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EAN : 9782070453313
144 pages
Gallimard (28/08/2014)
4.17/5   15 notes
Résumé :
«Je tenterai de vanter ces divines suspensions temporelles que nous allouent parfois lesdits temps morts, c'est-à-dire ces merveilleuses occasions qui nous sont parfois octroyées de nous soustraire au stress de la vie trépidante d’aujourd’hui.» Préserver le luxe d’un rythme personnel face à la cadence de plus en plus oppressante des horloges, accorder ses états d’âme aux variations de plus en plus capricieuses de la météorologie, bref s’adapter - si c’est encore pos... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
pgremaud
  12 décembre 2014
En français, il y a un seul mot pour désigner le temps qui passe et le temps qu'il fait. Ce n'est pas comme l'allemand qui différencie « Zeit » et « Wetter » ou l'anglais qui a « time » et « weather ». En fait, je pense que c'est surtout les langues latines qui n'ont pas cette distinction.
Les réflexions de Denis Grozdanovitch entremêlent ces deux dimensions du temps autour de la vie, des loisirs, de la lecture, de l'écriture. Il pose un regard sur les différents phénomènes météorologiques comme la pluie, les nuages, le vent, la neige et la manière dont ils influencent ses loisirs ou sa découverte de villes comme Paris, Londres, New-York ou Venise.
Puis il s'intéresse au temps qui passe et à sa fuite. Est-il possible de l'arrêter, de répondre à l'appel que lance Lamartine dans « Le lac » ? Grozdanovitch pense que c'est notre « emploi du temps » qui nous permet d'acquérir une certaine liberté physique ou intérieure. Il y a également la prise de notes au quotidien qui est un moyen de ralentir le temps et de récolter des « instants de furtive éternité » comme les appelle Charles-Albert Cingria. On peut y ajouter aussi la musique, la contemplation des oeuvres d'art ou le jeu d'échecs.
Certaines digressions philosophiques de l'auteur m'ont un peu lassé. Mais il a le bon goût de convoquer au milieu de ses réflexions d'autres auteurs comme il le dit lui-même : « Puisque je ne puis désormais, en sus de mes inévitables digressions, me dérober à cette mission devenue mienne d'être un passeur littéraire... » On rencontre ainsi des auteurs variés comme Horace, Brodsky, Lewis Caroll et Marcel Proust évidemment, lui qui « recherchait le temps perdu ». Parmi les compagnons de réflexion de Grozdanovitch, on croise encore des auteurs qui me sont chers, notamment Claudio Magris - avec des citations de « Danube » et de « Microcosmes » (qu'il va falloir que je relise !) - et toute une pléiade d'écrivains suisses comme Georges Haldas, Charles-Albert Cingria, Nicolas Bouvier et Jean-François Duval (que je ne connaissais pas). Terminons cette agréable variation littéraire sur le temps avec une dernière citation d'un autre écrivain suisse qui n'a pas hésité à tenir son journal pendant 42 ans : c'est Amiel qui nous confie : « Prendre le temps comme il vient et les hommes comme ils sont, cette sagesse-là vaut mieux que la majesté hautaine. »
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ramsesgribou
  02 août 2018
Quel petit grand bonheur que ce livre d'un auteur découvert au salon du livre de Geaune en 2017. J'y ai retrouvé les plaisantes paroles qu'il avait dites en conférence. Enfin un sportif que j'apprécie ! Une philosophie de vie avec beaucoup d'aphorismes, un éloge de Venise... où l'auteur que je croise devant mon stand me parle du temps où son papa à Vézelay terminait de payer les vacances de la famille en vendant les aquarelles qu'il vendait directement sur place aux touristes. C'est un éloge de la pluie contre les adorateurs monothéistes du soleil. A lire en ces temps de canicule ..
