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EAN : 9782356874177
213 pages
Éditeur : Le Bord de l'eau (22/09/2015)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Le «jeune-de-banlieue», c'est l'ogre des temps modernes. Arabe mal rasé de 15-35 ans vêtu d'un survêtement à capuche, il se promène avec un cocktail Molotov dans une main et une kalachnikov dans l'autre. Il fume du shit dans les cages d'ascenseur, il brûle des voitures; il gagne sa vie grâce à des trafics de toutes sortes et en fraudant les allocations sociales. Sa sexualité consiste à violer les filles en bande dans des caves; sa spiritualité, à écouter les prêches... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Aelinel
  07 mai 2016
Des banlieues? Je n'en possède qu'une connaissance parcellaire teintée de représentations négatives. Lors de ma formation étudiante, j'ai été contrainte de me rendre, en transport en commun, dans le quartier de Villeneuve de Grenoble, pour assister aux cours de l'Institut de Géographie Alpine. Je n'en garde pas que de bons souvenirs : poubelles ou voitures brûlées, drague sauvage et agressive, etc... je n'y suis plus jamais retournée depuis. Même lorsque je cherchais un appartement, j'ai pris soin d'éviter ces quartiers dits difficiles malgré les prix attractifs. Aujourd'hui encore lorsque je croise des "jeunes de banlieue", notamment dans les transports en commun, je me mets en mode "prudence/indifférence", plongée dans ma musique et mon bouquin. Il faut dire que j'ai eu de mauvaises expériences que ce soit par des insultes gratuites que je n'ai pas relevées ou par des attouchements. Mélangez à cela l'image désastreuse, véhiculée par les Médias et vous obtiendrez un cocktail de préjugés négatifs sur les banlieues.
Alors quand un de mes collègues m'a proposé de lire cet essai de Thomas Guénolé, Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants?, je n'ai pas voulu laisser passer ma chance. Ne dit-on pas que la lecture est synonyme d'ouverture sur le monde et d'esprit? Partant du principe "Tout ce que je ne connais pas, est intéressant", j'ai donc entrepris la lecture de cet essai sociologique. Et j'en ressors ravie.
L'auteur donne de nombreuses clés de connaissances sur les banlieues que ce soit au travers d'études sociologiques, de statistiques, de témoignages sur le terrain ou d'exemples concrets. Il fait une étude sociologique exhaustive et aborde de nombreux thèmes comme l'image de la banlieue au travers du cinéma ou des médias, les acteurs des banlieues qu'ils soient républicains (école, police) ou intrinsèques (les résidents eux-mêmes), les difficultés rencontrées, la religion, la sexualité, le Rap, etc... Ces nombreuses clés de lecture permettent ainsi de déconstruire les préjugés que l'on peut avoir sur ces quartiers et ses habitants. Par exemple, les trafiquants de drogues représentent une partie infime de la population (à peine 1%). Les banlieues ont une grande tendance à se désislamiser (seulement 20% des jeunes de banlieue d'origine étrangère récente âgés de 18-24 ans sont des musulmans pratiquants). Quant aux mosquées djihadistes, elles ne représentent que 4% des mosquées et lieux de prière musulmans en France. Etc...
De plus, sans sombrer dans l'angélisme, il admet aussi que certains faits restent avérés comme l'homophobie, l'antisémitisme ou le harcèlement de rue dans ces quartiers.
Enfin, cet ouvrage a eu le mérite de me faire découvrir des textes que je n'aurais jamais eu la curiosité d'aller lire par moi-même, n'écoutant pas de rap. Si certains m'ont déplu à cause de leur agressivité et de leur violence, d'autres au contraire, m'ont ébloui par leur justesse et leur poésie.
En conclusion, il est très difficile de se départir de préjugés que l'on possède depuis très longtemps : ce livre n'est pas un miracle. Il ne faut pas être naïf, je ne vais pas m'en défaire du jour au lendemain. Néanmoins, cet essai m'aura fait prendre conscience que sans aller vers le terme fort de balianophobie, j'en prenais le chemin dangereux. A l'heure où les extrémismes se fondent sur nos peurs pour gagner plus de terrain lors des prochaines élections, il est plus que nécessaire de s'ouvrir l'un à l'autre et de combler autant que possible la fracture sociale, économique et culturelle qui mine notre société française. Il est vrai que je suis idéaliste mais ce livre est déjà un premier pas en ce sens.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Vermeer
  26 septembre 2018
Le titre est en lui-même une belle trouvaille. Le "jeune" de banlieue serait-il l'ogre moderne dont on menacerait les enfants ?
