AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782246804130
208 pages
Éditeur : Grasset (09/01/2013)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 42 notes)
Résumé :
"Parce qu'elle a été la première en France en 1791 à formuler une 'Déclaration des Droits de la Femme' qui pose dans toutes ses conséquences le principe de l'égalité des deux sexes. Parce qu'elle a osé revendiquer toutes les libertés, y compris sexuelle ; réclamer le droit au divorce et à l'union libre ; défendre les filles-mères et les enfants bâtards, comprenant que la conquête des droits civiques ne serait qu'un leurre si l'on ne s'attaquait pas en même temps au ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  24 août 2017
Ainsi soit Olympe de Gouges est un ouvrage en deux parties, la première est une biographie dans laquelle Benoîte Groult s'attache au profil politique d'Olympe de Gouges. Ne sachant ni lire ni écrire quand elle arrive à Paris, elle apprendra progressivement et utilisera des assistants à qui elle dictera ses nombreuses interventions. Au travers de ses combats, nombreux, de la réduction de la dette par une contribution volontaire de chacun, à la défense des plus faibles - femmes, fille-mères, femmes célibataires, veuves, indigents, lutte contre l'esclavage des noirs qu'elle exprime dans une pièce de théâtre qu'elle fait jouer à la Comédie française, c'est une femme entière, courageuse et d'une énergie à toute épreuve que l'on peut découvrir. Fourmillant d'idées souvent pragmatiques, elle embrasse toutes les problématiques, aucun des combats qu'elle entreprend ne l'épuise, mettant en oeuvre sa propre fortune et tous les moyens de communication de l'époque au service des causes qu'elle défend : journaux - elle créé même son propre journal - placards sur les murs, pièces de théâtre, courriers directs aux intéressés ou aux décideurs.
La deuxième partie reprend les textes originaux où elle expose ses idées avant-gardistes, altruistes quelques fois simples à mettre en place mais un purisme, une véhémence de propos et surtout une opposition politique de ses détracteurs vont la desservir. On ne peut en aucun cas lui reprocher son manque de courage, elle en déborde en touchant aux sujets sociétaux : elle rédige le contrat social de l'homme et de la femme (une nouvelle mouture de contrat de mariage complètement novateur) et, anticipant la critique, ajoute dans son langage fleuri et tout personnel "Voilà à peu près la formule de l'acte conjugal dont je propose l'exécution. A la lecture de ce bizarre écrit, je vois s'élever contre moi les tartuffes, les bégueules, le clergé et toute la séquelle infernale". Elle demande le droit au divorce et un statut pour les enfants naturels (qu'elle était elle-même).
Mon seul bémol est le style de l'époque et j'ai eu quelquefois du mal à suivre ses démonstrations mais elle reste une personnalité incroyable et j'ai eu plaisir à découvrir, Olympe de Gouges sa vie de combattante et sa mort presque revendiquée, une progressiste pure et dure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
ATOS
  16 mai 2014
«Parce qu'elle a été la première en France, en 1791, à formuler une «déclaration des droits de la femme» qui pose dans toutes ses conséquences le principe de l'égalité des deux sexes.
Parce qu'elle a été la première  « féministe » à comprendre, bien avant que ces mots en -isme n'existent, que le sexisme n'était qu'une variante du racisme, et à s'élever à la fois contre l'oppression des femmes et contre l'esclavage des Noirs.
Parce qu'elle a osé revendiquer toutes les libertés, y compris sexuelle ; réclamer le droit au divorce et à l'union libre ; défendre les filles-mères et les enfants- dits -bâtards, comprenant que la conquête des droits civiques ne serait qu'un leurre si l'on ne s'attaquait pas en même temps au droit patriarcal.
Enfin parce qu'elle a payé de sa vie sa fidélité à un idéal.
En lui tranchant la tête, en 1793, les révolutionnaires de la Terreur un acte symbolique : avec sa tête allaient tomber également ses idées féministes, ses utopies souvent prophétiques, que l'on attribuera à d'autres, et disparaître ses écrits innombrables, pièce de théâtre, mémoires, manifestes politiques, romans détruits ou enfouis dans l'Enfer des bibliothèques, et que personne ne se souciera de publier pendant deux siècles.»
