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ISBN : 2081385708
Éditeur : Flammarion (11/01/2017)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 64 notes)
Résumé :

Dans un atelier de confection, de 1945 à 1952, des employés travaillent et, entre rires et larmes, racontent leur vie pendant l'Occupation et dans l'immédiat après-guerre : un Juif qui a été déporté, un autre qui a vécu caché en zone occupée, une troisième qui s'est réfugiée en zone libre, une quatrième, encore, dont le mari a été arrêté et envoyé dans les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cosaque
  27 novembre 2014
L'atelier est la troisième partie d'une trilogie consacrée à la situation des juifs durant la dernière guerre mondiale. Les deux premières pièces concernaient la montée des fascismes et la survie de cette communauté durant la guerre 39/45, la dernière s'attache à l'après Shoah.
Grumberg dans cette pièce (comme dans les deux autres) aborde sa problématique sous l'angle de la vie quotidienne ; nous sommes donc plutôt dans une esthétique « naturaliste ». Ainsi l'action se déroule dans un atelier de confection du quartier du Sentier à Paris vers la fin des années quarante ou au début de la décennie suivante. Si la direction de l'entreprise est tenue par un couple de juifs, le personnel lui est majoritairement constitué de français non-juif. de plus l'ambiance générale de la pièce est plutôt féminine, le décor unique étant celui de l'atelier des couturières. Une demie douzaine de femmes se racontent et se confrontent tout en cousant. Les dialogues peuvent être rapides et très lestes car toutes sont issues du petit peuple parisien ; elles ont un langage vigoureusement imagé pour exprimer les « choses de la vie ». de cette manière apparaissent des portraits haut en couleur. Pour le reste, il n'y a pas réellement d'intrigue, ce n'est que tout doucement, au fur et à mesure des confidences que l'on finit par apprendre l'histoire chacun. Grumberg a une approche très pudique et toute en délicatesse, ce qui n'empêche pas une bonne dose d'humour.
Néanmoins, malgré ces précautions il aborde explicitement les thèmes de l'hypocrisie de la société française face à sa compromission vichyssoise, la difficulté voire l'impossibilité de parler pour ceux qui ont survécu aux camps d'extermination ou encore la désorientation et la panique d'une communauté qui cherche un refuge (Israël).
L'auteur a réussi le pari de maintenir le cap d'un propos ou d'une thèse sans sombrer dans un didactisme par trop pesant, ce qui en fait un texte qui conserve une actualité et peut donc être joué.
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Aelys06
  03 septembre 2012
La vie d'un atelier après guerre avec des personnages tous attachants qui représentent chacun une partie de la société.
Il y a Léon, juif caché en zone occupée ; Hélène, juive réfugiée en zone libre ; Simone, juive, dont le mari a été déporté ; Mimi qui profite de la libération dans les guinguettes avec les amerloques ; Gisèle qui pense que si la guerre la met en difficulté, c'est quand même un peu à cause des juifs qui sont "différents" ; Madame Laurence la collaboratrice et Marie, qui incarne le renouveau et la jeune génération qui n'a pas vraiment vécu la guerre.
Une pièce aussi agréable à lire, à regarder ou à jouer.
Je la conseille très vivement à tous les publics.
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Pachy
  12 février 2012
La vie de l'atelier de couture après guerre. L'Atelier modeste géré par Léon et son épouse Hélène, tous deux juifs réfugiés, emploie un personnel à majorité de femmes juifs ou non. Parmi eux, il y a Simone (la mère de Grumberg) sans nouvelles de son mari déporté est déclaré "mort à Drancy" . Elle passe son temps à essayer d'obtenir une pension mais "elle n'y a certainement pas droit à cette pension". Elle essaie encore et encore.
Tous ce petit monde se cottoye, s'affronte , se soutient; "Le singe" (le patron) est un homme bougon, colérique. Mais n'est-ce pas pour cacher son immense bonté ?
Très belle pièce d'un très grand auteur
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michfred
  25 janvier 2015
Théâtre naturaliste, certes, on voit le temps passer, les personnages, bien différenciés sont campés avec beaucoup de couleur et de pittoresque.
Mais la pièce se joue aussi dans les silences, les absences, les non-dits et les non-retours..et se dessine alors une sorte de partition musicale plus touchante et émouvante que la seule représentation de ces tranches de vies ouvrières, tout hachées par la guerre et la déportation.
Du grand Grumberg.
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PetiteLectrice
  29 juin 2017
Cette année, le choix de notre troupe de lycéens s'est porté sur L'atelier. J'eus donc le plaisir d'interpréter Simone, femme forte mais bercée d'illusions.
Autant vous dire tout de suite que cette pièce m'a touchée droit au coeur.
Tantôt hilarante, provocante, tantôt émouvante et dure. L'auteur jongle à merveille avec ces émotions et laisse le public/lecteur pantois.
Ces femmes, âme de L'atelier, si entières, si vivantes contrastent avec cette dure réalité d'après guerre où chacun cherche sa place.
Jouer Simone fut une expérience incroyable que je ne suis pas prête d'oublier.
Une pièce à lire, à voir, mais surtout à vivre.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   18 août 2015
SIMONE. [...] Le pire c'est les mères... Vous aussi vous êtes passé par l'hôtel Lutetia ?... On m'avait dit d'y aller tout au début pour avoir des renseignements, quelqu'un qui l'aurait vu, qui... enfin vous savez, les photos, les... bon... J'y étais une fois, j'osais pas m'approcher. Il y a une bonne femme qui m'a agrippée par le bras et qui m'a fourré de force sous les yeux une photo genre distribution des prix, je vois encore le gosse, il avait l'âge de mon grand en culottes courtes, avec une cravate, un livre sous le bras, "le prix d'excellence", elle hurlait : "Il a toujours le prix d'excellence." Elle voulait pas me lâcher, pourquoi vous pleurez, regardez regardez ils reviennent, ils reviendront tous ; Dieu le veut, Dieu le veut. Alors une autre femme lui a crié dessus et s'est mise à la pousser... On a beau dire que pour les enfants c'est sans espoir, elles sont là, elles viennent, elles parlent... Je l'ai revue plusieurs fois dans les bureaux, de plus en plus folle...
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CosaqueCosaque   26 novembre 2014
SCÈNE 5: LA NUIT

