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Catherine Eyjolfsson (Traducteur)
ISBN : 2264031905
Éditeur : 10-18 (03/05/2001)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 15 notes)
Résumé :
C'est une invitation au voyage que nous propose ici Gudmundsson. Empreinte de poésie et de légèreté, elle a pourtant des accents tragiques car elle mène aux confins de la folie. Sur ces terres du septentrion cernées par la mer, sur cette Islande méconnue, peuplée "d'ombres errantes", la réalité cogne aux murs de Kleppur. Kleppur, là où se brisent les ailes des "anges de l'univers", l'asile des âmes per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  22 août 2014
L'existence de Pall avait commencé comme bien d'autres existences. Ecole, parents, jeux, copains, avec toute la dose d'humiliations et de découvertes heureuses que comporte une enfance.
Le basculement se produit comme dans un rêve. Ce sont d'abord des répliques absurdes qui n'ont rien à envier aux conversations de la Cantatrice chauve :

« Nous roulons par les nouveaux quartiers où il y a beaucoup de grandes maisons individuelles.
Maman montre du doigt l'une des maisons.
« Quelle drôle de couleur pour une maison, dit-elle.
-Oui, ça fait un drôle d'effet », dit papa.
Et moi, de la banquette arrière, je demande : « Vous êtes en train de vous foutre de moi, ou quoi ? »
Maman et papa se retournent, étonnés.
« Cette maison est de la même couleur que ma veste », dis-je, en guise d'explication.
Papa et maman se regardent.
C'est le silence. »

Gudmundsson décrit ce basculement progressif avec la qualité de plume du minimalisme. Pourquoi essayer d'expliquer ou d'analyser ce qui échappe à toute démarche rationnelle ? Pall s'échappe à lui-même. Il remarque des changements et les inscrit sur une liste de comptabilité où les chiffres sont remplacés par les symptômes de modifications cérébrales imprévisibles. Pall capte des signaux qui lui étaient invisibles jusqu'alors et qui échappent aussi au commun des mortels. Peu à peu, Pall s'extrait de la gangue saine. La métamorphose va de soi et à ce point-là, la question est la suivante : pourquoi les autres ne semblent-ils plus ou peu évoluer, passé un certain âge ?

« A présent, les signaux envoyés par les voisins m'atteignent.
Ils se servent d'un code et de tables d'écoute que mon frère Halli les a aidés à introduire dans la maison. »

Ces signaux finissent par conduire Pall jusqu'à Dieu -l'hallucination suprême.

« Et puis, Dieu est arrivé.
Il m'a dit que j'étais le dernier homme sur la terre, qu'il fallait que je commence à construire et à transformer ma chambre en arche. »

Pall bénéficie alors du privilège de rejoindre le club des aliénés de Kleppur en compagnie de quelques bons camarades (Oli, Pétur et Viktor) et d'un personnel soignant représenté aussi bien par le souci du maintien des dogmes que par une relâche typiquement antipsychiatrique. Comme lorsque David Cooper relate ses expériences dans le Pavillon 21, on finit par douter des caractéristiques qui séparent les sains d'esprits des aliénés… d'ailleurs, la lecture passe et l'envie croît de faire de ces aliénés des illuminés touchés par une grâce exceptionnelle. Certes, il leur est devenu impossible de mener une existence conventionnelle et polyvalente car ils sont cernés par une obsession unique. Voici la situation schématique :

« Óli est en communication télépathique avec les Beatles ; Pétur attend de la Chine son titre de docteur, et moi, je suis en relation avec divers grands maîtres du passé notamment Vincent van Gogh et Paul Gauguin, tandis que Viktor, qui ne pense pas grand-chose des Beatles, disserte avec éloquence de la tragédie grecque et des sonnets de Shakespeare. Il est en outre le pharmacologue de notre groupe et sait tout d'Adolf Hitler, qu'il lui arrive d'incarner quelque fois. »

Peu importe tout le reste. L'obsession, canalisée et orientée dans le sens noble, fait l'effet d'une transe délicieuse. Elle prend cependant à chaque fois le risque de finir en mauvais trip, et c'est peut-être pour cela qu'on enferme les génies particuliers de Kleppur. Génies, oui, au même titre que ces philosophes et poètes déstabilisants qui n'ont jamais cessé de rénover notre vision du monde en permettant à leurs esprits de déborder.

