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EAN : 9782246534822
336 pages
Éditeur : Grasset (14/03/2008)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.77/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Mon évasion : Tant que je saurai où demeurer, tant que je serai accueillie en arrivant par le sourire de mes jardins, tant que j'éprouverai si fort le goût de revenir et non celui de fuir ; tant que la terre n'aura perdu aucune de ses couleurs, ni la mer de sa chère amertume, ni les hommes de leur étrangeté, ni l'écriture et la lecture de leurs attraits ; tant que mes enfants me ramèneront aux racines de l'amour, la mort ne pourra que se taire. Moi vivante, elle ne ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  25 février 2017
Un livre que j'ai pris à la médiathèque à défaut des "Vaisseaux du coeur", dont je lisais de très bonnes critiques sur Babelio...
Je ne connaissais rien de Benoîte Groult, si ce n'est son nom, et que je confondais en plus avec Antoinette Fouque ! Bref, un désastre.
Le texte est une autobiographie non exhaustive, qui revient sur les différents événements qui ont sorti l'auteure de sa "léthargie" (c'est elle qui le dit), c'est à dire de son apathie devant une société patriarcale qui ne lui laissait -à elle et à toutes ses compagnes-qu'une fenêtre excessivement étroite pour exister.
Elle présente d'abord sa famille, son éducation peu machiste qui la prépare mal à la réalité de la société...Même si l'unique horizon d'une femme née en France en 1920 reste le mariage...Elle fait apercevoir au lecteur le dégoût (et la peur ?) de la société à cette époque pour les femmes non mariées, considérées en somme comme des êtres sans raison d'exister, des ratées, car elles ne font aucune de leurs deux missions sur terre : s'occuper d'un grand "bébé-homme" (sic), et de petits bébés...
Ensuite, elle nous relate ses trois mariages...Et son évasion...Comment elle a réussi à devenir écrivaine dans un monde qui n'acceptait même pas que les termes d'auteur et d'écrivain aient un féminin...
J'ai appris avec grand intérêt que c'est elle qui a féminisé ces termes, d'ailleurs : professeure, auteure, écrivaine, la juge, la ministre, en présidant la commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers...Et qui a essuyé les quolibets grossiers, orduriers, pathétiques d'un grand nombre de messieurs, qui auraient mieux fait de se taire : " "Comment ? Des précieuses ridicules allaient papoter sur notre belle langue autour d'une tasse de thé", ironisait Bruno Frappat dans le Monde." "Delirium épais, écrivait Alain Gillot-Pétré. Benoîte Groult a peut-être gagné sa croisade pour devenir écrivaine. Mais je pose la question : quel est le masculin pour "enculer les mouches à merde" ...Violent, le mister météo, bête et méchant. "Le Figaro magazine saluait notre "commission de futilité publique qui entendait enjuponner le vocabulaire""...Violent aussi, le mépris pour les femmes, dans cet aimable journal. "Au secours, voilà la clitocratie", titrait Jean Dutourd dans son billet en page 1 de France-Soir"...Que ces beaux messieurs aient cédé leur place sur notre belle terre me réjouit assez...Mais il y en a qui sévissent encore : "à la fin de notre commission, Bernard Pivot avait consacré une émission à la féminisation...Qui croyez-vous que Pivot avait choisi pour parler linguistique avec nous ? Guy Bedos ! (jamais il n'aurait fait ça à des hommes...) Alors il en a sorti quelques unes : "vous allez proposer" enseignette de vaisselle", maintenant que les femmes sont dans la marine, et "majordame", bien sûr." ..."Je vous citerai encore Marc Fumaroli, professeur au collège de France qui dans un article du Figaro nous proposait quelques féminins censés mettre les rieurs de son côté : pour les femmes recteurs, il nous proposait Mme La Rectale." Marc, si tu nous écoutes, toi qui te préoccupes du niveau des élèves, occupe-toi d'abord du tien, qui est complètement nul.
Un petit tour qui fait assez froid dans le dos, somme toute, sur la violence qui se déchaîne sur les femmes à chaque petit pas qu'elles font...Mais au moins, là, chère Benoîte, vous avez gagné la bataille et les petits messieurs se sont tus : "Cela dit, je crois au dynamisme du langage, et je suis convaincue que dans dix ans, on trouvera ridicules les "précieuses" qui continueront à dire "Mme Le..." Effectivement, je confirme.