Il fallait bien rappeler qui était Olympe de Gouges, née Marie Gouze, fille « reconnue » par Pierre Gouze, boucher de son état, et enfant illégitime du marquis le Franc de Pompignan.
Elle n'aura rien lâché, rien concédé face aux hommes de la Terreur.
Elle se met à écrire à l'âge de trente deux ans et rien n'arrivera plus à la faire taire.
D'une arrogance extraordinairement pertinente, elle deviendra l'ennemie déclarée de Robespierre.
L'égérie de la république est une femme, « Dieu que Marianne était jolie... ».
Mais voilà Olympe de Gouges ne cessera pas de demander le droit de parole pour Marianne et ses soeurs. Elle ne lâchera rien. Placardant ses écrits sur les portes de Paris. Provoquant ses ennemis en duel. Courage inouï. «  Profitez de la leçon que je vous donne : on trouve communément des hommes de votre espèce, mais apprenez qu'il faut des siècles pour faire des femmes de ma trempe ».
En 1785, sa pièce de théâtre Zamore et Mirza, sera la première à dénoncer l'esclavage. Pièce jugée incendiaire car risquant de provoquer une insurrection dans les colonies ...«Elle sera la seule femme citée en 1808 dans les listes des hommes courageux qui ont plaidé ou agi pour l'abolition de la Traite des Noirs »
Elle parla d'assistance sociale, d'établissement pour les vieillards, de refuges pour les enfants d'ouvriers, d'ateliers publics pour les chômeurs ( idée reprise en 1848 sous le nom d'Ateliers Nationaux), demanda 'assainissement des hôpitaux et des maternités.
Elle interpelle, elle condamne, elle désigne. Mais elle ne fait pas que cela. Elle pense, elle réfléchit. Elle élabore. Elle planifie sa politique. Elle invente l'idée d'une taxe sur le LUXE ! Une idée que nous avions repris, ( faut il rappeler qu'il n'y a pas si longtemps en France existait une Tva à 33 % sur les objets de luxe), l'idée d'Olympe ne fut pas entendue au 18e siècle, et la notre au 20e siècle fut belle et bien perdue....
Elle défendra, comme le fera Flora Tristan, la grand mère de Paul Gauguin, la statut des enfants non reconnus. le seul a entendre de Gouges sera Condorcet, lui aussi en perdra la tête dans un panier d'osier.
De Gouges savait qu'elle risquait bien plus que la fessée, ( c'était là en effet la punition infligée aux femmes en place publique par le comité de Salut publique.) de Gouges tenait bien plus à sa tête qu'à ses fesses, et pourtant elle savait qu'en défendant ses idées elle risquait de la voir tomber.
«  Les femmes ont le droit de monter à l'échafaud. Elle doivent avoir également celui de monter à la tribune ».
La convention de 93 interdit tout rassemblement féminin.
Elle a quarante cinq lorsque le Comité du Salut Public referme des griffes sur Olympe. Son appel à un état fédératif fut pour Robespierre le mot de trop. On lui diagnostiqua une « folie réformatrice ». Opposition au féminin cela se traduit en langage mysogine par : hystérie, maladie de quelque mauvais sang. Pour Olympe ils choisissent : paranoïa reformatoria. L'inquisition n'étant plus de mise sous la révolution, le terme d'hérésie ne fut pas prononcé.
Et puis comme cela ne suffit à la faire taire, et que les bûchers étaient oubliés, sur sa nuque une lame est tombée.
Elle aura subi la haine du club des Colons, la méfiance des Comédiens -français, les mâchoires de Robespierre, alors il fallait bien que dans ce siècle elle reçut l'hommage que lui devait au moins une bonne moitié de la nation.
