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ISBN : 2253053554
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1990)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 186 notes)
Résumé :
Qui saura, entre homme et femme, inventer une passion qui ne s'use pas? Qui saura, malgré le temps qui passe, préserver les belles amours de leurs disgrâces quotidiennes?

Tel est, au fond, le secret de ces deux êtres que tout sépare, mais que d'intenses ferveurs rapprochent. Lui, c'est un marin breton, elle est une intellectuelle parisienne. Ils ne se ressemblent guère, un monde d'usages ou de convenances aurait dû les rendre étrangers l'un à l'autre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
11 décembre 2016
Heureuse que ma 600ème critique s'écrive ainsi sur une note positive. Lecture que j'ai eu envie de faire après avoir apprécié la critique d'Ambages !
C'est un roman dont je suis sortie envoûtée, remuée, secouée, bouleversée. Une auteure qui sait parler de la femme, de l'homme, des clivages sociaux et éducatifs, avec une émouvante intemporalité, une juste sensibilité.
Un récit sur l'alchimie physique, sur le trouble des sens, sur les mystères du plaisir sexuel, féminin comme masculin. Mais également, une histoire d'amour passionnelle, atypique, sincère, douloureuse et magnifique. Irrésistible attirance entre deux êtres opposés, entre séparations et retrouvailles, actes manqués et déceptions, en perpétuelle recherche d'eux-mêmes. Deux âmes qui se reconnaissent par et "dans" le corps de l'autre, comme un port d'attache salvateur, faute d'y engager / sacrifier leurs rêves, leur avenir, leur personne...
Une très belle plume, sensible, réaliste, humoristique parfois, qui décrit l'inconstance de la vie et les contradictions de l'amour. Enfin, jamais vulgaire, extrêmement sensuelle (plus qu'érotique), cette évocation de la sexualité comme le don le plus glorieux, l'abandon le plus absolu !!
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palamede
13 février 2017
Je ne sais pourquoi j'ai longtemps confondue Benoîte Groult avec Françoise Giroud. J'imagine que ce qui les a réunies dans mon esprit c'est leur profil de grandes amoureuses, féministes par dessus le marché. De quoi me plaire, moi qui apprécie les femmes libres qui parlent d'amour sans chichis.
Bon mais là l'histoire est un peu cliché, la parisienne intellectuelle et féministe qui tombe dans les bras du rude marin pêcheur ça sent le déjà vu. J'ai lu une autre variante récemment qui m'a un tantinet agacée : l'ex-paysan qui s'éprend d'une styliste parisienne. Rien à faire, le choc des cultures, je trouve ça passablement ennuyeux.
Non mais pas ici, Gauvin aime George (sans s comme George Sand) et vice versa. Leur amour dure malgré des temps sans se voir, surmonte les obstacles de toute une vie. C'est intense, physique. Et c'est surtout tellement bien écrit, décrit, que cette presque vieille dame (Benoîte Groult a 68 ans quand elle publie les Vaisseaux) nous donne une vraie leçon d'amour.
Car Benoîte trouve les mots justes de la passion physique, du transport amoureux, de celui qu'elle définit comme : " cet extrême plaisir qui recule les limites de la vie et met au monde en nous des corps que nous n'imaginions pas. " Non sans humour et voluptueusement, elle nous embarque dans les tréfonds humains, ceux du désir dont souvent on ne sait ou n'ose parler.
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1967fleurs
17 décembre 2016
Combien j'ai aimé cette lecture …
Je me suis reçue une pluie d'étoiles, merci vous avez appuyé sur la bonne touche Benoîte…
C'est tout de même un peu son histoire qu'elle nous partage dans ce livre, car pour écrire de cette façon, aller aussi loin, il y a une part de vécu…
Oui, il est question de sexe….bah oui j'le dis…. mais c'est surtout une magnifique histoire d'amour….
Socialement, intellectuellement, tout les sépare….elle est parisienne, prof, écrivain, lui breton, marin pêcheur, mais pourtant pas avec un cerveau de bulot….(je l'écris….pour éviter le cliché… !)
A travers leurs ivresses, cet amour irrépressible qu'elle éprouve pour cet homme, elle nous parle de l'amour charnel et de son plaisir, cet inconnu, l'abandon que l'autre fait surgir en vous…. Telles des vagues qui vont et viennent il est aussi question d'attente, d'incertitudes, de tourments….que provoquent ces mouvements du coeur et du corps…
J'ai aimé Georges, cette femme décomplexée, affranchie qui assume complètement sa sexualité, son désir, révélant à Gauvain sa pleine virilité, ses sentiments. Il y a une qualité chez cet homme que j'ai beaucoup appréciée, c'est son profond respect….
C'est érotique, sensuel, certains pourraient être choqués, trouver cela indécent, bah pas moi !
Puis c'est aussi la vie… nooon ?
Une plume poétique, réaliste, juste, intemporelle.

Merci Benoîte pour cette écriture « avangardiste », audacieuse, pour la femme de votre époque, j'ai adoooré…..bah oui… j'assume !
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Cricri124
19 juillet 2017
« J'avais dix-huit ans quand Gauvain m'est entré dans le coeur pour la vie, sans que nous le sachions, ni lui, ni moi. Oui, cela a commencé par le coeur ou ce que je prenais pour le coeur à cette époque et qui n'était encore que la peau. »
Eh oui, dès l'incipit, le décor est planté… Dans le coeur, dans la peau, par la peau… Allez savoir ! Tout semble pourtant les séparer : l'éducation, les conditions sociales, et surtout la vision de la vie.