L'essai est très agréable à lire, plutôt positif ( trop ?) dans l'ensemble même si je ne partage pas tous les points de vue de l'auteur. Il passe en revue tous les codes, références, langue, musique des cités. Il évoque tous les problèmes sociaux, la misère, la mal bouffe, la misère sexuelle, les transports, la ségrégation scolaire. Il tente de déconstruire les clichés "balianophes", les caricatures rappelle que la violence, les trafics ne sont le fait que d'une minorité mais qui néanmoins pourrissent la vie de la majorité. En effet, les jeunes de banlieue sont davantage victimes qu'acteurs de violence. Cette partie-là est très intéressante et instructive. Un des meilleurs aspects de l'essai concerne les rapports avec la police analysés très finement (si je puis en juger) et pas du tout manichéenne.
L'auteur ne nie pas l'homophobie ou l'antisémitisme. Il n'évoque qu'assez peu le sort des filles et femmes et à mon sens de façon un peu angélique et surtout, il évoque la désislamisation c'est-à-dire la baisse de pratique religieuse par rapport aux générations précédentes. Les études sociologiques (Kepel et autres) tendent à montrer le contraire.
Enfin, et on peut être en désaccord, il termine par le fait que la laïcité est plutôt une néolaïcite au service de la communauté MAZ ( blanche, âgée, catholique déchristianisée) contre l'Islam. Pour lui, le séparatisme, le communautarisme viendrait plutôt de cette partie de la population qui entretient la balianophobie et le ressentiment qui s'en suit.
Le républicanisme pourrait être un projet commun puisqu'il est faux selon l'auteur de dire que ces jeunes n'aiment pas la France.
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chriskorchi
  18 juin 2016
La banlieue je connais et dans diverses départements (75, 78, 94) et je sais aussi que ce n'est pas ce qu'en disent les politiques avides de voix pour les élections, ni la banlieue fantasmée de certains pseudo penseurs qui n'y ont pour la plupart jamais mis les pieds et ne font que relayer un monceau de préjugés et de ouïe dire. Je sais aussi qu'il y a beaucoup de talent, d'entraide et même du respect. Petite anecdote personnelle, à chaque fois que je dis où je vis on me regarde soit avec un regard compatissant, soit on me demande carrément si c'est pas trop dur. C'est dire si les préjugés ont la peau dure, et bien sans populisme aucun et sans idéaliser la banlieue (ce qui serait ridicule et mensonger, il y a évidemment des problèmes en banlieue mais pas plus que dans certaines grandes villes) je n'ai jamais eu de problème, ni agression physique, ni verbale et quand je passe les jeunes me saluent, me tiennent les portes, les commerçants sont sympas et je ne me sens pas en danger à tout les coins de rue. J'ai eu beaucoup plus de manque de respect dans les quartiers chics et certains quartiers de Paris que dans les banlieues. Je n'ai pas aimé habiter dans le coté bon chic bon genre du 78 avec toutes ses personnes méprisantes et qui pensent que tout leur est dû.
Un essai qui est nécessaire et bien ficelé , j'aime l'agencement des chapitres, les citations et le fait qu'il y ait beaucoup de chiffres, de sources, d'études, des témoignages, des sondages. Les intervenants sont divers , des jeunes de banlieue bien sûr mais aussi des policiers, des politiques, des stars, des policiers, des éducateurs. Les sujets abordés sont la sexualité, le phénomène de bande, la pauvreté, les familles mono-parentale, la religion, l'immigration, le rap... Il est aussi très intéressant que tout ces sujets soient traités à travers les arts, que ce soit le cinéma, la musique, l'art urbain.
Ce qui est louable aussi c'est que l'auteur ne prend pas parti, il énonce des faits, prends des exemples, des chiffres et laisse au lecteur le soin de se forger sa propre opinion et tirer lui-même ses conclusions. Il utilise le terme de balianophobie , terme que je n'avais jamais entendu jusque là, pour désigner les personnes qui stigmatisent les habitants des banlieues avec tout les idées préconçues qui vont avec. j'aime la manière intelligente que l'auteur a de déconstruire les mythes et les inventions autour de la banlieue et de ses habitants.
A la lecture de cet essai sociologique, le lecteur y voit plus clair et est plus à même de ne pas tomber dans le piège et les manigances médiatiques. Les idées se remettent en place et on prends conscience de la bêtise de certains préjugés. Tout est accessible et il y a des notes en bas de page pour ce qui nécessite des précisions. Ce que j'ai aimé c'est que là c'est du concret. Une lecture constructive et instructive.
VERDICT
A offrir à tout les balianophobes et à lire pour mieux connaître le sujet et pouvoir se forger un avis sur des faits et non des fantasmes. Je le recommande
Lien : https://revezlivres.wordpres..
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LauraDranreb
  29 décembre 2015
Un ouvrage très bien construit traitant de la perception erronée que certains se forgent des jeunes de banlieue.
Il déconstruit petit à petit tous les mythes, tous les clichés existants en se basant sur des faits et des statistiques qui accompagnent la lecture sans l'alourdir. Beaucoup auraient aujourd'hui besoin de prendre conscience que ces jeunes ne représentent pas la minorité de délinquants présents dans leurs rangs et que passer leur vie a être caricaturé par les médias n'est probablement pas très productif.
