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ISBN : 2246816874
Éditeur : Grasset (11/04/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Le dernier projet d’écrivaine de Benoîte Groult était de publier son « Journal d’Irlande ». Elle avait l’intention d’entrecroiser ses « Carnets de pêche » en Irlande où elle avait passé plus de vingt étés avec son mari Paul Guimard, et les passages de son Journal intime tenu conjointement. Elle avait commencé ce travail d’orfèvrerie littéraire, que la maladie et la mort l’ont empêchée de mener à son terme. C’est sa fille Blandine qui a choisi de mettre ses pas dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
anlixelle
  07 octobre 2018
La fille aînée de la grande auteure féministe Benoîte Groult nous dévoile les carnets irlandais intimes de sa mère.
Le mot « intime » doit être légèrement revu à mon sens, car je pense qu'une amoureuse des mots comme Benoîte G. ne pouvait que savoir, qu'espérer même, qu'ils seraient publiés un jour.
Entre détails de vie quotidienne en Irlande (météo horrible, pêche à pied et à bateau, menus, linges à laver, toilettes bouchées, maux divers et variés, invités reçus …) tout est consigné presqu'au jour le jour pendant plusieurs décennies, et rendu avec précision dans le joli style qu'on lui connaît.
Evidemment, c'est quelque peu dépaysant surtout que l'Irlande c'est loin et que l'amour de la pêche était pour l'auteure une DROGUE (à en faire des intolérances alimentaires ensuite).
Assurément, j'ai adoré retrouver le franc-parler et la sensibilité de Benoîte G. (plus pour décrire les nuages irlandais que pour parler de ses filles), mais Dieu qu'elle est dure avec les autres (les irlandais en prennent plein la figure, et c'est parfois à la limite du supportable) - moins que sur elle-même ! - vieillesse, critique acerbe sur ceux qui la visitent ou qu'elle croise, même sur son cher amant …
La Benoîte était rude et manquait vraiment d'empathie à mon sens. Ca m'a profondément gênée.
Même si on a bien compris que vieillir n'est facile pour personne, que la perte des plaisirs physiques quand on aime beaucoup pêcher, quand on a un amant qui vieillit, s'avère doublement douloureuse, le personnage qui se dessine dans ces carnets est étonnant.
Le féminisme si bien narré et explicité dans ses ouvrages prend là un coup : son mari épuisé, jaloux, repoussé physiquement lui en fait voir de toutes les couleurs, et, portée par une rage de vivre, Benoîte G. s'accroche et est (malgré tout) active sur tous les fronts.
C'est ça être femme ? J'ai dû louper quelque chose dans ses précédents ouvrages, ou bien, c'est peut-être plus facile à dire (à écrire) qu'à faire !
A méditer donc…
Cette lecture est donc surprenante en tous points, et nous révèle une auteure méconnue dans sa (parfois triste) réalité irlandaise. Je recommande. Evidemment !
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clefran45
  26 juin 2018
Voilà une belle lecture, pour moi qui ne connaissais Benoite Groult que de nom mais n'avais jamais rien lu.
C'est un journal, donc il faut s'attendre à ce que l'auteur de ce journal évoque ses passions, ses pensées les plus intimes, ses tracas, ses projets..Je comprends les lecteurs qui ont pu s'ennuyer lors des longs passages relatifs à la pêche, passion de Benoite Groult, pour autant, il me semble important de garder à l'esprit que comme tout journal, il est question de vie, de quotidien, d'intimité.
Pour ma part, cette lecture m'a touchée, d'abord parce que j'y ai découvert une femme atypique, qui ose penser et exprimer ses passions, ses amours, sa pensée féministe.
Mais une pensée fine, un féminisme intelligent qui n'a pas pour but d'accabler la gente masculine avec agressivité et vengeance! Car elle mène une vie hors des senties battus, entre un mari, intellectuel engagé politiquement, et un amant américain, qui suscite chez elle la passion physique et le mélange des corps. Oui, Benoite Groult aime faire l'amour, aime les caresses, le toucher, le sexe avec cet homme qui ne ressemble en rien à son Paul, mais qui pourtant lui donne une forme de jeunesse.
En 1977 Benoite et Paul achète un terrain en Irlande et font construire une maison.
Ce journal retrace 20 étés (un peu plus même) passés dans cette maison, à recevoir d'autres personnalités plus ou moins connus, un milieu intellectuel, qu'elle décrit sans concession, avec ce qu'elle en ressent d'agacement et de joie. Benoite porte un regard dur sur son mari et ce qu'il devient avec le temps. On pourrait lui en vouloir d'être aussi intransigeante mais il se trouve qu'elle est toute aussi incisive avec elle même et ses propres travers, et c'est là que l'on se dit "punaise, quelle femme exceptionnelle!"
Et puis ce livre est bouleversant parce qu'il se déroule sur une vingtaine d'années et que l'on perçoit la vieillesse qui fait son oeuvre, les amis qui meurent peu à peu autour d'elle (elle a vécu jusqu'à l'âge de 96 ans!) et ce livre se termine lorsqu'elle a 83 ans environ..
