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Patrick Berthon (Traducteur)
EAN : 9782266132107
480 pages
Éditeur : Pocket (13/05/2004)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 138 notes)
Résumé :
Le narrateur, Luke Chandler, un gamin âgé de sept ans, vit avec parents et grands-parents dans une ferme près de Black Oak, dans l'Arkansas. En septembre 1952, débute pour les Chandler l'événement le plus important de l'année : la cueillette du coton, dont la vente permettra de rembourser ses dettes et de préparer la saison suivante. Chacun doit travailler dur, vite et bien, aux côtés d'ouvriers agrico... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
latina
  20 mars 2020
Ah, les plaines de l'Arkansas, les récoltes de coton à perte de vue, les petites villes typiques des années 50…
Tableau idyllique ? Pas tant que ça !
Le petit Luke, 7 ans, vit dans une ferme avec ses parents et ses grands-parents. Enfant aimé, mais non pourri gâté – il doit participer comme tout le monde à la récolte - , fan des Cardinals, son équipe de base-ball adorée, il assistera cet été-là à plusieurs événements qui le marqueront.
Comme chaque année, sa famille fait appel à des saisonniers (Mexicains et « gens des collines »), pour cueillir le coton de leurs champs. Ceux-ci sont hébergés dans la grange et au fond de la cour, mais la cohabitation s'annonce beaucoup plus compliquée que prévu.
Luke découvrira maintes choses qu'il n'aurait pas dû voir, et devra par conséquent garder le secret.
Ce roman, à vrai dire, m'a bercée dans ses premières pages. Les bons repas mijotés par la maman et la mamy, les activités quotidiennes bien réglementées, y compris l'après-midi récréative du samedi à la petite ville voisine ainsi que les offices à l'église baptiste le dimanche matin, le tout baignant dans une chaleur terrible sous un ciel d'un bleu profond : je me suis glissée sans effort dans cette ambiance du Sud américain, bon enfant. Et puis tout à coup, avec l'arrivée des dix Mexicains et des Struill, venant des collines, tout va se gripper insidieusement. Il faut dire que trois jeunes en particulier vont causer des cas de conscience au petit Luke et même de sérieux problèmes… J'ai lu avec délectation l'enlisement progressif de la situation, tout en continuant à vivre au jour le jour avec cette famille.
John Grisham fait progresser son histoire de façon rampante, avec des sursauts intempestifs et dangereux, tels les serpents qui infestent les rives de la rivière bordant les champs de coton. Qui sera piqué ? Qui pourra en réchapper ? La chaleur, les tornades, la solidarité, la violence, l'émoi sexuel…tout sera décortiqué par l'intermédiaire du narrateur à l'aide d'un style limpide, aux réflexions judicieuses et aux descriptions pittoresques.
Dépaysement garanti, à recommander en ces temps de confinement.
Courage à tous !
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Kittiwake
  27 février 2016
1951. Arkansas. Il fait très chaud. le coton est prêt pour la récolte. du haut de ses sept ans, Luke perçoit l'angoisse de sa famille, face aux difficultés de la récolte : recruter des cueilleurs, parmi les mexicains ou les ploucs des Appalaches , scruter la météo dont dépend la récolte, participer à la cueillette. Certes la motivation est là : amasser quelques économies qui lui permettront de s'offrir le maillot de base-ball à l'effigie des Cardinals, dont il rêve de devenir membre, loin de la ferme familiale, qui nourrit à peine ses occupants.
Des liens se nouent avec les saisonniers, les mexicains dont la belle Tally, Trot son frère handicapé, mais aussi Hank, un type violent et bagarreur. L'autre clan n'a rien pour apaiser les angoisses du jeune garçon, le dénommé Cowboy possède un couteau à cran d'arrêt qu'il semble prêt à utiliser à la moindre contrariété.
La situation se corse lors de la sortie hebdomadaire à la ville, lorsque Luke est le témoin d'une bagarre, qui se termine par la mort d'un des gars. C'est le premier secret de Luke : c'est Hank qui a provoqué la mort de son adversaire.
Et puis dans le voisinage se trouve une famille nombreuse, démunie, et pour comble de malchance, la fille ainée, quinze ans est enceinte.
