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EAN : 9782262018641
321 pages
Éditeur : Perrin (07/03/2002)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Après avoir publié sa monumentale et prestigieuse Histoire des croisades et du Royaume franc de Jérusalem, en trois volumes, que la Librairie Académique Perrin a rééditée en 1991, René Grousset avait écrit (en 1936) cette Épopée des croisades, une synthèse destinée naturellement à un plus vaste public, qui devint, elle aussi, un classique dont chaque ligne est précieuse. Sa réédition s'imposait. René Grousset nous conduit de la prédication d'Urbain II à Clermont — e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Sarindar
  24 juin 2019
C'est souvent après une somme que l'on ose les courtes synthèses. Fait-on là le meilleur ?
En 1939, date fatidique, René Grousset, grand historien orientaliste de son temps, donna à un plus large public qu'aux lecteurs de son impressionnante Histoire des Croisades un beau résumé et une galerie de portraits en même temps qu'un récit chronologique des grandes étapes de la geste franque en Terre Sainte et plus largement au Moyen-Orient. Il l'intitula, pour faire beau et parce qu'il y fallait donner un peu de lyrisme en ces temps où la France commençait de douter d'elle-même : L'épopée des Croisades.
Grousset avança au même pas dans cette double description imbriquée l'une en l'autre :
-portraiturale avec des personnages clés comme le Pape Urbain II, choisi comme figure inaugurale, Pierre l'Ermite, aveuglément considéré comme une figure populaire et un saint homme, alors qu'il fut certainement plus un illuminé quelquefois bien inspiré (mais pas souvent), les trois grands seigneurs (Godefroy de Bouillon, Raymond de Saint-Gilles et Bohémond de Tarente plus les Tancrède et les Baudouin) comme réalisateurs de l'impossible devenu réalité (aller jusqu'à Antioche, Tripoli, Édesse et Jérusalem, et prendre ces villes et en faire les centres de principautés chrétiennes ou de royaumes latins), Baudoin de Boulogne et Baudoin II valorisés dans leur travail de création et de consolidation du royaume hiérosolymitain, les couples ennemis Foulque contre Zengi, Louis VII qui se fourvoya dans l'attaque contre Damas qui aurait pu être une cité musulmane alliée ou neutre, Baudoin III contre Nour ed-Din à l'apogée du royaume, Amaury 1er et le mirage égyptien, l'héroïque sursaut du roi lépreux Baudoin IV contre Saladin, la revanche de ce dernier sur le prétentieux et médiocre Guy de Lusignan, le triumvirat - regards en coin - formé par Conrad de Montferrat, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion pour empêcher Saladin de profiter de la reprise de Jérusalem pour rejeter tous les Francs à la mer et le coup d'arrêt donné à Saint-Jean-d'Acre, l'action d'Henri de Champagne et d'Amaury de Lusignan, les vertus chevaleresques de Jean de Brienne qui manqua la réalisation de son objectif égyptien de fort peu (par la faute du cardinal-légat Pélage), la croisade sans y croire et toute diplomatique de l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen qui permit à la Chrétienté de recouvrer brièvement Jérusalem, la rêverie de Thibaud de Champagne et de Philippe de Nanteuil, les expéditions pour l'honneur et pour la Croix du saint roi Louis IX (dont la canonisation sous Philippe IV le Bel donna aux Capétiens plus de prestige encore), enfin les derniers sursauts des derniers îlots de résistance des Croisés le long du littoral syro-libano-palestinien et l'abandon de leurs derniers points d'appui, tout est dit sur le mode de l'épopée, grâce à ceux qui l'ont faite ;
- chronologique, avec les moments-clés, les épisodes charnières, les succès provisoires, les efforts surhumains et désespérés et les drames, de 1095 (le prêche) à 1291 (la chute définitive de Saint-Jean-d'Acre), en passant par la prise (sanguinaire et violente) de Jérusalem en 1099, la perte d'Édesse en 1144, qui entraîna un nouvel appel à la croisade, la défaite de Guy de Lusignan à Hattin en 1187 qui amena Saladin à s'emparer de Jérusalem, etc.