A lire, donc, rien que pour se rappeler de cette violence et de ce mépris toujours menaçants.
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anlixelle
  08 janvier 2017
Ce livre est tombé dans ma panière tout à fait par hasard, et c'est souvent comme ça que nous tombons d'extase devant certains ouvrages qu'on n'attendait pas.
Ce fut le cas de l'autobiographie de Benoite Groult que je ne connaissais pas vraiment à l'époque.
Histoire de génération, mais j'ai depuis commencé à rattraper le temps perdu avec cette auteure incroyable récemment disparue à l'âge de 96 ans ( !).
Lire la vie de Benoîte Groult c'est d'abord entrer dans une machine à remonter le temps pour traverser le siècle passé en un voyage très féminin et forcément tourmenté.
On y lit des femmes qui obtiennent le droit de vote (« m'enfin ?! » aurait dit Gaston), d'avorter dans la légalité, de siéger à l'Académie Française... le tout sur fond de libération sexuelle (et surtout de libération maritale).
Voici la vie d'une ex-jeune fille rangée à la langue vive, cultivée et si intelligente, jamais soumise et toujours victorieuse.
J'ai beaucoup aimé l'histoire de celle qui nous rappelle que ce que nous prenons pour acquis ne l'est que récemment et reste fragile.
Ce texte tire donc toute sa force de la personnalité et de l'engagement de cette amoureuse de la vie, de celle qui a toujours refusé une seule règle : l'autovictimisation.

Lien : http://justelire.fr/mon-evas..
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mariecesttout
  11 avril 2014
A 88 ans, âge qu'elle avait en écrivant ce livre, Benoite Groult me semble être une jeune femme. Il faut dire qu'elle l'écrit elle-même, elle n'est vraiment « née » qu'à 50 ans! C'est cette seconde naissance qu'elle nomme son évasion, évasion lente et difficile ! Mais alors, qu'a-t-elle donc fait avant? L'enfance dans un milieu bourgeois très protégé, la guerre qu'elle a peu vu passer, un seul but, le mariage!
" Quel philtre avais-je donc bu, se demande-t-elle, pour être restée le quart de ma vie en léthargie tandis que le monde civilisé s'effondrait autour de moi ? "écrit-elle en racontant une anecdote assez terrible sur la conduite de sa famille devant une petite fille juive venant leur demander de l'aide.
" Il allait me falloir encore vingt ans et trois mariages pour me rendre compte que je jouais avec des dés pipés. »
Et aussi: "L'inégalité s'apprend dès l'enfance. Je l'avais ingurgitée sans grimaces en doses quotidiennes pendant vingt ans et je l'avais totalement assimilée."
C'est ainsi que dans ce livre dans lequel elle raconte sa vie avec pas mal d'humour et une honnêteté assez rare, elle explique quel a été son cheminement, et surtout quelles ont été ses difficultés pour parvenir à simplement prendre conscience d'inégalités flagrantes. Sur quels exemples se baser, que ce soit dans l'histoire, la religion , ou la littérature ?
"Il faut, je crois, que l'un des deux en se mariant renonce entièrement à soi-même et fasse abnégation non seulement de sa volonté mais même de son opinion; qu'il prenne le parti de voir par les yeux de l'autre, d'aimer ce qu'il aime. Mais aussi quelle source inépuisable de bonheur quand on obéit ainsi à ce que l'on aime! L'on fait à la fois son devoir et son bonheur". Ben voyons…
C'est un extrait d'une lettre d'Aurore Dupin à une amie lors de son mariage avec Casimir Dudevant, citée par Benoite Groult disant que 100 ans après, elle aurait pu écrire la même chose, elle qui comme la future George Sand , a reçu une claque lors d'un dîner d'amis, de la part de son mari Georges de Caunes , pour avoir exprimé un avis différent du sien …
C'est un livre bien construit, fait à la fois de récit et d'entretiens avec Josyane Savigneau. Un livre très vivant, un beau portrait de femme qui n'a pas peur d'affronter ses (et nos..) propres contradictions et de se moquer d'elle-même. Une femme qui nous fait un inventaire assez drôle des héroïnes féminines et de tout ce qui leur arrive comme malheurs , une femme qui aime la mer, la pêche, les jardins, les livres et tellement de choses, et une femme qui parle avec beaucoup de sincérité du vieillissement , sujet qui n'est pas si souvent abordé.
