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EAN : 9782710303121
192 pages
La Table ronde (12/03/1987)
4.14/5   68 notes
Résumé :
Dans les Contes de la Folie Méricourt, on retrouve avec bonheur quatorze contes d'ici et d'ailleurs, plus pétillants les uns que les autres : Les déménageurs, Le renard et sa queue (conte russe), Pirlipipi, deux sirops, une sorcière, Jeannot et l'ogresse (conte russe), Le marchand de fessées, Le gel au nez rouge (conte russe), La cinq fois belle (conte grec), Pouic et la merlette, Le juste et l'injuste (conte russe), Catherine sans nom, Le paysan et le moineau (cont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Je connaissais les contes de la rue Broca qui ont bercé mon enfance, j'avais lu il y a peu les contes d'ici et d'autre part, il était donc temps de se plonger dans les contes de la Folie Méricourt. Mon édition ne compte que treize contes (Nanasse et Gigantet ont été évincé!) et même si c'est toujours un plaisir de lire Pierre Gripari, je suis un peu déçue par ce recueil que je trouve un peu inégal. D'un coté on a des contes plutôt modernes et puis parfois c'est des réécritures de contes vraiment plus traditionnels et un peu vieillot. Alors tous sont très bon mais je trouve juste que le tout ne pas pas ensemble.

D'habitude, je détaille chaque conte mais aujourd'hui je ne vais vous parlez que de ceux que j'ai aimé, les autres ne me laisseront sans aucun doute pas beaucoup de souvenirs.

"Le renard et sa queue" est un conte russe. Cette histoire commençait bien, un conte triste raconté avec humour :
"Il était une fois, dans un pays lointain, un vieux, vieux paysan qui vivait avec sa vieille, dans une petit maison d'un tout petit village. Et puis voila qu'un jour, je ne sais comment, la vieille est morte.
Comme le vieux aimait beaucoup sa femme, il a voulu lui faire un bel enterrement, afin que dans le village, on en parle longtemps. Mais, pour cela, il lui fallait d'abord trouver une pleureuse.
Qu'est-ce qu'une pleureuse ?
Eh bien, une pleureuse, dans ces pays la, c'est quelqu'un qu'on paie pour pleurer, tout au long de la cérémonie.
Eh quoi, vous me direz, les gens de la famille ne pleurent donc pas ? Si, bien sur, les gens pleurent. Mais eux, ils pleurent sans art, n'importe comment, comme ça vient... Ce n'est pas aussi beau que quand c'est fait par quelqu'un du métier !"
Mais la fin est absolument effrayante.....

Après cela, c'est au tour de Pirlipipi, deux sirops et une sorcière. Voila un conte très rigolo, que j'ai apprécié. Juste un bémol pour la construction avec énormément de dialogue. Pas facile de suivre et puis j'imagine pas facile a lire a ses enfants....

On continue avec le marchand de fessées qui figure dans mes préférés. Il imagine la fessée comme un oiseau :
"D'où viennent les fessées ?
Ah, ça ! C'est une question difficile, et les savants ne sont pas tous d'accord la-dessus. Les uns disent que les premières fessées connues dans L Histoire vivaient a l'état de nature dans le delta du Nil, et qu'elles furent apprivoisées par les anciens Égyptiens, qui s'en servaient déjà pour l'éducation des enfants.
D'autres disent que la fessée commence a Sumer, a l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, ou encore sur les bords de l'Indus.
D'autres encore soutiennent que la fessée est d'origine extra-terrestre et que les premiers spécimens furent apportés, en soucoupe volante, par des petits hommes verts en provenance de Mars ou de Vénus.
On dit aussi qu'une race de fessés, légèrement différente de la notre, mais bien reconnaissable, vit encore a l'état sauvage, dans la grande foret amazonienne, non loin du territoire des Indiens Tutupanpans."
Une histoire comme seul Pierre Gripari sait les écrire. J'ai adoré.

On quitte ensuite la Russie pour le soleil de la Grèce avec "La cinq fois belle" qui est une version grecque de Blanche neige et les sept nains.
"Il était une fois, dans un village de montagne, trois soeurs qui n'avaient plus de parents et qui vivaient ensemble. La première était belle, la deuxième était belle mais la troisième, la plus petite, était encore la plus belle. C'est pourquoi, dans le pays, on l'appelait la Cinq plus belle."
Voici donc une Blanche Neige qui a deux soeurs aînées, jalouses de sa beauté, elle va ensuite rencontrer non pas sept mais douze nains (comme les douze mois de l'année) et puis ici pas de pomme empoisonnée mais du gâteau. Bref j'ai beaucoup aimé découvrir une autre version du célèbre conte.

