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Critique de Organdi


Organdi
  15 décembre 2016
Cet avis concerne les deux premiers volumes composant le cycle 'Le secret de Ji'.

En bref :
Les + : histoire originale, facile à lire, humour, un univers imaginaire bien bâti, captivant.
Les - : Style très pauvre, pas très bien écrit, on n'échappe pas aux clichés du genre.

L'histoire
Le roman commence par des assassinats, dans diverses cités et royaumes. Les personnages tués n'ont apparemment aucun lien entre eux, mais le mode opératoire des assassins est très semblable.
On apprend également que quelques cent dix-huit ans auparavant, Nol dit l'Etrange convia les plus sages représentants des différents voyages à une petite excursion sur l'île Ji. Ils disparurent ensemble pendant plusieurs décades et seulement quelques uns revinrent, qui tous refusèrent de révéler à quiconque où ils étaient allés. La plupart furent déchus de leurs fonctions et cette aventure fut oubliée, sauf par les descendants de ses émissaires, qui prirent l'habitude de se réunir tous les 3 ans, à la date anniversaire de l'expédition, le Jour du Hibou. Ce jour approche alors que ces héritiers sont tués un à un (en effet, on apprend que tous les assassinés du début sont des héritiers), par les membres de la secte de la déesse Zuïa : sous prétexte de foi, les Züu ne sont que des tueurs à gages, terrifiants de professionnalisme et d'efficacité. Qui donc les dirige ? Qui les a commandités ? Pourquoi en vouloir aux héritiers ? Et que s'est-il vraiment passé il y a cent dix-huit ans ?
Par chance, par ruse ou à force d'agilité et de résistance, quelques héritiers vont échapper aux tueurs et réussir à se retrouver. Ils entament alors une fuite éperdue et devront voyager à travers tout le monde connu pour pouvoir répondre à ces questions. Une quête qui pourra peut-être leur sauver la vie, ou les mener à des dangers plus graves encore.

Les Personnages

On n'échappe malheureusement pas aux banalités du genre ! Je vous présente:
• La vieille sage : Corenn
C'est une femme mature (elle est présentée comme telle, mais en fait elle n'est pas si vieille, on apprend au cours du récit qu'elle a aux alentours de 40 ans) qui vient du Matriarcat de Kaul, un état dirigé par un Conseil de femmes dont elle fait partie. Elle y est chargée de la diplomatie et ses talents seront bien utiles.
• La jeune fille têtue qui devient guerrière : Léti
Nièce de Corenn. Sa mère a été tuée par les Züu. Un peu prétentieuse et sur le défensive agressive au début, elle devient plus humaine et attachante au fil des pages.
Elle vient d'Eza, village côtier du Matriarcat de Kaul.
• le mec insignifiant-avec-un-talent-caché : Yan
Ce n'est pas un héritier mais il suivra Léti, son amie d'enfance. Et une fois embarqué dans la quête, il faudra aller jusqu'au bout. On ne lui connaît aucun talent particulier : il est pêcheur à défaut d'autre chose, mais il sait lire, ce qui n'est pas courant. Très naïf au début, il prendra de l'assurance au fur et à mesure des aventures.
• le guerrier grincheux : Grigàn
Le guerrier solitaire qui ne doit rien à personne et cache des blessures secrètes… La survie est sa spécialité. Il prend en charge la sécurité de la petite troupe mais faudra pas trop l'énerver.
Il vient du Royaume ramgrith.
• La naïve-mais-pas-tant-que-ça-finalement : Lana
Prêtresse d'Eurydis, la déesse Sage. Très pieuse et très belle, elle brillera par sa bonté d'âme. Elle vient du Royaume ithare, et plus précisément de la Sainte Cité, Ith.
• le gros gentil : Bowbaq
Venant du Royaume d'Arkarie, le plus septentrional des Hauts-Royaumes, c'est un être doux et poli, malgré sa masse de géant. On le croit un peu niais mais il n'en est rien, il est d'ailleurs père de famille. Il possède le talent d'erjak : il peut communiquer par la pensée avec les mammifères.
• le beau mec tombeur et farceur : Reyan
Moi je l'appellerais Rey-la-débrouille. Il a exercé mille et un métiers, tous moins prestigieux les uns que les autres pour être finalement comédien. Malin et beau parleur, son humour met de la fraîcheur dans le récit mais énerve Grigàn.
Il vient de Lorélia, la capitale du prospère Royaume marchand.
Tous ces personnages en croiseront quelques autres, notamment des méchants (sur lesquels je ne peux rien dire sans révéler des choses graves !!), mais l'histoire est bien sûr résolument centrée sur eux.
Ils sont bien décrits et possèdent évidemment chacun une personnalité propre, c'est le moins que l'on puisse dire. Ce manque de finesse est parfois agaçant, d'autant plus que certaines relations entre les différents membres évolueront d'une manière complètement prévisible.

