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Guy Le Clech (Traducteur)
EAN : 9782070423729
352 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)
4.16/5   88 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur
" Pendi, pendu, pendant ! Vois ce qu'a fait celui qui pend. Pendu, pendi, pendant ! Vois le voleur se balançant ! C'était la chanson que chantaient les enfants : tous les enfants du débarcadère de Cresap sauf, bien entendu John et Pearl. " Car leur père qui s'était promis de ne plus voir des gamins mourant de faim a fini au bout d'une corde. Et parce qu'il a planqué un magot, ses orphelins vont croiser la route meurtrière de Prêcheu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 88 notes
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koalas
  18 juillet 2016
Ben Harper s'est mis dans des sales draps pour un hold-up qui a mal tourné, deux meurtres qui lui valent une pendaison haut et court.
En attendant la sentence implacable, il partage la cellule avec un pasteur qui essaye de lui tirer les vers du nez sur les 10000 dollars subtilisés pendant le braquage
Libéré de la geôle, le prêcheur, prêt à tout pour récupérer le magot, va rendre visite à deux agneaux qu'il entend bien cuisiner....
La nuit du chasseur de Davis Grubb se laisse conter
sous la forme d'un duel hallucinant entre un loup affamé, deux petits agneaux traqués, une mère biquette qui se laisse embobiner et une vieille bique qui connaît la musique...
L'atmosphère pesante et oppressante a pour cadre la Californie des années trente sous fond de crise, de chômage, de misère, d'orphelins qui courent les routes
et d'âmes perdues aux yeux exorbités envoûtés par de longs prêches sans fin sur la Haine et l'Amour...gravés sur les phalanges d'un inquiétant prêcheur.
sans oublier une glaçante ritournelle haut perchée Pendit, pendu, pendant ! Vois ce qu'a fait celui qui pend !
Un grand roman noir flippant des années cinquante,
aussi brillant que sa célèbre adaptation cinématographique expressionniste du réalisateur Charles Laughton
L'interprétation de Robert Mitchum sous les traits du terrible prédicateur y est magistrale.
Qualité rare, un sans faute pour le thriller et le film.
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belette2911
  30 juillet 2014
Il est des livres terrifiants, ceux qui vous font dresser les cheveux et qui vous malmènent le palpitant sans avoir besoin de vous sortir des monstres du placard, des vampires de tombes sinistres ou des cadavres sanguinolents et torturés.
Tout l'art de foutre la trouille se trouve dans l'atmosphère de ce roman : sombre, plombée, angoissante, étouffante, oppressante. Ce combat psychologique entre un homme (un magnifique salaud) et un enfant qui gardera les lèvres scellées…
Que lui veut-il ? Faisons un bref retour en arrière.
La crise de 1929 fut terrible. Tout le monde garde en mémoire ces banquiers se défenestrant ou ces gens jetés sur les routes, ces familles Joad partant en quête d'une hypothétique vie meilleure en Californie.
Les années qui suivirent furent dures pour tous et parce qu'il ne voulait pas voir ses enfants souffrir de la faim et parce qu'il voulait leur offrir une vie meilleure, Ben Harper a braqué la banque, dérobant 10.000$ et tuant les deux caissiers.
Les hommes en bleus (pas des membres de l'UMP) sont venus l'arrêter devant ses enfants mais avant cela, il avait eu le temps de cacher le magot, faisant jurer à John et à la petite Pearl de ne jamais rien dire et de garder le secret.
Ces incommensurables imbécilités qui furent de voler et de faire jurer le silence sur sa planque à deux enfants de 9 et 5 ans seront complétées par la pire autre connerie qu'il pouvait faire…
Attendant sa pendaison, Ben Harper se vantera devant un autre détenu que l'argent existe toujours, un homme qui se présente comme un homme de Dieu et nommé le Prêcheur, Robert Mitchum pour le cinéma.
Les anciens se souviennent que "Love-Love" était le surnom donné à Marlène Jobert par Charles Bronson dans "Le passager de la pluie".
Ici, nous avons "Love-Hate" : les mains du Prêcheur Harry Powell sont tatouées au niveau des phalanges. Sur la droite, le mot "LOVE" et sur la gauche, celle dont il dit que ce fut la main avec laquelle Caïn tua Abel : "HATE".
Cette dualité qui habite le Prêcheur a plus tendance à basculer du côté obscur de la Force, heu, de la haine.
Portant le masque de la gentillesse et de l'Amour Divin, Harry Powell est prêt à tout pour mettre la main sur le pactole. Il a du charme, c'est un beau parleur, un bon prêcheur et les femmes l'aiment bien.
Toutes les femmes ? Oui ! Ne reste pour lui résister que le petit John, neuf ans, qui a très bien compris que cet homme ne vise qu'une chose : la magot de son père.
Le petit John sait pourquoi Powell veut s'introduire dans la maison, il sait très bien pourquoi il séduit sa mère… Il sait qu'il doit garder le silence et protéger sa soeur au péril de sa vie, s'il le faut. le plus mature dans tous les adultes qui l'entourent, c'est John, neuf ans ! Sa mère, elle, est bête à manger du foin.
