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Claude Bleton (Traducteur)
EAN : 9782742788071
311 pages
Actes Sud (06/01/2010)
3.98/5   149 notes
Résumé :
Tommy a douze ans, et une maladie cardiaque qui lui interdit les jeux turbulents des garçons de son âge. Caché sous une table, il s’amuse à enregistrer sur son Mp3 le joyeux verbiage d’un banquet nuptial. Et voilà que l’on parle de sa mère, brutalement disparue dix ans plus tôt. Une brèche s’ouvre dans les secrets si bien gardés d’une famille recomposée, comme il en existe tant.

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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
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Ce livre est une boite à émotions, bouleversant et prenant.
L'auteur Carla Guelfenbein nous fait entrer progressivement dans l'intime le plus profond des personnages. Chacun d'entre eux vit avec une souffrance enfouie, larvée. Leur passé est présent et à travers un silence lourd de conséquence,chacun avancent avec peine.
Tommy, jeune garçon de 12 ans va découvrir un secret et va en silence tenter d'en savoir plus. Ce petit Tommy est d'une sensibilité à donner des frissons. On a envie de le protéger, de l'aider, on l'aime !
Juan, le père va quant à lui vivre avec son secret et se réfugier dans son travail sans voir la souffrance psychologique de son fils.
Alma, la nouvelle compagne de Juan va, elle aussi taire une découverte.
Tant de silence qui pourtant résonne avec violence dans la vie de chacun...
Carla Guelfenbein, nous fait un très beau cadeau en écrivant ce livre, il faut le lire et le faire découvrir.
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Tout au long de ma lecture du roman le reste est silence, l'appréciation que j'en avais changeait constamment. J'ai immédiatement aimé le jeune Tommy. Douze ans, malade, il s'amuse à enregistrer les conversations des autres. C'est ainsi qu'il découvre dans les premières pages que sa mère morte il y a plusieurs années s'est en fait suicidée. Il est un peu trouble mais c'était impossible de ne pas compatir avec lui.

Mais voilà que la narration passe de Tommy à son père Juan puis ensuite à sa belle-mère Alma. Par la suite, elle se promène entre les trois personnages, dévoilant des pans de leur passé et de leur présent.

Au début, je n'étais pas convaincu de cette narration partagée entre les trois personnages. J'admets d'emblée que j'ai dû commencer la lecture trop tard le soir, je n'y accordais pas toute l'attention qu'elle aurait mérité. Je ne comprenais pas les changements de narrateurs, les symboles à la tête des chapitres, je ne les ai saisi que trop tard et, rendu à ce point, ils ne m'aidaient pas vraiment. Je me sentais perdu.

Si une partie me revient, peut-être qu'une autre repose chez l'auteure Carla Guenfelbein? Maladresses ou choix délibérés ? Je me demandais, entre autres, pourquoi elle n'avait pas concentré la narration seulement sur Tommy. Ça aurait pu être suffisant. Les autres personnages me semblaient moins importants. Je me demandais ce que l'histoire intime de Juan et celle d'Alma apportaient à l'ensemble de l'intrigue.

Mais j'ai persisté. Tranquillement, un sens s'est construit. Au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, cette narration partagée me semblait appropriée (elle donne différents points de vue sur des événements uniques) et, au vu de la finale, nécessaire. Chacun des personnage traine une souffrance et celle des adultes n'est pas moins importante (bien sur, il est plus facile de s'attendrir sur celle d'un enfant qui est encore innocent que sur celles des adultes qui, souvent, y ont une part de responsabilité). Cette souffrance les empêche de faire les bons choix et a des répercussions sur les autres. En ce sens, les narrations de Tommy, Juan et Alma permettent au lecteur de les découvrir une à une et de voir comment elles vont s'entrelacer pour en arriver à une finale troublante.

