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ISBN : 208124960X
Éditeur : Flammarion (20/04/2011)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 66 notes)
Résumé :
"La marche, on n'a rien trouvé de mieux pour aller plus lentement. Pour marcher, il faut d'abord deux jambes. Le reste est vain. Aller plus vite ? Alors ne marchez pas, faites autre chose : roulez, glissez, volez. Ne marchez pas. Car marchant, il n'y a qu'une performance qui compte : l'intensité du ciel, l'éclat des paysages. Marcher n'est pas un sport."
Si mettre un pied devant l'autre est un jeu d'enfant, la marche est bien plus que la répétition machinale ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  27 juin 2016
lu en Décembre 2012, j'avais apprécié un maximum.
Je pense qu'il va falloir le reprendre pour le plaisir d'enrichir Babelio de quelques citations....
Après nous avoir exprimé les différents fondements sur la notion de liberté, F. Gros nous illustre ce concept avec la vie tumultueuse de Nietzsche (1844,1900), en nous refaisant tout le cheminement de son parcours issu de ses longues marches ! sublime !!!!! j'en redemande, en fait je découvre les personnages, je cherche d'autres références, je m'égare, je tombe dans des puits de connaissances, bref.... j'exulte .
C'est pas fini, j'enchaîne sur Rimbaud (1854,1891), même époque, mais des lieux bien différents....même hargne pour la marche, mais pareil ça me ramène a plein de référence dont l'Abyssin de Ruffin que j'ai adoré. Va falloir que je me mette à lire du Rimbaud ! ....
Rien que 130 citations que je vous ai révélées !!!! franchement vous auriez tort de vous priver...
Vendredi 30 Septembre 2016, comme d'hab je lisais autour des étangs, la femme du boulanger, en marchant....un silence....un Bing...Gadgette, mon chien, vient de se faire renverser....le vétérinaire n'a rien pu faire....va falloir que je reste philosophe,....hommages à ma Gadgette.....
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Jean-Daniel
  25 avril 2019
De Jacques Lacarrière, auteur de Chemin faisant, à Sylvain Tesson où Jacqueline de Romilly, les écrivains ont souvent mis en avant les joies sensorielles de la marche et les rencontres qu'elle permet de faire. La destination n'apparaît souvent que comme un prétexte. C'est le voyage lui-même qui importe. Déjà dans l'antiquité maîtres et disciples marchaient régulièrement. Socrate questionnait et apprenait au cours de ses promenades, et de nombreux dialogues de Platon s'ouvraient sur l'évocation d'une rencontre imprévue, la marche favorisant une quête de vérité.
Frédéric Gros est un adepte de la randonnée, bien différente de la promenade. Son parcours croise ceux d'auteurs itinérants qu'il nous présente au fil des chapitres dans lesquels il invite tour à tour Rousseau, Raimbaud, Thoreau, Kant, Nietzsche, Gandhi et d'autres qui ont fait l'éloge de la marche. « Seules les pensées que l'on a en marchant valent quelque chose », écrit Nietzsche. Selon lui la marche crée et favorise une disponibilité à certaines pensées et les pensées nées en marchant sont plus authentiques. Frédéric Gros propose également des chapitres plus personnels où on entend la voix de l'auteur qui entraine son lecteur dans ses pas.
La vitesse n'intéresse pas Frédéric Gros : « Nietzsche marche, il marche comme on travaille, il travaille en marchant » ; « Les journées à marcher lentement sont très longues : elles font vivre plus longtemps, parce qu'on a laissé respirer, s'approfondir chaque heure, chaque minute, chaque seconde, au lieu de les remplir en forçant les jointures. »
Rousseau, dans ses "Rêveries du promeneur solitaire" au nom si évocateur, dit ne pouvoir penser qu'en marchant et en éprouver une grande joie. « Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose dire ainsi, que dans les voyages que j'ai faits seul et à pied. » Frédéric Gros l'oppose aux marches ascensionnelles de Nietzsche, toujours en direction des sommets, comme la pensée qu'il recherchait.
Le temps consacré à la marche est celui qui nous ouvre à notre liberté. Pour Frédéric Gros : « le secret de la promenade, c'est bien cette disponibilité d'esprit, si rare dans nos existences affairées », il nous engage à relire les pages où Proust évoque ses promenades.
Marcher, une philosophie. Dans ce petit livre inclassable, Frédéric Gros nous propose une réflexion philosophique sur la marche qui est à la portée de tous et offre un sentiment de liberté et d'humanité. Avec des mots simples mais bien choisis, associés à une belle écriture, Frédéric Gros nous donne une belle leçon et nous invite sur les chemins à regarder les paysages se dérouler devant nos yeux. « Tout grand paysage est une invitation à le posséder par la marche », écrit Julien Gracq. La marche serait donc un art de vivre, un exercice spirituel et philosophique. Du coup… on marche !
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filippo
  28 juin 2017
Certainement un livre que tous les marcheurs et philosophes sauront apprécier ! Au premier abord, l'idée semble bien saugrenue de réunir dans un même livre les thèmes de la marche et de la philosophie. Et pourtant, nous sommes tous marcheurs et nous sommes tous philosophes, souvent sans en être pleinement conscients.
Frédéric Gros, est professeur de philosophie et pratique la marche. Pour autant, l'auteur n'évoque qu'à de très rares occasions ses souvenirs de marche. Son récit est en fait un voyage dans le temps et dans l'espace. Et l'on découvre qu'au cours des siècles de grands penseurs ont souvent été de grands marcheurs.
Rousseau (XVIII°), par exemple, se lance à 16 ans dans de longs voyages à pied à travers la France. Ce sont des voyages heureux. « Jamais je n'ai tant existé que dans les voyages que j'ai fait seul et à pied » dira t-il. Ses interminables marches solitaires dans les sous-bois, loin du monde, vont lui permettre de découvrir en lui l'homme primitif, naturel, sauvage, innocent, heureux, bien loin de l'homme social plein de rancoeur, de haine, de méchanceté, de jalousie. Pour Rousseau, la marche, en effaçant les mauvaises pensées, est bonheur, bien-être, joie et calme.