« Ce serait bien de pouvoir dire, comme le philosophe allemand Hegel, à qui l'on objectait que ses théories ne correspondaient pas à la réalité : « La pauvre, c'est bien elle qui est à plaindre ! »
Les poètes peuvent écrire des choses comme ça.
Les philosophes peuvent dire des choses comme ça.
Mais nous, qui avons été mis à l'asile, internés dans des institutions, nous ne savons quoi dire quand nos idées ne correspondent pas à la réalité, car dans notre univers, ce sont les autres qui ont raison et qui savent faire la différence entre le vrai et le faux. »

Mais Pall n'est pas dupe. Même s'il est rassurant de se prétendre génie incompris, même si l'obsession provoque certainement des joies à une constance et à une puissance difficilement égalables pour l'homme équilibré, la réalité est plus nuancée. Pall et ses compagnons d'asile souffrent et sitôt qu'on leur retire une parcelle de leur obsession, ils paniquent et se débattent comme des poissons capturés hors de l'eau. La réalité est pauvre en oxygène.Les anges de l'univers ne propose pas de solution stricte : ni la liberté ni la surveillance absolues, ni l'encouragement ni l'humiliation, mais bien un encadrement instinctif qui permettrait d'établir un bon équilibre entre le droit au rêve et le principe de réalité. Ce livre en est lui-même une excellente représentation : terne et quotidien dans les événements qu'il représente, il parvient cependant à nous transporter dans l'infinité des univers cérébraux qui sont ceux de ces anges, et à nous rassurer quant à la légitimité de nos propres univers. Les anges de l'univers nous apprendront peut-être à nous montrer plus tendres envers nos passions les moins légitimes.

