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EAN : 9782330024499
222 pages
Actes Sud (06/11/2013)
4.19/5   26 notes
Résumé :
1842. Une frégate française revient de Nouvelle-Calédonie. A son bord, le naturaliste Pierre Delaunay, et un jeune pêcheur kanak prénommé Eloi, son sujet d'étude. L'album conte l'histoire de ce jeune homme dans l'univers clos de la frégate, échantillon concentré et exacerbé de l'Europe du XIXe siècle.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  23 mars 2015
Au milieu du XIXe siècle, voyager sur les bâtiments de la Royale, sur des trajets aussi longs que le retour de Nouvelle Calédonie, était encore un challenge. Des mois de navigation, des risques de météo et de mer capricieuses et une promiscuité propice à beaucoup de tensions et d'animosité.
Quand le naturaliste du bord s'enthousiasme de ramener dans ses bagages le jeune Kanak Eloi, c'est guidé par une extrême curiosité scientifique et un moins avouable désir de reconnaissance et de renommée. La présence du jeune indigène va stigmatiser des positionnements moraux différents dans toutes les strates de l'équipage: racisme populaire chez les matelots, objectif missionnaire pour le prêtre du bord, autorité malsaine des sous-officiers, condescendance aristocratique des officiers.
Pour tous, le jeune pêcheur doit apprendre à parler et devenir matelot. Il se doit et ne peut que s'adapter aux règles de vie civilisée et à la morale chrétienne.
Cela sera fait, envers et contre tout, jusqu'aux dernières extrémités de déshumanisation et de violence.
Tres belle réussite que cette bande dessinée historique, qui ne lasse jamais malgré 200 pages centrées sur la vie à bord. Les multiples scènes du quotidien se succèdent avec une impression de langueur propice à évoquer ces interminables navigations et avec des fulgurances de violence en actes et en paroles.
Les détails sont nombreux et le découpage très dynamique. le dessin noir et gris bleuté est un support idéal de confort de lecture. J'ai beaucoup aimé l'aspect graphique et ai d'ailleurs choisi cette lecture sur le coup de coeur de l'aquarelle de sa page de garde.
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sld09
  21 avril 2021
On ne peut qu'être profondément ému par le destin si sombre d'Eloi.
Jeune Kanak fraîchement converti au catholicisme, il est emmené en France à la demande d'un scientifique le voyage de Nouvelle-Calédonie vers la France se révèle un interminable calvaire pour le jeune homme qui peine à s'adapter alors qu'il est en butte à l'hostilité de tous, ou presque, sur le navire : racisme sous toutes les formes imaginables à cause de sa couleur de peau, de sa culture considérée comme primitive, de son anthropophagie supposée, etc. Et ceux qui ne lui sont pas hostiles ne le considèrent que comme un objet d'étude : un athée à transformer en bon chrétien pour le prêtre, un cobaye à étudier sous toutes les coutures pour le naturaliste... C'est révoltant, écoeurant de voir son humanité ainsi reniée par tous.
Et le récit du sinistre destin d'Eloi est servir par des dessins en noir et blancs qui reflète toute l'âpreté de ce huis-clos en mer.
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nanek
  22 mai 2020
Milieu du XIX siècle, le récit débute en Nouvelle-Calédonie parmi l'équipage de "la Renommée" en pleine hégémonie coloniale entre pseudo recherche scientifique ou supériorité religieuse aveugle.
Ils entreprennent le retour en France , longue et éprouvante navigation hasardeuse à l'époque des grands trois-mats.
Eloi, un jeune Kanak fait parti du voyage, tel un trophée à montrer pour justifier au nom de la science les recherches anthropologiques ou l'espérance de le convertir au Christianisme pour l'homme d'église accompagnant cette mission. Mission éprise d'un complexe de supériorité propre à cette époque de l'humanité.
A priori culturels autour du cannibalisme des autochtones , vie à bord pour les marins entre curiosité, rare bienveillance, barbaries et conditionnement subie par des année de traite négrière.
