loups qui naît. Tout le récit est émaillé d'anecdoctes sur les loups et les hommes, en même temps que ce besoin d'être avec cet animal magnifique. La rencontre avec la louve Alawa marquera le début de cette histoire d'amour entre elle et les loups, histoire qui dure et se poursuit.
Une plume alerte, des réflexions puissantes, bref une biographie comme je les aime, prenante, riche...Lisez et écoutez, entre deux mélodies de Brhams ou de Schumann, il y a le chant des loups, le souffle de la vie, et c'est là le message le plus beau, celui qu'on ne devrait jamais oublier.
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XS
  22 août 2018
Hélène Grimaud, est pianiste concertiste ; même si vous n'êtes pas familier de l'univers de la musique classique, vous avez peut-être entendu parler d'elle car, ainsi qu'elle-même le dit, sa blondeur photogénique ainsi que sa passion pour les loups lui ont valu une exposition médiatique que son talent aurait pu justifier à lui seul. Avec Variations sauvages, elle nous propose nettement plus que quelques réponses à une interview formatée. le récit alterne entre paragraphes autobiographiques et paragraphes a priori moins intimes, traitant tantôt d'épisodes historiques– la place congrue que les femmes y ont, notamment, tantôt de réflexions autour du rôle d'interprète et surtout d'éthologie. J'avoue que ces derniers ne sont pas ceux qui m'ont le plus intéressée.
Par contre, elle m'a paru très pertinente dans sa façon de transmettre au lecteur le vécu ainsi que le ressenti d'un interprète… avec elle, j'ai pu appréhender autrement la musique, en percevoir une dimension plus large, moi qui suis habituellement confinée à celle de simple spectateur
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bucephale
  04 août 2013
Je me demande pourquoi cette pianiste virtuose a voulu écrire ses mémoires à 36 ans. Il est question d'éthologie et de mythe tournant autour des animaux, d'histoire, des mentalités dans l'art de considérer l'animal dans sa condition d'être vivant.
Hélène Grimaud est une force de la nature. Ses souvenirs d'enfance m'ont replongé dans les miens et j'ai du interrompre la lecture, parce que mon enfance devenait obsédante. Elle analyse avec une extrême finesse, dans une langue précise et élégante, le rapport du musicien, de l'instrument, de la musique qu'ils produisent en symbiose. On a du mal, quand on est pas mélomane, à concevoir la richesse infinie d'une oeuvre de Brahms, de Beethoven,.. Hélène est une solitaire, elle se sait différente, mais jamais l'ego ne prend le dessus. C'est dans sa manière d'être, sa sensibilité si vive, sa capacité à sentir dès son enfance son environnement, à capter les infinis variations des odeurs, paysages, couleurs,… Elle est sensible et violemment sensible. Pourtant lorsque son corps souffre, il n'est que soumis à l'épreuve d'une dureté que mesure l'échelle intérieure et qu'incorpore son esprit. Au début, on peut la croire masochiste ! Mais elle semble suivre le cours de sa carrière par une volonté inébranlable, et un plaisir qui ne la quitte jamais. Elle adore la littérature Tolstoï et Dostoïevski, qui lui ouvre les secrets des âmes. Ainsi que Hermann Hesse. Comme le récit est mené, on a le sentiment d'une fuite en avant. Mais elle ne fuit rien pourtant. Tout le récit vise à la rassembler. Il y a beaucoup d'amour dans ce livre et beaucoup de laissez moi tranquille. Elle est unique, comme chacun de nous.
Les passages sur l'éthologie scande le récit, c'est comme un essai dans cette autobiographie de la tourmente, ils visent à réhabiliter la condition animale. Saisissent des rapports entre comportements humain et animal,..
Pourquoi ce livre ? Je veux dire qu'il n'est pas une initiation au monde animal, ou à la musique, c'est peut-être plus du côté de la philosophie, il est grand quand il dévoile des vérités humaines
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   24 juillet 2017
« Si ma vie avait dû s’arrêter à cet instant, je serais mort avec joie », s’exclama Dostoïevski.
Ainsi, ces mots ont fait leur lit dans mon cœur alors que j’avais à peine quinze ans. Ils ont épousé mon âme, ils l’ont entourée de milles attentions. Alors, dans des rendez-vous amoureux et passionnés, j’ai retrouvé Dostoïevski pendant des nuits entières, cachée sous mes draps avec pour seule lumière une lampe de poche. Dans ses romans que j’effeuillais selon l’ordre des pages et le désordre des passages, grâce à ses mots, guidée par son art si particulier de l’ellipse et de la parabole, je vérifiais que la douleur n’est pas le lieu de notre désir mais de notre certitude. Dostoïevski, à force d’exposer les cœurs désespérés d’éternité, me montrait jusqu’où peut aller l’amour de la vie dans les êtres profonds, nés pour la souffrance ; cet amour-là porte à tous les excès, que l’on appelle ailleurs des crimes selon le droit.