Les scènes entre le Prêcheur et John sont des moments fort pour le petit coeur fragile du lecteur. Cet homme est d'une cupidité qui fait froid dans le dos, le tout camouflé derrière sa foi intransigeante et ses belles paroles sur le péché, le tout enrobé de paroles doucereuses et mielleuses.
Un huis clos qui vous oppressera et un Méchant qui renverrait presque l'infirmière Annie Wilkes (Misery) au rayon des gentils.
Heureusement que dans tous ces crétins bêlant devant le Prêcheur, il y en aura d'autre pour se dresser devant lui.
Pas de temps mort, une ambiance à vous glacer les sangs, des personnages forts, un style qui frappe et une lecture qui vous laisse groggy, mais heureuse.

Lien : http://thecanniballecteur.wo..
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MissSherlock
  27 juin 2016
Chiiiiiiiildren! Voilà un cri glaçant qui résonne aux oreilles de John et Pearl, deux petits gosses en cavale parce que leur beau-père tente de leur voler du pognon et accessoirement de les faire passer de vie à trépas. Et pourquoi tant de H.A.I.N.E. me direz-vous ? Parce que le beau-père, qui se fait appeler Prêcheur ou Harry Powell (à moins que ça ne soit Robert Mitchum ?) est une ordure qui a partagé la cellule du père des gosses avant que celui-ci ne soit pendu. En effet, papa Ben Harper (qui ne chante pas) a braqué une banque et buté deux mecs pour offrir un avenir meilleur à ses gosses. Drôle de méthode mais en 1929 en Amérique, c'est la crise et les possibilités d'enrichissement sont aussi faibles que mes chances de gagner un concours de miss.
Après s'être fait arrêter par « les hommes en bleu », il ne trouve rien de mieux que de dévoiler au Prêcheur, que l'argent n'est pas au fond de la rivière comme tout le monde le croit. Dès sa sortie de taule, le Prêcheur se rapproche de la veuve de Ben qui, pas farouche pour deux sous et pas plus maligne qu'une bûche, décide de l'épouser. C'est le début du cauchemar pour le petit John qui ne veut pas dévoiler le secret de son père, quitte à risquer sa vie et celle de sa soeur.
LA NUIT DU CHASSEUR est un livre terrifiant. Il n'y a peut-être pas de clowns maléfiques ou de fantômes mais il fait claquer les dents. L'ambiance est cauchemardesque, totalement irrespirable, anxiogène et noire comme la suie. Harry Powell est un salaud de première catégorie et ses multiples affrontements avec John ont mis mes nerfs à rude épreuve. Même si je connaissais la fin de l'histoire grâce au film, j'ai tout de même tremblé comme une feuille pour les enfants à de nombreuses reprises.
Et sous couvert d'un thriller, Davis Grubb brosse le portrait d'une Amérique pas folichonne. Il y montre des pauvres à tous les coins de rues, des gamins laissés pour compte, de la jeunesse pervertie par les lumières de la ville et des imbéciles abrutis de religion et de puritanisme incapables de voir le Diable alors qu'il est sous leurs fenêtres. C'est une Amérique gangrenée par la crise économique et pervertie par le repli sur soi : c'est moche et toujours d'actualité.
Ce bouquin est un petit bijou au même titre que son adaptation cinématographique. Je ne peux que vous conseiller de vous procurer les deux et de vous accrocher à votre fauteuil : vous en ressortirez sonnés mais comblés.
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Wendat69
  11 septembre 2018
Attention, chef-d'oeuvre! D'aucuns auront comme référence unique le film parfaitement interprété par Robert Mitchum, datant de 1955. Pour l'avoir vu avant de découvrir ce petit bijou d'orfèvrerie, j'ai eu vraiment le plaisir de cheminer dans cette lecture en comparant les deux, le film et le livre, et en trouvant autant de justesse dans l'un et l'autre. Tout est ciselé dans ce livre, tout est tranchant -comme le couteau de Prêcheur. Cet affrontement entre le Bien et le Mal, entre ces personnages aussi cliniquement différents et marqués que sont le Prêcheur, figure du Mal, et les deux enfants, semblables à de petits anges sans ailes, est d'une puissance saisissante. Davis Grub nous immerge, avec grand talent, dans l'être profond de ses personnages. le lecteur saisit toute l'innocence de Pearl, la plongée dans le monde cruel des adultes pour John, et la terrible perversité de Prêcheur. On chemine dans ce livre comme si l'on était sur le petit rafiot de Ben Harper, flottant sur une rivière de doutes, de terreurs cachées et révélées, d'espoir aussi. Un livre magistral.
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le_Bison
  28 février 2012
Pendi, pendu, pendant ! Vois ce qu'a fait celui qui pend.
Pendu, pendi, pendant ! Vois le voleur se balançant !