Astrid Shriqui Garain
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          214
bina
  03 janvier 2015
"On ne saurait nier, sans doute, qu'il existe des femmes très supérieures à la moyenne des hommes, mais ce sont des cas aussi exceptionnels que la naissance d'un monstre". Ces paroles sont d'un psychologue en 1875. Rares en effet sont les personnalités qui se sont intéressées au cours de l'histoire à ces femmes qui se sont battues pour leurs droits. Les reines, les courtisanes ont eu leurs biographe, mais il a fallu attendre 1871 pour voir la première biographie d'Olympe de Gouges. L'histoire longtemps écrite par les hommes s'intéressait aux hommes. Peu de penseurs hommes se sont aussi battus pour le droit des femmes. Condorcet fut l'un d'eux, mais il fut vite oublié, emprisonné puis guillotiné par Robespierre.
Parmi ces destinées longtemps passées sous silence, il y en a eu une qui mérite de faire parler d'elle: Olympe de Gouges.
On peut trouver son écriture naïve, maladroite, particulièrement dans ses pièces de théâtre, mais elle s'est battue pour de nombreuses idées, comme le montre la compilation de ses textes politiques à la fin de ce livre, introduit par une militante féministe, Benoite Groult.
Elle était en faveur de l'union libre, du divorce, du respect et de l'égalité des droits des enfants naturels, pour des maternités qui ne soient pas des mouroirs faute d'hygiène, pour un impôt sur le luxe et les tenues ostentatoires, pour le droit des esclaves noirs...et surtout, pour son adaptation et sa transposition des Droits de l'Homme en Droit de la Femme.
Parce qu'elle a osé revendiquer toutes les libertés, aussi bien sexuelles que politiques, parce qu'elle voulait remettre en cause un gouvernement trop centralisé au profit de la décentralisation, elle a payé de sa vie sa fidélité à ses idéaux. La Terreur lui coupa la tête en 1793.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Florel
  18 février 2013
J'ai acheté ce livre sans trop savoir ce que j'allais trouver dedans, en fait je l'ai surtout acheté parce qu'il y avait le nom de la grande Olympe de Gouges sur la couverture, et que j'espérais en apprendre plus sur cette grande dame à qui l'histoire n'a pas toujours rendu justice. Là dessus je n'ai pas été déçue je dois dire, puisque Benoîte Groult va en effet développer la vie d'Olympe de Gouges, mais va aller aussi au-delà, en replaçant rapidement le rôle de la femme dans l'histoire depuis l'antiquité. Rôle qui pourrait se résumer ainsi, foyer, enfants, cuisine, mais surtout ne pas penser car juger dangereuse et stupide. (Pensées purement misogynes et débiles on en convient, mais qui ont eu la vie bien looooonnnnnngue…)
Pourtant c'est oublié, même si l'auteure n'en parle pas directement, que depuis l'antiquité y'a eu des femmes philosophes, (Hypatie d'Alexandrie, Sosipatra, Aedesia, Asclépigeneia…), des femmes de lettre (Sapphô et Corinne, Myrtis, Télésilla, Anyté de Tégée, Christine de Pizan), ou des femmes guerrières, la plus connue en France étant Jeanne d'Arc, mais y'en a eu un bon paquet dans d'autres pays du monde et je pense notamment aux Japon, ou encore en Angleterre avec Boadicée. Et je ne parle pas de ces femmes qui ont gouverné des pays.
Bref, comme va le montrer ce livre l'histoire a mal jugé Olympe de Gouges, et les femmes en général. Par exemple et pour en revenir un peu plus à Olympe de Gouges, les abruties et misogynes de psy en feront une névrosée, prenant son envie de changer le monde pour de la paranoïa reformatoria parce que c'était une femme. Comme si le désir de changement était une folie chez la femme mais pas chez l'homme...
