AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 978B06XMYQMV9
219 pages
Éditeur : (21/02/2017)
4.83/5   18 notes
Résumé :
POC commence dans les années 1920 et défile jusqu'en 2063. On y croise des ouvriers, des Allemands, des paysans, des blousons noirs, des mariés, un ministre de la guerre, des piliers de comptoir, des Viêt-Minhs, des profs, des artistes, un chien moche. On y entend de l'accordéon, des vitres qui cassent, des cris silencieux, des poèmes salvateurs, des riffs de guitare, des tilts de flipper, l'accélération d'une voiture, des détonations, un voisin qui râle et les cloc... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
4,83

sur 18 notes
5
14 avis
4
0 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis

Virginieriaute
  19 mai 2019
On abat plus facilement un chêne en jetant du sel sur ses racines plutôt qu'en lui plantant une hache en son tronc.
Par où commencer lorsque l'on sort d'un roman qui vous a à ce point chamboulé ?
Je vais tenter de ne pas trop digresser. Parfois prolixe, j'aimerais cette fois tenter de me mettre au niveau de ce récit; il va falloir que je fasse un gros effort de synthèse ( et voilà déjà un paragraphe pour ne rien dire ), parce que la première chose qui m'a frappée durant cette lecture ( au-delà du récit ), c'est sa qualité littéraire.
Rien d'académique, de la vraie littérature mais surtout un réel effort pour épurer le texte et n'en garder que l'essence.
En effet, le roman est bourré de métaphores, de suggestions, de silences évocateurs, le minimum pour un effet maximum, afin de capter la sensibilité du lecteur et de lui permettre de faire une partie du boulot.
J'ai trouvé dans ce roman, beaucoup de dérision, de nonchalance blasée, forteresse translucide, voile de pudeur pour masquer la souffrance et les carences, et toujours ce vide que seules nos émotions combleront.
Du coup, le texte est pétri de fulgurances subtiles, profondes, bien plus efficaces que les petites phrases d'accroches que l'on glane à chaque fin de chapitre des romans aux ficelles convenues et médiocres.
Punaise ! Ce que j'ai pris dans ce bouquin !
Un vrai lâcher prise, j'ai été emportée dans ce tourbillon de drames humains.
Ce n'est pas uniquement l'histoire qui est puissante, vous l'aurez compris, mais l'écriture proposée qui a rendu ce relief.
Graphique, très visuel, j'ai ressenti une solidité dans l'écriture de l'auteur qui sait exactement où il veut nous emmener et par quel chemin, et lui ne louvoie pas. Il y a quelque chose de viscéral, d'organique dans sa plume, ce n'est pas du réchauffé ou du mi cuit, on sent la flamme, la sensibilité de l'auteur, ses doigts sur le clavier directement reliés à ses tripes, c'est chaud bouillant, et pourtant, paradoxalement, le sujet évoque l'absence, le manque, le manque d'amour, le manque de considération, le vide affectif.
Sommes-nous la somme des vides reçus en héritage ?
Tout ce que nous faisons, le faisons-nous par amour...ou par manque d'amour ?
Le roman est sombre, très sombre, une palette de gris seulement édulcorée d'espoirs aussitôt balayés par la fatalité.
Nous suivrons le destin de trois hommes, nés à trois périodes différentes, avec néanmoins pour point commun, leurs carences mais aussi la même volonté, celle de vivre, la rage de vivre ou celle de vivre dans la rage.
Ces tranches de vie vont évidemment se mêler au cours de l'intrigue.
J'ai été happée, pour des raisons de sensibilités personnelles par la période Indochine, fascinée par cette gigantesque parenthèse de l'Histoire et peut-être encore davantage par sa version US. L'angoisse, la désolation, la détresse, la sensation d'être complètement dépassé par les événements, transpiraient de chaque ligne. La peur si prégnante, j'étais moi aussi enlisée dans la jungle vietnamienne.
C'était du Oliver Stone, du Alan Parker que j'avais sous les yeux, dans toute sa sauvagerie crue et brute.
Mais j'ai également entendu la gouaille d'Audiard parmi les durs à cuir aux blousons cloutés et aux regards toujours froncés.