Serait-ce la dernière composition de Ben Harper ? Que lui est-il arrivé à ce pauvre gars ? Ben Harper est-il devenu un dangereux criminel ? Et si le fait que Ben Harper ait volé ces 10.000 $ était seulement dû à la conjoncture actuelle, à la crise qui mine cette année les États-unis. Quoiqu'on puisse en dire, Ben Harper est un homme bon qui a été élevé selon les préceptes du Seigneur et qui s'est sacrifié pour apporter une éducation décente à ses enfants. Blessé par les hommes en bleu, il n'a comme dernier recours que de cacher son butin sous les yeux de ses enfants John et Pearl, et de leur faire promettre, de leur faire jurer de garder le secret. Ben n'avait certainement pas mesuré les conséquences d'une telle promesse sur la vie de ses petits.
Beau parleur, au physique charmant, il se nomme lui-même le Prêcheur et adresse la bonne parole du Seigneur sur les routes de l'Ohio. La main droite tatouée au niveau des phalanges LOVE, la gauche porte la marque de Caïn avec son tatouage HATE. Ces deux sentiments représentent la dualité de son esprit, le bien combattant le mal et vice-versa. Harry Powell, ce prédicateur des grands chemins, fît la connaissance de Ben Harper dans la cellule de la prison, avant que ce dernier ne soit pendu. L'argent planqué, il devra jouer au grand séducteur dans ce petit village de l'Ohio pour trouver la cachette. Là s'installe alors une formidable et profonde angoisse, un combat psychologique entre le Prêcheur et les enfants. L'ambiance est noire, plombée, étouffante. Les sentiments sont ultra violents et la guerre psychique entre les deux parties vont faire des dégâts irréparables. Quelle magnifique polar, à l'ancienne (faut dire qu'il date de 1953), qui mise uniquement sur ce huis clos suffocant, sans la moindre image choc. L'atmosphère noire est la clé de « La Nuit du Chasseur » de Davis Grubb, un suspens hallucinant, entre conte et thriller.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
koalaskoalas   27 juin 2016
Écoute Ben ! Tu vois cette main que je lève ? Tu vois les lettres qui y sont tatouées ? Amour, Ben, Amour ! C'est ce qu'elles disent ! Cette main - la droite, là -, cette main, c'est l'Amour. Mais attends, Ben ! Regarde ! Y a assez de lumières venant de la lune par la fenêtre pour que tu voies. Regarde, mon gars ! Cette main gauche ! Haine, Ben, Haine ! Maintenant v'là la morale de l'histoire, mon gars. Ces deux mains, c'est l'âme de l'homme mortel ! Amour et Haine, Ben - combattant l'un contre l'autre du berceau à la tombe.
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le_Bisonle_Bison   28 février 2012
Il plongea sa main dans sa veste d’alpaga et en sortit le couteau qu’il fit rebondir deux fois dans ses paumes : la lame encore cachée dans le manche en corne attendait le contact précis sur le bouton.
- Tu vois ça ? Tu sais ce que c’est ?
- Oui. Je sais.
- Regarde là ! Qu’est-ce que tu vois maintenant ? Qu’est-ce que c’est, Pearl ?
- Je ne sais...
- Bon, alors, ne dis pas : « Je sais », si tu ne sais pas. C’est un mensonge. Voici un couteau ! Tu veux voir quelque chose d’épatant ? Regarde maintenant ! Il saisit le manche de corne dans sa paume, et, le serrant, toucha légèrement le bouton du doigt appelé H et alors la lame d’argent de six pouces, affilée comme un papier à cigarette, sortit avec un bruit sec telle l’aile brillante et habile d’un oiseau mécanique. Pearl sourit.
- Bon et maintenant ? s’écria-t-il, fier comme un enfant ; mais alors son visage se ferma soudain, prit l’aspect d’un cuir blanchi et ses lèvres s’ourlèrent de colère. C’est ça, dit Prêcheur, dont je me sers envers les méchants, mon agneau ! Tu saisis ? Envers les méchants !
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MissSherlockMissSherlock   21 juin 2016
Il leur parlait à tous et il les adsorbait comme un chaton absorbe de la crème et John sentit que son cœur allait s'arrêter de battre complètement car l'étranger avait en ce moment la vieille poupée de Pearl entre les mains et il la faisait rebondir en l'air sur les genoux de la petite fille comme si ce n'était rien que la plus simple, la plus ordinaire des poupées du monde.
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MissSherlockMissSherlock   22 juin 2016
Son nom est Harry Powell. Mais le nom de ses doigts est R et U et O et M et A et E et N et I et A et H et cette histoire qu'il raconte comme quoi l'une de ses mains est HAINE et l'autre AMOUR c'est un mensonge; car toutes les deux sont la HAINE et les voir bouger me terrorise pire que les ombres, pire que le vent...
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MissSherlockMissSherlock   19 juin 2016
Quel genre d'homme voudrait avoir ces doigts tatoués de cette façon ? pense-t-il. Chacune des phalanges de la main droite porte une lettre bleue sous la peau grise, sinistre - A.M.O.U.R. - Et les doigts de la main gauche marqués de la même façon, seulement là on déchiffre les lettre H.A.I.N.E.
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Bande annonce du film La nuit du chasseur. 1955, avec Robert Mitchum.
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