AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782246816874
420 pages
Éditeur : Grasset (11/04/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Le dernier projet d’écrivaine de Benoîte Groult était de publier son « Journal d’Irlande ». Elle avait l’intention d’entrecroiser ses « Carnets de pêche » en Irlande où elle avait passé plus de vingt étés avec son mari Paul Guimard, et les passages de son Journal intime tenu conjointement. Elle avait commencé ce travail d’orfèvrerie littéraire, que la maladie et la mort l’ont empêchée de mener à son terme. C’est sa fille Blandine qui a choisi de mettre ses pas dans... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
anlixelle
  07 octobre 2018
La fille aînée de la grande auteure féministe Benoîte Groult nous dévoile les carnets irlandais intimes de sa mère.
Le mot « intime » doit être légèrement revu à mon sens, car je pense qu'une amoureuse des mots comme Benoîte G. ne pouvait que savoir, qu'espérer même, qu'ils seraient publiés un jour.
Entre détails de vie quotidienne en Irlande (météo horrible, pêche à pied et à bateau, menus, linges à laver, toilettes bouchées, maux divers et variés, invités reçus …) tout est consigné presqu'au jour le jour pendant plusieurs décennies, et rendu avec précision dans le joli style qu'on lui connaît.
Evidemment, c'est quelque peu dépaysant surtout que l'Irlande c'est loin et que l'amour de la pêche était pour l'auteure une DROGUE (à en faire des intolérances alimentaires ensuite).
Assurément, j'ai adoré retrouver le franc-parler et la sensibilité de Benoîte G. (plus pour décrire les nuages irlandais que pour parler de ses filles), mais Dieu qu'elle est dure avec les autres (les irlandais en prennent plein la figure, et c'est parfois à la limite du supportable) - moins que sur elle-même ! - vieillesse, critique acerbe sur ceux qui la visitent ou qu'elle croise, même sur son cher amant …
La Benoîte était rude et manquait vraiment d'empathie à mon sens. Ca m'a profondément gênée.
Même si on a bien compris que vieillir n'est facile pour personne, que la perte des plaisirs physiques quand on aime beaucoup pêcher, quand on a un amant qui vieillit, s'avère doublement douloureuse, le personnage qui se dessine dans ces carnets est étonnant.
Le féminisme si bien narré et explicité dans ses ouvrages prend là un coup : son mari épuisé, jaloux, repoussé physiquement lui en fait voir de toutes les couleurs, et, portée par une rage de vivre, Benoîte G. s'accroche et est (malgré tout) active sur tous les fronts.
C'est ça être femme ? J'ai dû louper quelque chose dans ses précédents ouvrages, ou bien, c'est peut-être plus facile à dire (à écrire) qu'à faire !
A méditer donc…
Cette lecture est donc surprenante en tous points, et nous révèle une auteure méconnue dans sa (parfois triste) réalité irlandaise. Je recommande. Evidemment !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
Fleitour
  15 mars 2020
Le Journal d'Irlande de Benoite Groult est un bonheur de lecture, un carnet de voyage dont les mots polissent les souvenirs, de mots dessinés, croquant la vie simple et éphémère des pêches à pied, de descriptions en pochades fixant les plaintes du ciel, de couleurs allant du sépia aux gris de payne trouées par des orangers fiévreux.

Toute l'aventure irlandaise du couple Benoite Groult-Paul Guimard, est ainsi contée au fil des jours, tout au long des étés passés sur la côte ouest à Benavalla sur la route appelée "The ring of Kerry". Depuis leur décision de construire leur refuge jusqu'à leur dernière incursion dans l'île pour la vente de leur demeure, nous vibrons au rythme de leur passion pour ce pays magnifique et austère.

Le couple a la fibre marine chevillée au corps, et une inaltérable addiction à la pêche, et plus sournoise encore à la pratique de la pêche à pied.
Souffrant du même mal, des mêmes hallucinations marines, je retrouve décrites, toutes nos pratiques et la même ferveur à noter nos prises, nos records, ou la chute brutale des réserves de palourdes
Ainsi nos séjours en Irlande sont finement calculés pour capter les très grandes marées.

