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ISBN : 9782756102795
Éditeur : Léo Scheer (01/01/2011)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
En arrivant à la soirée de Marianne, Benjamin et Edmond ignorent que leur destin va s’en trouver bouleversé. Les espoirs et les illusions seront balayés en même temps que le bel ordonnancement de cette soirée où tout, bientôt, aura volé en éclats.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
bede08
  09 avril 2011


Un dîner chez Marianne.
Benjamin, la trentaine, s'attendait à haïr ces gens qui ne
lui ressemblent pas. Pourtant, dans l'état d'esprit qui est le sien, il se surprend
à les apprécier, les aimer. N'est-il pas des leurs, quand il envisage soudain
de remplacer son père aux commandes de l'entreprise de salle de bain,
son père qui est peut-être en prison pour avoir giflé sa compagne en plein supermarché?
Edmond sent que cette soirée ne sera pas bonne: il est vieux et Véra lui échappe.
C'est pour ces deux personnages que cette soirée mondaine, initialement prévue bourrée de protocoles et
d'attidudes convenues, d'échanges entre gens bien intégrés, va dégénérer.
Benjamin n'est pas intégré, son père dit de lui qu'il ne ferait rien, n'irait nulle part et ne serait rien sans cette place qu'il lui laisse dans sa boîte, lui qui a réussi.
Etouffant, ce père, c'est peut-être pour cela que Benjamin voudrait qu'il disparaisse...
C'est l'heure de la révolte, au milieu de ces gens trop bien et trop sûrs d'eux. Benjamin bouscule les codes et les tables, sème une pagaïe sans nom, illumine la soirée de sa folie.
Vera aussi, elle a envie de changer d'air, de savoir si elle peut encore séduire. Edmond n'imagine pas la vie sans elle...
Centrée autour des tourments de ces deux hommes, ce roman est écrit de manière assez particulière, en deux parties fort inégales.
La soirée et ses dérapages, les mouvements de chacun et leurs mots nous entraînent dans un maelström qui donne le vertige, mais sans qu'on puisse trouver l'issue avant que l'auteure nous la donne: la soirée tourne court après l'arrivée de Frédéric, père de Benjamin, qui reprend son fils en main...
Un peu dense, un peu touffue, un peu floue même, cette mise en scène n'amène rien avant que l'auteure ne nous recentre sur Benjamin et sur ce qui a
motivé son comportement somme toute associal.
C'est l'axe principal de ce livre: la souffrance de ce jeune homme qui n'est rien au regard de son père alors qu'il aurait aimé être quelqu'un.
Il hait, sa révolte passée, cette lâcheté qui le maintien sous sa coupe.Il revient néanmoins, calmé, à "la jolie couleur de la résignation"...

J'ai choisi ce livre pour une raison majeure: le nom de l'éditeur, que je sais être réputé sérieux et qui offre de jolis petits bouquins, non seulement bien faits, mais à lire des auteurs très sérieux et talentueux.
Il y a effectivement, un énorme travail d'écriture et Sibylle Grimbert jongle avec ses personnages à nous perdre. Elle cultive un art de la métaphore fort agréable et use d'un vocabulaire soigné.
Un petit bémol néanmoins: il est difficile de se retrouver dans la première partie, avec trop de détails et de personnages, alors que le simple cheminement de Benjamin nous aurait suffit. On ne le retrouve vraiment qu'en fin de livre, et c'est là que tout s'éclaire.
Dommage.


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Skorpionnan
  11 avril 2011
Lecture
Benjamin, jeune trentenaire est le fils d'un designer-industriel connu dans le monde des cuisines et salles de bains. Il arrive ce soir ragaillardi dans cette soirée et sans son père. Car celui-ci, suite à une altercation ayant mal tourné, va sans doute devoir passer un long moment en prison. Libre, Benjamin peut maintenant commencer une nouvelle vie.
Edmond, un ami du père de Benjamin, est un homme de société. Dans cette soirée, tout pour lui tourne mal. Il voit sa femme se détacher et ses amis le trahir.
Tout cela n'est que prétexte à un tourbillon de rencontres, de collisions, de questionnements de personnes. Ensuite, plus rien ne sera pareil.
Avis
Ce livre commence donc par l'arrivée de Benjamin dans une soirée. Il n'est pas le « Je » de ce roman. le « Je » est ici sans doute l'auteur. Mais en tous les cas c'est une personne invitée à cette soirée que l'on ne rencontre que de loin en loin sans jamais savoir de qui il s'agit.
