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Critiques filtrées sur 4 étoiles  
Un homme marche seul dans une forêt. La "Panne" a privé le pays d'électricité et cet homme cherche à rejoindre le camp de chasse de sa famille. En chemin, il croise un jeune garçon, Olio, qui va se joindre à lui. La vie au camp, après la joie des retrouvailles et d'un confort rustique mais supérieur à la vie en forêt, va se révéler plus compliquée que prévu.

C'est mon deuxième roman de l'auteur après le poids de la neige, et même si j'ai apprécié cette lecture, elle n'a pas été un nouveau coup de coeur.
Le thème en est sans doute moins original: marche en territoire hostile après une catastrophe, survie difficile, re-apprentissage des techniques ancestrales, coexistence entre individus dans ces conditions, ce sont des thèmes que j'ai déjà lus.
J'ai aimé cependant le traitement fait par l'auteur, la forêt devenant un personnage à part entière du roman.
J'ai aimé aussi sa description de la vie en communauté avec toutes les tensions qui naissent de cette contrainte, et les questions qui viennent: de quoi sera fait demain, à quoi bon survivre dans cet environnement fermé, si ce n'est pour rien connaitre à coté. Questions d'autant plus cruciales pour ceux qui sont les plus jeunes, et l'homme en fait partie.

En revanche, je n'ai pas aimé le personnage de l'enfant: secourable, affectueux par moment, mais aussi menteur et voleur, imprudent, pas fiable.. Je n'ai jamais pu m'attacher à lui, et je n'ai pas aimé le sentiment de malaise qu'il générait en moi. Cette ambivalence a bien sûr été voulue par l'auteur, Elle renforce la tension, mais d'une façon à laquelle je n'ai pas souscrit. .

Une lecture magnifiée par l'écriture précise, descriptive, poétique, un roman où la nature occupe une grande place, où les futilités n'ont plus lieu d'être. Et la fin est à la fois inattendue et finalement magnifique.

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Dans "Le fil des kilomètres", un premier roman paru en 2013, Christian Guay-Poliquin orchestrait une traversée du continent dans un contexte d'effondrement économique et social. En 2016, dans "Le poids de la neige" l'auteur privilégie un huis-clos contraint, entre un vieil homme et un compagnon de fortune blessé, dont il doit s'occuper.
Pour ce 3ème opus, l'auteur achève ce cycle post-catastrophe, en mettant en scène ce même homme remis partiellement de sa blessure, traversant les forêts, évitant les villes et les regroupement, pour rejoindre sa famille qui s'est réfugiée dans leur maison de chasse pour affronter l'après "grande panne d'électricité".
Sur cette dernière, l'auteur reste assez flou: le roman n'a pas pour vocation d'être un récit d'anticipation classique, explorant les conséquences sur toute une société, voire une civilisation, d'un drame nucléaire ou autre désastre écologique anéantissant l'humanité.

Pourtant, il est vrai que le thème d'une catastrophe jetant sur la route un homme, dans l'espoir de trouver un refuge salvateur, pourrait faire penser à l'angoissant "La Route" de Cormac McCarthy, où un père et son fils survivent dans un monde dévasté. D'autant plus que dans "Les ombres filantes", notre protagoniste se fait littéralement intercepter par un gamin d'une douzaine d'années, visiblement livré à lui-même. Mais la ressemblance avec le roman apocalyptique de McCarthy s'arrête là.

Car Christian Guay-Poliquin livre ici plutôt un conte où, malgré le contexte, la marche et la traversée de la forêt procurent moments de contemplation et petites joies. Les priorités, ce qui est réellement essentiel, et tout ce qui est finalement futilité, tout cela a totalement changé. Dans ces étendues sauvages, l'homme est ramené à ce qui est véritable.
De nombreux moments de grâce et de poésie émaillent le récit, l'auteur a su habiller ce trajet sylvestre de toutes les sensations, faisant appel à tous nos sens. On colle au ressenti du protagoniste comme la terre du sous-bois à ses chaussures.

