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Valérie de Daran (Traducteur)
EAN : 9782916010007
375 pages
Éditeur : Laurence Teper (09/09/2005)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :

En 1999, le journaliste autrichien Christian Allmayer, qui a couvert l'effondrement de la Yougoslavie depuis les premiers échanges de tirs, meurt au Kosovo dans une embuscade. Paul, écrivain contrarié auteur de récits de voyage, décide alors d'écrire un roman sur la vie et la mort tragique de cet homme. Pour ce faire, il retrouve un seigneur de la guerre, qu'Allmayer avait interviewé sur le front serbo-croate et auquel i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
5Arabella
  30 janvier 2020
L'auteur a été inspiré pour écrire ce livre d'un événement réel : la mort tragique du journaliste Gabriel Grüner le 13 juin 1999 au Kosovo, où il se trouvait pour rendre compte de la guerre en cours. le roman de Norbert Gstrein a donné lieu à une forte polémique en Allemagne, au point qu'il a écrit en réponse à un certain nombre d'attaques l'ouvrage intitulé «  A qui appartient une histoire » pour expliquer sa démarche et sa conception de la littérature.
Car le roman de Norbert Gstrein est avant tout de la littérature, et de la grande littérature. Au-delà d'un événement, de faits précis, et même s'il connaissait Daniel Grüner, le livre interroge sur la guerre, sur la façon d'en rendre compte, sur la responsabilité de chacun, et avant tout de ceux qui écrivent, qui donnent à voir aux autres, qui créent des mythes, des stéréotypes, des représentations à partir desquelles les autres vont se bâtir leur vision des choses, qui les fera juger et agir.
Un narrateur anonyme, journaliste second couteau, rencontre un nouveau venu au journal où il travaille, un collaborateur occasionnel, encore moins bien situé dans la hiérarchie professionnelle, Paul. Rapidement, ce dernier se met en quelque sorte à phagocyter le narrateur, à lui raconter le roman qu'il compte écrire. Très vite, Paul décide de consacrer son livre en gestation à Allmayer, un célèbre journaliste de guerre, qui vient d'être tué au Kosovo : il dit avoir été très proche de ce dernier, et essaie de rencontrer un maximum de gens qui peuvent lui en dire plus sur sa mort. Il fait également des voyages dans les pays de l'ex-Yougoslavie, facilités par le fait que son amie, Helena, est d'origine croate. L'enquête prend un tour obsessionnel, entre identification et réécriture de la réalité, Paul accumule les notes, harcèle les gens dont il pense qu'ils détiennent un bout de vérité, et fait jouer à ses proches, dont Helena des rôles de plus en plus dangereux et malsains. le narrateur, sous une sorte d'emprise pendant un moment, commence à essayer de prendre de la distance, d'autant plus qu'il tombe de plus en plus amoureux d'Helena.
Loin de tout sensationnel, le livre plus qu'une enquête, est une réflexion sur la distance inévitable entre la réalité et ce qu'on peut en savoir, sur la fragilité de nos certitudes, sur le questionnement de la distance qui sépare ceux qui commettent des actes terribles, ceux qui les observent, en vivent, ceux qui s'en repaissent, se les représentent.
Un livre dense, qui évoque des aspects les plus terribles de la nature humaine, avec intelligence et sensibilité, en refusant les jugements sommaires et les certitudes rassurantes mais illusoires. Tout cela dans une belle écriture, non dépourvue d'une forme de poésie.
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ay_guadalquivir
  17 février 2011
J'ai découvert Norbert Gstrein lors d'une rencontre littéraire à nantes, consacrée à la littérature suisse et autrichienne. J'avais été stupéfait par sa façon d'expliciter son roman, et notamment son travail de distanciation pour arriver au coeur du livre : comment peut-on raconter la guerre. La constructio du roman est complexe, pas toujours aisée à lire, mais elle met effcetivement à distance le lecteur, le narrateur, de l'événement. Dans un temps où les images brutes nous sont jetées à la figure, et que chacun s'en débrouille, ce travail de distanciation est salutaire.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   28 janvier 2020
Ce n'était pas la première fois que nous sortions ensemble, même si les occasions s'espaçaient de plus en plus ; cela tenait à moi, ou à elle, à chaque fois, l'un de nous semblait reculer, et les mois passant, il en était résulté une facture en attente de règlement plutôt qu'une sorte de promesse non tenue. Comme si j'avais une obligation, comme si je devais lui faire la cour et m'exposer nécessairement à des blessures, les choses n'étant pas envisageables autrement, je m'était mis à l'éviter, mais dans cette tactique de l'évitement, elle n'était pas en reste, cela faisait des semaines que je ne l'avais plus vue, et je fus surpris qu'elle ne cherche pas d'excuse et se réjouisse même de me voir.
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5Arabella5Arabella   31 janvier 2020
Il y avait quelque chose d'un profond chagrin en elle, une bouche déçue, péniblement arrangée par le maquillage comme si cette bouche pouvait, sans ce maquillage, fondre à tout moment, des yeux pleins d'une nostalgie désespérée, comme brûlés de l'intérieur, et quand en riant elle cacha son visage derrière un rideau de cheveux comme une fillette, je me demandais si l'on pouvait vivre ainsi sa vie, s'humilier comme elle parce que sa propre chair devenait un obstacle, pensais-je, parce qu'elle voyait les années fuir, parce qu'on lui avait dit si souvent qu'elle était belle et que pourtant cela ne la préservait de rien.
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5Arabella5Arabella   27 janvier 2020
Je me demande si c'est par hasard qu'il était tombé sur moi ; s'il ne m'avait rencontré moi, peut-être eût-il choisi quelqu'un d'autre qui se serait encore moins défendu contre lui, peut-être cette rencontre était-elle due à mon origine qui, à ses yeux, nous rapprochait l'un de l'autre, peut-être avait-il pris confiance, pressentant que j'étais saisi du même mal que lui, du rêve d'écrire un jour un roman qui nous rendrait la vie supportable et nous dédommagerait, sans que je puisse dire de quoi.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   18 février 2011
"On dit toujours que le pire, c'est le silence avant ou après une attaque, mais en réalité, c'est beaucoup trop poétique, dit-il. Seuls ceux qui n'ont encore jamais eu dans les oreilles le vrai bruit du combat peuvent avoir une idée pareille."
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   17 février 2011
"C'est l'absurdité que je ne comprends pas, continua-t-il. Parfois, j'ai l'impression qu'une vie ne se distingue d'une autre que par sa mort."
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