Kant (XVIII° également) lui, ne quittera jamais sa ville natale de Königsberg. Sa vie était réglée comme du papier à musique. Tous les jours, que le temps fut beau ou mauvais, Kant partait pour sa promenade d'une heure pile, toujours sur le même chemin, toujours seul, en respirant par le nez, la bouche fermée. de toute sa vie d'adulte, l'histoire veut qu'il n'ait manqué que deux fois sa promenade quotidienne ! Marche monotone, régulière, inéluctable. Pour Kant, la marche est discipline, volonté.
Nietzsche (XIX°) trouvera dans la marche un exutoire à ses terribles maux de tête. de grandes marches, seul, sur des sentiers de montagne, tous les jours, jusqu'à 8 heures de marche par jour. C'est dans la marche que Nietzsche trouvera son inspiration pour écrire un de ses textes majeurs « Ainsi parlait Zarathoustra ». Pour Nietzsche, la marche est indissociable de la réflexion : penser en marchant, marcher en pensant.
Rimbaud (XIX° également) pratiquera la marche dès l'âge de 15 ans. Il traversera l'Europe à pied, toujours à pied, de Belgique en France, d'Allemagne en Italie, d'Autriche en Suède. Ses pas le conduiront jusqu'au désert, dans les montagnes du Harar. Il en mourra à 36 ans, terrassé par des douleurs atroces dans le genou. Pour Rimbaud, la marche est synonyme de fuite, de fuite en avant. Mais aussi de joie, de fatigue, d'épuisement.
Ainsi, ce livre nous fait découvrir les mille et une façons de marcher et ses mille et un effets bénéfiques. Chacun trouvera dans la pratique de la marche les bienfaits répondant à ses propres aspirations.
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zenzibar
  31 janvier 2013
La marche est certainement un des derniers espaces de liberté qui reste ; elle est peu soluble dans l'économie marchande (pas besoin d'infrastructures, de bonnes chaussures et quelques accessoires qui peuvent être recyclés à d'autres fins suffisent), ouverte à tous, quel que soit son niveau on trouve un but adapté et offrant des satisfactions (c'est même un des rares sports où on se bonifie avec l'age), et se prête mal voire pas du tout aux "indicateurs de performances" (quel intérêt d'être le premier à voir une cascade, un lever de soleil sur les crêtes, etc...). le marcheur est entièrement libre, sous réserves de respecter son environnement c'est à dire de rester à sa place.
La méditation philosophique, au sens large, prolonge et/ou accompagne naturellement cet exercice et ce n'est sans doute pas un hasard si quelques uns des plus grands sages ont été de grands marcheurs (Gandhi, Nietzsche...) L'essai de F. Gros est par conséquent une vraie réussite en alternant des méditations sur la marche sous diffrentes déclinaisons et des développements sur des penseurs célèbres avec ce prisme de la marche.
C'est une sorte d'introduction à ces auteurs sous un angle original, vivant et très pertinent. Ce livre fut un succès commercial (à l'échelle de cette catégorie de livres) bien mérité
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Mimimelie
  21 juin 2013
Somme toute, ce livre m'a un tantinet déçue. Autant j'ai pu avoir quelque enthousiasme en commençant le premier chapitre, ce premier développement avec Nietzsche sur la relation marche/écriture était intéressant ; on sait bien que de nombreux écrivains se plaisent à trouver l'inspiration de cette manière et le sujet me plaisait, mais bonsoir il n'en finissait pas avec des propos hors sujet sur Nietzsche, et je ne vois pas ce que venait faire là cette pénible description de sa fin tragique !
Deuxième chapitre "dedans-dehors" c'était prometteur, il y a tant à dire... et bien non 2 ou 3 pages et hop bâclé !
Chapitre suivant, voilà qu'il recommence les mêmes divagations avec Rimbaud.... Là, la lassitude a pris le dessus... alors j'ai accéléré le mouvement et n'ai pu accrocher avec tout ce fatras qui suivait : sorties quotidiennes, promenades, jardins publics, pèlerinages (c'est pas ma tasse de thé, et pour ma part la marche c'est seule, sinon c'est de l'excursion, du sport ou du tourisme, ce qui n'est pas la même chose...), ...rage de fuir, conquête du sauvage !! et j'en passe.
Ce n'est pas vraiment ce que j'espérais de cette lecture que j'imaginais plus philosophique telle la promesse du titre....
Grande marcheuse moi-même je ne me suis à aucun moment sentie concernée ne serait-ce que d'un poil. J'ai eu l'impression que l'auteur se faisait avant tout plaisir, révisant ses connaissances littéraires au passage, donc pour finir j'ai rebroussé chemin n'ayant nulle envie de me laisser promener par ce monsieur.
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Citations et extraits (158) Voir plus Ajouter une citation
ninosairosseninosairosse   16 août 2016
la différence entre l'assurance et la confiance .
- L'assurance nous est donnée parce qu'on sait qu'on dispose du nécessaire pour faire face : faire face aux intempéries, aux sentiers multiples, à l'absence de source, à la fraîcheur des nuits. On sent alors qu'on peut compter sur son matériel, son expérience, ses capacités d'anticipation. C'est l'assurance de l'homme technique, qui maîtrise les situations. Avisé, responsable.
- Marcher, sans même le nécessaire, c'est s'abandonner aux éléments. Désormais, plus rien ne compte, plus de calculs, plus d'assurance en soi. Mais une confiance pleine, entière dans la générosité du monde. Les pierres, le ciel, la terre, les arbres : tout devient pour nous auxiliaire, don, secours inépuisable. En s'y abandonnant, on gagne une confiance inconnue, qui comble le coeur, parce qu'elle fait dépendre absolument d'un Autre et nous ôte jusqu'au souci de notre conservation. L'élémentaire, c'est ce à quoi on s'abandonne, et qui nous est donné absolument. Mais pour en éprouver la consistance, il faut prendre le risque, le risque de dépasser le nécessaire.