Les tenues du couple sont adaptées pour affronter le drizzle (mur d'eau typique de l'Irlande) formant un assemblage coloré proche du cirque, ne permettent pas de les confondre avec ceux de la Baule.
Cette maladie irlandaise les a contaminée, malgré le froid et la fatigue, l'humidité et les gerçures. Difficile de regretter Doëlan les bouquets y sont si rares ! Là en deux heures de marée, on capte 1 à 2 kilos de belles crevettes, à chaque coup elles viennent sauter dans le haveneau, et faire ce bruit délicieux tchac, tchac, tchac...
Benoite ou Paul doivent se tenir prêts dès l'aube, pour lancer le Drennec, le nouveau bateau, car tout se complique quand le marin affronte la houle. "Réveillée dès 5h30, partie à 7h30 pour aller relever le tramail, : 6 lieus.(page 141)."
L'Irlande est fou, mais elle est douce aux fous.(p 140).
C'est pourtant dans cette ambiance, que le couple reçoit famille, amis, personnalités comme les voisins irlandais ou français. Paul est un ami exquis plein de sollicitude pour les figures cultivées de passage.
C'est Kurt l'ami américain qui vient parfois s'installer dans la chambre de Benoîte, son amant éternel. Benoîte Groult est à l'aube de la vieillesse, les tonalités de la vie figent les souvenirs, il faut écarter les regrets, glaner encore un peu de bonheur.
Pour le bonheur et la joie de se sentir aimé c'est Kurt, avec ses maladresses et sa dévotion.
"Il faut être vraiment deux fois plus gaie, deux fois plus drôle, deux fois plus riche, et deux fois plus généreuse pour ne pas basculer dans le camp des vieillards avouait-elle page 269".

Il a conquis Benoîte, corps et âme. Non il n'y aura pas de mariage, malgré le veuvage de Kurt. Sa grand silhouette est une parade à la déprime, un rempart aux vents des jours fiévreux dans lesquels la santé de Paul bascule.
"Paul fait des siestes interminables l'alcool le rend cotonneux, il ressemble à une holothurie quand il se déplace (p 261)."

Le temps est sombre tel un ciel d'Irlande noyé dans le drizzle. on finit par s'habituer aux gris et "par lui trouver des nuances écrit-elle page 260". Quand parfois la carcasse de son homme ne tremble plus, ne vogue plus, " le spectre de la vieillesse décatie et de la vieillesse impotente s'invite à sa table (page 258)".

Comment relancer le moteur le jour où tout est profondément enfoui et congelé, par quel chemin revivre ? La ballade irlandaise tient grâce aux enfants aux amis de passage, tant que la pêche vous stimule.
Benoîte Groult a le désenchantement gracieux et paisible, les notes d'humour chantent encore à ses paupières la faisant rire aux larmes. J'ai dégusté cette dernière coquille, écoutez le murmure douillet du couple, "Les pieds n'ont rien à faire, quand on lit : ils peuvent mener une vie à part. Ils se rejoignent se caressent, se font des signes de tendresse pendant que leurs propriétaires font bande à part, en haut ! (Page 280)".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
clefran45
  26 juin 2018
Voilà une belle lecture, pour moi qui ne connaissais Benoite Groult que de nom mais n'avais jamais rien lu.
C'est un journal, donc il faut s'attendre à ce que l'auteur de ce journal évoque ses passions, ses pensées les plus intimes, ses tracas, ses projets..Je comprends les lecteurs qui ont pu s'ennuyer lors des longs passages relatifs à la pêche, passion de Benoite Groult, pour autant, il me semble important de garder à l'esprit que comme tout journal, il est question de vie, de quotidien, d'intimité.
Pour ma part, cette lecture m'a touchée, d'abord parce que j'y ai découvert une femme atypique, qui ose penser et exprimer ses passions, ses amours, sa pensée féministe.
Mais une pensée fine, un féminisme intelligent qui n'a pas pour but d'accabler la gente masculine avec agressivité et vengeance! Car elle mène une vie hors des senties battus, entre un mari, intellectuel engagé politiquement, et un amant américain, qui suscite chez elle la passion physique et le mélange des corps. Oui, Benoite Groult aime faire l'amour, aime les caresses, le toucher, le sexe avec cet homme qui ne ressemble en rien à son Paul, mais qui pourtant lui donne une forme de jeunesse.
En 1977 Benoite et Paul achète un terrain en Irlande et font construire une maison.
Ce journal retrace 20 étés (un peu plus même) passés dans cette maison, à recevoir d'autres personnalités plus ou moins connus, un milieu intellectuel, qu'elle décrit sans concession, avec ce qu'elle en ressent d'agacement et de joie. Benoite porte un regard dur sur son mari et ce qu'il devient avec le temps. On pourrait lui en vouloir d'être aussi intransigeante mais il se trouve qu'elle est toute aussi incisive avec elle même et ses propres travers, et c'est là que l'on se dit "punaise, quelle femme exceptionnelle!"
Et puis ce livre est bouleversant parce qu'il se déroule sur une vingtaine d'années et que l'on perçoit la vieillesse qui fait son oeuvre, les amis qui meurent peu à peu autour d'elle (elle a vécu jusqu'à l'âge de 96 ans!) et ce livre se termine lorsqu'elle a 83 ans environ..
Benoite est une force de la nature, et il le faut pour vivre ces étés en Irlande, dont la côte ouest où se situe sa maison, est balayée par les vents, la bruine, le "drizzle", le soleil jouant à cache cache, la brume se manifestant quand on ne l'attend pas.
Ce journal nous emmène dans cette météo terrible, avec une humidité implacable, mais Benoite pêche, chaque jour, elle ramène sa pêche et cuisine.
Benoite Groult sait tout faire, et là, elle n'aide pas les femmes (!) elle cuisine, elle bricole, elle prend soin d'elle et de son intérieur même si au fil du temps elle adopte les gros pulls difformes!
Ce livre est un carnet des jours qui s'écoulent et de la vieillesse qui s'insinue toujours un peu plus, c'en est bouleversant, moi j'ai été très touché par ce témoignage moderne d'une femme engagée qui nous raconte le temps qui passe sur la vie, les souvenirs, les proches et les gens qu'on aime.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
justeuneligne
  20 mai 2019