« Jusqu'à l'adolescence, nous nous étions toisés comme les représentants de deux espèces inconciliables, lui dans le rôle du gars breton, moi de la Parisienne, ce qui nous donnait la rassurante certitude que nos chemins ne se croiseraient jamais. Il était de surcroît fils de paysan pauvre et moi, fille de touristes, ce qu'il semblait considérer comme notre profession principale et un mode de vie qui ne lui inspirait guère d'estime. »
Mais leurs corps eux, ne semblaient pas faire de distinction d'espèces et voulaient dialoguer…
Ce livre est un hymne au désir, à la passion physique, l'exacerbation des sens, qui transcendent les différences et le temps. L'écriture de Benoîte Groult sonne juste, elle est sensuelle, réaliste, sensible, avec même des traits d'humour. Il y a aussi quelques réflexions sur l'amour et la vieillesse très lucides. Nos deux amants ne vont pas se croiser « souventes fois » (comme le dirait Gauvain) mais ces rencontres s'inscrivent comme des intermèdes, faites « de premiers jours et de derniers jours », l'histoire d'un amour passionnel qui ne voulait « ni vivre tout à fait, ni mourir pour de bon ». Que d'émotions !
« Quand la vie tient ainsi tout entière dans l'instant et qu'on parvient à oublier tout le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie. »
...Et un intense moment de lecture !
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Iboo
19 décembre 2016
Pas d'envolées lyriques, le soir sur la lande brumeuse, entre une oiselle soupirante et un beau ténébreux torturé. Non, rien de tout ça.
"Les vaisseaux du coeur" c'est une histoire d'amour entre deux êtres dans lesquels on se reconnaît. Deux êtres qui n'auront cesse de s'étonner d'avoir pu accepter avec autant de tendresse ces différences sociales et culturelles qui leur auraient été intolérables chez d'autres. Deux êtres ancrés dans la réalité de leurs vies, de leurs responsabilités, de leurs engagements. Deux êtres qui ne se sont autorisés que des parenthèses sans jamais éclabousser le monde avec leur passion.
Deux êtres qui se sont aimés follement mais avec conscience, d'un amour vrai qui a défié le temps et ses vicissitudes.
Une histoire d'amour sans trémolos, aussi simple que magnifique.
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Les critiques presse (1)
LaPresse11 février 2013
Le récit improbable (et pourtant authentique) d'une histoire d'amour entre une intellectuelle féministe parisienne et un marin breton traditionnaliste [...] Le livre le plus poétique de l'auteure.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
Cricri124Cricri12414 juillet 2017
J'en étais à envisager des manœuvres si grossières... qu'il serait encore plus grossier de sa part de ne pas y répondre. Je me chargerais bien ensuite de lui prouver la délicatesse de mon âme. Mais comme tous les gestes salaces que j'ai souhaité faire dans ma vie, celui qui eût tiré Gauvain de son irritante indifférence ne parvint pas jusqu'à ma main. J'ai sans doute le corps mieux élevé que la tête!
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Cricri124Cricri12413 juillet 2017
Je me découvrais des aptitudes toutes fraîches pour le bonheur et une propension inattendue au rire et à la légèreté. Car le plus dur dans le malheur, ce n'est pas tellement d'être malheureux, c'est de se trouver privé de son minimum vital d'insouciance, de ce recours au rire ou, mieux encore, au fou rire salutaire qui fait sauter vos circuits et vous laisse pantelant, exhalant un de ces soupirs qui délivrent des pires tensions. Le malheur est désespérément sérieux.
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IbooIboo08 décembre 2016
À bord, les marins-pêcheurs vivent en système communautaire et sont payés à la part, selon les résultats de chaque marée. Gauvain se montrait très fier de ne pas être un salarié.
Chez lui on privilégiait la compétence, l'honnêteté, le courage ; la santé était une qualité et la fatigue une tare apparentée à la paresse. On mesurait un travail à son utilité, jamais à la peine qu'il coûterait ni au temps qu'il y faudrait.
Chez nous, Parisiens qui flirtions avec l'avant garde artistique (mon père éditait une revue d'art moderne), l'honnêteté passait pour une vertu un peu ridicule, sauf pour une bonne. On avait toutes les indulgences pour les ratés ou les oisifs s'ils avaient de l'esprit et savaient s'habiller, et un certain attendrissement à l'égard des alcooliques mondains assorti de mépris pour les poivrots de village.
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elematt44elematt4423 août 2012
J'avais le privilège de pouvoir regarder sans angoisse les premiers signes du mal sur mon corps, parce que quelqu'un l'aimait. Je tapotais mon ventre un peu bouffi et moins musclé sans trop d'écoeurement parce que quelqu'un l'aimait. Je contemplais avec résignation le ramollissement progressif de mes bras parce que quelqu'un m'aimait. Mon rictus, mes pattes-d'oie qui se creusaient... Tiens, c'est bien ennuyeux mais quelqu'un m'aime. Aucune dégradation ne pouvait m'abattre aussi longtemps que Gauvain me désirerait.
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AmbagesAmbages21 août 2016
- Qu'est-ce que tu veux que j'écrive ? Ils se couchent, ils se lèvent, ils se recouchent, il la baise et rebaise, il la comble, elle le fait reluire, il lui fait des yeux de merlan frit...
- Normal pour un marin !
- Tu as tout sauf les yeux de poisson.
- Les thons ont de beaux yeux, tu sais, noirs bordés d'argent. Dans l'eau je veux dire. Tu les as jamais vus vivants, toi, tu peux pas savoir.
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Videos de Benoîte Groult (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoîte Groult
Le 7 mars 2013, François Busnel reçoit :
Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges Alix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, à propos de Françoise Giroud, Histoire d'une femme libre : un manuscrit retrouvé par Alix de Saint-André à l'IMEC et publié par cet écrivaine à titre posthume. Andreï Makine, Une femme aimée Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière
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