p255
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ninosairosseninosairosse   28 juillet 2016
Il fallait finir en marchant. La nécessité de terminer sur ses jambes comprend plusieurs leçons. C'est d'abord le rappel de la pauvreté christique. Humilité : celui qui marche est pauvre d'entre les pauvres. Le pauvre, pour toute richesse, a son seul corps. Le marcheur est fils de la terre. Chaque pas est un aveu de gravité, chaque pas témoigne de l'attachement et martèle la terre comme un tombeau définitif, promis. Mais c'est aussi que la marche est pénible, elle exige un effort répété. On n'approche bien un lieu sacré qu'en ayant été purifié par la souffrance et marcher exige un effort indéfiniment réitéré.

p158
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ninosairosseninosairosse   05 août 2016
Compostelle est la dernière destination majeure. On raconte de saint Jacques - un des trois préférés du Christ, premier des apôtres martyrs, décapité sur ordre du roi Hérode - qu'il aurait été transporté par ses disciples sur une embarcation, finalement échouée sur les plages de Galice. Là, on aurait soigneusement porté en terre le lourd tombeau de marbre, bientôt oublié... Jusqu'à ce fameux jour où un ermite nommé Pélage aperçoit en songe des anges lui découvrant l'emplacement exact du tombeau, tandis qu'au même moment, toutes les nuits, le ciel indique une direction par un filet d'étoiles. On construira sur la sépulture redécouverte un sanctuaire, puis une église, enfin une cathédrale. Et la visite du saint deviendra un des plus fameux pèlerinages, prenant bientôt sa place aux côtés de Rome et de Jérusalem.

P160

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ninosairosseninosairosse   05 août 2016
Les grands chemins pour les chrétiens sont d'abord ceux de Rome ou de Jérusalem. Jérusalem, dès le IIIe siècle, c'est pour les chrétiens le pèlerinage absolu en tant qu' accomplissement de la présence : fouler le sol même sur lequel il avait marché, refaire le chemin du calvaire, être pris dans le même paysage, approcher le bois de la Croix, se tenir auprès de la grotte où il parlait à ses disciples.[...]
Rome offre bientôt une destination plus sûre. Deux apôtres majeurs y reposent ( Pierre et Paul ). Rome est immédiatement sacrale : nombril et coeur de l'Eglise catholique instituée.

P159
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fanfanouche24fanfanouche24   29 décembre 2013
Certains décident de consacrer à l'écriture le même temps qu'ils ont donné à la lecture. Thoreau, rappelle Emerson, s'était donné comme principe de ne s'accorder de temps d'écriture qu'autant qu'il aurait marché. Pour éviter les pièges de la culture et des bibliothèques. Car, autrement, ce qu'on écrit est rempli de l'écriture des autres. (...) (p.132)

Les livres ne sont pas ce qui nous apprendrait à vivre (c'est le triste programme des donneurs de leçons), mais ce qui nous donne envie de vivre, de vivre -autrement-: retrouver en nous la possibilité de la vie, son principe. La vie ne tient pas entre deux livres (gestes monotones, quotidiens, nécessaires, entre deux lectures), mais le livre fait espérer une existence différente. (...)

"Il est vain de s'asseoir pour écrire quand on ne s'est jamais levé pour vivre" (Thoreau-Journal) (p.133)
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