Enfin, les lettres de son oncle Ricky, qui se bat en Corée apportent leur lot de soulagement si elles confirment sa survie, mais aussi de crainte puisqu'aucun espoir de retour ne semble émerger.
C'est avec tous ces éléments que Luke tente de se construire une interprétation cohérente du monde dans lequel il vit, en y mêlant les leçons de la bible, dont il aime les histoires.
Personne ne garde un secret comme un enfant, a écrit Victor Hugo. Entre menace et honneur, la charge est lourde pour le jeune garçon, d'autant que le récit prend des allures de thriller, (meurtre, vol, disparition, l'action ne manque pas, même si l'enquête molle menée par le policier du coin reste est plus comique que tragique). Si les secrets ont une fâcheuse tendance à aboutir dans son oreille innocente, Luke doit faire preuve de ruse pour s'approprier les infos que les adultes lui cachent.
L'ambiance du sud rural des États unis est particulièrement bien rendue, et l'on souffre avec les cueilleurs dans les champs de coton, on vit au rythme des distractions rares que peut offrir la ville proche, on s'angoisse avec le grand-père qui scrute le ciel, dont les caprices conditionnent la cueillette.
La modernité émerge plus au Nord, téléviseurs et voitures n'ont pas encore envahi le quotidien de la région, et l'enfant est ébahi par le premier match de baseball qu'il peut voir sur un écran. le monde est en mutation, un société différente émerge. C'est aussi pour Luke le dernier été en Arkansas, même s'il ne le sait pas encore.
C'est très réussi. le roman, autobiographique, est considéré comme l'un des plus intimistes de l'oeuvre de John Grisham. Il brille par l'authenticité qui s'en dégage.
Simple à lire en VO, très dépaysant et émouvant, une belle découverte.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Krout
  29 avril 2015
Le plus romantique, le plus poétique, le plus attachant des romans de Grisham que j'ai lus. Une chronique d'un temps à jamais disparu de la vie rude d'une famille de fermiers isolés dans l'Arkansas durant les années 50.
Un tout autre Grisham, tout en atmosphère et paysages
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dadotiste
  16 août 2012
Un bon roman qui nous fait découvrir l'Arkansas des années 1952 à travers les yeux de Luke, 7 ans.
L'histoire nous emmène récolter le cotons chez les fermiers Américains. La main d'oeuvre supplémentaire qu'ils emploient - Mexicains ou Montagnard - n'est pas sans rappeler la ségrégation : ils sont considéré comme inférieurs, voir même, comme du bétail...
Ici, plusieurs mondes s'affrontent et cohabitent, provoquant des évènements parfois fatals...
L'écriture fluide nous fait partager les réflexions et les peurs du narrateur, qui parait souvent avoir bien plus que son âge...
Un livre bien écrit, sur les grands espaces Américains. On ne peut s'en séparer, c'est un régal. Plus qu'un roman, c'est le témoignage d'une époque.
Je ne peux toutefois pas le comparer à d'autres livres de cet auteurs, n'en ayant pas encore lu d'autres mais, en tous cas, celui-ci est à lire !
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JaneEyre
  17 août 2016
Arkansas, 1952. Typiquement le type de livre que j'adore lire, que je dévore, auquel je m'attache. le jeune héros est un petit garçon qui habite sur une plantation de coton. La vie y est dure, le travail est harassant mais le cadre est magnifique. Grisham nous offre une série de portraits plus vrais que nature: le grand père un peu macho, bourru et bosseur; la mère tendre et intuitive; les déshérités qui n'ont pour seuls bien que les habits qu'ils portent; les jeunes bagarreurs; les mexicains qui viennent d'année en année gagner quelque chose à envoyer à leurs familles... Bref toute une communauté de gens vivant pour et grâce au coton.
On suit l'histoire de ce petit garçon trop curieux, trop rêveur et trop seul qui observe le monde adulte, comme on observe une série de catastrophes naturelles; avec crainte mais sans pouvoir en détacher les yeux.
J'ai beaucoup aimé cette lecture, et Grisham a une très jolie plume. J'ai été saisie par le réalisme de ce récit qui met en lumière la force et les failles d'une communauté baptiste dans une bourgade de l'Arkansas.