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chrislav
  19 décembre 2015
Lorsque l'on ouvre un nouveau livre de D,Grozdanovitch et si nous avons déjà eu le bonheur de lire quelques-uns de ses précédents petits bijoux qu'il nous offre, nous savons que, très certainement, nous allons nous laisser glisser dans ses pas, nous laisser transporter, doucement, très doucement, vers un havre de paix, de culture et de sérénité qu'il sait si bien partager.
J'ai "dévoré" ce bienfaisant éloge, lentement, lentement, au fil de ces instants qui passent tout en saisissant "le temps comme il va".
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lehibook
  26 mai 2019
Pour moi il y a deux sortes de bouquins préférés : ceux qui incitent à en lire d'autres , ceux qui incitent à écrire . Cette suite de courts essais offre pour un prix modique (2eu) les deux plaisirs et s'y ajoute celui d'un style raffiné , d'une pensée qui allie profondeur et humour. Un vrai petit bonheur !
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lelivredapres
  16 septembre 2014
On ne saurait trop souligner l‘importance des titres en littérature, et celui du dernier livre de Denis Grozdanovitch est à la fois efficace et parfaitement approprié à ce petit essai qui, s'il constate les bonnes raisons que nous avons de nous plaindre de la fuite du temps, n'en reste pas moins optimiste, en nous rassurant sur notre capacité à affronter le «temps comme il va».
Et «le temps comme il va», c'est, en français, à la fois le temps météorologique et le temps qui passe. Les deux sont très liés, comme nous le démontre l'auteur qui allie les réflexions philosophiques aux images poétiques liées à son enfance...
Lire la suite : http://lelivredapres.wordpress.com/2014/09/16/petit-eloge-du-temps-comme-il-va/
Lien : http://lelivredapres.wordpre..
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critiques presse (3)
NonFiction   23 février 2015
Dans une prose libre et rénovatrice, Denis Grozdanovitch cherche à repoétiser le monde merveilleux des heures perdues et du temps à retrouver.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LeFigaro   17 septembre 2014
Dans son style bien à lui, mélange de souvenirs extirpés du fin fond de sa mémoire et de digressions poétiques qui au fil de sa plume finissent miraculeusement par présenter une étonnante cohérence, il égrène en onze chapitres, les plaisirs rares provoqués pes temps nuageux, pluvieux, venteux [...].
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   17 septembre 2014
Denis Grozdanovitch fait son miel de petites choses futiles. Mais procure au lecteur un plaisir intense.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
pgremaudpgremaud   11 décembre 2014
Maintenant, Georges Haldas qui, quand il nomme l'invisible, désigne, je crois, l'une des modalités de cet enchantement presque impalpable :
« Je consigne ici que ce soir est un soir comme les autres. Il fait très froid. Bise. Plaques de verglas. Boulevard désert. Café désert lui aussi. Musiquette à la radio. Les garçons, désoeuvrés, discutent. Tout est familier. Pourtant l'invisible vous enveloppe. Et vous pénètre. Sans rien pouvoir en dire, je le sens. Au milieu de tout. Et en moi. Je suis percevant cela, comme en état d'alerte. Mais nul, du dehors, ne s'en doute. Et moins encore ne l'imagine. Je suis simplement un homme qui, penché sur sa table, écrit dans un carnet. Toute l'énigme — mortelle — de la vie est dans la conscience de ces instants. De cette présence réelle de l'invisible mêlée à la réalité de ce qui nous entoure. Mais la manière dont je consigne cela ne rend nullement compte du phénomène. De ce qu'il y a de banal en lui, et de stupéfiant. » (Georges Haldas, Le coeur de tous, L'Âge d'homme, 1988)
Il est sûr que notre prétendu progrès occidental, désormais presque entièrement dévolu aux valeurs quantitatives, paraît avoir perdu le sens du simple et naïf bonheur.
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pgremaudpgremaud   16 septembre 2014
A vrai dire, il m'a toujours semblé que la météorologie climatique induisait en nous, selon les variations de l'atmosphère, une météorologie plus subtile : celle de nos états d'âme. La joie ou la gaieté, la tristesse ou la mélancolie, l'impatience, l'humeur vagabonde ou la paresse de certains jours paraissent bien en effet (du moins en majeure partie) être reliées au temps qu'il fait.