L'épopée avait beau être belle, elle n'était que rêve pour deux siècles de bravoure et d'effusion de sang, de confrontation et de dialogues manqués mais fructueux sur d'autres plans entre l'Occident chrétien plein d'une jeune vigueur et plein de présomption et un Orient musulman à l'aise sur son propre terrain. L'épopée ne pouvait s'achever que sur la ruine d'une entreprise construite comme un château de sable. Et René Grousset fut l'un des derniers nostalgiques de ce passé maintenant heureusement bien dépassé et fort éloigné dans le temps. Cela malgré toutes les tentatives européennes, américaines et autres de s'immiscer dans les affaires moyen-orientales ou proche-orientales (où les intérêts énergétiques jouent un grand rôle, en Arabie, en Irak, au Koweït, en Iran, etc.)
François Sarindar
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Pchabannes
  03 mai 2014
Seul un maître peut envisager de nous offrir en 300 pages l'épopée des croisades depuis 1095 au tournant de 1250. Et si cet ouvrage est brillant, c'est qu'à aucun moment le narrateur n'ostracise un camp par rapport aux autres et toujours réintègre ces évènements dans un contexte géopolitique qui ne s'arrête pas à Jérusalem.
Urbain II a vingt ans en 1064 lorsque les chevaliers français passent les Pyrénées pour donner la main à d'autres chrétiens pour bouter l'infidèle hors de l'Aragon. La Reconquista n'est-elle pas déjà une croisade ? 1089 Urbain II lance de nouveau les chevaliers du midi vers l'Espagne. Les intérêts terrestres se mêlent clairement à la volonté divine papale alors pourquoi l'Orient ?
Géopoliticien d'abord, c'est là tout l'art de René Grousset de remettre en perspective la situation d'alors avec une situation des plus complexes s'étendant sur plusieurs siècles mêlant Turcs Seljoukides, Kurdes, Arabes, Persans, Arméniens, Byzantins, Francs, Normands, Pisans, Gênois…et les personnalités qui parfois font autant l'histoire que les peuples tout entiers.
L'Islam a quatre cents ans. Sa source arabe et perse perd de sa combativité première. Depuis le IXème siècle les guerriers d'Asie centrale, frappent à la porte de l'Est. 969, Damas, Antioche, Galilée, l'empire byzantin reprend les terres à l'Islam. Logistique oblige, les ports libanais restés sous contrôle arabe l'empêchent avant de reprendre Jérusalem. 1005 les territoires sont repris par le Khalife du Caire. La persécution mal ressentie rendit visible les carences chrétiennes en ces terres.
1055, les Turcs Seljoukides entrent à Bagdad et se superposant à l'empire arabe devient la race impériale du monde musulman.
La conquête musulmane, après deux siècles d'arrêt, reprend son cours. Tout change. Tout recommence. L'épopée des croisades trouve sa source et sa motivation.
1071, le désastre de Malazgerd (Manzikert). Au coeur de l'Arménie, l'empereur byzantin Romain Diogène se mesure au Sultan turc Alp Arslan (le lion robuste). Race militaire, endurcie par des siècles de nomadisme dans les âpres solitudes de la Haute Asie, le Turc est rude. L'Arménie byzantine conquise paye le prix du sang. Les ¾ de l'Asie Mineure passe sous contrôle turc, suivent Jérusalem prise au Arabes et Antioche aux Byzantins. 20 ans plus tard, Melik-Châh (1072-1092), petit-fils des nomades sortis des profondeurs de l'Asie Centrale trempe, son sabre dans les eaux de la Méditerranée.
1095, première croisade à l'appel d'Urbain II. Les Francs prennent la relève des grecs défaits alors que le grand empire turc slejoukide perd de sa force avec la mort de Melik-Châh.
Les avions n'existant pas encore, c'est à pied que Godefroid de Bouillon, Raymond Saint-Gilles, Bohémond de Tarente et autres barons se rendent en Syrie. il fallut bien traverser l'Europe, Constantinople et rencontrer les Turcs sur les plateaux de l'Anatolie.
1er Juillet 1097, la victoire de la chevalerie franque lors de la bataille de Dorylée (Eski-chéchir) trancha pour plus d'un siècle le rapport de force dans le proche Orient. Une force nouvelle s'était levée depuis la capture de l'empereur byzantin par les seljoukides en 1071 à Malazgerd. Les races guerrières de l'Ouest et de l'Asie, Francs et Turcs, apprirent à s'estimer et le chroniqueur de la Gesta Francorum nota : « A la vérité, ils reconnaissent de leur coté que nul, à part les Francs et eux-mêmes, n'a le droit de se dire chevalier. »
A propos des Poulains et des croisades suivantes.