LÉON : [...] Brusquement je me jette vers lui en hurlant : "Ich bin yude, ich bin yude, ich bin leibedick ! " Alors il a fermé les yeux et détourné la tête et il a été se cacher dans le fond du camion... Brusquement la panique, les femmes entraînaient leurs mouflets à l'abri des portes cochères : " Un autre Allemand, en civil celui-là et hargneux avec ça ! " Les fifis m'ont cerné, le chef tout en braquant sa mitraillette vers ma poitrine répétait : " Papir, papir..." J'ai essayé de rire [...] j'ai dit le plus calmement possible après avoir repris mon souffle : "Je suis juif monsieur l'officier résistant. Je voulais qu'il sache que je suis juif et vivant, voilà c'est tout, alors j'ai crié, je m'excuse.."
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PetiteLectricePetiteLectrice   29 juin 2017
Scène 5
Simone
Comment vous pouvez être sûr ? Tout le monde dit qu'il va en rentrer encore, qu'il y'en a partout, en Autriche, en Pologne, en Russie, qu'on les soigne, qu'on les retape avant de les renvoyer chez eux ! Trente-huit ans, c'est pas vieux, pas vieux du tout, qu'ils aient fait ce que vous dites aux vieux, à ceux qui ne pouvaient plus travailler, aux femmes, aux enfants, d'accord, on sait tout cela, mais...
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anemonerosaanemonerosa   15 décembre 2014
Hélène : Pauvre idiot, "Drancy ou ailleurs", mais si ça n’existe pas sur leurs papiers, avec tous les tampons et toutes leurs signatures officielles, regarde - tribunal de la Seine... Greffier... Juge... enregistré le ... certifié le... Alors personne n'est parti là-bas, personne n'est jamais monté dans leurs wagons, personne n'a été brûlé ; s'ils sont tout simplement morts à Drancy, ou à Compiègne, ou à Pithiviers, qui se souviendra d'eux ? Qui se souviendra d'eux ?
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BacCom1GBacCom1G   19 juin 2016
C'est terrible, alors parce qu'il a été déporté il doit pas travailler, qu'est-ce que ça veut dire ?
- "Je ne peux pas le regarder"
Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est un homme comme un autre oui ou non ?

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Videos de Jean-Claude Grumberg (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Grumberg
Jean-Claude Grumberg lit le texte "J'm'énnuie" extrait de "Moman" paru en juin 2015 dans la collection Heyoka Jeunesse, chez Actes Sud-Papiers [http://www.actes-sud.fr/catalogue/jeunesse/moman]
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
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