De la mort aussi, mais…
"Tant que je saurai où demeurer, tant que je serai accueillie en arrivant par le sourire de mes jardins, tant que j'éprouverai si fort le goût de revenir et non celui de fuir; tant que la terre n'aura perdu aucune de ses couleurs, ni la mer de sa chère amertume,ni les hommes de leur étrangeté, ni l'écriture et la lecture de leurs attraits; tant que mes enfants me ramèneront aux racines de l'amour, la mort ne pourra que se taire.
Moi vivante, elle ne parviendra pas à m'atteindre."
C'est joli..

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peneloppe277
  18 décembre 2019
La force de Benoîte Groult, c'est son regard sur les choses : sincère, sans concession et en même temps tendre et follement drôle.
J'ai pris un plaisir immense à lire ce livre, un vrai plaisir de lecture à savourer ces phrases ciselées, ces mots si bien choisis, un plaisir en tant que femme qui redécouvre tout ce que nous devons à nos aînées, et un plaisir de curieuse qui pénètre dans ce monde feutré de la bourgeoise d'après-guerre.
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Aela
  26 août 2016
Ah que de nostalgie à la lecture de ce livre!
Benoîte Groult, qui nous a quittés il y a quelques mois, était une des grandes pionnières du féminisme et son livre "Ainsi soit-elle" a marqué les esprits dans les années 70, quand j'étais adolescente, et quand on pouvait encore croire aux lendemains qui chantent, en matière de droits des femmes et de perspectives pour elles.. Que de régression depuis....
Le livre nous transporte dans une époque plus clémente.
C'est une autobiographie alerte, qui balaie une très grande partie du vingtième siècle; l'enfance dans les années 30 dans un milieu bourgeois parisien mais d'origine bretonne.
La mère de Benoîte Groult avait déjà une vie émancipée.
Nièce du grand couturier Poiret elle avait des dons artistiques.
Un portrait sans concessions où des épisodes difficiles sont évoqués comme ses avortements clandestins du temps où la loi Veil n'existait pas, l'échec de son premier mariage avec le journaliste Georges de Caunes.
Portrait avec des moments de bonheur aussi comme les cinquante ans qu'elle a passés auprès du romancier Paul Guimard, l'auteur des célèbres "Choses de la vie".
Elle nous rappelle une dernière fois, juste avant de nous quitter, que beaucoup reste à faire pour la cause des femmes...
Un très beau livre, témoignage des combats récents menés pour les femmes.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   02 juin 2014
Virginia Woolf avait raison : « Tuer la fée du foyer reste le premier devoir d’une femme qui veut écrire. » Si j’osais ! Mais les fées du foyer ont la vie dure, et dans mon cas, il faudrait tuer dans la foulée la mère et la grand-mère ! Woolf a sous-estimé le problème : elle n’avait pas d’enfants et Beauvoir non plus. Il aurait fallu me prévenir il y a très longtemps.
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latinalatina   23 juillet 2011
J'ai eu l'impression d'être revenue un siècle en arrière quand j'ai lu qu'un jeune type avait crié à Hillary Clinton dans une réunion électorale, en cette année 2008 :"Tu ferais mieux de repasser mes chemises !" et que ça a fait rire le public, par habitude, par résignation (à la connerie !). Impagine-t-on quelqu'un criant à Barack Obama dans un meeting : "Tu ferais mieux de cirer mes bottes !"' ? Ce serait un scandale dans toute la presse. Le racisme scandalise, le sexisme est considéré comme naturel, incurable et inévitable.
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AelaAela   26 août 2016
L'image de la femme donnée dans le roman "les vaisseaux du coeur" est en accord avec la place des femmes dans les civilisations nordiques, celtiques, vikings ou germaniques.
On trouve chez ces peuples du Nord des personnages féminins forts dans une grande variété de rôles.
Alors qu'à Rome, berceau du terrible "Droit romain", la femme n'avait ni nom (elle portait le nom de la "gens") ni droits.
Il en reste quelque chose en Italie, où les femmes sont si souvent représentées dans les rôles de Messaline ou de sainte.