On enchaîne avec "Pouic et la merlette".
"Moi d'abord, je trouve que l'école, ça ne devrait pas exister. Pour apprendre ce qu'il faut, on ferait mieux de se promener dehors, chacun pour soi, librement. On apprendrait a lire avec les écriteaux, les plaques du métro, les affiches... Écrire, ça ne sert a rien, puisqu'il y a des machine pour ça... Compter non plus, puisqu'il y a des ordinateurs... Quand a L Histoire, qu'est-ce que ça peut nous faire, ce que les gens ont fait avant nous ? C'est du passé, n'en parlons plus... Et quand a la géographie, c'est inutile aussi. S'il y a la guerre dans un pays, la télévision nous dit tout ce qu'il faut savoir sur ce pays et ses habitants. Et les pays sans guerre ne sont pas intéressants. Moi je trouve que l'école ça ne sert qu'a s'ennuyer."
Voila un petit garçon qui pense que l'école ne sert a rien, ni une ni deux la maîtresse va le changer en merle pour la semaine. Et il va découvrir que la vie dans la peau (ou dans les plumes) d'un oiseau c'est pas si facile. Un conte que j'ai adoré.

Les suivants je n'en garderai pas un excellent souvenir. A part "Le paysan et le moineau" qui est un conte français très court mais avec une très belle morale.

Un recueil que je vous recommande quand même, même s'il selon moi, il n'est pas a la hauteur des autres livres de Pierre Gripari.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Entrez dans l'univers de Pierre Gripari et vous redeviendrez enfant en un instant. Quel bonheur de lire ses contes. L'imagination n'y a aucune limite, elle déborde de partout. Il embarque son lecteur avec une facilité déconcertante dès les premiers mots de ses histoires. En partant très souvent de petites choses de la vie quotidienne, il prend très vite de la hauteur et les situations, les personnages, les décors évoluent vers le burlesque, le farfelu, le fantastique, l'absurde... les sorcières, les animaux qui parlent et autres ogresses envahissent les pages pour le plaisir des grands et des petits.
Et il aime les mots, Gripari. Il aime jouer avec eux. Il y a un rythme fou dans ses phrases, une petite musique, une ritournelle. Il s'amuse avec le double sens des mots, use de rimes, parsème ses histoires de dialogues loufoques, de scénettes saugrenues, revisite d'anciens contes russes ou grecs, abuse de ponctuations et d'interjections... Adepte de quiproquos et de pirouettes diverses, il se dégage néanmoins de ses contes beaucoup de poésie et une infinie tendresse envers les enfants.
La première publication des Contes de la Folie Méricourt date de 1983 mais ne vous y fiez pas : ils n'ont pas pris une ride. Et quelle modernité de se croquer lui-même en personnage de ses propres histoires ! Dans cette nouvelle édition, on retrouve les illustrations de Claude Lapointe qui savait mettre en scène comme personne le monde imaginaire de Pierre Gripari. La couverture très soignée en fait un très joli objet. Un livre de contes à poser sur les tables de chevet des enfants de sept ans et plus.
Ce recueil contient treize contes. Parmi mes préférés, Les déménageurs – où l'auteur « déménage » de la tête... « non mais ça ne va pas tu déménages! » lui répète-t-on sans cesse. Il n'y comprend rien mais les histoires font bien les choses car il a justement des copains déménageurs dans la rue d'en face qui devraient pouvoir éclairer sa lanterne –, La sorcière et le commissaire – dans lequel d'étranges disparitions inquiètent le voisinage... une couturière, une femme de ménage, un employé de métro se retrouvent transformés respectivement en araignée, en chatte et en taupe... le commissaire a sa petite idée sur la coupable... – , le marchand de fessées – où un marchand a un bien étrange élevage... en effet, l'homme vend des fessées... mais les parents ne punissent plus leurs enfants...ceux-ci sont-ils devenus trop sages ? le marchand va donc user de stratagèmes pour que son commerce reprenne de plus belle.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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J'ai rencontré Pierre Gripari quelques mois avant sa mort, dans le cadre de mon mémoire. Avant de m'accorder l'interview prévue, il m'a invitée à déjeuner dans un resto de quartier situé juste en bas de chez lui, rue de la Folie-Méricourt (eh oui !). Un café-restaurant nommé "Chez Dany", cela ne vous rappelle rien ? Au fil du repas, quelle ne fut pas ma surprise de voir s'installer à la table d'à côté un gros moustachu, suivi de près par un dénommé Lucien puis par un certain René... les déménageurs de l'entreprise d'en face !
Si vous (re)lisez le conte qui ouvre le volume, celui qui s'intitule "Les déménageurs", vous y trouverez, "mis en fiction", le gros Moustache ("qui est baron, mais qui ne veut pas qu'on le sache"), le beau Lulu ("qui raconte des histoires de son cru") et même le sublime René ("qui est bronzé l'hiver comme l'été"). C'est là l'illustration même du talent de Gripari : faire surgir le conte et la fantaisie des détails banals de la vie la plus courante. Une patte particulière qui rend son oeuvre pour la jeunesse si vive et vivante, je pense...
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Les Contes de la Folie-Méricourt, par Pierre Gripari, illustrations de Serge Bloch, éditions Grasset jeunesse, 236 pages, 9 €

Il était une fois, rue de la Folie-Méricourt à Paris, un écrivain, des déménageurs et des enfants. L'écrivain, c'était Pierre Gripari, le célèbre conteur. Tantôt il refuse de vous raconter une histoire de sorcière, tantôt il vous raconte celle du marchand de fessées, ou bien parfois, au gré de sa fantaisie, il vous fait découvrir des contes russes, grecs ou même en forme d'échelle !

