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Critiques sur La sentence (22)
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missmolko1
  19 mars 2020
C'est toujours avec plaisir que je retrouve John Grisham et sa plume, et La sentence, n'a pas fait exception à la règle.

L'auteur nous emmène dans l'Amérique profonde des années 40, en pleine ségrégation et où le traumatisme de la Première Guerre est encore très présent. Un matin, Pete Banning prend son revolver et tue de trois balles le révérend Dexter Bell. Pourquoi ? On ne le sait pas, car Pete refuse catégoriquement de parler et d'expliquer son acte.

Le roman est vraiment habilement construit et l'auteur nous pousse vraiment à nous poser des tonnes de questions. On cherche à en savoir plus sur nos deux hommes et comprendre ce qui a poussé Pete à commettre l'irréparable. Ici, l'originalité du roman repose sur le fait que l'on connait le meurtrier dès les premières pages, mais tout le livre est construit sur la recherche du mobile qu'on l'on ne connaitra que dans les dernières pages.

J'ai adoré le récit du procès, qui prend une grande place et qui est très bien détaillé. On le vit quasiment en temps réel, on se met à la place des jurés et l'on se demande qu'elle verdict on rendrait face à cet homme qui refuse toute défense et qui ne veut pas expliquer son geste. Il est donc très difficile d'éprouver une quelconque sympathie pour Pete qui se montre froid et fermé pendant toute la première partie du livre.

Le contexte historique est vraiment très bien décrit et l'on a vraiment l'impression d'y être. On se rend compte également de l'évolution des mentalités sur la question raciale, ou encore sur la place des femmes dans la société en 80 ans. Certaines pensées ou dialogues peuvent d'ailleurs nous heurter ou nous mettre en colère tant il est inconcevable aujourd'hui d'exprimer de telles opinions (et heureusement d'ailleurs).

Et justement ces deux éléments se mêlent à merveille : le coté juridique prend énormément de place dans le premier tiers du livre, le second tiers est plus accès sur la Seconde guerre mondiale et les éléments historiques tandis que le dernier tiers est un bon mélange des deux. L'auteur a comme toujours extrêmement documenté son récit, notamment sur ce pan de la Seconde Guerre Mondiale qui oppose les États-Unis avec le Japon. On apprend énormément au fil des pages mais tous ces récits de guerre ont un peu tendance à alourdir le récit et amènent quelques longueurs par-ci par-là.

Il y a aussi des scènes très dures et pour le lecteur, il faut avoir le coeur bien accroché car tout cela fait froid dans le dos. Je pense notamment aux descriptions des peines de morts par chaises électriques aux États-Unis ou des tortures infligés aux américains par les japonais pendant la guerre. Bref, c'est un récit prenant, difficile parfois mais habillement construit et rédigé comme toujours avec beaucoup de talent comme tous les romans de John Grisham.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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montmartin
  11 avril 2020
Début octobre 1946, Pete Banning un héros de la guerre, propriétaire d'une plantation de coton, s'éveille, il est temps de tuer, il est un soldat et il a une mission à mener. Il se gare dans une rue tranquille et se dirige vers l'église. Pete pointe son colt sur le pasteur Dexter Bell et presse la détente.

Pourquoi Pete a-t-il fait ça ? Il n'a rien à dire. Il regrette ce qui s'est passé, mais c'était nécessaire. Il refuse d'expliquer son geste.
Pourquoi Pete ne veut-il pas sauver sa peau, pourquoi a-t-il décidé de s'auto détruire.