On suit donc Benjamin. Ce fils marche dans l'ombre de son père ; pas vraiment comme un digne héritier mais plutôt comme un boulet. Il arrive joyeux de pouvoir briser ses chaînes paternelles. Son père en effet devrait passer un certain temps en prison, une dispute avec son épouse s'étant mal terminée. Benjamin s'efforce de remplir son nouveau rôle de singe social et arrivé.Dans cette soirée, il rencontre Vera, Laurent, Edmond, Pierre, Anne, Marianne et autres.
Le livre s'attarde beaucoup sur Benjamin, un peu sur Edmond, moins sur les autres personnages.
Si l'on espère un moment que tout va basculer dans la loufoquerie d'une « The Party », il n'en est rien.
Car ces personnages sont odieux : ils sont tous lâches, versatiles, égoïstes et prétentieux.
Névrosés, si ce n'est profondément tarés pour certains, ils tournent et se retournent sur eux-mêmes. Les autres n'ont d'importance que dans la valeur qu'ils leur donnent, que dans le plaisir de s'y mirer. Plutôt que de vivre et d'apprécier, ils se torturent, se malaxent avec plaisir. Malheur, complaisance morbide, lâcheté, autosatisfaction destructrice ou méchanceté pure, tout y est pour « passer une bonne soirée ».
Il y a déjà bien assez de tristes sires ou dames de cette engeance dans la vie pour devoir les chercher dans un roman. Pourquoi, alors malgré cette invasion de connards infatués, poursuivre cette lecture ? Parce que, si l'auteur, comme Beigbeder, peint des marionnettes occupées à s'ébahir des pustules de leur nombril et de leur âme, jamais elle ne tombe dans la vulgarité ou la fange. On sent même poindre parfois une certaine tendresse qui donne un peu d'humanité à ces pantins de luxe. J'ai donc poursuivi ma lecture en espérant trouver un petit bout de diamant dans la gangue.
Le personnage le plus intéressant, le plus prometteur semble être Benjamin que l'on croit vouloir sortir de cette boue. Mais finalement il s‘avère aussi futile et fielleux que les autres et ce que l'on prenait pour de la lucidité n'est que le fait que médiocre et inadapté, il ne peut pas jouer avec les grands. Si la critique de ce cynisme richement paré est présente, je ne l'ai pas trouvée ; ou alors l'auteur porte bien son prénom . Si « tout bascule en uen soirée », nous promet le quatrième de couverture, tout continue en fait comme avant.
Le style de l'auteur est plutôt agréable et ne tombe jamais dans la vulgarité. Mais ces belles phrases ne disent que des pensées de personnages dilués, égocentriques, hypocrites et creux et elles finissent par leur ressembler.

Conclusion
Ce livre ne m'a pas plu, car malgré un certain style d'écriture, le fond m'est nauséeux.
Ma note : 12/20
Lien : http://www.atelierdantec.com..
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Nadael
  28 mars 2011
Ce livre est original par sa forme puisqu'il est composé de deux parties asymétriques : deux cents pages pour l'une et vingt pages pour l'autre. Dans la première partie, une atmosphère théâtrale règne avec une unité de lieu - un appartement -, une unité de temps - une soirée festive - et des changements de décors - pièces de l'appartement -. En revanche, la seconde partie ressemble à un bilan ; l'évolution du personnage principal sur une vingtaine d'années et la mise en évidence du poids de cette fameuse fête sur le reste de sa vie, un fardeau qu'il traîne.
En lisant, on a l'impression d'assister à la représentation d'une pièce de théâtre. Les personnages foisonnent et virevoltent autour du premier rôle endossé par Benjamin, âgé d'une trentaine d'années. Il y a d'un côté l'introspection de ce dernier, qui se pose beaucoup de questions quant à son avenir dans l'entreprise familiale et sur la relation qu'il entretient avec son père, dont il devrait probablement prendre la place... mais un coup de théâtre est si vite arrivé... de l'autre, on suit Edmond, plus âgé, qui lui, a des doutes sur son mariage, s'est querellé avec son meilleur ami et se sent terriblement vieux. Gravitent alors autour d'eux les invités qui palabrent, dansent, boivent, se toisent, se jugent, se méfient, se sourient, se moquent, se racontent, s'ennuient.
J'ai beaucoup aimé le style de l'auteure, qui manie avec habileté la métaphore, utilise différents niveaux de langage et un riche vocabulaire, selon les personnages et leur milieu. Les  jeux de scènes  sont très agréables à lire également : quiproquos et situations cocasses, voire abracadabrantes. On passe allègrement du comique de situation au mélodrame, tout en changeant de pièces ; on suit les personnages tour à tour dans la salle de bain, dans une chambre d'enfant, dans le dressing, sur le balcon. Les différents lieux sont d'ailleurs choisis selon l'ambiance souhaitée et l'état d'esprit des personnages.