Benoite est une force de la nature, et il le faut pour vivre ces étés en Irlande, dont la côte ouest où se situe sa maison, est balayée par les vents, la bruine, le "drizzle", le soleil jouant à cache cache, la brume se manifestant quand on ne l'attend pas.
Ce journal nous emmène dans cette météo terrible, avec une humidité implacable, mais Benoite pêche, chaque jour, elle ramène sa pêche et cuisine.
Benoite Groult sait tout faire, et là, elle n'aide pas les femmes (!) elle cuisine, elle bricole, elle prend soin d'elle et de son intérieur même si au fil du temps elle adopte les gros pulls difformes!
Ce livre est un carnet des jours qui s'écoulent et de la vieillesse qui s'insinue toujours un peu plus, c'en est bouleversant, moi j'ai été très touché par ce témoignage moderne d'une femme engagée qui nous raconte le temps qui passe sur la vie, les souvenirs, les proches et les gens qu'on aime.
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OncleDan
  20 septembre 2018
L'ouvrage est sous-titré "Carnets de pêche et d'amour 1977-2003". Il est en effet écrit chaque année, de fin juillet à fin août, lorsque Benoîte et son mari Paul Guimard, se rendaient dans la maison qu'ils avaient fait construire à Bunavalla, dans le Kerry au sud ouest de l'Irlande, leur quatrième maison après celles de Paris, Hyères et Doëlan au sud de la Bretagne. Était-ce bien raisonnable ? Sans doute pas, mais la passion de la pêche et les rares éclaircies laissant apercevoir furtivement de saisissants et fabuleux paysages, semblent suffisants pour compenser un temps absolument exécrable, des températures hivernales et une humidité record dans ce pays de "la brumisation permanente".
« L'Irlande bascule vite dans la déréliction dès que la beauté du paysage ne fait pas tout oublier »
Ajoutez à cela les difficultés récurrentes liées à une maison abandonnée onze mois sur douze, alimentation en eau défectueuse, chasse d'eau en panne etc. Heureusement, si les Irlandais ont "des gueules insensées", ils sont très serviables.
Une raison supplémentaire à ces déplacements est l'amour passionné de Kurt, son amant américain qu'elle retrouve dès que Paul a laissé le champs (et le lit) libre. "Elle vit et fait le plein de vit" mais là aussi, les compromissions de l'amour sont nombreuses. Les rencontres sont torrides et font oublier le climat détestable mais pas que son amant n'a "aucun sens de la poésie, de la magie des mots, aucune fantaisie, aucun humour", et aucune culture. Lorsque la vieillesse amoindrit les performances physiques, le charme de Kurt ne réside plus que dans cet amour inconditionnel et total qu'il voue à Benoîte. « cela me ravage de le savoir si vieux, en tout cas si menacé à brève échéance par l'âge. Moi aussi, me direz-vous : mais d'abord, j'ai 10 ans de moins et bander c'est sans doute plus dur que de se la faire mettre en douceur ! »
« Pour moi les caresses, le cunnilingus, doivent culminer par la pénétration, et la suite. Comme un dîner se termine par le dessert ou l'alcool. le plat de résistance, c'est tout de même la mise en commun de ses organes. »
Ce journal est également une intéressante étude sur les insidieux effets de la vieillesse, ce puits sans fond, cette "désespérante glissade vers le néant".
« La vieillesse n'est jamais belle car un naufrage n'est jamais beau ». (François Mauriac) " Il faut vraiment être deux fois plus gaie, deux fois plus drôle, deux fois plus riche et deux fois plus généreuse pour ne pas basculer dans le camp des vieillards".
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justeuneligne
  20 mai 2019

Une lecture étrangement vivifiante pour moi alors que ce journal retrace 25 années de conjugalité souvent éprouvante et de lutte de l'auteure contre le vieillissement, deux sujets qui n'ont à priori rien et de réjouissant.
Je prends ce journal comme un message adressé à ceux qui ont abordé la deuxième partie de leur existence pour les inciter à une sorte de résistance, de lutte pour la vie ( et non pas contre la mort).
Ce qui emporte, c'est la mise à nu, la sincérité de la plume. Je ne pense pas que Benoîte Groult, en l'écrivant, destinait ce journal à la postérité (Ce journal a été publié après sa mort par une de ses filles) Il a été écrit au fil des jours parce que cette femme à l'incroyable vitalité s'astreignait aussi à l'écriture comme à une discipline, que cette écriture devait lui être nécessaire pour ordonner ses idées, sa vision du monde. Benoite (j'ai envie après avoir plongé dans son intimité de l'appeler par son prénom, comme une amie, ou une vieille connaissance) est dure avec elle-même et avec les autres. Je la trouve surtout très lucide, souvent drôle et plutôt féroce. Elle plonge sans réserve dans son ambivalence et ses contradictions, se montre telle qu'elle est, certaine, parfois avec arrogance, de son intelligence.