Cependant l'histoire n'a pas été la seule à mal juger Olympe, puisque ses contemporains ne lui épargneront rien non plus. Ils la ridiculiseront plus d'une fois en lui rappelant où doit être selon eux sa vraie place, pour finir par la décapiter en 1793 au terme d'un procès déjà jugé d'avance par les partisans de Robespierre ennemi juré d'Olympe de Gouge. Voilà d'ailleurs ce qu'elle dira devant ce tribunal « Robespierre m'a toujours paru un ambitieux, sans génie, sans âme. Je l'ai vu toujours prêt a sacrifier la nation entière pour parvenir à la dictature ; je n'ai pu supporter cette ambition folle et sanguinaire, et je l'ai poursuivi comme j'ai poursuivi les tyrans. La haine de ce lâche ennemi s'est cachée longtemps sous la cendre, et depuis, lui et ses adhérents attendaient avec avidité le moment favorable de me sacrifier à sa vengeance . » Cependant voilà ce qu'elle en disant déjà avant le procès dans une affiche placardée dans le tout Paris où cette dernière avait pris position contre Marat et surtout contre Robespierre, en inscrivant ceci :
"Tu te dis l'unique auteur de la Révolution Robespierre ! Tu n'en fus, tu n'en es, tu n'en seras éternellement que l'opprobre et l'exécration... Chacun de tes cheveux porte un crime... Que veux-tu ? Que prétends-tu ? de qui veux-tu te venger ? de quel sang as-tu soif encore ? de celui du peuple ?
... Tu voudrais assassiner Louis le dernier pour l'empêcher d'être jugé légalement. Tu voudrais assassiner Pétion, Roland, Vergniaud, Condorcet, Louvet, Brissot, Lasource, Guadet, Gensonné, Hérault de Séchelles, en un mot tous les flambeaux de la République..." (A part Louvet, tous seront en effet exécutés dans l'année... )
Et encore, ce n'est peut-être pas la plus violente prise de position contre Robespierre. Je vous mettrai une lettre en bas de ce billet qu'Olympe de Gouges a adressée à Robespierre, afin que vous puissiez juger par vous même de la carrure de cette femme et de sa haine envers cet homme de la Terreur, car elle avait vite compris que les révolutions peuvent souvent conduire à la dictature.
Cela étant, dieu sait qu'Olympe de Gouges était vraiment une femme singulière au caractère bien trempé et visionnaire. Même si parfois elle s'est exprimée un peu naïvement, elle a vraiment eu des idées novatrices pour l'époque, et pas seulement sa déclaration des droits de la femme - dédiée au passage à Marie-Antoinette . Par exemple, alors qu'on ne parlait pas d'hygiène dans les "hôpitaux", ni de foyer sociaux pour les travailleurs et ni de divorce, elle si ! Tout comme elle avait pris position contre l'esclavage des noirs, et déplorait aussi le manque de conscience des femmes sur leur condition.
Pour faire court, Olympe de Gouges était vraiment une femme admirable qui ne manquait pas de courage, et pour bien le souligner Benoîte Groult met en fin de livre les écrits audacieux qu'Olympe de Gouges a pu laisser derrière elle. (Sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, etc, etc…)
Et pour finir, ce que j'ai en plus aimé dans ce bouquin, c'est que j'ai fait la découverte d'autres femmes oubliées de l'histoire, ou presque. Par exemple j'ai découvert Théroigne de Méricourt, mais aussi Hubertine Auclert, Claire Lacombe, les soeurs Ferning qui se battirent dans les armées de la République, Anne Quatresols qui s'engagea à 16 ans et conduisit des chevaux d'artillerie aux sièges de Liège et de d'Aix-La-Chapelle, ou encore Madeleine Petitjean qui s'enrôla à 49 ans dans l'Armée de l'Ouest après avoir perdu 15 enfants.
En résumé c'est un petit livre sympa que je conseille vivement !
Lien : http://voyagelivresque.canal..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Gaphanie
  09 mai 2019
Moi qui croyais qu'Olympe de Gouges était un fait divers de la Révolution, une hystérique m'as-tu-vue... Eh bien voilà que je sais maintenant et d'une, qu'il n'en était rien, et de deux, comment j'en suis arrivée à avoir une telle opinion !
Dans une première partie, qu'elle a appelée "introduction", Benoîte Groult expose la vie et les combats d'Olympe, son courage, et les tactiques de ses détracteurs pour la décrédibiliser et la faire taire...