Je n'aime pas laisser un livre en plan, même quand l'histoire ne me plait pas autant que je l'aurais cru. Eh bien, cette fois-ci avec le reste est silence, j'ai bien fait de persister. Au final, je garderai un bon souvenir du roman le reste est silence. Il traite de sujets importants comme la communication, le pardon, le désir de faire du bien autour de soi mais aussi d'aimer sa vie. Il ne faut pas laisser la part d'ombre enfouie en chacun de nous l'emporter.
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On peut dire beaucoup de choses en se taisant, et à l'inverse la parole n'est pas toujours synonyme de communicabilité. Les trois personnages principaux de ce roman illustrent bien ces difficultés.
Il y a d'abord Tommy, douze ans, atteint d'une maladie cardiaque qui l'empêche de s'amuser normalement avec les enfants de son âge. Alors il s'occupe en enregistrant en cachette les conversations des adultes, ce qui lui vaudra une révélation dramatique à propos de la mort brutale de sa mère, dix ans plus tôt.
Il y a ensuite Alma, belle-mère de Tommy, qui sent que son mari s'éloigne d'elle, et qui se réfugie dans les bras d'un amour de jeunesse peu fiable.
Et puis Juan, le père de Tommy, brillant chirurgien, qui croit protéger son fils mais n'a réussi qu'à en faire un enfant solitaire, trop sérieux pour son âge.
"Le reste est silence" est un roman choral à trois voix, dans lequel les mêmes situations sont vues de trois points de vue différents, ce qui est un peu répétitif, mais qui montre l'ampleur des incompréhensions et des malentendus au milieu desquels les personnages naviguent à vue. On a mal au coeur pour Tommy, qui souffre en silence dans son corps et dans sa tête, on s'agace de cette Alma indécise et qui semble préférer Tommy à sa propre fille, on désespère devant la froideur apparente de Juan. Mais cela ne va pas beaucoup plus loin, parce que pour moi, cette histoire est  trop improbable : la question de la judéité, posée comme centrale dans l'origine du drame, m'apparaît tirée par les cheveux, la maturité de Tommy me semble excessive, et la scène finale frise la guimauve en plus d'être irréaliste.
En dehors de cela, l'écriture est sensible et délicate, et ce texte rappelle, si besoin était, que le poids des secrets de famille se pose sur les épaules des générations suivantes, qui en paient parfois un prix beaucoup trop fort.
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J'ai fini de le lire. Cet après-midi, dans le calme de ma terrasse ensoleillée. Quand je l'ai fermé, c'était comme si le soleil s'était éteint. Je ne réécrirai pas l'histoire si triste de cet enfant de 12 ans (Tommy) . On aurait envie de dire que ce qui lui arrive c'est la faute des autres, de son père (Juan) qui ne le comprenait pas, de sa mère (Soledad) , de Alma sa belle-mère qui lui vouait autant d'amour qu'à sa propre fille, du grand-père, personnage très rigide. Que va-t-il advenir de Tommy ? Qu'a-t-il appris de terrible qui va faire basculer sa vie ?

Une histoire émouvante, triste, mais ne dit-on pas que les histoires tristes sont les plus belles ?
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Tommy est un petit garçon de 12 ans dans un corps d'un enfant de 8 ans. Il a un coeur tout neuf dont son père, chirurgien, l'a doté. Orphelin de sa mère Soledad, il vit avec son père Juan et la seconde épouse de ce dernier, Alma. Différent des enfants de son âge, il subit leur harcèlement par des injures envoyées sur son ordinateur. de mauvaise constitution physique, mais doté d'une intelligence hors norme, Tommy est un enfant solitaire qui passe son temps à la bibliothèque et sur Google. Il aime aussi écouter les grandes personnes et enregistre leurs conversations à leur insu et c'est lors d'un mariage qu'il apprend comment sa maman est morte.

C'est un roman choral à trois voix entre le père, Alma et Tommy. Chacun donnera sa vérité, sa perception des choses et ses émotions, chacun avancera ou partira dans ses souvenirs. Exprimer son amour est parfois bien difficile, le traduire en mots justes, en gestes spontanés, surtout lorsqu'il est impossible de saisir l'intériorité d'un petit garçon qui souffre d'un manque, tout en faisant preuve d'une force intérieure surprenante.
Les trois personnages principaux sont très attachants ainsi que ceux que l'on rencontre à travers eux. Un pan de leur histoire personnelle se dévoile au fil des pages que l'on parcourt avec avidité. Au début, on se demande qui parle à chaque nouveau chapitre, puis l'on s'y habitue jusqu'à ce que cela en devienne un jeu.

Le reste est silence n'est pas un "chef d'oeuvre" ; pour moi, c'est un très bon roman qui m'a fait passer de très bons moments de lecture, mais les larmes qu'il m'a tirées à la fin et l'émotion ressentie me font lui attribuer cinq étoiles.