Une lecture étrangement vivifiante pour moi alors que ce journal retrace 25 années de conjugalité souvent éprouvante et de lutte de l'auteure contre le vieillissement, deux sujets qui n'ont à priori rien et de réjouissant.
Je prends ce journal comme un message adressé à ceux qui ont abordé la deuxième partie de leur existence pour les inciter à une sorte de résistance, de lutte pour la vie ( et non pas contre la mort).
Ce qui emporte, c'est la mise à nu, la sincérité de la plume. Je ne pense pas que Benoîte Groult, en l'écrivant, destinait ce journal à la postérité (Ce journal a été publié après sa mort par une de ses filles) Il a été écrit au fil des jours parce que cette femme à l'incroyable vitalité s'astreignait aussi à l'écriture comme à une discipline, que cette écriture devait lui être nécessaire pour ordonner ses idées, sa vision du monde. Benoite (j'ai envie après avoir plongé dans son intimité de l'appeler par son prénom, comme une amie, ou une vieille connaissance) est dure avec elle-même et avec les autres. Je la trouve surtout très lucide, souvent drôle et plutôt féroce. Elle plonge sans réserve dans son ambivalence et ses contradictions, se montre telle qu'elle est, certaine, parfois avec arrogance, de son intelligence.
Ce livre dévoile deux facettes privées : la première, c'est son amour de la mer, de la pêche, du bateau, partagé avec son mari Paul Guimard en Irlande, terre d'adoption, tous les mois d'Août (et quelques fois au printemps) où le couple s'est fait construire une maison. La seconde c'est son amour de l'amour, son émerveillement d'être aimée, adulée, par un homme qui la comble : son amant Américain, Kurt, qu'elle juge inculte et primaire mais si tendre et prévenant avec lequel elle partage des périodes de vacances au vu et au su de Paul.
On découvre le mode de vie de ce couple qui s'accorde liberté sexuelle et sentimentale tout en gardant le cap conjugal, non sans douleur! Benoite décrit le renversement d'équilibre qui se fait dans son couple parce que Paul vieillit plus vite et moins bien qu'elle.
On découvre aussi l'Irlande âpre, rude, qui ne se laisse pas facilement apprivoiser, l'Irlande qui rend fou ou alcoolique mais qui procure aussi d'intenses bonheurs.
Benoîte m'est apparue comme une femme qui a su et pu adopter beaucoup des comportements sociaux masculins, tout en ne lâchant rien des comportements sociaux féminins, une femme qu'il ne devait pas être facile d'avoir pour mère !