L'idée du roman, très centré sur le monde de la forêt, à travers un filtre presque onirique, s'est imposée à l'auteur, en 2014 pendant une expérience de randonnée sur le Sentier des Appalaches, en Haute-Gaspésie. La forêt, il l'a voulue lieu de crainte, car les animaux sauvages qu'on peut y croiser constituent un danger, mais aussi lieu protecteur où l'on peut se cacher et éviter les groupes malintentionnés.
Car dehors, le danger est partout: en exil et en transhumance, sorti de ses codes sociaux habituels dans un ordre bien établi, les cartes sont rebattues et l'homme peut devenir une proie. Plus d'électricité, plus d'essence, la nourriture vient à manquer, la "grande machine à produire" s'est arrêtée : il faut maintenant se débrouiller par ses propres moyens.
Entre tentation de recréer un monde bâti sur l'ancien, à travers de grands regroupements très hiérarchisés où règne la loi du plus fort, ou bien à travers une organisation familiale où prévaut l'ancienneté générationnelle, l'auteur nous pousse forcément à nous interroger sur ce que serait notre choix. Comment survivre? Isolé, l'homme n'est rien. Et peut-on se contenter de chasser, quand plusieurs communautés se partagent le même territoire, ou bien est-il plus sage de "cultiver son propre jardin" (pour faire un petit emprunt à Voltaire!) le risque de confrontation et de guerre civile n'est jamais très loin, dont l'enjeu reste le besoin premier de l'Homme: se nourrir.

Malgré cette toile de fond inquiétante, c'est bien le lien humain qui prédomine dans tout le roman. Lien effrayant quand croiser d'autres personnes peut vous coûter la vie. Lien épanouissant quand cheminer avec un jeune garçon et le protéger donne un nouveau sens à une vie qui a perdu de son éclat dans tout ce tumulte. Lien blessant mais rassurant au sein d'une famille qui vous accueille et vous entoure mais n'a pas hésité à vous laisser derrière elle quand vous étiez blessé... Habilement Christian Guay-Poliquin sonde la signification de la famille : est-elle celle dans laquelle nous sommes né, quand bien même elle ne respecte pas notre individualité, ou est-elle celle que l'on se choisit, et pour laquelle on est finalement prêt à tous les sacrifices?

Bien que j'aie été surprise par cette déambulation non sans risque, mais au final, loin de "La route" ou de "Walking Dead", j'ai pris grand plaisir à cette lecture qui a su maintenir mon intérêt constant.
Les personnages sont attachants et l'auteur nous balade dans ce "nouveau monde" où tout s'est écroulé et, sans jamais tenter de nous délivrer un quelconque message ou une leçon de morale, il nous interroge sur ce que seraient nos valeurs pour construire une nouvelle société...ou pas. Cette "civilisation de l'après" dont il fut tant question après le confinement.
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Roman post-apocalyptique, odyssée à travers la forêt québécoise.

Il y a eu la grande panne, on ne sait pas ce qui c'est passé, mais il n'y a plus d'électricité. Dans les villes, tout s'est arrêté, économie remplacée par pénurie et pillage. Certains ont fui et tentent de survivre dans la nature.

Notre héros marche dans la forêt boréale pour rejoindre le chalet de la famille de l'autre côté du parc. Pas facile de se faire un chemin dans les bois, en évitant les routes où peut régner la violence de ceux qui ont trop peu à partager. Par hasard, l'homme rencontrera un jeune garçon étrange qui deviendra son compagnon de route. Leur trajet sera ponctué d'embûches et le refuge du chalet familial ne sera peut-être pas le paradis escompté…

Une belle lecture faite de nature-writing, de quête et de drames humains.
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Le narrateur, équipé pour une longue randonnée, progresse difficilement dans la forêt, en cette fin de printemps. Une équipée solitaire à la suite d'une panne qui a bouleversé la civilisation et provoqué une fuite de la population dans les forêts. Blessé au genou, sa marche est difficile dans une nature dangereuse. Un matin, il croise la route d'un gamin Olio, seul, intelligent, à la limite de la roublardise, qu'il prend sous son aile. Ensemble ils vont affronter les difficultés de la survie en forêt mais également des rencontres plus ou moins menaçantes avant d'arriver à bon port, dans une famille qui n'est pas forcément accueillante.

Du narrateur on ne connait que sa volonté de retrouver sa famille et fuir les villes plongées dans le chaos à la suite d'une panne générale. Un retour brutal et hostile dans une nature que l'homme et le gamin doivent affronter. Une épopée humaine et spirituelle, dans la solitude d'abord et dans la protection d'un garçon dont on découvre au fil des pages, le passé douloureux mais qui reste énigmatique tantôt fragile tantôt menaçant.
Les ombres filantes est un récit post-apocalyptique qui pose la question de la survie en milieu hostile, l'adaptation de l'homme à la nature dont il ne connaît plus les codes, les frictions, la violence entre groupes pour la survie, l'entraide qui s'émousse, le chacun pour soi qui devient le maître mot, la promiscuité.
J'avais beaucoup aimé le poids de la neige et j'ai retrouvé avec plaisir la narration tantôt poétique tantôt anxiogène que distille avec finesse Christian Guay-Poliquin. Un récit qui fait réfléchir sur la place de l'homme dans la nature, privé du confort de la civilisation et qui doit s'adapter à la dureté des hommes et de la nature.
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Encore un roman sur la survie après une catastrophe à grande échelle ici, une panne d'électricité géante.

