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EAN : 9782070297528
437 pages
Gallimard (03/06/1977)
4.41/5   35 notes
Résumé :
Le présent recueil réunit tous les articles concernant le symbolisme que René Guénon n'avait pas lui-même inclus dans l'un de ses ouvrages. Il constitue la partie la plus importante de ses travaux dans ce domaine, et vient illustrer en quelque sorte la doctrine qu'il a exposée dans toute son ?uvre, tout en offrant ce qu'on pourrait appeler les moyens d'une universelle vérification dans la multitude innombrable mais concordante de données sacrées provenant des tradit... >Voir plus
Que lire après Symboles de la science sacréeVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ce n'est qu'après avoir lu « Les états multiples de l'être », ouvrage central de l'oeuvre de Guénon sans lequel le repérage du point d'origine de son discours s'avère être des plus hasardeux, que je comprends qu'il m'aurait fallu lire les « Symboles de la science sacrée » à une date reportée, en tout cas pas immédiatement après « La Crise du monde moderne » ou « le Règne de la quantité ». Ces deux derniers essais sont ordinairement considérés comme les plus accessibles et les plus synthétiques de Guénon, et pour cause puisque leur auteur ne revient pas explicitement sur les principes métaphysiques qui fondent son oeuvre. Ces deux essais plaisent ainsi davantage pour leur ton polémique que pour leur rigueur logique. Autrement dit, Guénon semblera très bon dans ces ouvrages sans que le lecteur ne comprenne vraiment pourquoi. Si le lecteur enchaînait alors aussitôt avec les Symboles de la science sacrée sans se douter le moins du monde des prémisses qui fondent la structure du corpus guénonien, il pourrait approcher l'ouvrage avec la sympathie ou la méfiance que suscitent habituellement en lui les divers dictionnaires de symboles qui se multiplient sur les mauvais étals à mesure que croît le taux de chômage.


Il apparaît toutefois clairement que Guénon ne traite pas les symboles à la façon toute moderniste de l'émoi affectif ou esthétique, qu'il ne cherche absolument pas à renouveler le sens des symboles dans une sorte d'entreprise de recyclage de biens immatériels et qu'il ne puise pas dans des corpus disparates selon une méthode aléatoire biaisée par des attentes personnelles non élucidées (sélection motivée par le besoin d'autoconfirmation) ou conscientes mais non explicitées (susciter l'autoconfirmation des thèses de l'auteur par l'apport de preuves apparemment externes). Guénon se branle de toutes ces petites chicaneries esthético-sentimentales, ce qui ne l'empêche pas d'être sensible à la beauté suscitée par toute forme d'harmonie. La science sacrée qu'il évoque est la métaphysique, et les textes issus de la Tradition sont les gardiens éternels du sens des symboles dont elle est la source.


Au-delà de ces quelques spécificités qui feront d'entrée de jeu comprendre au lecteur qu'il n'ouvre pas un stupide dictionnaire des symboles pour interpréter ses rêves comme on lit l'avenir en déchiffrant les rides de son front, les types mêmes des symboles sur lesquels s'attarde Guénon surprendront par leur caractère abstrait. le symbole est ici moins image que dynamique. Il suffit pour s'en assurer de lire les titres des grandes parties de l'essai qui traiteront tour à tour des symboles du centre, des symboles de la manifestation cyclique, des symboles du centre et du monde, des armes symboliques, des symboles de la forme cosmique, du symbolisme constructif, du symbolisme axial et du symbolisme de passage et enfin du symbolisme du coeur.