J'ai eu droit aussi à des moments de grâce. Des envolées comme j'en lis rarement dans les livres. Je pense à Verlaine et à l'initiation de Sébastien à la poésie. Sublime ! Un ange passe, on retient son souffle, je vous promets, l'émotion collective fut perceptible.
Et puis j'ai suivi Sebastien jusqu'au bout. On a traversé la vie avec les mêmes repères historiques. On aurait pu être potes lui et moi. On se renifle vite le cul nous autres les écorchés.
Plusieurs fois, je suis sortie du roman et j'ai eu cette sensation que l'auteur m'autorisait un regard, une fenêtre ouverte sur son intimité.
Sommes-nous condamnés à reproduire les erreurs de nos paires ?
La force de la résilience. Et New York apparaît. New York qui pour moi est le symbole même de la résilience. Cette mégapole qui me remplit autant qu'elle me vide. Elle aliène mes colères, mes doutes, et me gargarise chaque fois d'une énergie nouvelle et bienfaisante.
Quel bouquin ! Mais quel bouquin !
Et je ne vous ai rien dit à propos du titre ! Je n'en évoquerai rien et vous laisserai découvrir ce que j'ai cru être au départ un surnom, comme j'aime en donner aux personnes que j'affectionne.
Évidemment, c'est bien plus que cela.
Et la photo de couverture ? Tellement significative ! Tout, tout est à sa place.
Ce roman me donne juste envie de jeter mes pauvres écrits si médiocres.
Mais il me donne aussi une envie de créer, parce que créer, c'est la vie, avoir des projets, exister, vivre, vivre à en brailler ma joie tout en haut, au sommet d'une de mes montagnes.
Dernier point: celles et ceux qui me connaissent, savent combien la musique est indissociable de ma vie. J'ai donc logiquement pour habitude d'écouter de la musique en lisant.
Ma lecture influence souvent ma playlist.
Jamais une bande son n'aura été si éclectique. de Jefferson Airplane, à Ben E. King, de van Morison à Smockey Robinson, de Percy Faith à Brel en passant par Noir Désir, Les Béruriers noirs, Duran Duran, Renaud et Francky goes to Hollywood, j'ai vraiment pris mon pied musicalement aussi. Ma playlist a suivi le scénario de très près ( pour rester dans l'ambiance, plus d'une semaine après, j'écoute encore ma BO )
And last but not least : c'est seulement la deuxième fois depuis que je sais lire que je lis coup sur coup un roman deux fois de suite, pour rester connecter et continuer de vibrer sur la même longueur d'ombre que l'auteur.
Vous voyez où je place le curseur ?
J'espère qu'il en sera ainsi pour vous. du fond de mon coeur !
Note pour le livre suivant : ça va être chaud pour me faire décoller !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          32
Soukiang
  18 août 2019
A chaque lecture, le temps est une variable incontournable pour apprécier à sa juste valeur la portée des mots, les reflets des personnages dans le jeu de l'ombre et de la lumière, la temporalité de l'histoire, le souffle qu'il pourrait faire jaillir sur notre conscience, furtivement ou durablement, cause et effets, action et conséquence, à partir de quel moment on peut qualifier un roman de coup de coeur, quel degré d'affection ou d'intimité est-il nécessaire pour assimiler, digérer puis infuser avant de passer à autre chose, cela peut se traduire par une longue introspection quand les thématiques vous interpellent, une plongée dans les souvenirs que l'on aurait volontairement occultés ou pas, dans l'enchaînement des lectures, si la mémoire n'est pas infaillible avec l'âge, le coeur n'oubliera pas.
