AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Alain Gnaedig (Traducteur)
EAN : 9782070312986
336 pages
Éditeur : Gallimard (08/01/2004)
3.6/5   67 notes
Résumé :
Le narrateur, dont nous ne saurons jamais le nom, approche de la quarantaine. Il vit à Copenhague, où il gagne assez modestement sa vie en tant que spécialiste des estampes japonaises. Son ami d'enfance, Adrian, vit désormais à New York où il connaît une belle réussite sociale, et c'est une lettre de lui qui va tout déclencher. Car la lettre d'Adrian ne lui parvient que cinq jours après le décès de celui-ci, terrassé par une crise cardiaque. Décès qui lui est annonc... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 67 notes
5
1 avis
4
5 avis
3
4 avis
2
0 avis
1
0 avis

Cath36
  18 décembre 2011
Ce livre du grand écrivain danois Jens Christian Grondahl pourrait lui aussi s'appeler "A la recherche du temps perdu" , à cela près qu'il est beaucoup plus court et beaucoup plus dense ! le Narrateur (dont nous ne savons pas le nom) débute son histoire au moment de la mort de son ami d'enfance Adrian, se remémorant ainsi toute sa vie.. Et dès lors, c'est une succession de flash-back reliés au présent par un jeu très habile d'écriture qui mêle l'imparfait au présent de narration (le passé composé et le plus que parfait exprimant eux aussi le temps où se situe le narrateur), et par lequel l'auteur parvient à faire ralentir ou accélérer le temps de la mémoire. Grondhal procède également par une série de phrases courtes avec une accumulation de détails comme si il y avait urgence à dire les choses et à les dire bien ; comme si la mémoire des évènements et des gens risquait de faire faux bond ; comme si le temps passé devenait une sorte de filet dans lequel s'englue la réalité présente ; comme si l'angoisse naissait de ce qui ne reviendra plus, et avec elle l'intensité et le chagrin de la perte, à travers le vertige de vivre. L'écriture est percutante et sait donner du sens en peu de mots à ce qui se passe. L'imparfait donne au présent ce sentiment de vertige fait de constatation devant le temps qui s'écoule et de sentiment d'irréparable face à ce qui a été raté, tandis que le passé composé assène en quelque sorte la continuité de ce qui se poursuit. Il en fait aussi un temps de réflexion, qui permet au narrateur de mieux comprendre ce qui se jouait alors ( "Du reste, il est faux de dire que j'avais oublié les femmes. Je pensais souvent aux derniers moments passés en compagnie d'Ariane, de Paula et de Julie. Je ne savais que faire de ma honte et j'ai laissé le temps l'enterrer sous des couches de jours") et de prendre du recul par rapport au présent. Ambiguïté du présent, perte du passé, impossible maîtrise de sa vie et relations aux autres faites d'égoïsme, d'inconscience, et de volonté d'exercer un pouvoir, et puis, la prise de conscience surgissant, de regrets et de remords, il y a tout cela dans ce livre et c'est pourquoi chacun d'entre nous peut s'y retrouver.
"J'envie ceux qui disent ne rien regretter, comme dans la chanson d'Edith Piaf. Si l'on ne regrette rien, on est soit un saint soit un philosophe. Ou alors on a la mémoire extrêmement courte. Ce qui ne serait pas le pire, d'ailleurs. Si seulement on pouvait oublier. Les gens disent toujours qu'il ne sert à rien d'avoir des regrets, mais est-ce une raison pour faire comme si rien ne s'était passé ?"
Un petit volume, mais un grand livre, assurément.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          134
vibrelivre
  29 octobre 2018
Jens Christian Grondahl
Bruits du coeur
roman Gallimard 1999 2002 267p
traduit du danois par Alain Gnaedig