Ayant déjà quelques bagages sur le sujet, j'ai néanmoins beaucoup appris. J'étais particulièrement ignorante sur l'antisémitisme croissant au sein des banlieues. D'autres aspects ne m'avaient tout simplement pas traversé l'esprit, ainsi le chapitre intitulé "les galériens" montre l'isolement et la mise à l'écart que subissent les banlieues et les difficultés que cela produit sur leur quotidien.
Ainsi, n'étant pas moi-même "balianophobe" j'ai tout de même progressé, pris conscience de certaines choses auxquelles je n'avais pas prêté attention et qui semblent pourtant pertinente pour comprendre les choix, les possibilités, la vie au sein des banlieues.
Il est, selon moi, important de faire passer ce livre, de transmettre ces idées simples et accessibles à tous. le questionnement sur la généralisation est terriblement actuel et pertinent, la montée de l'islamophobie en témoigne. Nous avons tous dans notre entourage des proches à qui offrir cet ouvrage.
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jefdebourges
  17 juin 2018
Etes vous balianophobe ?
Malheureusement, je pense que oui, contre votre volonté bien-sûr.
Ce livre permet de comprendre ce que signifie "balianophobie", d'identifier vos penchants balianophobes, d'identifier leurs propagandistes et leurs porte-voix.
Bref, d'ouvrir les yeux.
Donc bonne lecture ;-)
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critiques presse (1)
NonFiction   02 novembre 2015
Thomas Guénolé s’attaque aux discours balianophobes qui occupent le devant de la scène médiatique depuis plus d’une décennie.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AelinelAelinel   07 mai 2016
"Les clichés sur la police ont la vie dure mais ils sont en retard d'une vingtaine d'années sur la réalité. "C'est vrai qu'un flic qui est toujours lieutenant à 45 ans a probablement des casseroles au cul, me résume une source. Il picole, il a fait des trucs illégaux, ou c'est une forte tête qui obéit mal à la hiérarchie. Mais c'est vraiment très, très rare. Et le gros cliché du flic qui se tape une pute dans le soum (véhicule banalisé de la police) comme on le voit encore dans des séries télé, ça pouvait encore exister il y a dix ans, mais maintenant ce genre d'abus est rarissime." (P. 100)
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AelinelAelinel   08 mai 2016
"Une variante plus répandue de la difficulté de communication est celle, non pas de la barrière de la langue, mais strictement du manque de capital culturel commun et de vocabulaire commun entre l'univers culturel des jeunes des cités et celui des enseignants. Une de mes sources enseignantes m'a par exemple raconté le cas d'une écolière traduite en conseil de discipline parce qu'elle avait accusée en cours une autre élève de "sucer le prof". Ce dernier avait pris l'attaque dans un sens sexuel, alors que dans l'argot des jeunes de banlieue, "sucer un prof" signifie depuis des années "être obséquieux envers l'enseignant", bref, "être un fayot de la classe" sans connotation sexuelle." (P. 148-149)
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AelinelAelinel   07 mai 2016
"Si vous-même habitez dans les centres-villes, et si vous-même prenez régulièrement les transports en commun, vous avez sans aucun doute déjà croisé plusieurs fois un de ces petits groupes de jeunes des bandes de banlieue : très bruyants, très agressifs, pour tout dire pénibles à supporter pour tous les passagers du wagon. Vous vous êtes peut-être dit que ces jeunes étaient épouvantablement sans-gène, qu'ils ne se souciaient scandaleusement pas de la tranquillité des gens autour d'eux. C'est une erreur complète d'interprétation. En réalité, ces jeunes des bandes de banlieue font exprès d'être extrêmement bruyants, et globalement insupportables, envers les autres passager. C'est délibéré. C'est un spectacle à votre attention. C'est une provocation qui répond à vos propres regards en biais." (P. 119)
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LauraDranrebLauraDranreb   29 décembre 2015
90% de ces jeunes "se sentent Français". Prétendre que les jeunes de banlieue "n'aime pas la France" ou seraient des "Français de papier", accusation courantes chez les balianophobes, est donc rigoureusement faux.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est que les jeunes de banlieue d'origine étrangère récente se sentent beaucoup moins reconnus comme des Français à part entière. Moins de 60 % se sentent perçus comme de vrais Français, et l'écart en fonction de leur origine est énorme : 82 % pour ceux qui ont une origine européenne, 40 % pour ceux qui ont une origine marocaine ou tunisienne.
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AelinelAelinel   06 mai 2016
"Si la balianophobie existe aussi abondamment dans le paysage intellectuel, médiatique et cinématographique, c'est aussi parce qu'un vaste public est demandeur." (P. 45)
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