Cop
La triple narration pourrait en décontenancer plus d'un pendant la lecture, quitte à reculer de quelques chapitres pour mieux avancer et avoir finalement la pleine mesure de qui est en train de se tramer, ce premier roman mérite amplement tous les qualificatifs de grande oeuvre littéraire, de se réserver tout le temps du monde afin de capter tous les tenants et aboutissants, si la plume se voudra un pur délice pour les yeux, si la construction de déboussoler le lecteur n'est pas un hasard, chaque ligne pourrait vous réconcilier avec l'amour de la langue française, sens et contre-sens, métaphores et ellipses grisantes, rien n'est facilité de prime abord, à l'image des protagonistes englués dans leur chemin de croix, vos efforts seront récompensés à la hauteur de l'ambition littéraire, l'émotion ou les sentiments ne se fabriquent ni ne se marchandent, le résultat s'appelle POC, un livre auto-édité qui m'a laissé sans voix, brillant du début à la fin, l'écriture de Stéphane Grisard m'a juste transpercé l'âme, exsangue fut mon état à l'issue de la lecture, un sentiment étrange et indélébile d'avoir traversé en un temps record plus d'une vie abordée et peut-être foulé quelque peu l'antichambre de la mort, avant l'heure ...
Ocp
Mesurer le poids du passé à la lueur des phares de sa présente vie, le commutateur on/off agit comme le bruit de la fureur en gestation, entre deux feux, la souffrance des âmes en perdition laisse un goût âpre dans le sillage, l'enfance est un passage-clé dans l'émancipation vers l'âge adulte, la roue du destin est lancée, creuser incessamment sa propre condition, transcender ses blessures purulentes pour entrevoir un brin d'espoir au bout du tunnel, cette lumière insaisissable pour l'heure d'une tristesse insondable, toutes les nuances grisonnantes en Technicolor, des personnages en proie à leur pire démon au pluriel, le style de l'auteur ne verse jamais dans le misérabilisme, plonger dans les affres de l'histoire de France et de ses mutations profondes, toucher au plus près les déchirements intérieurs qui annihilent toute ambition, impuissance à mettre un pied devant l'autre, à la guerre comme à la vie, il est des combats presque déjà perdus d'avance. Presque.
Pco
Des passages d'une bouleversante acuité pour traiter de la transmission, ces liens intangibles qui relient ou délient des langues plus vite que son identité, quête désespérée de la recherche du temps perdu. Flux et reflux.
Le temps de se retourner, des phrases courtes viennent ponctuer les tourments ressentis, quand la fatalité dépasse toutes les espérances, les lendemains incertains de chacun des protagonistes n'en finissent plus de résonner entre les murs fêlés, êtres fragilisés et martyrisés, le silence et non-dits évoquent cette transgression de dépasser et briser tous les tabous, à commencer par son propre destin.
Sans concession, c'est du brut de décoffrage, le verre à moitié vide aura vite fait de se remplir d'un trop-plein d'absence, ce poids des carences affectives poursuit les personnages sur le fil du rasoir de la vie, en lutte constante d'abord avec eux-mêmes avant les autres, la fumée évaporée symbolisant l'évanescence et le rapprochement avec la faucheuse. Sans filtre.
Cpo
Ode à la passion infinie des livres, à l'immortalité de la poésie, les références littéraires ne manquent pas de rappeler la beauté et la magie des mots, dans l'insouciance de l'enfance, la perte de l'innocence n'a pas d'âge, force est de constater que cette route tortueuse n'est pas de tout repos, une lecture qui risquait de tourner dans le vide abyssal sans l'amour protecteur et des promesses déchues, l'humour salvateur s'infiltre au gré des pages, tel un baume au coeur isolé des paysages urbains désolés, du parlé verlan à l'euphorie furtive surgissant parfois inopinément, le roman recèle des trésors cachés, tant pour ces sublimes invitations à voir la vie autrement que pour sa dimension universelle, le cercle inéluctable de la famille et ses élucubrations, une prise de conscience et l'impermanence des choses, le temps est une constante indissoluble quand il conditionne et construit tout un chacun, la roue tourne, l'heure détourne.
Opc
Pour le meilleur ou le pire, ce roman n'est pas avare de séquences subversives pas piquées des vers (sans jeu de mots), de jaillissements émotionnels, rarement une lecture n'aura atteint des pics d'émotions inversées et proportionnellement viscérales, du rire aux larmes et inversement, l'âme meurtrie n'est jamais aussi intarissable face à l'adversité et tous les moyens deviennent alors des armes d'artillerie, de persuasion à défaut d'amour fleuri, un cri déchirant venu des entrailles et tout en percussions, en écho des coeurs blessés, des solitudes qui n'épargnent personne, du prologue à l'épilogue.