L'on imagine les Croisades comme l'arrivée successives de contingents venus à la conquête d'un pays. Rien n'est plus faux. Conservons à la mémoire qu'après 20 ans de présence une génération née sur place s'est levée. Les mariages mixtes sont la règle. Ce sont les Poulains. Et le Royaume Francs est d'abord leur histoire.
Loin de nous l'idée de retracer ici l'ensemble de l'ouvrage. Il suffit de dire que l'histoire du royaume franc en Syrie ne fait que commencer. Il faudra le talent de René Grousset (1885 – 1952) de l'Académie française pour entrer dans les détails tout en conservant un fil romanesque, pour pointer les personnalités de chaque camp tout en conservant une vision géopolitique
Cartes et autres compléments en suivant le lien

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exarkun1979
  07 août 2012
Je dois avouer que j'ai toujours eu un certain dédain pour les Croisades. J'ai toujours imaginé ces chevaliers rustres qui envahirent la Terre Sainte pour se battre contre les Musulmans. Mon intérêt s'est développé lorsque j'ai lu l'histoire de l'Empire Byzantin. J'ai vu qu'il me manquait un gros pan de l'histoire qui m'aurait permis de mieux comprendre l'histoire de cet empire.
J'ai donc énormément appris en lisant ce livre. J'ai découvert de grands personnages de l'histoire dont a peu ou pas appris leur vie fascinante dans les cours. Même en faisant un an d'histoire à l'université, je n'ai jamais rien appris sur le grand Saladin.
Le grand avantage de ce livre, c'est qu'il n'est vraiment pas très compliqué à lire. L'auteur reste toujours simple dans sa façon d'écrire et n'accroche pas sur les points plus obscur de l'histoire des Croisades. C'est le livre par excellence pour s'initier aux Croisades.
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Nodib29
  01 mai 2018
Les croisades vues par un chrétien au temps des colonies.
Dans son récit des croisades, René Grousset est loin d'être neutre. Dans le premier chapitre, il justifie l'appel du pape Urbain II à la Guerre Sainte : « La prise de possession de l'Asie Mineure par la race turque et par l'islamisme imposèrent à l'Occident la conviction que pour sauver l'Europe directement menacée, les nations occidentales de devaient d'intervenir ». Jérusalem, berceau de la chrétienté devait être « délivrée ». Pour l'auteur, les croisades ont été bénéfiques : « La catastrophe de 1453, qui était à la veille de survenir dès 1090, sera reculée de trois siècles et demi ». Et il conclut, dans un grand élan de lyrisme : «Et tout cela sera l'oeuvre voulue et consciente d'Urbain II. Au geste du grand pape, barrant la descente du fleuve, le cours du destin va être arrêté et brusquement refluera. »
Devant un tel parti pris, comment faire confiance à René Grousset pour traiter les protagonistes de façon équitable? de fait, s'il a bien puisé dans des sources arabes, il n'en a gardé que les passages vantant la bravoure des Francs.
Malgré cela, j'ai tenu jusqu'à la prise de Jérusalem, le 15 juillet 1099. Si René Grousset admet qu'il y a eu un véritable massacre « les fureurs inhérentes à toute prise d'assaut se prolongèrent ici beaucoup trop longtemps », il pardonne trop facilement aux croisés « Chez ces hommes rudes, après tant d'épreuves et de périls, rien ne subsistait plus qu'une immense émotion religieuse ». Pour lui, l'essentiel est que le but soit atteint, Jérusalem est « délivrée » et les chrétiens ne peuvent que s'en réjouir. Cette trop grande indulgence devant des crimes commis au nom de Dieu m'a dégoutée, je ne suis pas allé plus loin.
Cette vision pro-occidentale de René Grousset correspondait au discours de rigueur en 1936 dans une France coloniale. Elle est aujourd'hui complètement dépassée, je ne comprends pas qu'elle puisse encore être présentée comme la référence sur l'histoire des croisades.