Le personnage principal, un homme que l'on pense encore assez jeune, part dans la forêt canadienne pour retrouver le campement familial où sont déjà arrivés ses oncles et tantes .

La première partie de l'histoire raconte sa traversée de la forêt et sa rencontre avec Olio, un jeune garçon qui chemine seul. Un gamin étonnant, débrouillard, dont les versions sur son passé sont changeantes .

Les descriptions s'attachent beaucoup à la nature, les arbres, les animaux peuplant la forêt et aux quelques rencontres humaines plus angoissantes, certains s'étant établis et vivant en relative autarcie mais sur la défensive et d'autres adonnés aux pillages . Rien de bien nouveau dans ce style de roman.
L'auteur insiste plus sur les rapports pas toujours faciles entre l'homme et l'enfant où une entraide et un attachement naissent.
La deuxième partie relate l'arrivée au camp familial avec l'organisation assez autoritaire du plus âgé et les relations tendues entre les membres même si le sentiment d'appartenance à une famille est fort.

Se posent alors au fur et à mesure des jours qui passent avec la question essentielle du ravitaillement qui s'effectue par le troc de leur produits de la chasse puis rapidement en parallèle le problème de l'arrivée d'autres hommes sur leur lieu de chasse le fondement même de ce genre de vie , en l'occurrence de survie qui si elle peut convenir à des adultes déjà d'un certain âge , reste limitée pour les plus jeunes . Un sentiment de pseudo-confort contre un avenir sans certitude mais plein d'espoirs et de rêves .
C'est ce que va devoir choisir notre homme pour Olio et c'est sans doute la question essentielle ...

L'écrivain a su m'émouvoir dans l'évolution des relations entre ces deux êtres et une fin totalement inattendue !
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J'ai adoré cette lecture. 320 pages où l'on ne se casse pas la tête à retenir une ribambelle de personnages, au contraire on admire le paysage.

La panne d'électricité a été l'élément déclencheur qui a provoqué l'exode d'une population urbaine vers les grands espaces montagneux (entre autres).
Pour notre narrateur, jeune homme parti en retard par rapport aux membres de sa famille. Retrouver le camp de chasse de son grand-père est une question de survie. C'est en chemin après maintes rencontres humaines et animales évitées pour la plupart qu'il fait la connaissance d'un jeune garçon. Ce dernier n'a que douze ans, mais il est franchement débrouillard. Ils vont s'épauler pour essayer de rejoindre le « refuge ».

L'auteur nous épargne des descriptions détaillées qui auraient pu nous plomber dès le début de son roman. Au contraire, il nous les fait découvrir au fur et à mesure conjointement aux évolutions du paysage, de la faune et de la flore.

Bon, j'ai fait appel à mon ami Google pour visualiser un tantinet la montagne canadienne et vérifier la description d'un orignal.

A mettre dans votre PAL pour vous « évader » dans ces grands espaces.
Ma note : 8/10
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Nous retrouvons ici le narrateur de "le fil des kilomètres" et "le poids de la neige". Nous n'avons pas plus d'éléments sur ce qui se passe dans le pays (le Québec). Une panne d'électricité géante a entraîné une succession de dysfonctionnements, manque d'essence, manque de vivres, errance de la population, constitution de petits groupes plus ou moins dangereux. C'est chacun pour soi pour la survie en attendant une hypothétique issue.

Le narrateur a passé l'hiver dans une maison sous la neige, les jambes brisées après un accident. Il est remis plus ou moins sur pied et c'est dans la forêt que nous le retrouvons, décidé à rejoindre des membres de sa famille, oncles et tantes. Il sait qu'ils sont réfugiés au camp d'été où il passait ses vacances enfant, loin de tout, vivant de chasse et de pêche.