John Grisham est un vrai narrateur, avec son écriture fluide il nous entraîne dans un thriller judiciaire. le roman composé de trois parties nous raconte un meurtre insensé, le procès qui l'a suivi et les événements qui ont conduit à ce drame.
Tout au long des pages, avec habilité John Grisham nous interroge, sur le crime bien entendu et son origine, mais aussi sur Liza la femme de Pete internée, ses enfants, Joel et Stella, ont interdiction de la voir.
« – C'est quoi, sa maladie ?
- Aucune idée. Être une femme, je suppose. C'est un monde d'hommes, Joel, n'oublie jamais ça. Si un mari influent considère que sa femme est instable, dépressive et que ses hormones lui jouent des tours, il peut la faire enfermer pour un certain temps. »

John Grisham évoque la vie des noirs sur les plantations dans l'état du Mississippi
« Toutefois, en 1938, lyncher un Noir n'était pas considéré comme un meurtre ou un crime dans les États du Sud, et le Mississippi n'échappait pas à la règle. En revanche, un mot de travers à l'adresse d'une Blanche était passible de mort. »

Mais surtout dans des pages terribles de réalisme, le récit rejoint l'Histoire, avec l'enfer de la bataille des Philippines, l'humiliation de la reddition aux Japonais, la marche forcée de cent kilomètres vers un camp de prisonniers.
Les cadavres qui s'amoncellent dans les fossés. Des nuées de mouches qui bourdonnent autour des chairs en putréfaction, rejointes par les cochons et des chiens affamés. La malnutrition, ils sont réduits à manger de l'herbe et des feuilles. La plupart des hommes ont la dysenterie, le sol est couvert d'excréments, de sang, une boue immonde, des asticots de partout. L'eau reste leur principale préoccupation, ils ne transpirent plus, n'urinent plus. Leur salive est une pâte gluante, leur langue qui enfle. L'évasion, la guérilla dans les montagnes.

Peu à peu, avec une certaine roublardise, l'auteur nous entraîne vers une explication évidente avant de nous asséner une fin inattendue, tout ça à cause d'un mensonge.

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Valmyvoyou_lit
  01 avril 2020
Pete Banning est revenu en héros de la bataille des Philippines, alors qu'il était porté disparu. Après son retour dans le Mississippi, sa femme a été hospitalisée, dans un centre psychiatrique. Il est un voisin et un patron blanc apprécié, en cette période de ségrégation.


Un matin d'octobre 1946, il se rend au presbytère et tue le révérend Dexter Bell qui est très aimé par sa congrégation. A la douleur de la famille et des paroissiens, s'ajoute le choc de ne pas comprendre le geste de Pete.


La première partie du livre relate le procès. Pete ne parle pas et n'aide absolument pas son avocat. Il refuse toutes les lignes de défense. Pourquoi cet homme considéré comme un véritable héros par les vétérans, rejette toutes les mains tendues et ne parle pas ? Les jurés ont une mission difficile : déterminer la peine de l'accusé, sans connaître ses motivations. Ils ont le choix entre la perpétuité et la peine de mort. Nous assistons aux interrogatoires des témoins, aux précisions des experts, aux plaidoiries, etc. L'affaire judiciaire est détaillée et intégrée dans le contexte de l'époque : par exemple, les personnes noires n'ont accès qu'aux balcons, pendant les audiences.


La deuxième partie est consacrée au passé de Pete, en tant que soldat. Il était aux Philippines, pendant la guerre avec le Japon. Après la reddition des Américains, lors de la bataille de Bataan, il a été fait prisonnier, dans un camp de prisonniers, après une marche dans des conditions inhumaines, provoquant la mort de milliers d'hommes. Certaines scènes sont abominables et décrivent ce conflit, dans toute son horreur. Pour être sincère, c'est un sujet que je connaissais mal, pour ne pas dire pas. L'auteur décrit les raisons pour lesquelles des combattants ont reçu les plus hautes distinctions militaires. Même si je ressentais une frustration, par moments, car ces passages ne traitaient pas du meurtre, et que je n'en pouvais plus d'impatience de connaître le mobile de Pete et même si j'ai souvent été glacée par les tortures, j'ai été passionnée aussi par ce récit très complet et précis, d'autant plus angoissant qu'il dépeint des faits réels.


Enfin, la dernière partie […]


La suite sur mon blog...


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POY1
  20 mai 2020
La Sentence, the Rekoning en anglais, est le premier Grisham que je lis, en langue originale.

J'avais vu les films tirés de ses livres précédents, l'Affaire Pélican et La Firme. Je dois avouer qu'Hollywood a bien retranscrit l'ambiance Grisham. Un meurtre entouré de secrets qui accroche l'intérêt du lecteur, le traitement de l'affaire par les parties opposées, avocat de la défense et procureur, le procès, les appels et contre-appels, la sentence, et encore la recherche des raisons de cet acte de violence. Tout cela m'a bien capté jusqu'à la page 175.