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pgremaudpgremaud   27 septembre 2014
Et puis surtout, lorsque la pluie avait commencé tôt le matin et menaçait de durer, il y avait les lectures ! Ces longues lectures des jours de pluie dans lesquelles on s'embarquait, ma soeur et moi, chacun à un bout de la pièce, nous adressant de temps à autre des commentaires sur nos émerveillements respectifs (que nous n'écoutions d'ailleurs qu'à demi, tellement nous étions "pris" par nos aventures livresques respectives), et qui demeurent pour moi l'un des cadeaux les plus somptueux que la vie m'ait offert !
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pgremaudpgremaud   09 décembre 2014
Au petit matin, glissant un oeil par la fenêtre, je crus tout d'abord être dupe, une fois de plus, d'un réveil simulé par le songe. La neige épaisse, primordiale, celle des contes et légendes, avait étouffé l'ordinaire frénésie urbaine sous une chape de silence surnaturel. J'étais étonné et ravi de ce soudain retour au calme par la grâce d'une si simple intercession: ces doux flocons, presque fantasmatiques, descendus du ciel comme de minuscules angelots pacificateurs! L'ancienne ferveur enfantine, enfouie sous les décombres du temps, de la lassitude, avait resurgi en moi et je contemplais les toits, les jardins muets et extatiques — comme sanctifiés par la blanche apparition! — à la façon dont les gosses agglutinés devant la vitrine du grand magasin scrutent avec recueillement l'âne, le boeuf et les santons dans la crèche.
S'il est une chose que tout le monde ressent, c'est bien l'enchantement des premières minutes où, après une matinée de ciel bas et indécis, telles de petites plumes échappées d'un édredon céleste, les premiers flocons se matérialisent dans l'espace. Ces instants me sont toujours apparus comme une sorte de rémission dans la fièvre du monde trépidant d'aujourd'hui et il est rare que fines contemporains, si affairés puissent-ils être, ne l'accueillent pas avec une gratitude recueillie.
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pgremaudpgremaud   09 décembre 2014
Certains jours, par exemple, où le gris bleuté légèrement teinté de rose du ciel nimbe toutes choses d'une aura impressionniste et que l'eau de la Seine approfondit son vert tirant sur le plus beau jade chinois, que les péniches se croisent en ronflant tandis que la brise fait flotter leurs pavillons, que les mouettes font des concours de loopings, que des cyclistes pédalent fièrement le long de leurs couloirs réservés et que des couples d'amoureux — visiblement soucieux de respecter la tradition — s'étreignent sous les ponts, flâner à pied le long des berges du fleuve en n'ayant d'autre projet que celui de visiter une exposition Vallotton, de prendre éventuellement ensuite un thé avec une belle inconnue abordée devant un tableau ou bien de dénicher un livre rare chez un bouquiniste et plus tard encore de trouver un partenaire d'échecs au jardin du Luxembourg, tient d'un luxe somptueux !
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Vidéo de Denis Grozdanovitch
L'académicien Erik Orsenna publie «Géopolitique du moustique», chez Fayard, dans lequel il entraîne les lecteurs dans un grand voyage pour tenter de mieux comprendre la terre et la mondialisation. À ses côtés, René de Obaldia, de l'Académie française, évoque la sortie de son ouvrage «Perles de vie», publié chez Grasset, un recueil de pensées et de citations. Cinq grands noms du théâtre - François Morel, Jean Rochefort, François Berléand, Bernard Murat et Michel Bouquet - rendent hommage à son oeuvre. La biologiste Emmanuelle Pouydebat publie «L'Intelligence animale», chez Odile Jacob, tandis que Denis Grozdanovitch fait paraître «Le Génie de la bêtise», chez Grasset. L'émission propose également un entretien, enregistré aux Etats-Unis, avec la romancière américaine Toni Morrison, prix Nobel de littérature en 1993.
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