Pour ceux qui ont aimé, ce roman me fais beaucoup penser à Montana 1948.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
domdu84domdu84   12 novembre 2011
Ceux des collines et les Mexicains sont arrivés le même jour. Un mercredi, en ce début du mois de septembre 1952. À trois semaines de la fin de la saison, les Cardinals de Saint Louis avaient cinq points de retard sur les Dodgers de Brooklyn ; la situation paraissait désespérée. Mais le coton montait à la taille de mon père, au-dessus de ma tête. Je l'avais surpris, avant le souper, échangeant à voix basse avec mon grand-père des paroles que nous n'avions pas l'habitude d'entendre ; il était question d'une « bonne récolte ».
C'étaient des fermiers, travailleurs, durs au mal, qui ne cédaient au pessimisme qu'en parlant du temps et de la récolte : trop de soleil ou trop de pluie, des risques d’inondation des terres basses, le prix des semences et ; des engrais, les incertitudes des marchés. « Sois tranquille, me soufflait ma mère au terme d'une de ces journées qu'aucun nuage n'avait obscurcies, les hommes vont trouver quelque chose qui les chagrine.
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dadotistedadotiste   16 août 2012
"Il a de nouveau regardé l'eau couler, puis il est revenu sur la route.
Quand il est passé devant moi, il n'était pas à plus de six mètres ; j'aurais voulu être plus profondément enfoncé dans le sol.

J'ai attendu une éternité, longtemps après qu'il eut disparu, pour être absolument sûr qu'il ne m'entendrait pas. Je suis sorti à quatre pattes de mon trou et je suis reparti vers la maison. Je ne savais pas ce que j'allais faire, mais, au moins, je serait en sécurité.

Plié en deux, j'ai suivi le bord du champs en marchant dans l'herbe de Johnson. Les fermiers n'aimaient pas cette herbe, qui servait de fourrage ; pour la première fois de ma vie, j'étais content qu'elle soit si haute. J'aurais voulu progresser plus vite, courir ventre à terre jusqu'à la maison, mais j'étais terrifié, j'avais les jambes lourdes. La fatigue et la peur me saisissaient à intervalles réguliers ; parfois, je ne pouvais plus avancer. Au bout d'un temps qui m'a paru interminable, j'ai enfin distingué les contours de la maison et de la grange. J'ai scruté la route, certain que [X] était là, quelque part, surveillant ses arrières. Je m'efforçais de ne pas penser à [Y]. Une seule chose comptait : atteindre la maison."

(X et Y sont des personnages que je n'ai pas inclus dans la citation afin de ne pas spoiler ceux qui la liront.)
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dadotistedadotiste   16 août 2012
"Avec gravité et résolution, j'ai jeté sur mon dos le sac de deux mètres cinquante, passé la sangle sur mon épaule droite et attaquer le premier cotonnier encore humide de rosée.
C'est une des raisons pour lesquelles nous commencions si tôt.
Pendant la première heure, avant que le soleil soit trop haut et trop ardent, le coton était doux et soyeux sous la main.
Plus tard, après avoir été déversé dans la remorque, il sécherait et deviendrait facile à égrener. Le coton imbibé d'eau de pluie ne pouvait être égrené, comme tous les fermiers l'avaient appris à leurs dépens."
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dadotistedadotiste   16 août 2012
"Les seuls à gagner de l'argent étaient les propriétaires de leurs terres.
Ceux qui, comme nous, cultivaient les terres en fermage essayaient de ne pas en perdre.
Les plus mal lotis étaient les métayers, condamnés à une pauvreté éternelle."
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rkhettaouirkhettaoui   28 octobre 2016
La balle de coton valait à peu près cent soixante-quinze dollars, selon le cours du marché. Une bonne récolte pouvait produire un peu plus de deux balles à l’hectare. Nous exploitions trente-cinq hectares en fermage. Le calcul était à la portée de la plupart des enfants de l’école.
Il était si facile qu’on se demandait comment on pouvait avoir envie de devenir fermier. Ma mère avait tout fait pour que ces chiffres me rentrent dans la tête. Nous étions secrètement convenus que jamais, en aucun cas, je ne resterais à la ferme.
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