En effet, ensuite, changement de rythme. Grisham se prend pour un historien et il nous décrit sur plusieurs longs chapitres, l'attaque des Philippines par les Japonais en 1941-42, l'emprisonnement des soldats américains dans les camps Nippon puis la résistance de groupes armés américano-philippins contre les envahisseurs jusqu'au retour des forces américaines en 1944-45. J'apprécie l'Histoire mais cela tombe comme un cheveu sur la soupe. Surtout que la description de l'événement n'apporte rien pour connaître les causes du meurtre. Cela a été fait pour faire durer. Et ça, je n'aime pas.

Alors, je rejoins le sentiment de Flo2020 qui, dans son billet, précise avoir « été assez déçue par ce long roman de Grisham même si certaines parties m'ont intéressée ».
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Lilou08
  19 mars 2020
« La sentence » de John Grisham est un livre fort, intense, dur et terriblement bien écrit. Quand je l'ai démarré, je ne m'attendais absolument pas à cette force, à cette claque que j'allais me prendre ! le pitch m'avait bien plu, tenté et comme conseillé par un de mes « pourvoyeurs » de lecture (merci à toi JP), j'ai démarré tranquillement ma lecture sans me douter du tsunami qui m'attendait. D'autant que je n'avais lu qu'un livre de cet auteur, « le dernier juré », que je n'avais pas du tout apprécié et je pensais ne jamais relire un livre de John Grisham. J'aurais eu tort. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Mais je vous préviens tout de suite, c'est vraiment un livre très dur. Certains passages sont vraiment difficiles à lire tant la cruauté humaine est immense et imaginative.
Le récit débute dans le Mississipi en 1946, juste après la seconde guerre mondiale. Un Sud des Etats-Unis encore très ségrégationniste, le Mississipi rural avec ses fermiers blancs et leurs plantations de coton et leurs ouvriers noirs, les Nègres, qui ne sont plus des esclaves mais avec toujours des conditions de vie très difficiles. La figure centrale du livre est Pete Bannings, un fermier blanc revenu en héros (titre mérité je vous l'assure) de la guerre après avoir été porté disparu pendant de longues années. Il a survécu, après la défaite de la bataille de Bataan aux Philippines, à l'atroce marche dite de Bataan, ensuite aux conditions horribles du camp de prisonniers O'Donnell et finalement à des mois de guérilla sur l'île de Luçon, toujours aux Philippines. En lisant ce livre, je ne m'attendais pas à être immergée dans ces batailles barbares entre Américains et Japonais. J'avoue que je connaissais déjà la cruauté des Japonais pour avoir lu quelques livres sur l'invasion qu'ils ont menée en Chine, mais franchement ici cela dépasse l'entendement. Vraiment l'homme est une bête cruelle !
Revenons à Pete Bannings, qui de retour aux Etats-Unis, et après des mois d'hôpital, retrouve sa famille (sa femme Liza, ses deux enfants, Joel et Stella, et sa soeur Florry), ses terres, ses Nègres, sa vie. Mais tout ne se déroule pas comme dans ses rêves. La situation a changé. Et le récit débute par l'assassinat du pasteur Bell par Pete. Il ne se cache pas, assume et est emprisonné en attendant son procès où il risque la peine de mort. Et quand je vous parle de peine de mort, aux Etats-Unis en 1946, c'est la chaise électrique dans des conditions terribles et inhumaines. Pete ne veut pas dire pourquoi il a tué de sang-froid ce pasteur aimé de tous. Ce sera un cataclysme pour la communauté de Clanton mais surtout pour sa famille qui ne comprend pas ce qui lui arrive et qu'on suivra dans cette période ô combien difficile à vivre. Je ne peux vous en dire plus, ce serait trop dévoiler les éléments de cette intrigue. A vous de découvrir la vie de la famille Bannings, reflet de la vie dans le Mississipi dans les années 20 à 50. Les faits historiques relatés dans ce livre sont authentiques. Intéressant et effrayant.
Je me répète mais livre fort, intense, dur et très bien écrit. A lire !