Ou jusqu'où pouvait conduire les certitudes d'homme de sciences pour certifier la propagation du "bien" en légitimant le mal absolu. Questionnant pour le coup qui se place réellement en anthropophage de l'humanité ?
Débat qui peut encore se dévoiler actuel en ces moments où la science est mis à mal par des scientifiques recherchant la médiatisation à l'extrême faussant le débat en dogmes dangereux à mon humble avis.
Dessins bleus et blanc très réussis, jolie bande dessinée au contenu intéressant.
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outofzebra
  07 mai 2014
Une goélette française, la «Renommée», rentre de Nouvelle-Calédonie à son port d'attache, transportant un canaque, baptisé dans la religion chrétienne «Eloi». Pour des motifs troubles, mais selon son gré et celui de sa tribu, cet indigène de la Nouvelle-Calédonie a embarqué pour ce voyage au très long cours. Cédant aux instances d'un ami d'enfance, qui se pique d'ethnologie, contre toute attente le capitaine du navire a accepté que le jeune Eloi se joigne à son équipage de rudes marins.
Cet invité de dernière minute est le personnage central d'un huis-clos maritime mené de main de maître par Younn Locard et Florent Grouazel (dessin). Les faits se déroulent dans la première moitié du XIXe siècle.
Les amateurs de navigation et de bande-dessinée connaissent peut-être «Les Passagers du Vent», best-seller de François Bourgeon paru dans les années 80. Si, au premier abord, «Eloi» rappelle cette série, par ses thèmes généraux, voire le dessin, les auteurs parviennent ici à donner à leur intrigue romanesque une densité psychologique qui faisait défaut aux «Passagers du Vent», BD pleine de bons sentiments anti-esclavagistes, mais peu crédible en raison de personnages et d'un scénario trop manichéens.
Beaucoup plus ambigus, les personnages de Locard et Grouazel sont, du même coup, plus humains et, surtout, moins prévisibles, ce qui bénéficie à la dramaturgie. Peu à peu, l'étau se resserre autour du «sauvage», que tous considèrent comme tel à l'exception du prêtre qui l'a baptisé. le contexte de la navigation en mer, parmi des hommes réunis par la stricte hiérarchie régnant à bord des navires, ne laisse aucun échappatoire à l'imprudent aventurier canaque.
Et l'étau se resserre sans qu'on sache d'où le coup fatal va venir : des hommes d'équipage, les plus frustes, méfiants et brutaux vis-à-vis de l'intrus, ou bien de ceux, plus rares, qui manifestent, par amitié, par esprit religieux, ou encore par curiosité, le plus de bienveillance ? On navigue dans le brouillard et l'atmosphère est très tendue car on devine que la tempête peut éclater à tout moment. La peinture des gens de mer est aussi réussie, en particulier le portrait du capitaine du navire, sympathique mais pusillanime, qui sent dès le départ qu'il commet une erreur en acceptant qu'Eloi monte à son bord, mais ne peut s'empêcher de commettre cette erreur.
Le destin de l'Occident moderne est tellement lié à l'aventure coloniale que ce roman, s'il se présente comme un roman historique, manie un thème d'actualité crucial. le canaque Eloi est entouré de personnages dont les intentions sont toutes équivoques, des marins hostiles, à qui les moeurs cannibales des canaques inspirent la peur, en même temps qu'elles excitent leur curiosité, jusque au prêtre adepte de la fraternisation, en passant par l'ethnologue dont on ne sait si le prétexte scientifique recouvre une véritable soif de savoir, ou bien un désir de gloire. Et on peut dire qu'Eloi lui-même se jette dans le piège tête baissée.