L'avis de Sabine, 11 ans : Dans ce livre, il y a beaucoup de contes amusants, mais certains sont spéciaux et même très spéciaux, un peu dégoûtants ! Certains sont passionnants et captivants et d'autres m'ont un peu rebutée. Ces contes se lisent facilement et même assez vite. Certains font découvrir les contes d'ailleurs. La plupart sont vraiment imaginaires et fantastiques : c'est ce qui m'a plu et c'est ce qui me pousse à les conseiller. 

L'avis de la rédaction : Pierre Gripari (1925-1990) est l'auteur de plusieurs recueils de contes, dont les fameux Contes de la rue Broca et les non moins fameux Contes de la Folie-Méricourt, qui ont été édités pour la première fois en 1983, et qui sont ici réédités avec des illustrations de Serge Bloch. Des contes merveilleusement drôles, déconcertants et poétiques.
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De la même manière que " la sorcière de la rue Mouffetard", ce livre m'a accompagné durant toute mon enfance et m'a donné goût à la lecture.
J'ai grandi avec ces contes et en garde un souvenir indélébile.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Il était une fois, dans un pays lointain, un vieux, vieux paysan qui vivait avec sa vieille, dans une petit maison d'un tout petit village. Et puis voila qu'un jour, je ne sais comment, la vieille est morte.
Comme le vieux aimait beaucoup sa femme, il a voulu lui faire un bel enterrement, afin que dans le village, on en parle longtemps. Mais, pour cela, il lui fallait d'abord trouver une pleureuse.
Qu'est-ce qu'une pleureuse ?
Eh bien, une pleureuse, dans ces pays la, c'est quelqu'un qu'on paie pour pleurer, tout au long de la cérémonie.
Eh quoi, vous me direz, les gens de la famille ne pleurent donc pas ? Si, bien sur, les gens pleurent. Mais eux, ils pleurent sans art, n'importe comment, comme ça vient... Ce n'est pas aussi beau que quand c'est fait par quelqu'un du métier !

[Le renard et sa queue]
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Avez-vous jamais vu une fessée ? Je veux dire vraiment vu ? Rarement j'en suis sûr. Quand on vous en donne une, vous lui tournez généralement le dos et, comme vous n'avez pas d'yeux derrière la tête, vous pouvez la sentir, ça oui ! Mais vous ne pouvez pas la voir, et c'est bien dommage !
C'est bien dommage car il n'y a rien de plus charmant, ni de plus gracieux, ni de plus joli qu'une fessée. Imaginez une sorte d'oiseau, ou, mieux encore, une sorte de papillon qui au lieu d'ailes, aurait une paire de mains, charnues, toujours en mouvement, tremblantes et battantes. Grâce à cette paire de mains, la fessée vole, de-ci, de-là, d'un vol hésitant, incertain, toujours à la recherche d'un petit derrière où se poser.
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J'habite une rue tout plein jolie, et cette rue est toute pleine de boutiques. Dans chacune de ces boutiques on exerce un métier. Ce qui fait que ma rue est toute pleine de jolis métiers.

Il y a un boulanger
qui fait des boules pour les gens âgés.
Il y a un tripier
qui fait des tripes et des pieds.
Il y a un tailleur de pierre
qui fait des costumes en pierre.
Il y a un restaurant
qui restaure les vieux monuments.
(...)
Il y a un accordeur de pianos
qui empêche les pianos de se dire des gros mots.
Il y a un charcutier qui charcute,
un boucher qui bouche,
un plombier qui plombe,
des pompiers qui pompent.
Il y a une fermière qui ferme,
une ouvreuse qui ouvre.
Il y a un maire et deux octogénaires,
il y a trois ménagères et quatre camemberts,
il y a enfin UNE SORCIERE !
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[...] les gros mots, sont après tout des mits comme les autres, des assemblages de sons articulés, de voyelles, de consonnes, de syllabes, qui n'ont pas d'autre sens que celui qu'on veut bien leur donner.


(dans "Le marchand de fessées")
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– Je te l’ai déjà racontée cent fois !
– ça ne fait rien ! Re-raconte-la-moi !
– On ne dit pas : « Re-raconte-la-moi ! »
– Qu’est-ce qu’on dit, alors ?
– On dit : « Raconte-la-moi encore ! »
– Raconte-la-moi encore !
– Non !
– C’était bien la peine de me faire répéter ! Alors, raconte-moi-z-en une autre !
– On ne dit pas : « Raconte-moi-z-en une autre ! » On dit : « Raconte-m’en une autre ! »
– Et si je le dis comme ça, tu me la raconteras ?
– Non !
– Alors, va te faire voir !
– On ne dit pas : « va te faire voir ! »
– Qu’est-ce qu’on dit ?
– On dit : « Tu me fais beaucoup de peine ! »
– - Eh bien, toi, tu me fais…
Mais là, vraiment, je n’pose pas écrire le dernier mot qu’a prononcé mon jeune ami.

Page 31
Pirlipipi
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