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
OncleDan
  20 septembre 2018
L'ouvrage est sous-titré "Carnets de pêche et d'amour 1977-2003". Il est en effet écrit chaque année, de fin juillet à fin août, lorsque Benoîte et son mari Paul Guimard, se rendaient dans la maison qu'ils avaient fait construire à Bunavalla, dans le Kerry au sud ouest de l'Irlande, leur quatrième maison après celles de Paris, Hyères et Doëlan au sud de la Bretagne. Était-ce bien raisonnable ? Sans doute pas, mais la passion de la pêche et les rares éclaircies laissant apercevoir furtivement de saisissants et fabuleux paysages, semblent suffisants pour compenser un temps absolument exécrable, des températures hivernales et une humidité record dans ce pays de "la brumisation permanente".
« L'Irlande bascule vite dans la déréliction dès que la beauté du paysage ne fait pas tout oublier »
Ajoutez à cela les difficultés récurrentes liées à une maison abandonnée onze mois sur douze, alimentation en eau défectueuse, chasse d'eau en panne etc. Heureusement, si les Irlandais ont "des gueules insensées", ils sont très serviables.
Une raison supplémentaire à ces déplacements est l'amour passionné de Kurt, son amant américain qu'elle retrouve dès que Paul a laissé le champs (et le lit) libre. "Elle vit et fait le plein de vit" mais là aussi, les compromissions de l'amour sont nombreuses. Les rencontres sont torrides et font oublier le climat détestable mais pas que son amant n'a "aucun sens de la poésie, de la magie des mots, aucune fantaisie, aucun humour", et aucune culture. Lorsque la vieillesse amoindrit les performances physiques, le charme de Kurt ne réside plus que dans cet amour inconditionnel et total qu'il voue à Benoîte. « cela me ravage de le savoir si vieux, en tout cas si menacé à brève échéance par l'âge. Moi aussi, me direz-vous : mais d'abord, j'ai 10 ans de moins et bander c'est sans doute plus dur que de se la faire mettre en douceur ! »
« Pour moi les caresses, le cunnilingus, doivent culminer par la pénétration, et la suite. Comme un dîner se termine par le dessert ou l'alcool. le plat de résistance, c'est tout de même la mise en commun de ses organes. »
Ce journal est également une intéressante étude sur les insidieux effets de la vieillesse, ce puits sans fond, cette "désespérante glissade vers le néant".
« La vieillesse n'est jamais belle car un naufrage n'est jamais beau ». (François Mauriac) " Il faut vraiment être deux fois plus gaie, deux fois plus drôle, deux fois plus riche et deux fois plus généreuse pour ne pas basculer dans le camp des vieillards".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70


critiques presse (3)
Bibliobs   11 mai 2018
Dans "Journal d'Irlande", cette figure de la littérature féministe conjugue les verbes pêcher et jouir jusqu'à pas d'âge avec une rage sidérante.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   23 avril 2018
Un quart de siècle d'amours et de pêches rythme le Journal d'Irlande de Benoîte Groult. Décoiffant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   13 avril 2018
Le Journal d'Irlande de Benoîte Groult, née avec le siècle et disparue il y a deux ans, est le livre d'une femme qui avait beaucoup misé sur la liberté et sur le bonheur. De ces «Carnets d'amour et de pêche» ressort une formidable leçon d'énergie.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
AchaelaAchaela   11 mai 2018
En y pensant, je sais ce qui se passe entre Kurt et moi : il est possédé. Je pèse mes mots : pour me couver d'un tel regard et se montrer si ardent, si attentif et adorateur de mes moindres recoins qu'il connaît par cœur - et là aussi je pèse mes mots - pour n'avoir jamais varié dans sa passion, pour faire l'amour à en mourir, il ne peut être que possédé. Comment rejeter un sentiment si rare, qui m'enveloppe sans cesse, même lui absent...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
FleitourFleitour   10 mars 2020
Les pieds n'ont rien à faire, quand on lit :
ils peuvent mener une vie à part.
Ils se rejoignent, se caressent, se font des signes de tendresse,
pendant que leurs propriétaires font bande à part, en haut !
Page 280
Commenter  J’apprécie          80
FlobkeFlobke   05 juin 2018
Troublant de découvrir que, vers la quarantaine, vos enfants prennent leur vrai visage. Ils se débarrassent de ce qui ne leur convenait pas dans notre éducation, ne cherchant plus à nous faire plaisir si cela fait violence à leur nature.
Commenter  J’apprécie          70
cathcorcathcor   16 avril 2019
Il faut vraiment être deux fois plus gaie, deux fois plus drôle, deux fois plus riche et deux fois plus généreuse pour ne pas basculer dans le camp des vieillards.
Commenter  J’apprécie          80
FleitourFleitour   15 mars 2020
Paul fait des siestes interminables : l'alcool le rend cotonneux. Il ressemble à une holothurie quand il se déplace.
p 261
Commenter  J’apprécie          80