Ce livre dévoile deux facettes privées : la première, c'est son amour de la mer, de la pêche, du bateau, partagé avec son mari Paul Guimard en Irlande, terre d'adoption, tous les mois d'Août (et quelques fois au printemps) où le couple s'est fait construire une maison. La seconde c'est son amour de l'amour, son émerveillement d'être aimée, adulée, par un homme qui la comble : son amant Américain, Kurt, qu'elle juge inculte et primaire mais si tendre et prévenant avec lequel elle partage des périodes de vacances au vu et au su de Paul.
On découvre le mode de vie de ce couple qui s'accorde liberté sexuelle et sentimentale tout en gardant le cap conjugal, non sans douleur! Benoite décrit le renversement d'équilibre qui se fait dans son couple parce que Paul vieillit plus vite et moins bien qu'elle.
On découvre aussi l'Irlande âpre, rude, qui ne se laisse pas facilement apprivoiser, l'Irlande qui rend fou ou alcoolique mais qui procure aussi d'intenses bonheurs.
Benoîte m'est apparue comme une femme qui a su et pu adopter beaucoup des comportements sociaux masculins, tout en ne lâchant rien des comportements sociaux féminins, une femme qu'il ne devait pas être facile d'avoir pour mère !

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cathulu
  18 juin 2018
Blandine de Caunes souligne à juste titre dans sa préface que l'oeuvre de sa mère a commencé par la publication du célèbre Journal à quatre mains (rédigé avec Flora Groult) et qu'elle se clôt donc suivant la volonté de la défunte par l'édition de ces Carnets de pêche et d 'amour allant de 1977 à 2003.
Le sous-titre de ce journal indique bien les deux thèmes principaux de ce texte et la place prépondérante accordée à la passion pour la pêche , place qui, je dois l'avouer, a fini par me lasser.
Par contre, l'analyse ,parfois féroce ,des relations entre Paul Guimard, Benoîte Groult et l'amant de cette dernière surprendra un peu par son intensité. Certes, la situation était connue de tous les membres de la famille (et des lecteurs des Vaisseaux du coeur par exemple) mais l'écrivaine se montre sans complaisance envers son mari vieillissant qui ne supporte plus cette situation alors que, dans sa jeunesse il avait allègrement trompé son épouse.
On se sent parfois de trop dans cette lecture, même si la revendication par cette femme âgée du droit au plaisir est un acte qui s'inscrit logiquement dans la démarche de cette écrivaine féministe .
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critiques presse (3)
Bibliobs   11 mai 2018
Dans "Journal d'Irlande", cette figure de la littérature féministe conjugue les verbes pêcher et jouir jusqu'à pas d'âge avec une rage sidérante.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   23 avril 2018
Un quart de siècle d'amours et de pêches rythme le Journal d'Irlande de Benoîte Groult. Décoiffant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   13 avril 2018
Le Journal d'Irlande de Benoîte Groult, née avec le siècle et disparue il y a deux ans, est le livre d'une femme qui avait beaucoup misé sur la liberté et sur le bonheur. De ces «Carnets d'amour et de pêche» ressort une formidable leçon d'énergie.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
AchaelaAchaela   11 mai 2018
En y pensant, je sais ce qui se passe entre Kurt et moi : il est possédé. Je pèse mes mots : pour me couver d'un tel regard et se montrer si ardent, si attentif et adorateur de mes moindres recoins qu'il connaît par cœur - et là aussi je pèse mes mots - pour n'avoir jamais varié dans sa passion, pour faire l'amour à en mourir, il ne peut être que possédé. Comment rejeter un sentiment si rare, qui m'enveloppe sans cesse, même lui absent...
+ Lire la suite
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FlobkeFlobke   05 juin 2018
Troublant de découvrir que, vers la quarantaine, vos enfants prennent leur vrai visage. Ils se débarrassent de ce qui ne leur convenait pas dans notre éducation, ne cherchant plus à nous faire plaisir si cela fait violence à leur nature.
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cathcorcathcor   16 avril 2019
Il faut vraiment être deux fois plus gaie, deux fois plus drôle, deux fois plus riche et deux fois plus généreuse pour ne pas basculer dans le camp des vieillards.
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OncleDanOncleDan   20 septembre 2018
"Je crois que je pourrais accepter la déchéance physique – dans une certaine mesure – si l'intelligence reste, sinon intacte, du moins correcte…. A quoi servirait de végéter en disant des conneries ? … Bouffer et faire pipi, non merci ! La seule solution à prendre, c'est de se tuer plutôt que d'accepter la déchéance."
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cathulucathulu   18 juin 2018
Ce qui s'installe, se crée entre deux membres d'un couple qui a longtemps vécu ensemble, c'est autre chose que la tendresse. C'est , je crois une peur commune de la mort : de la mort de l'autre, plus que de la sienne.
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Videos de Benoîte Groult (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoîte Groult
Une autre femme révoltée. le dernier projet d'écrivaine de la journaliste, romancière, Benoîte Groult était de publier son « Journal d'Irlande ». Préfacé par sa propre fille, Blandine de Caunes, aux éditions Grasset et Fasquelle, le texte de cette militante, grande figure du féminisme, retrace les 23 étés bercés par la mer, la pêche, les amis et les amours? Un récit aux allures de formidable leçon d'énergie.
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