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le_Bisonle_Bison   17 avril 2017
Si quelqu'un, à cause de maladies qui s'en prennent à sa tête, entre en fureur, il faut lui raser le crâne, puis faire cuire un loup dans de l'eau, après avoir enlevé la peau et les viscères ; laver alors la tête du furieux avec l'eau de cuisson, en obstruant les yeux, les oreilles et la bouche avec des linges, pour que l'eau n'y entre pas : car si ce liquide entre dans son corps, sa folie augmente comme si c'était du poison ; répéter cela pendant trois jours - même si la folie est forte, il retrouvera ses esprits. S'il ne supporte pas qu'on obstrue ses yeux, son nez et sa bouche, il faut alors tremper un linge dans un bouillon et envelopper sa tête avec ce linge encore tiède, qu'on laissera une petite heure sur sa tête ; répéter pendant trois jours et l'homme reviendra à son bon sens. Quand il ira mieux, laver la tête avec du vin chaud pour en enlever la graisse.
C'est sainte Hildegarde de Bingen qui écrit ces lignes dans son Livre des subtilités et des créatures divines entre 1105, année où elle est confiée aux Bénédictines (elle a huit ans), et le 17 septembre 1179, où elle meurt dans le monastère de Rupertsberg, qu'elle a fondé en Allemagne.
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le_Bisonle_Bison   20 avril 2017
Passé Arles, quand on prenait la route des Salins ou celle de Saintes-Maries, mon attention se tendait comme un arc. Je sentais mon cœur battre plus fort. Je scrutais le paysage de toutes mes forces, dans l’attente du chemin de terre qui nous mènerait dans les replis secrets du delta.
Si, partout, j’avais l’impression d’être une fausse note, là, au contraire, je participais à une vaste harmonie. Dans les étangs et les miroirs d’eau à perte de vue, on sentait la force du Rhône, on devinait qu’il pouvait devenir à son tour taureau, donner du flot comme de la corne. Ce n’était plus le soleil d’abeilles et de mimosa du jardin, mais l’éblouissement impitoyable d’un midi aux quatre points cardinaux. Les flamands roses, les chevaux sauvages brassaient le parfum puissant du sel et de l’humus. La liberté avec laquelle, brusquement, les uns prenaient leur envol et les autres leurs galops en secouant leurs crinières me vitaminait l’âme. La Camargue était plus qu’un paysage : le soupçon brièvement entrevu, l’intuition fulgurante d’une harmonie entre mon âme et un avenir. Là, pour la première fois, j’ai eu la prémonition de grandes choses, d’un destin.
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le_Bisonle_Bison   03 mai 2017
En fait, une seule culture a respecté le loup, et encore dans la mythologie seulement car sur ses terres aussi, il était impitoyablement chassé pour sa fourrure. Les pays celtes et les contrées scandinaves aux nuits infinies d’hiver, aux ciels d’une pureté cristalline dans la rhapsodie blanche du Nord lui ont attribué, dans leurs légendes, le symbole de la lumière. Là où d’autres le font hurler sous la lune, le loup y incarne le soleil. Au cœur de ces grands espaces saisis, dans leur aveuglante vérité, par le froid, dans cet autre éden, ce paradis préadamique où ne fleurit aucun mensonge ni imposture, dans ce Grand Nord qui n’admet aucun relâchement, interdit toute langueur sauf en l’amour, le loup est la vie, plus mordante que le gel. La vie, dans une acuité énorme.
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le_Bisonle_Bison   11 mai 2017
il m’arrive de rester longtemps sans parler ; alors la parole m’apparaît superflue. Parfois, je pratique des ascèses de silence, longtemps, jusqu’à ce que j’entende dans le silence la musique même du silence : un rien, mais un rien qui parle, qui s’écoute. La musique est un prolongement du silence, elle est aussi ce qui la précède, ce qui retentit au cœur du morceau. Elle est un accès à un ailleurs de la parole, que la parole ne peut pas dire et que le silence dit pourtant, en le taisant. Une musique sans silence ? J’appelle cela du bruit.
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Videos de Hélène Grimaud (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hélène Grimaud
Helene GRIMAUD plays Brahms piano sonata No.3 - 3st mov
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie: artistes et sportifs (789)
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