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Bigmammy
  06 mai 2020
La vengeance, le sexe, l'argent …. Les mobiles les plus fréquents du crime.
L'histoire que nous raconte John Grisham les entremêle et nous fait mariner pendant 495 pages avant de nous dévoiler le noeud de l'intrigue. Il nous donne à réfléchir aussi sur le niveau maximal de souffrance, physique comme morale, auquel un être humain puisse résister avant de craquer, la plus cruelle n'étant pas celle à laquelle on pense a priori …
Ce secret que Pete Banning, planteur de coton du Mississipi et héros de guerre revenu tout couturé de l'enfer des camps de la mort de Bataan – là, on retrouve l'univers du « Pont de la rivière Kwaï" - ne se décide pas à livrer, jusqu'à son dernier jour. La raison pour laquelle il est venu, un matin, abattre dans son bureau le pasteur méthodiste de la petite cité sudiste de Clanton, de trois balles de Colt .45.
Son procès sera retentissant, la sentence prévisible, ses propriétés saisies par la justice en réparation du préjudice causé à la veuve du pasteur, laissant toute sa famille plongée dans la douleur et totalement dépouillée d'une plantation transmise de père en fils depuis plusieurs générations.
Le drame se déroule entre 1946 et 1950 à Clanton, petite ville située entre Memphis et La Nouvelle Orléans, où la ségrégation raciale est omniprésente, totalement acceptée par les Noirs comme par les Blancs. Une ville fictive imaginée en référence à Clinton (à l'ouest de Jackson) et Canton (Madison County). On croirait ici se retrouver dans « Autant en emporte le vent » ou "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", les grosses mammas comprises.
Le livre comporte trois parties. La première est un classique polar judiciaire, à la manière des livres de Michael Connelly, en moins bien. Trente pour cent de l'ouvrage est consacré à la description minutieuse des combats et de la défaite des troupes américaines aux Philippines, avec un portrait très négatif du général McArthur. On imagine que Grisham dispose d'un atelier d'écriture très documenté pour nous raconter avec luxe de détails combien le héros, Pete Banning, a été courageux, résiliant et chanceux aussi … Son retour à la vie normale, après la guerre, est une autre paire de manches. Car interviennent alors les ravages du sexe et de la jalousie …
La sentence est le second roman de John Grisham que je lis. J'avais déjà été déçue du précédent, je ne pense pas en acheter un troisième. Je sais que dans ma bibliothèque de la campagne, figurent plusieurs de ses livres déposés par mes filles. Je ne refuserai pas de jeter un coup d'oeil sur ceux de son début de carrière.
Mais là, franchement, malgré la qualité de la narration, le style fluide et l'ambiance très Deep South de cette époque où la consommation d'alcool est encore très réglementée et où tout le monde boit à toute occasion, je ne ressens pas tout l'enthousiasme de lecture que j'en attendais. Un avantage, je vais creuser un peu plus loin avec William Faulkner, qui fait une apparition fugace dans le roman …
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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galyalain
  28 avril 2020
"Ô temps, suspends ton vol !"
Malgré toutes ces belles critiques, je me suis personnellement beaucoup ennuyé à la lecture de ce roman de Grisham, auteur dont j'ai pourtant lu de nombreux opus.
J'ai pensé à "Tintin au Congo" : est-il nécessaire de faire dire à Hop "Missié" et à Nineva "ma'am" ? C'est peut-être le fait du traducteur...
Mais c'est surtout cette lenteur qui m'a exaspéré: Grisham est-il payé à la page ? Avant le meurtre, on se perd dans la description de petits détails sans importance. Et combien de fois nous est-on répété que le pauvre Pete a des douleurs dans les jambes ? ... ça se traîne, mais Grisham, sympa, nous fournit une idée pour patienter, quand il nous décrit des personnes dans le tribunal qui sont occupés "à chiquer et à sculpter en attendant que quelque chose se passe" je n'ai jamais essayé de chiquer; ce doit être dégueulasse; quant à sculpter un bout de bois, je ne pense pas avoir l'étoffe artistique nécessaire.
C'est pourquoi, ayant vraiment l'impression d'être pris pour une bille, j'ai abandonné ce livre ; il y a actuellement d'autres productions tellement plus intéressantes !
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alphea
  28 mars 2020
Alors là, vraiment, je n'arrive même pas à comprendre comment ce livre totalement insipide et énervant à pu être publié. Pourtant, Grisham, je connais. J'ai lu tous ses livres. Une histoire alambiquée à souhait, mal ficelée, même pas tellement bien écrite, en fait, un récit qui sert de mauvaise excuse pour parler de l'héroïsme des soldats américains (contre les méchants asiatiques). Bof, presque un roman de gare. Quelle déception ! Je me suis accrochée jusqu'au premier dénouement (premier tiers du livre), après, j'ai passé les pages (toutes quand même) à la vitesse grand V (facile sur liseuse) jusqu'au moment de l'explication du pourquoi et du comment. Et là, vraiment, j'ai trouvé toute cette histoire lamentable. Un monde où le machisme est triomphant, les femmes des imbéciles constamment en chaleur et les enfants (adultes) de pauvres petites victimes qui ne comprennent rien à rien.
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-Olivier-
  07 mai 2020
L'ouvrage raconte l'histoire de Pete Banning, un héros de guerre. On l'avait cru mort, mais non. Il est revenu. Nous sommes en 1946, dans l'Etat du Mississippi, dans le sud des Etats-Unis. Pete a retrouvé ses deux enfants, sa grande plantation de coton. Et sa femme.