le ton est mélancolique. le temps a passé, et passe encore quand la mort l'arrête et rappelle des moments du passé, avec des sentiments de culpabilité et d'incompréhension. Finalement c'est une enquête que mène le narrateur à la première personne qui vit à Copenhague, un homme de 39 ans dont celui qui fut son meilleur ami , Adrian, de deux semaines son aîné, vient de mourir d'une crise cardiaque, de stress, dit sa soeur Ariane, en lui laissant de son vivant une lettre dans laquelle il lui écrit qu'il a besoin de lui dire quelque chose que lui seul comprendra. A la dernière de leurs rencontres, il lui a répété par deux fois qu'il aimerait bien être à sa place.
Le narrateur est un homme chauve, plutôt perdu, père d'un fils de 13 ans, qui , après avoir quitté l'architecture, se passionne pour les estampes japonaises, parce qu'elles sont des « peintures du monde flottant », notamment celles de Hiroshige très doué pour le sens du détail, que partageait sa compagne Julie qui aimait à citer cette phrase : « Dieu est dans les détails. »
Adrian vient d'un milieu aristocratique, vivant entre une mère complètement déprimée depuis le départ de son mari, et sa soeur plus âgée de quatre ans, qui se révèle une brillante pianiste, mais qui n'atteindra jamais l'élite des virtuoses. le frère et la soeur vivent très librement. A 12 ans, le narrateur, issu d'un milieu nettement plus pauvre, dont le père alcoolique qui tient vaguement un hôtel de passe a été plaqué par sa mère laquelle n'a jamais connu de relations sentimentales épanouissantes, nourrit des sentiments amoureux pour Ariane.
Les enfants grandissent, ne deviennent pas ce qu'ils rêvaient d'être, Adrian séduit beaucoup de femmes et s'enfonce dans l'alcool et s'enfuit à New York, Ariane couche avec le narrateur. Un soir de forte ivresse, Adrian rencontre sa soeur et le narrateur est témoin de cette rencontre déstabilisante.
Les scènes que le narrateur se rappelle sont imprégnées de la lumière, des reflets, des gestes qui les accompagnaient. le narrateur se situe davantage dans l'observation des choses que dans l'action. Il est à l'écart de sa vie, toujours disponible pour un nouvel avenir dont il ne pressent pas grand-chose, peut-être parce qu'il n'a pas su garder Ariane, même si leurs corps ne s'accordent guère. le Danemark fut aussi le pays du prince Hamlet qui s'interrogeait sur l'existence.
C'est la vie comme elle passe, celle de tout un chacun, la nôtre assurément, et les bruits du coeur des personnages résonnent en rythme avec les nôtres dans un quotidien qui se ressemble pour faire entendre le temps qui passe en portant des moments heureux et malheureux. Rien n'est jamais définitivement fixé. de celui dont le coeur ne bat plus, on aura aussi la clef du secret, dont les trois personnages principaux hésitaient à ouvrir la porte. Une amitié a desserré ses liens, et reprend autrement quand les liens desserrés s'accrochent à d'autres que tend, dans ses hasards, la vie.
L'écriture de ce livre est tissée de simplicité et de sincérité. On se prend de sympathie pour le narrateur de petite taille qui essaie de se trouver une place dans sa vie. La lecture, motivée dès les premières lignes, remue et implique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
christinebeausson
  07 septembre 2013
Au hasard d'une conférence avec Jens Christian Grondahl, ce fut la rencontre avec un écrivain danois qui a tant de choses à nous dire pour nous inviter à réfléchir.
Il maîtrise parfaitement le français et lorsque je m'en étonne, sa réponse me laisse perplexe.... Il a appris le français à l'école et ses visites en France lui permettent de l'entretenir!
Ces livres comme ses paroles sont très denses, il nous faut du temps pour digérer, comprendre et apprécier!
Les bruits du coeur, roman de l'amour .... ou des amours
Ceux de l'ami avec les femmes de sa vie,
Ceux du narrateur avec les rencontres de sa vie,
Celui du narrateur avec son ami d'enfance, avec le fils qu'il a juste "fabriqué" avant de vraiment l'adopter.
Un décryptage, une découverte et une analyse de l'amour avec les différents paliers : naissance, évolution, plénitude et disparition avant la renaissance sous une autre forme.
Les bruits du coeur c'est tout cela avec une maîtrise de l'écriture et une virtuosité saisissante .... Et il faudra attendre la dernière ligne du roman pour avoir encore un dernier clin d'oeil ... Bruits du coeur! Superbe lecture
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
kathy
  16 avril 2011
Un très beau texte, une belle musique de mots pour relater, de manière lucide et poétique, les aléas de toute existence. Des parcours de vies complexes mais pleins d'humanité qui nous encouragent à ressentir de l' empathie vis à vis des personnages.
Commenter  J’apprécie          120
Fleur
  06 septembre 2011
Il y a des auteurs où, dès les premières pages, on se demande pourquoi on ne les a pas lus plus tôt. Grøndahl pour moi en fait partie.
Adrian est mort à 39 ans d'une crise cardiaque pendant une partie de squash. Son meilleur ami (le narrateur dont on ne connaîtra jamais le nom) tente de faire son deuil en sondant ses souvenirs pour comprendre ce qui les a unis mais aussi séparés. Chacun d'eux a en effet, une personnalité très différente et pourtant, ils ne manquèrent pas dès leur plus âge de faire les 400 coups ensemble.
Adrian plutôt beau gosse, est issu d'une famille bourgeoise et a parfaitement réussi sa vie - ou presque - à New-York, tandis que notre narrateur, mal dans sa peau, issu d'une famille modeste qui côtoie la prostitution, peine à trouver sa place.
Avant de mourir, Adrian, qui avait pourtant tout pour lui, a déclaré à son ami: «J'aurais volontiers été toi, je le pense vraiment.» et de rajouter dans sa lettre « j'ai besoin de te parler d'une chose qui me tourmente depuis longtemps.». C'est cette dernière phrase qui ne cesse de tourmenter notre narrateur. Des secrets l'un pour l'autre, ils en ont eu. Et c'est peut-être finalement ces moments de troubles qui s'essaimèrent dans leur vie, qui ont fait de celle-ci et de leur amitié, ces contours si chaotiques.