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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le_Bison
  20 février 2012
Les lieux ont un nom franchement imprononçable : Eyjafjördur, Skeggjagata ou Saudárkrókur. Les habitants se prénomment Páll, Ólafur, Skúli ou Thór, avec une flopée d'accents sur toutes les voyelles. En fermant les yeux, je serais capable de m'imaginer sur la planète Kobaïa et de feuilleter la dernière saga romancée en kobaïen. le voyage ne fut pas aussi long, à seulement quelques longueurs de mon cocon, pourtant je me retrouve en plein « magma ». Une île volcanique, en constante éruption, une odeur de souffre mélangée aux embruns de l'océan, je fais mes premiers pas en terre islandaise : bienvenue à Reykjavik, la « baie des fumées »...
Einar Már Gudmundsson (encore des accents et toujours imprononçable) me décrit avec poésie son pays natal, un lieu magique plongé dans le noir, entre les tourbes islandaises et les grèves déchiquetées. le froid est saisissant mais la beauté des paysages et les fumeroles s'élevant des sources chaudes adoucissent cette première sensation glaciale. Je reste émerveillé devant ces aurores boréales et mon esprit est enchanté (envoûté même ?) face à une nature aussi resplendissante, aussi poétique. Je sens le souffle des baleines au large répondre aux cris des orques, des cachalots et des rorquals. Des icebergs flottent au milieu des lacs glacés, l'odeur soufré des geysers se mélangeant à celle des embruns marins de l'Atlantique.
Páll est né en pleines émeutes urbaines, le jour où l'Islande rentre dans l'OTAN. de cet anodin fait, Páll croit en une étrange coïncidence qui tout au long de sa vie troublera la perception de son avenir. Et la destinée de Páll sera pour le moins mouvementée. Entre ces magnifiques landes islandaises, un établissement s'érige au bord des falaises. Une vie autour de ce bâtiment intrigue depuis toujours les sentiments du petit garçon : l'hôpital psychiatrique de Kleppur. Et c'est justement à partir de son internement que Páll, entre hallucinations et moments de lucidité, fera sa « biographie ».
Einar Már Gudmundsson me plonge vers une descente hallucinatoire d'un adolescent dans la schizophrénie. Pall, jeune islandais anonyme, s'enfonce dans des ténèbres de plus en plus sombres : cruels instants d'une vie, d'une famille. Obscur destin de cette jeunesse islandaise perdue dans ce monde abstrait. Les longs hivers nocturnes agissent peut-être sur la mentalité et la volonté de ces jeunes en leur créant un univers sombre, comme s'ils devaient vivre éternellement dans le sous-sol d'une cave...
Mais la psychiatrie dans ce pays et à cette époque, cela me fout les j'tons ! Déprimant, Insupportable, Indécent vois Choquant... Ces pauvres âmes perdues, ces « anges de l'univers » ne valent pas mieux que du vulgaire bétail, et certainement même moins... L'hôpital de Kleppur n'est pas un lieu de soins mais un lieu de stockage où le gouvernement place les personnes qu'il ne souhaite pas voir dans sa société.
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Sharon
  22 mai 2012
Après les analyses littéraires qui nous dévoilent tout de l'intrigue, et surtout ce que nous, pauvres mortels, devons en penser, je m'insurge contre les critiques littéraires que l'on nous colle en guise de quatrième de couverture et qui insiste sur l'humour du livre. Je ne dois pas avoir le même que le chroniqueur de Pubishers Weekly.
Il est difficile pour moi de trouver des mots pour chroniquer ce livre. Je pourrai utiliser tous les adjectifs que je veux, je ne saurai être aussi précise que Gudmunsson pour raconter le glissement vers la maladie mentale. Ne vous faites pas d'illusion : Pàll n'en guérira jamais et ne portera jamais une lucidité retrouvée sur ses années de maladie. Il raconte ses actes, ses errances, les réactions de ses frères et soeur et littéralement ne les comprend pas, pas plus qu'il ne comprend comment il peut se retrouver à errer pieds nus dans la campagne, ou à menacer quelqu'un d'un couteau dans un café, et à se retrouver conduit manu militari à Kleppur, l'asile de fou officiel de l'Islande.
Oui, je sais, je devrai plutôt dire "hôpital psychiatrique". Pourtant, la première fois que Pàll croise des malades, ils ont bien moins de liberté et de considération que les animaux dans les zoos. Il faut que l'opinion publique s'émeuve pour qu'ils aient enfin droit à des vêtements et à des promenades. Les infirmiers ? Ils sont davantage des gardiens, des as de la piqure, n'hésitant pas à forcer les doses, laissant ainsi les malades dans le coaltar afin de passer un weekend tranquille. le psychiâtre ? Il n'apparaît qu'à la moitié du récit, et ne semble guère apporter d'aide à ses patients. Pire : aux yeux des parents de Pàll, il paraît encore plus dépressif que leur fils, comme s'il portait, en plus des siens, tous les tourments de ses patients.
L'Islande est un si petit pays que le fou est toujours le fils, le frère, l'amant, l'ami; le cousin de quelqu'un que l'on connaît. Tout au long de ses vingt ans d'errance, Pàll égrenera le parcours de ses amis qui le rejoindroint. Il me serait facile de dresser un catalogue de leur pathologie, de leur cause, de leurs conséquences, je m'éloignerai alors considérablement de la fluidité et du naturel de ce récit. En revanche, j'ai été sensible à cette jeunesse (presque tous les internés sont de la même génération) qui ne parvient pas à trouver sa place dans cette Islande en pleine industrialisation. Les parents de Pàll n'ont pas eu des enfances faciles, ils sont souvent allés de ferme en ferme pour trouver du travail, pourtant ils n'ont pas souffert de cette existence, ils ont juste envie d'avoir une vie meilleure, plus stable, comme le montreront leur déménagement successif.
