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EAN : 9782253068198
155 pages
Le Livre de Poche (25/02/2004)
3.42/5   358 notes
Résumé :
Alors qu'il se promène dans un quartier de Paris qui n'est pas le sien, Paul, la cinquantaine, marié, est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche de fillette, exposé dans la vitrine d'un magasin. Cet innocent vêtement dont il a fait l'acquisition va se trouver à l'origine d'un véritable drame, précipitant ses acteurs aux limites de la déraison et de la mort. Dans la vie tranquille de Paul, cet achat impulsif, apparemment anodin, produit des effets dévast... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
3,42

sur 358 notes
Cela commence délicatement, la vie d'un homme, un stage, un quartier, une vitrine ; dans cette vitrine, une robe pour enfant. L'homme y revient, encore et encore, jusqu'à l'achat impulsif, compulsif, irréfléchi, de cette robe blanche, taille 6 ans. Jusque-là, rien d'inquiétant, sauf que le monsieur a une femme, mais pas d'enfant. À partir de là, la délicatesse va laisser place à la culpabilité, au mensonge, à l'incompréhension, au questionnement incessant.
La découverte fortuite de l'objet du délit par sa femme les entraînera tous les deux sur des chemins tortueux, où peu à peu remonteront à la surface des blessures et des secrets, des non-dits qui transpirent.

C'est avec un plaisir sûr que j'ai retrouvé la plume de Philipe GRIMBERT. La révélation, ce fut d'abord avec son livre « Un secret » que j'avais vraiment beaucoup aimé.

J'ai ressenti les émotions qui sont décrites, j'étais au coeur de la problématique, en totale empathie avec l'homme, comme avec son épouse. Impossible de ne rien éprouver. Glisser dans la psychologie et les réflexions sur les blessures que l'on croit enterrées à jamais, c'est ainsi que j'ai terminé ma lecture.
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Paul tombe nez à nez avec une jolie petite robe devant une vitrine, il ne peut résister et s'en va l'acheter. Non pour l'offrir, non pour sa fille qui a quatorze ans, pour qui est donc cette petite robe taille six ans ?

Philippe Grimbert dissèque ici tous les mystères de l'âme humaine. Une petite robe que l'on s'en va cacher dans un placard, c'est comme un secret que l'on verrouille dans sa mémoire. Paul est subjugué par cette petite robe à laquelle il rend visite dans le dos de sa femme Irène. Il la contemple, la touche, en retient chaque contour.
Très vite néanmoins, ce secret en lin aux petites roses va être trouvé par Irène car les femmes, c'est bien connu, ça fourre son nez partout et parfois où il ne faudrait pas.

C'est alors le temps d'un week-end la mise à mal des blessures de chacun, sur fond de non-dits, de mystères, de douleurs anciennes non cicatrisées. On frise la folie douce à travers les scénarios qu'on est en droit de se faire devant une petite robe dans un placard d'affaires d'homme.
Pourtant c'était juste une petite robe. Mais c'était celle de Paul.
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Philippe Grimbert a trouvé les mots-clefs pour ouvrir telle Pandore tout ce qui est dissimulé dans les boites crâniennes d'Irène et Paul.
Il est à la fois le créateur et le libérateur des secrets et des traumatismes cachés dans cette histoire courte mais dense où les mots aplanissent les maux et enfin diffusent l'espérance.
Ce couple heureux et harmonieux affrontera les affres de son passé.
La petite robe de lin sera le révélateur du malaise de l'autre.
Prométhée-moi de le lire, Philippe Grimbert a tous les dons.
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Ce livre aurait pu être écrit à partir d'un pari, d'un jeu : un thème donné et l'auteur doit écrire une histoire à partir de ce thème. Ici, le thème aurait été une robe de petite fille...
La petite robe de Paul est le 2ème livre que je lis de Philippe Grimbert.
Ici, l'auteur nous fait partager la vie d'un couple sur quelques jours.
Quelques jours où le doute s'immisce, le mensonge, les non-dits.
Un évènement, ici l'achat d'une robe d'enfant, fait remonter des souvenirs passés, des souvenirs tus, des secrets...
L'homme et la femme ne se parlent pas, chacun restant sur ses réserves, dans ses propres divagations... L'apparence d'un couple uni semble aussi cacher des zones cachées.
Ce livre permet de se pencher sur des sentiments tels que la confiance, la trahison.... A-t-on tous un jardin secret ? Connait-on vraiment la personne avec qui l'on vit depuis tant d'années ?
Tout ne tient peut-être qu'à un fil (un fil de robe) qui peut s'effilocher un jour, comme ça, sans raison apparente.
Un livre qui permet au lecteur de faire une introspection intime. Un livre qui, de façon anodine, nous fait réfléchir...
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L'auteur raconte comment un achat, plus ou moins sous le coup d'une impulsion, car Paul arpentait les rues d'un quartier qu'il ne connaissait pas, lors d'un stage de formation, lorsque la petite robe blanche l'attire de façon irrésistible. Il va la regarder durant plusieurs jours, mais cela devient obsédant et il va céder à cette pulsion : c'est une évidence de même que la taille qu'il demande : six ans.

Cet acte le rend tellement perplexe qu'il cache la robe dans son côté de la penderie sans la montrer à sa femme qui bien sûr va tomber dessus et imaginer le pire : une double vie, un autre enfant, une autre femme… et tout le cortège de pensées obsédantes lié au doute qui s'insinue. « … le tourbillon des pensées obsédantes refusait de se laisser chasser ». P 47

Cette petite robe va entraîner des réactions en chaîne, un effet domino et des blessures secrètes, inconnues de l'autre vont faire brusquement irruption dans le présent, libérant des secrets chez les deux et des émotions enfouies. Comme si c'était un geste téléguidé par l'inconscient pour mettre à jour tout un héritage de souffrance familiale.