Je conclus en remerciant infiniment Virginie Riauté Michelon pour me l'avoir proposé, partager ton coup de coeur, comme un certain NRJDL de HL d'il y a 15 jours, la photo a été prise au même endroit, comme un signe, un révélateur, à croire que d'être de la même génération n'est pas anodin, quand l'histoire trans-générationnelle rapproche la fiction et la réalité, pour saisir toute l'essence de ce premier mais maîtrisé roman, impressionnante oeuvre littéraire frôlant la perfection, celle-ci étant le fantasme de tout écrivain, la réussite est donc totale !
POC.
❤️
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lolapop93
  05 mars 2017
Trois hommes, trois vies, trois destins et lien…….
Sébastien vivait avec ses parents et soeurs dans une tour. Par la fenêtre, il voyait la prison de Fleury-Mérogis.
Une mère dépressive, un père alcoolique, violent et une enfance passée entre les tours des cités puis la campagne.
Peu choyé, très tôt il comprit « que l'on pouvait être heureux partout, ou nulle part. Cela dépendait pas de l'endroit, mais d'avec qui on vivait et de ce qu'on y faisait. »
Michel, lui est né après la seconde guerre mondiale. Enfant médiocre à l'école, il va passer sa jeunesse dans un décor de barre d'HLM. Il aime faire la fête est rouler des mécaniques.
Et puis il y a ce troisième personnage, dont le lecteur ignore le prénom. Un jeune homme âgé de 16 ans dans en 1944, qui va être convoqué par l'Etat Français pour faire du retour à la terre, le STO rural. A 17 ans il intégrera l'armé dans le régiment des chasseurs parachutiste, qui l'emmènera en Indochine.
Trois hommes, trois époques qui couvrent une période de 1920 à 2063. Une traversé dans le temps, les moeurs et l'évolution de notre civilisation.
Et une question : qui est cet homme de 17 ans décidant d'intégré l'armé ?
Peu à peu les personnages se développent, se dévoilent et les liens apparaissent aux lecteurs. Pourtant le doute persiste jusqu'à la fin, qui nous dévoile sa véritable identité.
L'auteur joue avec les mots et le langage qui se fait tantôt dure, utilisant le verlan ou le langage des cités et tantôt plus doux avec un langage courant, donnant toute l'originalité de son roman.
Un style original, une bouffé revigorante pour les lecteurs avide de nouveauté !!!
Son style permet de donner de la vivacité au récit et le rend d'autant plus réaliste.
Les personnages sont particulièrement bien travailler, leur psychologie, leurs gestes permettent de découvrir leur évolution dans le temps.
Ce roman est très riche, divers thématique y sont développés, telle que l'évolution des moeurs, les changements de décor ruraux à travers les époques et l'importance des liens que crée les parents avec leurs enfant dès leur naissance et leur enfance.
L'auteur n'hésite pas à dénoncer la violence gratuite subite par les personnages et qui à notre époque est encore bien trop présent « Quand on a pas les mots ont à la violence ».
Un premier roman qui excelle dans tous les domaines que ce soit dans le style de l'écriture, dans les émotions transmit aux lecteurs ou dans l'intrigue elle-même.
Un auteur qui ne laisse pas de doute quant au succès de ses futurs romans.
Rafraîchissant, intelligent, addictif, à mettre entre les mains de tous !!!
POC, de Stéphane Grisard, février 2017, auto-édition, 314 pages.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
nathavh
  22 février 2018
Un premier roman auto-édité que vous devez absolument lire car il y a du talent. C'est un peu un diamant à l'état brut que je vous propose. Je me répète mais c'est un auteur à suivre.
C'est un récit et une plume originale, particulière. Un roman inclassable je pense car il comporte tellement de facettes qui le rendent unique.
Il s'agit de trois hommes, trois destins, trois époques que nous allons suivre de 1920 à 2063.