Un livre à dédier à tous les Pàll, pas seulement à celui qui a inspiré Einar, son propre frère Pàl Orn Gudmunsson (1949-1992).
Lien : http://le.blog.de.sharon.ove..
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5Arabella
  01 août 2016
Il s'agit d'un récit à la première personne, que nous fait Páll Olafsson, il nous raconte sa vie, en commençant par ses parents, le jour de sa naissance qui est aussi le jour dans lequel l'Islande est entrée dans l'Otan, son enfance, et puis son entrée progressive dans la folie, puis sa vie rythmée par ses séjours à l'hôpital de Kleppur. Une vie remplie de souffrance, de crises où il perd le contact avec la réalité, entrecoupées de périodes où cette réalité n'est que trop sensible, où le regard des autres, des gens normaux, le renvoie à la maladie et à son inadaptation.
Une vie d'errance, entre la rue, les foyers, quelques séjours en famille qui se terminent toujours mal et puis bien sûr l'hôpital, voire la prison. Et la solitude, l'incapacité des gens, même les parents les plus proches à comprendre ce qu'il vit. Même si il y a les autres malades, ceux qui comme lui ont des moments de lucidité, qui ne font que rendre plus terrible la maladie et ses manifestations, ces moments où ils s'échappent à eux-mêmes et perdent tout contrôle. Mais la folie de chacun est une expérience individuelle, inaccessible même à ceux qui en souffrent, car il y a toujours une logique propre à chacun, incompréhensibles aux autres.
Un livre sombre, désespéré, d'autant plus noir que l'écriture de Gudmundsson est belle, et lumineuse, d'une grande légèreté et poésie, cela rend d'autant plus noire la réalité sans espoir vécue par Páll, à laquelle aucune issue n'est possible. Une lecture bouleversante.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   22 août 2014
Ce serait bien de pouvoir dire, comme le philosophe allemand Hegel, à qui l’on objectait que ses théories ne correspondaient pas à la réalité : « La pauvre, c’est bien elle qui est à plaindre ! »
Les poètes peuvent écrire des choses comme ça.
Les philosophes peuvent dire des choses comme ça.
Mais nous, qui avons été mis à l’asile, internés dans des institutions, nous ne savons quoi dire quand nos idées ne correspondent pas à la réalité, car dans notre univers, ce sont les autres qui ont raison et qui savent faire la différence entre le vrai et le faux.
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le_Bisonle_Bison   20 février 2012
Du temps d’avant les médicaments, certains services n’étaient que de grandes salles où les malades circulaient tout nus. On n’avait pas le droit d’accrocher des tableaux aux murs, ni d’avoir des fleurs sur les appuis des fenêtres, car on pensait que les malades mangeraient les fleurs et se tabasseraient avec les tableaux.
On voyait les internés nus aux fenêtres. Ils se tenaient aux barreaux et tiraient la langue. Derrière eux, il y avait des murs nus et des sols brunâtres, à peu près de la couleur des excréments qu’ils excrétaient.
Ces gens-là ne sortaient jamais à l’air libre, non plus qu’ils ne se lavaient, se peignaient ou se brossaient les dents. Les savonnettes étaient rares et les brosses à dents n’existaient pas. Lorsqu’on prêta attention à ces conditions déplorables et au fait que ce type d’enfermement et d’isolement était injustifiable, on rappela, entre autres, qu’il existait des règlements obligeant les fermiers à faire prendre l’air à leurs bêtes.
Les malades avaient-ils moins de droits que le bétail ? Valait-il mieux pour eux qu’on n’en entende plus jamais parler ?
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colimassoncolimasson   01 septembre 2014
Dans le journal, il y avait un article sur deux pages qui parlait de l’ivrognerie des jeunes. Cela ne m’intéressait pas outre mesure, mais la photo qui accompagnait l’article retint mon attention. […]
Au bas de la photo, il y avait cette légende : Ce jeune homme voulait exposer ses tableaux au commissariat.
Je reconnus aussitôt l’imper et le pantalon, mes cheveux et le bas de mon visage au-dessous de la barre noire, mais je ne me rappelais pas avoir été arrêté, et encore moins avoir fait la moindre déclaration au sujet d’une exposition de peinture au commissariat.
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colimassoncolimasson   19 septembre 2014
Quand Viktor voulait se changer les idées, il buvait du vin rouge dans sa chambre de la cité universitaire en prenant simplement une dose de médicament supérieure à celle à laquelle il avait droit. Puis il écoutait une pièce de Shakespeare et lisait de la littérature ancienne.
Quand il atteignait un état second, il était transporté au-delà des mers et se retrouvait assis, les jambes ballantes, au bout de la jetée, à moins qu’il n’évoluât dans la mer si douce au milieu de vertes plantes aquatiques.
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colimassoncolimasson   11 septembre 2014
Une fois, Brynjolfur le psychiatre a essayé de me faire aller aux travaux manuels.
« Vous croyez vraiment, lui ai-je dit, que je me serais coupé l’oreille dans une vie antérieure, pour finir comme tricoteur de chaussettes à Kleppur ? […] Si j’étais une femme, dis-je, vous ne pourriez pas m’obliger à adhérer à une association féminine. Aux travaux manuels, j’ai l’impression d’être à une réunion d’association féminine. Et pourtant je ne suis pas une femme.
-Ce sont des conneries, dit Brynjolfur. Donnez-moi des raisons valables. »
[…] Je réfléchis un instant avant de dire : « L’homme a sept vies, autant que de jours dans la semaine. »
Brynjolfur : « Même si c’était vrai, est-ce une raison ?
-Oui, dans cette vie-ci, c’est dimanche. »
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