Videos de Benoîte Groult (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoîte Groult
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/blandine-de-caunes-la-mere-morte-51724.html
Si elle-même a publié un roman en 1976, « L'involontaire » qui ressort ces temps-ci chez Phébus, c'est avant tout en tant qu'attachée de presse dans l'édition que Blandine de Caunes s'est fait un nom, voire même un prénom. Quand ses propres parents s'appellent Benoîte Groult et Georges de Caunes, il faut assurer, ce n'est jamais facile de pousser à l'ombre des grands arbres.
Sur son père, souvent absent et peu attaché aux contingences familiales, elle reste discrète. S'agissant de son beau-père, en revanche, 3ème époux de sa mère, Paul Guimard, elle ne tarit pas d'éloges. Et là encore, grandir auprès de celui qui a écrit des romans mémorables comme « Les choses de la vie » ou « L'âge de pierre », voilà qui forge une personnalité.
C'est avec un ouvrage très personnel que Blandine de Caunes est aujourd'hui dans l'actualité. « La mère morte » paru chez Stock.
C'est effectivement sa mère que Blandine de Caunes met au coeur de son livre. Si on garde en mémoire Benoîte Groult, la battante, la féministe, l'intransigeante, l'écrivaine, elle qui a tant milité pour la féminisation des noms de professions, on sait moins ce que furent ses dernières années, elle qui vécut jusqu'à 96 ans.
Dans ce beau récit, bouleversant, profondément humain, sa fille Blandine nous raconte la vieillesse, la déchéance, la souffrance des proches quand Alzheimer s'empare de ceux qui ont tant été la vie.
Mais le récit prend encore une autre dimension quand Blandine de Caunes révèle le drame qui, dans le même temps, bouleversa son existence. Sa fille unique, Violette, trouve la mort sur une route ensoleillée, à l'âge de 36 ans. Ainsi donc, en 2016, année de ses 70 ans, Blandine de Caunes perd son enfant unique et sa propre mère. Elle écrit « Maman est un mot qui a disparu de ma vie. Je ne le dirai plus, je ne l'entendrai plus ».
Avec pudeur, sensibilité, sans voyeurisme ni sans pathos, avec une belle écriture qui emporte le lecteur, entre sourire et larmes, Blandine de Caunes se dévoile, nous raconte, sans rien cacher de ses doutes, de sa tristesse, de sa révolte. Mais son récit est aussi et surtout un formidable témoignage de vie, de joie, d'enthousiasme où l'amour et l'amitié tiennent un rôle essentiel. Dans ce récit au jour le jour, quand les épreuves s'accumulent, chaque petit bonheur prend un sens inattendu, chaque mot tendre devient un baume réparateur. Les lieux se révèlent être des havres de paix où les souvenirs heureux affluent et par un mot, une photo, un objet, les chers disparus s'invitent pour aider à porter le fardeau et continuer l'histoire familiale. Hommage à sa fille, hommage à sa mère, le livre de Blandine de Caunes est une pépite triste mais lumineuse dont la lecture est indispensable.
« La mère morte » de Blandine de Caunes est publié aux éditions Stock.
+ Lire la suite
autres livres classés : pêcheVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quiz de la Saint-Patrick

Qui est Saint-Patrick?

Le saint patron de l’Irlande
Le saint-patron des brasseurs

8 questions
156 lecteurs ont répondu
Thèmes : fêtes , irlandais , irlande , bière , barCréer un quiz sur ce livre