J'avoue avoir été un peu perturbée au début car de chapitre en chapitre, j'avais un peu de mal de savoir de qui l'auteur me parlait; Sébastien, Edouard ou Edmond, mais ceci était peut-être volontaire ...
Il y a Sébastien, né en 1973 passant sa prime jeunesse dans une tour HLM avec vue sur la prison de Fleury Mérogis. Un père alcoolique, violent, absent durant une grande partie de sa jeunesse. Une mère vivant égoïstement sa vie. Sébastien est attiré par la littérature et le théâtre. Tout aurait pu être différent s'il avait eu un peu de reconnaissance.
Il y a Edouard, 16 ans en 1944, enfant de parents divorcés, en manque d'amour. A l'âge de 17 ans il effectue un STO rural, ensuite il s'engage à l'armée, il vivra la guerre d'Indochine et croisera souvent la mort de très prêt. Une croix, un casque !
Michel, enfin est né à la fin de la seconde guerre mondiale. Il est médiocre à l'école, deviendra manuel, fêtard, aimant les filles et boire un coup. Il se mariera dans les années 70.
Ces trois vies, nous retracent trois époques. C'est intéressant de voir l'évolution de la société, de l'école, du monde du travail, une société en mutation.
On s'attache aux personnages très bien construits, bien travaillés, bien développés psychologiquement. Ce sont trois êtres cabossés par la vie avec leurs fêlures.
Il y a beaucoup de noirceur, de violence mais aussi pas mal de poésie.
On y parle des relations parents-enfants, de l'abandon, du manque d'amour, d'une certaine maltraitance et de la façon dont chacun fera sa vie.
"Le destin de chacun dépend parfois de peu de choses ..."
Une écriture originale, un style bien particulier rempli d'humanité. Les personnages nous parlent sans langue de bois. La plume mêle de l'argot et de la poésie. Stéphane Grisard joue sur le langage. Sa plume est très visuelle, on a le sentiment de "voir un film", les époques se succèdent. Il y a du rythme, du réalisme et de l'humain.
Et que d'émotions également en cours et fin de lecture.
Merci aux épicurieux d'avoir parlé de cette petite merveille et de m'avoir donné l'envie de la découvrir, je serais passée à côté de quelque chose.
Alors comme moi laissez vous tenter et découvrez "Poc", je vous le recommande vivement.
Ma note : 9/10
Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Annicklecture
  22 mai 2019
Tout d'abord je remercie Virginie qui m'a offert ce roman. Voilà, je l'ai fini et je suis bien embêtée car je ne sais pas du tout comment je vais pouvoir en parler et Poc ! C'est un livre extraordinaire, il est classé dans "littérature", je pense, en fait, qu'il est inclassable. C'est une ode à la vie, survivre. PocPoc. le passé est la base de notre devenir qu'on le veuille ou non, et la mort est au bout pour tous. Des souvenirs, des senteurs, des situations qui m'ont fait remonter certaines choses que j'avais mis de côté mais qui, au final, sont toujours en moi et le seront jusqu'au bout.
"Moi, je crois qu'au final on meurt de son passé, de son enfance, de cette époque quand on n'a pas eu le matériel pour suturer les plaies"
On se retrouve obligatoirement, dans l'une ou l'autre des situations mises en scène, ou par des histoires racontées par nos anciens. Je dirais aussi que c'est un livre que l'on peut laisser pas loin de soi et relire de temps en temps un paragraphe. Peu importe l'époque, cet extrait-ci me parle plus que les autres.
" Ses potos, ce sont des petits Ritals dont les parents avaient décampé devant le fascisme, des Espingouins larguant Franco, des Juifs qui déguerpis de Pologne ou d'Allemagne, des Portugais ou des Pieds-Noirs rapatriés d'Algérie. C'est eux, ses potes, ses copains de foot, c'est eux sa patrie."
Ça remue, dérange, chamboule, c'est avec le coeur qui bat fort que j'ai fini ce récit. le résumé vous en apprendra plus sur l'histoire ou ces histoires qui se baladent entre 2063 et 1920. L'écriture de l'auteur est juste parfaite, les mots, les phrases qui claquent à chaque situation, à en relire certains passages, pour bien s'en imprégner.