Mais à la première page du roman, il n'arrive pas à se rendormir. Une idée l'obsède. Il attend les premières lueurs du jour. Et puis, il se lève en se disant : il est temps de tuer.
Il boit un café, fume une cigarette et prend son colt 45. Il se rend dans la petite ville de Clanton, juste à côté. Il entre dans l'église et tire trois balles dans le corps de son ami, le révérend Dexter Bell.

Il sort, très calmement. Il croise l'homme à tout faire du presbytère et lui ordonne d'aller chercher le shérif. Pete est arrêté et placé en détention. Son avocat et ami arrive. Il lui demande pourquoi il a fait ça. Réponse de Pete : "Je n'ai rien à dire".
"Que veux-tu plaider ? Non coupable."

A partir de là, la vie de deux familles va être modifiée, et peut-être détruite, sans possibilité de retour en arrière.

Et Banning se refusant à expliquer son geste, c'est nous qui devenons prisonniers d'une histoire romanesque, certes, mais que nous ne comprendrons pas avant la fin du livre, et qui nous laissera pantois.

Grisham nous entraîne du Mississipi ségrégationniste et de la vie de ses familles de planteurs de coton à la route de la mort de Bataan et au martyre des soldats américains vaincus par les Japonais. de non dits en secrets de famille, il nous raconte ce Sud profond, pétri de religion, de racisme latent et sûr de son bon droit, cette guerre américano-japonaise où les pires des exactions ont été commises, et nous présente le point de vue américain (et non pas japonais ) de cette partie de la guerre, loin du romantisme héroïque des films hollywoodiens.
Grisham ne délaisse pas pour autant l'aspect juridique bien présent dans la plupart de ses romans, et tient le lecteur en haleine avec l'inculpation de Pete Banning et la bataille juridique à laquelle seront également mêlés ses enfants.

Bouleversant et captivant !
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lecturesdudimanche
  05 mai 2020
Le confinement ne m'a pas empêchée de lire, même si je n'ai pas vraiment augmenté mon rythme. Il m'a par contre tenue loin de mon clavier. Mais je suis toujours là et de retour ! Et quoi de mieux que de reprendre avec la chronique de l'un de mes auteurs préférés, et ce, depuis de longues années : j'ai nommé John Grisham !

J'ai toujours adoré ses écrits, car il a la particularité de nous ensevelir de termes juridiques et de développements de procédures sans que nous nous sentions perdus à quelque moment que ce soit. Et quand on connaît les méandres des cours de justice américaines, nul doute qu'il s'agisse là d'un exploit !