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latinalatina   24 juillet 2011
Eh bien oui, je suis égoïste. Et alors? Il me semble au contraire qu'en m'aimant moi-même je suis devenue plus généreuse avec les autres. Les perpétuels déprimés, voilà les vrais égoïstes. Rien de plus exigeant, de plus narcissique et égocentrique qu'un déprimé chronique!
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mathilde08mathilde08   02 novembre 2016
Ce n'est pas parce qu'il avait du génie que Gauguin est parti peindre à Tahiti en abandonnant sa jeune femme et ses quatre enfants : il n'en savait rien encore, de son génie. C'est parce qu'il était un homme et qu'il pouvait déserter sa famille sans être poursuivi, interné, condamné par la société.
Loin de moi l'idée de parler de destin contrarié dans mon cas, de talent étouffé... Je cherche simplement à expliquer le renoncement de trop de femmes qui avaient peut-être quelque chose à dire, à inventer, et qui n'ont jamais pu l'exprimer. "Comment pourrait-il en être autrement ? Les femmes sont restées assises à l'intérieur de leurs maisons pendant des millions d'années, si bien qu'à présent ce sont les murs mêmes qui sont imprégnés de leur force créatrice."
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Videos de Benoîte Groult (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoîte Groult
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/blandine-de-caunes-la-mere-morte-51724.html
Si elle-même a publié un roman en 1976, « L'involontaire » qui ressort ces temps-ci chez Phébus, c'est avant tout en tant qu'attachée de presse dans l'édition que Blandine de Caunes s'est fait un nom, voire même un prénom. Quand ses propres parents s'appellent Benoîte Groult et Georges de Caunes, il faut assurer, ce n'est jamais facile de pousser à l'ombre des grands arbres.
Sur son père, souvent absent et peu attaché aux contingences familiales, elle reste discrète. S'agissant de son beau-père, en revanche, 3ème époux de sa mère, Paul Guimard, elle ne tarit pas d'éloges. Et là encore, grandir auprès de celui qui a écrit des romans mémorables comme « Les choses de la vie » ou « L'âge de pierre », voilà qui forge une personnalité.
C'est avec un ouvrage très personnel que Blandine de Caunes est aujourd'hui dans l'actualité. « La mère morte » paru chez Stock.
C'est effectivement sa mère que Blandine de Caunes met au coeur de son livre. Si on garde en mémoire Benoîte Groult, la battante, la féministe, l'intransigeante, l'écrivaine, elle qui a tant milité pour la féminisation des noms de professions, on sait moins ce que furent ses dernières années, elle qui vécut jusqu'à 96 ans.
Dans ce beau récit, bouleversant, profondément humain, sa fille Blandine nous raconte la vieillesse, la déchéance, la souffrance des proches quand Alzheimer s'empare de ceux qui ont tant été la vie.
Mais le récit prend encore une autre dimension quand Blandine de Caunes révèle le drame qui, dans le même temps, bouleversa son existence. Sa fille unique, Violette, trouve la mort sur une route ensoleillée, à l'âge de 36 ans. Ainsi donc, en 2016, année de ses 70 ans, Blandine de Caunes perd son enfant unique et sa propre mère. Elle écrit « Maman est un mot qui a disparu de ma vie. Je ne le dirai plus, je ne l'entendrai plus ».
Avec pudeur, sensibilité, sans voyeurisme ni sans pathos, avec une belle écriture qui emporte le lecteur, entre sourire et larmes, Blandine de Caunes se dévoile, nous raconte, sans rien cacher de ses doutes, de sa tristesse, de sa révolte. Mais son récit est aussi et surtout un formidable témoignage de vie, de joie, d'enthousiasme où l'amour et l'amitié tiennent un rôle essentiel. Dans ce récit au jour le jour, quand les épreuves s'accumulent, chaque petit bonheur prend un sens inattendu, chaque mot tendre devient un baume réparateur. Les lieux se révèlent être des havres de paix où les souvenirs heureux affluent et par un mot, une photo, un objet, les chers disparus s'invitent pour aider à porter le fardeau et continuer l'histoire familiale. Hommage à sa fille, hommage à sa mère, le livre de Blandine de Caunes est une pépite triste mais lumineuse dont la lecture est indispensable.
« La mère morte » de Blandine de Caunes est publié aux éditions Stock.
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