"Au début, cela lui a plu, cette liberté toute neuve, encore fraîche comme un matin de rosée. Ersatz de printemps. Mais les nuages arrivent toujours, un jour ou l'autre, car c'est le cycle, le tourbillon, la spirale inexorable. La pluie a dégueulassé son maquillage, salopé sa chevelure épaisse, maculé d'impacts purpurins sa robe fleurie, comme un long chapelet d'aréoles d'amer. Désormais, elle ne vit qu'en éclaircies."
J'ai été déroutée dans le milieu du récit à ne plus savoir qui parlait et j'ai compris, finalement… Pocpocpoc. Des extraits, j'en ai relevé un certains nombres que je ne poserais pas tous ici, car au final, c'est vraiment tout le roman qui est à mettre en avant.
"C'est comme les grands écrivains, les poètes, on te dit Rimbaud, quel génie, quelle maturité à quinze ans ! le gamin tournait à l'opium et à l'absinthe ! Il est quand même claqué de la syphilis, tout seul dans un bouge, amputé d'une guibolle ! Mais ça, c'est pas dans le manuel, ça… File-moi la même chose avant mes rédacs pis on verra le résultat ! Mais non, nous, on a brocolis à la cantoche arrosé de flotte au chlore…"
Assurément un livre à avoir dans sa bibliothèque. Un récit que j'ai beaucoup aimé et eu grand plaisir à lire et sûrement à relire. Pocpocpocpoc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   22 février 2018
Moi, je crois qu'au final on meurt de son passé, de son enfance, de cette époque quand on n'a pas eu le matériel pour suturer les plaies. On a beau essayer de colmater autour de la pierre dans le trou, ben y reste des brèches, ça suite toujours un peu, plus ou moins lentement, sans bruit, comme un filet de vie qui s'écoulerait pour un aller simple vers nulle part, un goutte à goutte du pus de l'existence. On se vide toujours de soi par l'enfance, suriné par l'écho d'un rire perdu, dézingué par trois notes de musique oubliées, disloqué par des mots assassins qui te mosaïquent le citron.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
nathavhnathavh   22 février 2018
Le plus dur, c'est de tuer les souvenirs. L'autre qui a tant partagé, qui a tout vu, été témoin de qui nous fûmes, de ce que nous avons vécu, efface avec son départ la moindre photo jaunie. Rien n'a existé ?
Commenter  J’apprécie          51
nathavhnathavh   22 février 2018
Cet homme n'a fait qu'une chose et ça a pourtant changé ma vie. Il m'a regardé avec douceur, et tendresse. Pis il a cru en moi. Il me l'a dit. Il ne connaissait rien de moi, mais il m'a demandé de lire "Le Saguoin" de Mauriac.
Commenter  J’apprécie          40
nathavhnathavh   22 février 2018
Puis, le divorce des parents qu'est une guerre qui sera pourtant jamais dans les manuels d'Histoire. Où y a pas de photos des trous d'obus, pas de minutes de silence pour les fusillés, pas de flamme pour le gamin inconnu ...
Commenter  J’apprécie          30
nathavhnathavh   22 février 2018
Pour protéger les gosses, les adultes inventent des stratagèmes alambiqués, des plans sibyllins. C'est surtout eux qu'ils protègent. Ils s'épouvantent de leurs propres mots, de leurs regards fuyants, de leurs émotions mal domptées, mal digérées. Alors ça controuve, ça feint, ça détourne. Ça utilise un mot pour un autre, ça calcule en codes verbaux, se creuse en langages parallèles, implique des pré-requis "secret défense".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

autres livres classés : mortVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les cadeaux dans Harry Potter

On apprend dans le septième tome que l'un de ses premier cadeaux d'anniversaire lui a été offert par Sirius de quoi s'agit-il ?

Un album photo
Un balais-jouet volant à 1m du sol
Une marmite sauteuse
Une baguette farceuse

10 questions
74 lecteurs ont répondu
Thèmes : harry potterCréer un quiz sur ce livre