Révolutionnaire proche des Girondins, et notamment de Condorcet, seul homme à s'être exprimé en faveur de l'extension des Droits de l'Homme et du Citoyen aux femmes, elle s'opposera à la mise à mort de Louis XVI et à la violence. Quand Robespierre viendra au pouvoir, elle sera une des premières et une des plus virulentes à dénoncer le risque d'avoir destitué un roi pour le remplacer par un tyran... Et c'est ce qui lui vaudra la guillotine. Mais en dehors de la Révolution, elle s'était d'abord insurgée contre l'esclavagisme et la façon dont les pauvres étaient traités, et avait d'ailleurs obtenu audience près de Marie-Antoinette à ce sujet. On croise également d'autres femmes révolutionnaires dans cette introduction, notamment Théroine de Méricourt, Claire Lacombe, Sophie de Condorcet, les soeurs Ferig, Anne Quatresols, Madeleine Petitjean...
Mais alors, si cette première partie retraçant la vie et les combats d'Olympe de Gouges est une introduction, à quoi introduit-elle ? Eh bien aux textes politiques principaux d'Olympe, ou tout au moins à des extraits importants, entre autres : lettres au peuple, projet de création d'une caisse solidaire, réflexions sur les Hommes nègres, la fameuse déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (dédiée... à la Reine !) et aussi sa défense face au tribunal révolutionnaire.
Olympe de Gouges gagne à être connue, et merci à Benoîte Groult d'avoir ainsi réhabilité sa mémoire mise à mal par ds hommes : historiens du XIXe, comme Nodier qui la classe comme "enragée", ou même Georges-Lenôtre, qui l'occulte purement et simplement, Chateaubriand, Monselet et Dubroca qui la caricaturent... et même les médecins s'y sont mis, avec le Dr Guillois qui étudie son cas comme celui d'une malade mentale atteinte d'hystérie révolutionnaire !
Non, Olympe de Gouges n'était ni folle, ni irresponsable, c'était quelqu'un de courageux qui s'est investie dans les causes de son temps, et qui en est morte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (1)
LaPresse   14 mars 2013
Celles qui fréquentent la plume vive et drôle de Benoîte Groult la retrouveront avec plaisir dans cet ouvrage captivant qui raconte la vie d'Olympe de Gouges, auteure de la première déclaration des droits de la femme en France, en 1791.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
IreneAdlerIreneAdler   29 janvier 2013
Si désordonnées, naïves ou excessives que nous apparaissent les pages qu'elle nous laissées, elles témoignent en tout cas en faveur d'une femme qui a pressenti ou défendu toutes les causes généreuses de son époque et qui a eu l'audace de changer un mot, un seul, à l'article 1 de la Déclaration des Droits de l'Homme : "Toutes les FEMMES naissent libres et égales en droit." Ce seul mot était un défi lancé aux hommes. Il procédait d'une idée si novatrice, si dérangeante, si révolutionnaire en mot, qu'il menaçait l'équilibre de la famille et celui de la société. Il justifiait aux yeux de la majorité de ses contemporains qu'Olympe fut condamnée au ridicule, à la violence, puis à la mort, et qu'elle laissât à la postérité le souvenir d'une irresponsable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
MimekoMimeko   23 août 2017
Son biographe, Charles Monselet, dans "les oubliés et les dédaignés", s'empresse de signaler que, comme les hommes se tuent à le leur répéter, la littérature est nuisible pour la femme : "Elle ne s'aperçoit pas que les roses expirent sur ses joues et que la solitude se fait autour d'elle. Déjà, chose inévitable, la littérature a exclu la coquetterie : son œil devient hagard, sa chevelure est dépeignée comme une métaphore de mauvais goût. Triste destinée des auteurs femelles !".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
MimekoMimeko   24 août 2017
Et vous, magistrats qui allez me juger, apprenez à me connaître ! Ennemie de l'intrigue, loin des systèmes, des partis qui ont divisé la France au milieu du choc des passions, je me suis frayé une route nouvelle ; je n'ai vu que d'après mes yeux ; je n'ai servi mon pays que d'après mon âme ; j'ai bravé les sots, j'ai frondé les méchants et j'ai sacrifié ma fortune entière à la révolution.