Le Style

Il faut dire, ce n'est pas sublimement bien écrit. Ça manque de vocabulaire, ça manque de style, ça manque de richesse, ça manque de profondeur et de subtilité.
C'est un peu frustrant mais d'un autre côté c'est super facile et rapide à lire. Pas de danger de tomber sur un mot compliqué ou une phrase à rallonge.

J'ai trouvé des tics d'écriture particulièrement irritants. Des expressions et tournures de phrases qui se répètent à chaque page sur un large passage, puis ensuite une nouvelle vague…
Je joue à des jeux de rôles, et en lisant Pierre Grimbert j'avais justement l'impression de lire un extrait de Role Play, pour ceux à qui ça parle. En gros, des histoires écrites par des amateurs (parfois plus ou moins alphabétisés), avec plus ou moins de talent(s).
Si les évènements sont relativement bien menés et décrits, on a parfois du mal avec certaines actions, qui sont relatées de manière trop imprécise, on dirait que l'auteur lui-même ne s'imagine pas ces situations très clairement.
D'ailleurs, Bowbaq sera tour à tour brun et blond (ou blond et brun, je ne sais plus), dans ce cycle et dans celui d'après ('Les enfants de Ji')… Ok c'est un détail et je suis pointilleuse sur ce coup mais c'est pour dire.

Il y a aussi quelques incohérences temporelles : alors que l'histoire se déroule sur environ une demi-douzaine de décades (le temps dans le récit est découpé en décades, correspondant à 10 jours vous l'aurez deviné), Léti est sensée être dans sa quinzième année au début puis dans sa 17ème à la fin…
Mis à part ça, il faut avoir l'honnêteté de dire que le récit est bien mené, malgré les maladresses. La trame est originale, l'univers décrit n'a pas de goût de déjà-vu et est suffisamment riche et complexe, lui, pour être intéressant.
Il y a indéniablement un certain mérite à tenir ainsi le lecteur en haleine sur deux livres d'environ 600 pages chacun (en poche).


J'ai tout lu d'une traite et j'ai ensuite lu la seconde saga (en 2 semaines pour le tout, pour vous donner une idée). Comme quoi l'histoire vaut quand même le coup d'être lue.

En fait, cette histoire a le mérite de tout de même être originale et de nous brosser un univers très personnel et établi intelligemment. le monde dans lequel les héros évoluent est bien décrit, en plus il y a une carte au début du livre (les 2 tomes en poche en disposent) qui permet de suivre leurs pérégrinations, et un petit lexique, avec des explications sur certains dieux, certaines croyances et coutumes, sur le calendrier, sur la faune et la flore particulières que l'on rencontrera au fil du récit. J'ai trouvé ça très sympa, et je l'ai lu avant de commencer à lire l'histoire, ça permet de s'imprégner de l'univers dans lequel celle-ci se déroulera.

Les différents pays et royaumes ont leurs particularités propres, les castes et les rangs sont réalistes, tout comme les manières de vivre et de réagir des différents protagonistes.
Les évènements se placent et se relient entre eux de manière assez fluide et logique et on pourra même trouver matière à réflexion à propos de la naissance et de l'évolution des Dieux dans ce monde aux peuples si différents. La foi et les relations qu'entretiennent Dieux et humains sont en effet une des clés du récit.
Même si les 150-200 premières pages sont un peu fastidieuses et lourdes à digérer, l'histoire est suffisamment prenante pour qu'on s'accroche et que l'on soit favorablement surpris par, enfin, le décollage de l'action.
Le récit n'est pas dénué d'humour, notamment grâce au personnage de Rey, comme je l'ai dit plus haut, mais aussi parfois grâce aux descriptions des réactions des personnages.
Le suspense est correctement ménagé, on assemble les pièces du puzzle quasiment en même temps que les héritiers, on a envie d'en savoir plus. Surtout que bien sûr, chaque réponse apportée à une question en soulève encore de multiples autres... Les personnages ne sont que des jouets soumis au bon vouloir du destin, et malgré quelques incohérences minimes (parfois on a l'impression que les personnages savent des choses que le lecteur semblait être seul à savoir), suivre leurs aventures et mésaventures nous tient en haleine jusqu'à la fin, certes un peu expéditive.

Je n'irais pas jusqu'à comparer Grimbert à Tolkien ou Zelazny, comme j'ai parfois pu le voir dans des critiques sur différents sites, n'exagérons rien !

Une lecture qui n'a que le but de vous distraire. Après ces 2 livres j'ai enchaîné sur la suite, ‘Les Enfants de Ji', en 5 volumes. On en ressort content de sa lecture, mais aussi soulagé d'être arrivé au bout. (comme vous au bout de cette critique, non ? ;) )

(j'ai publié un avis sur le site Ciao il y a bien longtemps dont cette critique reprend le principal, ce n'est pas un plagiat ^^)
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