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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
— Je t'assure que non, elles ne se connaissent même pas.
La voix de la femme est aussi rauque que celle d'un crapaud. Je lève un peu mon Mp3.
— Je croyais qu'elles étaient amies. Tiens, elle est là, avec les jeunes mariés, devant la volière.
De tous les oiseaux qu'il y a dans la cage de mon grand-père, mes préférés sont les faisans dorés.
— Tu es folle, jamais de la vie, tu connais Marisol !
La brise marine soulève la nappe. Des chaussures d'homme s'arrêtent devant la table sous laquelle je suis caché.
— Carmen, comme je suis content de te voir !
C'est papa, avec cette voix de docteur qu'il ne laisse jamais à la maison. S'il me surprend à enregistrer les adultes, il va piquer une belle colère. Il appelle ça "une atteinte à la vie privée des gens". Mais je me demande un peu ce que c'est, la "vie privée". Si je comprends bien, c'est ce qu'on fait et ce qu'on ressent quand on est seul. Dans ces conditions, ces conversations n'ont rien de privé. Une dame agite son pied dans tous les sens, on dirait qu'elle a un caillou dans sa chaussure.
— Je vous en prie, restez assise, insiste papa.
Je retiens mon souffle sans lâcher mon Mp3.
— Il y a des années qu'on ne s'est pas vus, dit la femme.
— Cinq, six ?
— Au moins.
— Tu es en pleine forme, Carmen. Comme je suis content que tu sois venue. Et Jorge ? – Papa parle sur un ton détendu et joyeux, celui qu'il utilise quand on lui demande un conseil.
— Il est parti avec une fille il y a deux ans. Sa secrétaire ! explique la femme en partant d'un grand éclat de rire. Ne t'inquiète pas, je suis ravie, elle m'en a débarrassé. C'était un bon à rien.
— Si tu le dis ! répond papa.
— Nous le disons toutes, intervient vivement une autre femme. A croire qu'on l'a piquée avec une aiguille.
Peu après, les chaussures de papa s'éloignent. J'ai de la chance qu'il ne m'ait pas vu. Papa et Alma restent ici et moi je dois rentrer à Santiago avec un oncle. "Nous avons besoin de nous reposer de vous", m'a dit Alma de sa voix douce, avec un grand sourire. N'empêche, j'ai trouvé que ce n'était pas juste.
— Juan s'est remarié, n'est-ce pas ?
— Oui, avec une femme beaucoup plus jeune que lui.
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Je pose mon sac et j'avance de quelques mètres sur un rocher lisse et noir qui surplombe l'eau, comme une grande terrasse suspendue. Je regarde la ciel, jusqu'à ce que le soleil se mette à descendre au milieu des lambeaux de nuages noirs. Je lève les bras comme me l'a enseigné Kajef et je ferme les yeux. Je vois le sourire de la femme, je vois le côté lumineux du visage de maman, je me vois , grand et souriant dans ses yeux brillants, je vois une barque au milieu de l'océan, je vois ce qui ne reviendra pas, je vois des centaines d'oiseaux prenant leur envol, je vois l'impact, les fers tordus au-dessus de ma tête, le visage ensanglanté de maman, j'entends son cri, je vois mon coeur battre faiblement sous mes côtes, je vois Kajef au fond de la mer, son corps qui s'agite, comme celui d'un poisson. J'ai tout cela à l'intérieur de moi, je suis tout cela. (pour info, Kajef est un personnage que Tommy a imaginé et avec qui il "parlait")
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Quand peu à peu la passion s’éteint, nous vivons de souvenirs, d’intentions, de loyautés et de sentiments qui possèdent autant sinon plus de valeur que l’ardeur à laquelle ils ont succédé. Il y a encore quelques semaines, comprendre cela me semblait être un signe de maturité, mais aujourd’hui je trouve que c’est une élégante boîte vide. Nous sommes le théâtre d’innombrables processus invisibles, des cellules meurent, d’autres naissent, certaines entreprises s’arrêtent et d’autres démarrent. Et soudain nous avons changé.”
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"Les souvenirs se construisent avec délicatesse avant de se déposer dans la mémoire ; mais ils ne figent pas, ils se transforment au rythme des sentiments qui les accompagnent, jusqu'au jour où il devient malaisé de distinguer la part de vérité qu'ils contiennent."
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“ Quand peu à peu la passion s’éteint, nous vivons de souvenirs, d’intentions, de loyautés et de sentiments qui possèdent autant sinon plus de valeur que l’ardeur à laquelle ils ont succédé. Il y a encore quelques semaines, comprendre cela me semblait être un signe de maturité, mais aujourd’hui je trouve que c’est une élégante boîte vide. Nous sommes le théâtre d’innombrables processus invisibles, des cellules meurent, d’autres naissent, certaines entreprises s’arrêtent et d’autres démarrent. Et soudain nous avons changé.”

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