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liberliger
  27 octobre 2012
Un ouvrage passionnant comme toujours avec René Grousset. Une véritable épopée avec ses noms illustres, ses glorieux faits d'armes animé d'un authentique esprit chevaleresque tant chez les Latins que chez les musulmans, mais aussi quelques heures noires, de la plus funeste barbarie et intolérance religieuse au début et à  la fin de ce royaume franc de Jérusalem. Magistral.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
EFournEFourn   21 novembre 2012
Son chevaleresque adversaire, le sultan Saladin qui unissait, lui aussi, à la gloire des armes le mérite d'avoir favorisé cette détente, avait dû se contenter également d'un demi succès. Sans doute jouissait-il dans tout le monde islamique du prestige incomparable que lui valu la reconquête de Jérusalem, mais après avoir, dans la journée de Hanttîn, touché de si près à la victoire totale, il avait connu les jours sombres d'Acre et de Jaffa et, tout en conservant à l'Islam la mosquée d'Omar, dû rétrocéder aux chrétiens la côte palestinienne. Il est vrai aussi que sa générosité, son humanité profonde, sa piété musulmane sans fanatisme, cette fleur de libéralisme et de courtoisie qui ont émerveillé nos vieux chroniqueurs, ne lui valaient pas dans la Syrie franque une moindre popularité qu'en terre d'Islam. En le fréquentant dans les circonstances les plus tragiques où l'homme se montre en entier, les francs avaient appris que la civilisation musulmane peut, elle aussi, produire des types d'humanité vraiment supérieurs, de même que les Musulmans, un peu plus tard, devaient avoir une révélation analogue de la civilisation chrétienne en fréquentant Saint Louis.
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huguesdepaynshuguesdepayns   02 septembre 2014
La brillante délivrance de Beyrouth prouve qu’en dépit d’une situation pleine de périls, l’Etat franc tenait partout tête à l’ennemi. Même représenté par un malheureux lépreux, la dynastie angevine remplissait avec vigilance son rôle tutélaire. Et quel personnage d’épopée - une épopée chrétienne où les valeurs spirituelles prévalent – que ce jeune chef qui, les membres rongés d’ulcères et les chairs prêtes à tomber, se fait encore porter à la tête de ses troupes, les galvanise par sa présence de martyr et, au milieu de ses souffrances, a de nouveau l’orgueil de voir fuir Saladin !
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PchabannesPchabannes   03 mai 2014
Nous qui étions occidentaux, nous sommes devenus orientaux [...]. Nous avons oublié les lieux de notre origine ; plusieurs d'entre nous les ignorent ou même n'en ont jamais entendu parler. 
Untel possède ici des maisons en propre comme par droit d'héritage, tel autre a épousé une femme, non parmi ses compatriotes, mais syrienne, arménienne, parfois même une Sarrasine baptisée. [...] On se sert des diverses langues du pays ; et les langues jadis parlées à l'exclusion les unes des autres sont devenues communes à tous, la confiance rapproche les races les plus éloignées. La parole de l'Écriture se vérifie : "Le lion et le bœuf mangeront au même râtelier." Le colon est maintenant devenu presque un indigène ; qui était étranger s'assimile à l'habitant. 
Ceux qui étaient là-bas pauvres, Dieu ici les a rendus riches. [...] Pourquoi retourneraient-ils en Occident ? Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana, 
dans Recueil des historiens des croisades, historiens occidentaux. XIIe siècle
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huguesdepaynshuguesdepayns   24 août 2014
Mais après bien des erreurs, bien des défaillances, aussi, il avait la suprême consolation de pouvoir se dire qu'il mourait à la tâche, fidèle au devoir, ayant refusé de quitter cette Terre Sainte où il avait trouvé tant d'amertume, "à l'exemple du Christ qui avait refusé de descendre de la Croix".
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huguesdepaynshuguesdepayns   07 septembre 2014
Dans une tente splendide, sur un haut tertre qui dominait le théâtre des opérations, entouré de ses frères el-Mouazzam, sultan de Damas, et el-Achraf, sultan de Djéziré, il offrit au roi-chevalier un festin magnifique. Mais au milieu des plus flatteuses attentions le vieux soldat ne put retenir ses larmes. Le sultan s'en étonna: "Pourquoi pleures-tu? Il ne sied pas à un roi de pleurer." - "Je puis pleurer, répondit Brienne, quand je vois là-bas tous ces pauvres gens que Dieu m'avait confié mourir de faim;" De fait, l'armée franque, entourée par la crue et sans vivres sur l'étroite chaussée où elle avait dû mettre les armes bas, tombait d'inanition.
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