Commenter  J’apprécie          100
MimekoMimeko   23 août 2017
Condorcet fut presque seul, lors de la révolution, à prôner l'égalité des droits comme fondement unique de toute institution politique. "Pourquoi des êtres exposées à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils exercer les droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, ou qui s'enrhument aisément ?".
Commenter  J’apprécie          80
ATOSATOS   16 mai 2014
« Ou aucun individu de l'espèce humaine n'a de véritables droits ou tous ont les mêmes. Et celui qui vote contre les droits d'un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a déjà abjuré les siens. » Olympe de Gouges.
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Benoîte Groult (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoîte Groult
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/blandine-de-caunes-la-mere-morte-51724.html
Si elle-même a publié un roman en 1976, « L'involontaire » qui ressort ces temps-ci chez Phébus, c'est avant tout en tant qu'attachée de presse dans l'édition que Blandine de Caunes s'est fait un nom, voire même un prénom. Quand ses propres parents s'appellent Benoîte Groult et Georges de Caunes, il faut assurer, ce n'est jamais facile de pousser à l'ombre des grands arbres.
Sur son père, souvent absent et peu attaché aux contingences familiales, elle reste discrète. S'agissant de son beau-père, en revanche, 3ème époux de sa mère, Paul Guimard, elle ne tarit pas d'éloges. Et là encore, grandir auprès de celui qui a écrit des romans mémorables comme « Les choses de la vie » ou « L'âge de pierre », voilà qui forge une personnalité.
C'est avec un ouvrage très personnel que Blandine de Caunes est aujourd'hui dans l'actualité. « La mère morte » paru chez Stock.
C'est effectivement sa mère que Blandine de Caunes met au coeur de son livre. Si on garde en mémoire Benoîte Groult, la battante, la féministe, l'intransigeante, l'écrivaine, elle qui a tant milité pour la féminisation des noms de professions, on sait moins ce que furent ses dernières années, elle qui vécut jusqu'à 96 ans.
Dans ce beau récit, bouleversant, profondément humain, sa fille Blandine nous raconte la vieillesse, la déchéance, la souffrance des proches quand Alzheimer s'empare de ceux qui ont tant été la vie.
Mais le récit prend encore une autre dimension quand Blandine de Caunes révèle le drame qui, dans le même temps, bouleversa son existence. Sa fille unique, Violette, trouve la mort sur une route ensoleillée, à l'âge de 36 ans. Ainsi donc, en 2016, année de ses 70 ans, Blandine de Caunes perd son enfant unique et sa propre mère. Elle écrit « Maman est un mot qui a disparu de ma vie. Je ne le dirai plus, je ne l'entendrai plus ».
Avec pudeur, sensibilité, sans voyeurisme ni sans pathos, avec une belle écriture qui emporte le lecteur, entre sourire et larmes, Blandine de Caunes se dévoile, nous raconte, sans rien cacher de ses doutes, de sa tristesse, de sa révolte. Mais son récit est aussi et surtout un formidable témoignage de vie, de joie, d'enthousiasme où l'amour et l'amitié tiennent un rôle essentiel. Dans ce récit au jour le jour, quand les épreuves s'accumulent, chaque petit bonheur prend un sens inattendu, chaque mot tendre devient un baume réparateur. Les lieux se révèlent être des havres de paix où les souvenirs heureux affluent et par un mot, une photo, un objet, les chers disparus s'invitent pour aider à porter le fardeau et continuer l'histoire familiale. Hommage à sa fille, hommage à sa mère, le livre de Blandine de Caunes est une pépite triste mais lumineuse dont la lecture est indispensable.
« La mère morte » de Blandine de Caunes est publié aux éditions Stock.
+ Lire la suite
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
950 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..