Ce roman se conçoit comme un questionnement. Ce n'est pas de la nostalgie qui ressort de ce deuil mais plutôt un retour sur soi. Connaissons-nous vraiment ceux qui nous entourent ? et de soi-même finalement, que connaît-on ? Grøndahl pour cela, y mêle habilement passé et présent. L'écriture y est dense, subtile et intelligente pour sonder le plus profond des sentiments et de l'être.
Ce n'est sans doute pas étonnant si notre narrateur aime les estampes. J'y vois un parallèle intéressant sur la propre vie du narrateur, quand on sait que pour fabriquer ces images il faut d'abord inciser la matière. Entailler les souvenir pour comprendre l'existence… le rapprochement avec les estampes d'Hokusaï « le monde flottant » n'en est que plus troublant et donne une autre image des pensées qui hantent notre personnage.

C'est un roman auquel j'ai été très sensible et qui m'a beaucoup touchée.
Lien : http://tournerlespages.over-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   16 avril 2011
Je ne sais comment l'amour survient ni comment il s'éteint, et j'ai cessé de me le demander. Mais je ne crois pas que l'amour se trompe ou doute de son apparence. On n'aime jamais en vain, mais l'on aime parfois aveuglément, voire même malgré ce que l'on voit. Je sais qu'il y a des amours heureuses et malheureuses, cependant, je n'en sais guère plus. Quelquefois, on aime l'amour jusqu'à le briser, d'autres fois il dévore tout le reste. De temps en temps, il meurt, mais il est aussi capable de survenir aux moments les plus inattendus. Et ça, je l'avais oublié.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
kathykathy   16 avril 2011
Elle avait perdu le contact avec ses amis d'autrefois... Je ne sais pourquoi elle m'a raconté son histoire dès ma première rencontre. Peut-être raconte-t-on son histoire parce que l'on est sur le point de la laisser derrière soi. Peut-être se met-on en mouvement sans même en avoir conscience. Tandis que l'on raconte, on comprend que l'histoire appartient au passé, que l'avenir a déjà commencé et que la vie continue tandis que l'on regarde en arrière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Cath36Cath36   18 décembre 2011
Certes le destin de chacun est ce que l'on fait de celui-ci, mais ce que l'on fait devient alors aussi irrémédiable que le sort véritable. Ce que l'on fait, et ce que l'on néglige de faire. Ce que l'on dit, et ce que l'on exprime jamais. Ce que l'on permet aux autres de voir, et ce que l'on tient devant soi pour qu'ils ne le manquent pas. Ce qui arrive, ce que l'on devient.
Commenter  J’apprécie          60
kathykathy   15 avril 2011
La pudeur était à la base de notre amitié et peut-être est-ce pour cela que nous étions si liés. Du reste, je ne suis pas certain que les confidences apportent grand-chose, ni même que cela aide un ami si l'on écoute ses jérémiades. J'ai dans l'idée qu'il peut se développer une forme de solidarité équivoque car, au bout du compte, on se solidarise avec la détresse ou les soucis, et non avec le pauvre bougre qui doit tenter de se remettre sur pied et de repartir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Cath36Cath36   18 décembre 2011
Il n'y avait rien à comprendre. Certains faits sont incompréhensibles et aussi durs qu'une pierre tombale et le concept d'éternité. Il faut se contenter d'en prendre acte.
Commenter  J’apprécie          90

Videos de Jens Christian Grondahl (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jens Christian Grondahl
David Murgia - Nathalie Dessay - Laurent Stocker - Edouard Baer - Didier Besace - Lucas Belvaux - Anne-Cécile van Dalem - Robert Mcliam Wilson - Peter Heller - Vinciane Despret - Benoit Peeters - Lise Charles - Jens Christian Grondahl - Jean Luc Outers - Brice Matthieussent - Boris Lehman - Marietta Ren - Fabrice Drouelle - Hubert Antoine - Emma Jane Kirby - Manuel Rocheman - Johann Hari - Catherine Graindorge
>Littérature des langues germaniques. Allemand>Autres littératures germaniques>Littérature norvégienne (218)
autres livres classés : littérature danoiseVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Etes-vous incollable sur la littérature scandinave ?

Qui est l'auteur du roman "Bruits du cœur" ?

Herbjørg Wassmo
Jens Christian Grondhal
Sofi Oksanen
Jostein Gaarder

15 questions
127 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature scandinaveCréer un quiz sur ce livre