Ce roman m'a beaucoup dérangée et pourtant j'aime les secrets de famille, car la description des souffrances liées à la stérilité, aux stimulations ovariennes et autres inséminations, les fausses couches et leur impact sur la vie affective et sexuelle du couple ont réveillé des vieux démons : quel est le statut de la femme stérile ? en a-t-elle un d'ailleurs ? et le corollaire : le travail de deuil de l'enfant espéré, fantasmé.

Grimbert décrit très bien, avec beaucoup de sensibilité ce parcours et ses conséquences : silence, dépression qu'on cache, les médicaments pris en cachette pour l'une, tandis que l'autre semble se faire une raison si facilement (trop).

Par contre, j'ai ressenti un malaise grandissant, probablement un écho avec ma propre histoire, et presque de la répulsion par moment, devant l'attitude d'Irène, sa violence envers elle-même, et sa personnalité un peu limite.

Bien-sûr, rien n'est laissé au hasard: la couleur blanche, la taille, les obsessions, les nombreux rêves…

Ouvrir le placard de l'autre, c'est comme lire son journal intime, c'est une effraction, on ouvre la boîte de Pandore….

Le style de l'auteur est toujours aussi percutant, mais on sent une distance, un peu comme s'il décrivait un cas clinique. Je n'ai pas retrouvé la magie du « secret », même si on peut faire un parallèle entre la petite robe et l'ours comme témoins du passé qui tente de ressurgir.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Paul prit conscience de l'insurmontable difficulté pour lui de mettre en mots ses sentiments. Tout relevait de l'impalpable : regards échangés, sourires, main posée sur un bras en témoignage de tendresse, mais rien qui puisse précisément se dire, encore moins s'écrire. Il n'avait encore jamais songé à quel point l'opacité [de son père] lui interdisait tout recours à la parole. Pourtant, ce dernier était loin d'être inconsistant, il était une figure centrale de son histoire, un personnage emblématique, aurait-il pu dire. (p. 85-86)
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C'est à ce moment qu'elle s'était réveillée, les yeux grands ouverts dans l'obscurité.
Paul était collé à elle, couché en chien de fusil, épousant étroitement son dos et l'arrière de ses cuisses. Elle eut le sentiment d'être encombrée d'un corps qui pesait sur le sien, soufflant dans ses cheveux une haleine chargée de sommeil. Elle dut se contenir pour ne pas le repousser brutalement hors du lit. Edith lui avait parlé de certains malades atteints d'une hémiplégie à la suite d'une hémorragie cérébrale qui les premiers mois éprouvaient cette terrible sensation : rendus inconscients d'une moitié d'eux-mêmes par l'accident vasculaire ils demandaient avec insistance au personnel de l'hôpital de les débarrasser de cet intrus couché à leurs côtés qui leur imposait sa présence inerte.
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Levant les yeux il aperçut la petite robe. Une seule robe, accrochée à un cintre au centre de la vitrine sur un fond de papier vert d'eau. Une robe d'enfant, parfaitement blanche, taillée comme une chasuble, avec trois roses à l'empiècement, semblables à celles qui émergeaient des pots. Trois boutons délicats qui donnaient naissance à des plis plats poursuivant leur chemin jusqu'à l'ourlet du bas. Le tissu avait la légèreté et la transparence d'un voile de lin, il en respirait la fraîcheur.
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Tout relevait de l'impalpable : regards échangés, sourires, main posée sur bras en témoignage de tendresse, mais rien qui ne puisse précisement se dire, encore moins s'écrire. Il n'avait encore jamais songé à quel point l'opacité de Moritz lui interdisait tout recours à la parole.
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Mais sous l'enveloppe Chiffon était bien à sa place, déposée sur ses anciens cahiers d'écolière. Tellement moins jolie que dans son souvenir, tellement moins vivante aussi, comme si l'exil prolongé dans le débarras l'avait fanée, privée de la chaleur des bras qui l'avaient bercée et vidée des rêves de l'enfant dont elle avait partagé l'intimité.
Mais dès qu'elle la saisit, Irène en retrouva aussitôt sous ses doigts la consistance familière et balbutiant des mots sans suite elle la serra contre son coeur.
Dans ce moment précis elle se reconnut, c'était bien elle la petite fille de la photographie: elle était et elle serait à jamais cette petite fille morte le jour où ses parents l'avaient abandonnée pour un voyage sans retour.
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Vidéo de Philippe Grimbert
Karine Henry, de la librairie Comme un roman, présente son coup de c?ur pour "Rudik, l'autre Noureev", de Philippe Grimbert. Christelle Siméon, de la librairie Drugstore Publicis, nous présente "Rudik, l'autre Noureev", de Philippe Grimbert.
De retour de sa première visite en Russie depuis son célèbre saut vers la liberté, Noureev est extrêmement déprimé et en confie la raison à son psychanalyste, marquant le début d'une cure peu orthodoxe. Mais qui va réellement mener la danse ?
De retour de sa première visite en Russie depuis son célèbre saut vers la liberté, le danseur étoile Rudolf Noureev, très déprimé, consulte Tristan Feller, psychanalyste du Tout-Paris. Le thérapeute est rapidement déstabilisé par la personnalité hors du commun de « Rudik » , qui impose un cours peu orthodoxe à la cure : plongée dans l'histoire d'une légende vivante mais aussi affrontement entre les deux hommes durant lequel se déploient jeux de pouvoir et de fascination. À travers ce roman d'une analyse exceptionnelle, c'est à un voyage au-delà des masques que nous convie Philippe Grimbert.
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