Dans les particularités de Grisham, on retrouve aussi sa faculté à décrire sans jugement moralisateur mais avec une justesse historique simple et touchante la situation des noirs américains dans les États du Sud.

« La sentence », s'il intègre pas mal de ces éléments qui font la signature de Grisham, est néanmoins différent. Et croyez-moi, quand on est confinés et prêts à se plaindre du moindre léger désagrément d'être enfermé chez soi avec ses livres/séries/réseaux… la lecture de certains passages de la sentence a vite fait de vous rappeler à quel point votre canapé est exagérément confortable !

L'histoire débute un matin des plus banals. Pete Banning habite Clanton, Mississipi. C'est un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, un vrai héros local. Il dirige une ferme qui s'en sort plutôt bien, ses deux enfants ont entamé de belles études. La guerre a bien failli le tuer, mais il est rentré certes blessé, mais largement décoré et honoré. Pourtant, ce matin-là, il se lève et, calmement, après avoir mis ses affaires en ordre, se dirige chez le révérend Dexter Bell qu'il abat froidement avant de se livrer sans difficultés aux autorités. Une fois emprisonné et bien qu'il risque la chaise électrique, il reste désespérément muet et n'explique son geste à personne. Il prétend n'avoir rien à dire.

L'acte, le procès, l'issue, font l'objet de la première partie du livre. Avec son analyse chirurgicale des éléments, Grisham parvient pourtant à ne pas être froid. C'est son talent, et on ne s'en lasse pas. Ensuite, l'auteur va s'atteler à nous parler du Pete Banning d'avant le meurtre. Que ce soit le fougueux jeune militaire, l'amoureux transi, le fils respectueux d'entretenir le domaine familial, le père comblé, le patron humain. Autant d'éléments qui forgent notre compréhension de la personnalité de Pete Banning tout en nous donnant l'impression que son geste en est encore plus inexplicable… A moins que ? Vient ensuite l'horreur de la seconde guerre pour Pete Banning, alors qu'il est fait prisonnier des Japonais. L'angoisse, pour la famille restée au pays.

Il y a aussi l'après-procès pour meurtre et les répercussions judiciaires pour les enfants Banning. Une belle nouvelle démonstration des failles juridiques dans lesquels s'engouffrent les plus vils opportunistes.

Finalement, on l'aura, l'explication tant attendue, mais tellement proche du mot fin qu'on a craint qu'elle ne vienne jamais ! Et est-ce qu'elle correspond avec ce que notre imaginaire a cru déceler ? Ça, bien sûr, je préfère vous laisser le découvrir…

Moi qui ne suis pas forcément fan des récits de guerre, j'ai traversé ce passage du livre en apnée, horrifiée une fois de plus par les actions qu'ont commises nos pairs. Car peu importe la nationalité, en temps de guerre, l'humain se transforme en machine à torturer et à tuer. Une vie, si elle appartient à l'ennemi, n'a pas plus de prix que celle d'un cafard répugnant. Alors forcément en cette période, ça aide à relativiser. Parce que si l'histoire de Pete Banning est une fiction, ce qu'il développe s'est bel et bien passé.

Une fois de plus, le talent de Grisham s'est exprimé avec force et précision. Son détachement dans sa manière d'écrire et surtout de décrire pourrait laisser penser à une totale absence d'émotions. Mais si c'est le cas dans la manière clinique d'aborder le récit, le résultat pour le lecteur n'en est évidemment pas dépourvu ! Sous couvert d'une plume à la mécanique bien huilée, Grisham provoque interrogations, émotions, réflexions. Il est clair qu'on n'aborde pas l'un de ses livres si l'esprit ne lui est pas dédié à 200%, c'est pourquoi je m'assure toujours d'être mentalement disponible pour me plonger dans ses romans.

Une réussite de plus qui confirme la place historiquement privilégiée de Grisham dans mon coeur de lectrice.

Un grand merci aux Editions JC Lattès et à la plateforme NetGalley pour cette lecture !
Lien : https://lecturesdudimanche.c..
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