De même, si les anciennes préventions contre les cultures primitives des tribus ou des peuples colonisés ont été officiellement abolies pour faire place aux bonnes intentions, le rapport des nations occidentales avec les anciennes colonies demeurent un rapport de domination et de soumission réciproque. Encore et toujours, l'ambiguïté est partout, les bons sentiments se mêlent inextricablement à la défiance et à la haine, la curiosité, comme dans l'intrigue poignante de cette BD.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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sassenach
  09 novembre 2015
1837. « La Renommée », bateau français mouille au large de la côte de Nouvelle-Calédonie. L'équipage s'est installé pour quelque temps à terre, le temps d'observer la nature et les autochtones. Il y a le commandant du navire, ses officiers et ses matelots, un scientifique qui est fasciné par ce qu'il découvre et bien sûr, un prêtre qui espère toujours évangéliser ce que beaucoup considèrent encore comme des sauvages cannibales. D'ailleurs, il a réussi à amadouer un jeune canaque qu'il a appelé Eloi et qui passe beaucoup de temps avec un des matelots du bord. Au moment du départ, le docteur Delaunay arrive à persuader le commandant d'emmener Eloi avec eux malgré la longue traversée et la réticence de beaucoup de marins …
Je ne connaissais pas du tout les auteurs et pourtant, le dessinateur est de Lorient. Mais il a fallu qu'on le rencontre lors du festival BD d'Uzès pour découvrir son album. La couverture ne m'attirait pas vraiment car j'imaginais une histoire sur la mer ou un truc dans ce genre. Quand j'ai découvert que cela avait un lien avec la Nouvelle-Calédonie et qu'il y avait un côté historique je n'ai plus résisté ! le graphisme est en noir et blanc avec des zones de couleur gris-bleu et cela permet de conserver un côté ancien, comme un documentaire. Les personnages sont peut-être parfois un peu trop similaires d'allure à mon goût mais bon, je suis arrivée à suivre sans trop me mélanger. La Nouvelle-Calédonie est assez peu décrite mais pour qui la connait, on retrouve des choses typiques de là-bas (les grottes qui jouent un rôle important dans la vie des tribus ou bien les cagous, oiseaux propres à cette île qui sont ramenés en France par le docteur Delaunay). L'histoire se concentre essentiellement sur le voyage de retour en bateau, avec les difficultés pour Eloi de s'intégrer (il ne parle pas le français), de comprendre ce qu'on veut de lui et la méfiance qui règne parmi l'équipage. J'ai aimé voir comment les personnages évoluaient : il y a certains retournements de situation étonnants et glaçants. Et bien sûr, les sauvages ne sont pas ceux qu'on pourrait supposer être … la civilisation n'améliore pas forcément les hommes ! J'ai trouvé l'atmosphère étouffante, effrayante par la banalité de la violence de l'époque, par les préjugés qui règnent et la tension ne fait que s'amplifier au fil des pages de façon subtile et réussie. Alors que je n'avais pas été attirée au départ, j'ai pourtant beaucoup aimé cette lecture qui est une sorte d'étude de moeurs et de la société de l'époque. C'est aussi original qu'intelligent et réaliste et cela fait réfléchir à notre propre comportement vis à vis des gens différents de nous-même.
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critiques presse (1)
BoDoi   21 janvier 2014
Au dessin, le trait expressionniste mais classique de Grouazel dynamise le huis-clos et épouse le propos pour lui donner toute sa force. Et même si l’angle narratif paraît à la longue scolaire dans ses oppositions, l’album vaut surtout par son sujet, traité avec justesse et sans fausse note. Une BD historique originale qui donne à réfléchir. Plutôt rare.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
sld09sld09   21 avril 2021
- Du jardinage ! J'aurais dû m'en douter. Votre intérêt pour mes plantes était suspect.
Vous êtes sûr que jouer comme vous le faites avec la création n’est pas un pêché ?
- Héhéhé ! Absolument pas ! Après tout, l’eden était un jardin, pas une junge !
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kanarmorkanarmor   18 novembre 2014
Je vais l'empailler ! C'est tout à fait faisable ! Ce sera une première.
De toute façon, j'ai fait une croix sur l'idée de ramener un canaque vivant. Au moins je n'aurai pas tout perdu.
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Erik_Erik_   18 novembre 2020
Aucun contact humain, mais des rapports de domination, et de soumission qui transforment ... l'homme indigène en instrument de production.
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