Cependant, j'ai regretté que le vent tourne si vite justement ; Benjamin passe par plusieurs phases d'émotions, de sentiments en l'espace de quelques heures, ce qui malmène la vraisemblance. Et puis, je n' ai pas éprouvé beaucoup d' empathie pour les personnages, qui sont, il faut l'admettre, pas très chaleureux.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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claraetlesmots
  02 mars 2011
Un dîner chic chez des gens chics. Pourrait-on dire. Un dîner avec des invités comme il faut pour une soirée réussie. Quand Edmond s'y rend, il pressent que le vent va tourner en sa défaveur. En effet, son meilleur ami le dédaigne, sa femme le délaisse. Benjamin, la trentaine, fils d'un chef d'entreprise croit que son jour de gloire a enfin sonné. Tout ce petit monde s'attend à une soirée convenue sans un mot de travers. Sauf que le ballet des petits-fours, des conversations, des amitiés et des amours va prendre une tournure inattendue…
Et l'auteure a réussi un pari sans même le savoir. Vous savez tous que j'aime les écritures aux phrases courtes, concises. Pourtant le style de cette auteure est à l'opposé. Et qui dit phrases longues, dit « bibi qui se lasse et qui finit par décrocher au bout d'un moment ». J'admets qu'il m'a fallu me faire à ce style, l'apprivoiser. Pas longtemps. le temps des deux ou trois premières pages et ensuite il s'agit de l'écriture de Sibylle Grimbert qui m'a accrochée. Pari gagné, renversement de situation comme l'histoire de ce livre (quelle transition réussie!). J'aime quand les personnes guindées sont bousculées, quand les convenances bobo sont malmenées, que tout ce petit monde bien propre, bien soigné et dûment installé sur ses lauriers de la réussite sociale soit remué. Les personnalités jusqu'ici muselées apparaissent, les langues se délient et les masques tombent.
La suite sur :
http://fibromaman.blogspot.com/2011/03/sibylle-grimbert-le-vent-tourne.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.c..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   28 mars 2011
Son vieil ami le remords s'asseyait près de lui avec son visage gris et ridé, ses épaules courbées, son expression méchante pleine de perversité. De façon sournoise, il prenait sa main maintenant immobile et calme sur son genou, assenait une ou deux vérités d'où il ressortait qu'il était inadapté à la vie en société, payait le prix d'une inexplicable et congénitale agressivité, et surtout n'avait aucun moyen de se justifier ni de rattraper une situation foutue. Vaincu, Benjamin posait alors la tête sur son épaule, car il mesurait combien il n'aurait jamais d'autre compagnon que celui-là, puisque par sa propre faute il était seul.
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NadaelNadael   28 mars 2011
 Ces cons, en fait ils étaient pires qu'il ne l'avait cru. Ils vivaient ensemble, ne regardaient que ceux qui leur ressemblaient, dès qu'on sortait du lot, bousculait leur contentement d'eux-même, leur certitude d'avoir raison et d'être bons, ils devenaient aveugles, comme son père dont ils étaient des répliques presque exacte.
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NadaelNadael   28 mars 2011
Toute la succession des générations serait bouleversée à l'avenir, partout sur cette terre plus personne ne grandirait ni ne vieillirait, de sorte que tous ces vieux arriveraient bientôt à nous faire avaler leur maturité sans cesse repoussée, à nous imposer, par mimétisme devant un phénomène majoritaire, leurs traits fatigués comme un critère plastique valable ; le pouvoir ne se transmettrait plus.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   02 mars 2011
Il fallait s’observer avec le même regard que celui qu’on porte sur un étranger croisé dans la fils d’un bureau de tabac ou sur un passage piétons, avec indifférence, sans intériorité, sans ce ramassis d’espoirs et de déceptions, sans toutes ces histoires particulières qui nous rendent si singulières à nos propres yeux.
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NadaelNadael   28 mars 2011
Comment pouvait-il vivre sans elle ? Comment ses jambes pourraient encore se lever, ses genoux se plier pour avancer s'il la laissait derrière lui ? Il flanchait, la table des négociations lui apparaissait telle qu'elle était, sans aucune carte ouverte et étalée, aucune frontière griffonnée à se disputer, aucun point d'eau entouré d'un cercle rouge plusieurs fois raturé en échange d'un avantage quelconque.
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