Ce troisième opus est aussi bon que le précédent. Après l'hostilité de l'hiver et de la neige, c'est à la forêt profonde que se confronte le voyageur, devant se méfier à la fois de la nature et des hommes. Il chemine seul, jusqu'à ce qu'un curieux gamin de 12 ans se trouve sur son chemin. Seul lui aussi, il aide le narrateur à sortir d'un mauvais pas. Il paraît se débrouiller dans toutes les situations, ne parle pas de lui ou raconte des histoires différentes, mais ne lâche plus l'homme qui finit par accepter sa présence.

Malgré le contexte post-apocalyptique, la nature a la part belle dans cette histoire. le narrateur aime sentir la forêt autour de lui, sa végétation, le silence, les présences furtives, avec toujours en tête l'île ou il retrouvera les siens. Mais sera-t'il bien accueilli ? D'autant qu'il arrive avec un enfant, ils représentent deux bouches de plus à nourrir.

J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance qui m'avait conquise dans "le poids de la neige", un mélange de contemplation et même d'une fusion avec les éléments naturels et par ailleurs le poids des relations humaines. Chaque rencontre a son lot d'inquiétude, génératrice d'entraide ou de violence. Et pour tous ces gens, l'espoir de retrouver un jour une situation normale.

Dans ce dernier opus, le narrateur fait l'expérience d'une relation quasiment paternelle envers l'enfant, malgré leurs multiples accrochages et coups de colère, réservant une fin puissante et bouleversante.

Une trilogie à découvrir sans hésitation.
Lien : http://legoutdeslivres.haute..
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Un homme marché seul dans la forêt pendant des jours après une catastrophe. Il rencontre diverses personnes qui sont en train de revenir à un mode de vie plus proche de la nature, sans technologie.
Nous apprenons rapidement que la catastrophe est une panne électrique. Cela ne m'a pas convaincue. Tout me paraît trop désorganisé pour une simple panne électrique !
Par contre, le retour à un mode de vie sans technologie est bien écrit. L'écriture est fluide.
Nous avons également une réflexion sur la paternité, l'éducation et la difficulté de vivre au quotidien en harmonie avec une grande famille d'oncles, tante et cousins.
En définitif, un lecture agréable lorsque je me suis immergée dans le monde du narrateur.
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Un peu avant les fêtes, j'avais laissé le narrateur de « Le Poids de la neige » seul dans la forêt, se remettant à peine de très graves blessures aux jambes. Ce roman commence exactement où l'autre se termine. le narrateur s'enfonce dans la forêt pour retrouver sa famille dans un camp de chasse à trois semaines de marche. Nous sommes dans un monde dont nous ne savons pas grand chose, seulement qu'une panne d'électricité générale paralyse tout depuis des mois et oblige à la survie.
En cours de route, le narrateur tombe sur un gamin hyper débrouillard et ultra attachant, Olio. Il est frondeur, menteur, voleur et apporte beaucoup au récit. Nous les suivons pas à pas pendant leur périple où la forêt est tour à tour synonyme de refuge et de danger.

J'ai autant aimé que l'opus précédent. Christian Guay-Poliquin est un vrai conteur qui nous embarque immédiatement dans ses histoires. Il arrive à rendre passionnants des huis-(presque) clos avec peu d'action. Il raconte la vie, la famille, les réactions des uns et des autres face à une situation hostile. J'espère vraiment qu'il y aura une suite.
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Après le huit-clos fascinant du Poids de la neige et les dentelles de son écriture, l'auteur nous éparpille dans la forêt qu'il parcourt accompagné d'un garçon inconnu avec une accumulation de détails descriptifs. Racines, chablis, brûlis, fougères, cèdres géants, orignal, ombres et lacs rythment le texte comme pour faire écho à leur errance où planent des menaces : se perdre, rencontrer des inconnus, sa famille, des loups, manquer de nourriture, perdre son «fils». Est-ce que se laisser pénétrer par l'univers imprévisible et bienveillant de la forêt comme celui de la famille retrouvée illustrent le désarroi du narrateur dont ne sait pas, au fond, ce qu'il ressent, ce qu'il cherche. le sait-il lui-même ? C'est peut-être ce que cette écriture toute en succession de phrases courtes descriptives cherche à illustrer. Il y a d'habiles clins d'oeil à Dans la forêt, de Jean Hegland, La route, de Cormac Mc Carthy, le petit prince, de Saint-Exupéry, et même aux incertitudes que maintient la pandémie actuelle où chacun cherche des repères pour y survivre. Un roman captivant dont la fin abrupte laisse toute conclusion ouverte. Une suite ?
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