Evidemment, cet essai semblera n'apporter aucune réponse. La raison en est que son lecteur s'en sera emparé avant d'avoir pu formuler la moindre question. Ainsi moi-même y reviendrais-je peut-être un jour, si la vie se résorbe en ma faveur.
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Un livre incontournable pour mieux connaître le travail de René Guénon. Il regroupe un grand nombre d'articles publiés par l'auteur dans diverses revues ésotériques Il y a énormément de références dans ce livre très compact qu'il serait difficile de toutes les énumérés mais je citerai pour ma part les symboles sacrés que l'on retrouve dans les mythes et légendes et qui m'ont énormément intéressés. le style de l'écriture m'a en revanche un peu rebuté, je trouve les tournures pompeuses et ennuyeuses. C'est un livre qu'il vaut mieux lire sur la durée, de manière occasionnelle, car l'on est vite submergé par les tonnes de parallélismes théosophiques et étymologiques évoqués si bien que l'on perd parfois le fil du sujet principal - passant de la cosmogonie égyptienne à la métaphysique védiques avec des explications coraniques. Une tonne d'informations circule qui sont autant de pépites de savoir pour le lecteur. Il m'a bluffé a plus d'une reprise sur ce point, surtout lorsque l'on s'imagine les difficultés de l'époque pour "rassembler ce qui est épars";
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bon livre
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
On a coutume, dans le monde occidental, de considérer l’islamisme comme une tradition essentiellement guerrière et, par suite, lorsqu’il y est question notamment du sabre ou de l’épée (es-sayf), de prendre ce mot uniquement dans son sens le plus littéral, sans même penser jamais à se demander s’il n’y a pas là en réalité quelque chose d’autre. Il n’est d’ailleurs pas contestable qu’un certain côté guerrier existe dans l’islamisme, et aussi que, loin de constituer un caractère particulier à celui-ci, il se retrouve tout aussi bien dans la plupart des autres traditions, y compris le christianisme. Sans même rappeler que le Christ lui-même a dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée », ce qui peut en somme s’entendre figurativement, l’histoire de la Chrétienté au moyen âge, c’est-à-dire à l’époque où elle eut sa réalisation effective dans les institutions sociales, en fournit des preuves largement suffisantes ; et, d’autre part, la tradition hindoue elle-même, qui certes ne saurait passer pour spécialement guerrière, puisqu’on tend plutôt en général à lui reprocher de n’accorder que peu de place à l’action, contient pourtant aussi cet aspect, comme on peut s’en rendre compte en lisant la Bhagavadgîtâ.

À moins d’être aveuglé par certains préjugés, il est facile de comprendre qu’il en soit ainsi, car dans le domaine social, la guerre, en tant qu’elle est dirigée contre ceux qui troublent l’ordre et qu’elle a pour but de les y ramener, constitue une fonction légitime, qui n’est au fond qu’un des aspects de la fonction de « justice » entendue dans son acception la plus générale. Cependant, ce n’est là que le côté le plus extérieur des choses, donc le moins essentiel : au point de vue traditionnel, ce qui donne à la guerre ainsi comprise toute sa valeur, c’est qu’elle symbolise la lutte que l’homme doit mener contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire contre tous les éléments qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité. Dans les deux cas, du reste, et qu’il s’agisse de l’ordre extérieur et social ou de l’ordre intérieur et spirituel, la guerre doit toujours tendre également à établir l’équilibre et l’harmonie (et c’est pourquoi elle se rapporte proprement à la « justice »), et à unifier par là d’une certaine façon la multiplicité des éléments en opposition entre eux. Cela revient à dire que son aboutissement normal, et qui est en définitive son unique raison d’être, c’est la paix (es-salâm), laquelle ne peut être obtenue véritablement que par la soumission à la volonté divine (el-islâm), mettant chacun des éléments à sa place pour les faire tous concourir à la réalisation consciente d’un même plan ; et il est à peine besoin de faire remarquer combien, dans la langue arabe, ces deux termes, el-islâm et es-salâm, sont étroitement apparentés l’un à l’autre. (pp. 175-176)
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Un seul exemple pourrait permettre de mesurer l’étendue de cette régression : la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin était, dans son temps, un manuel à l’usage des étudiants ; où sont aujourd’hui les étudiants qui seraient capables de l’approfondir et de se l’assimiler ?

La déchéance ne s’est pas produite d’un seul coup ; on pourrait en suivre les étapes à travers toute la philosophie moderne. C’est la perte ou l’oubli de la véritable intellectualité qui a rendu possibles ces deux erreurs qui ne s’opposent qu’en apparence, qui sont en réalité corrélatives et complémentaires : rationalisme et sentimentalisme. Dès lors qu’on niait ou qu’on ignorait toute connaissance purement intellectuelle, comme on l’a fait depuis Descartes, on devait logiquement aboutir, d’une part, au positivisme, à l’agnosticisme et à toutes les aberrations « scientistes », et, d’autre part, à toutes les théories contemporaines qui, ne se contentant pas de ce que la raison peut donner, cherchent autre chose, mais le cherchent du côté du sentiment et de l’instinct, c’est-à-dire au-dessous de la raison et non au-dessus, et en arrivent, avec William James par exemple, à voir dans la subconscience le moyen par lequel l’homme peut entrer en communication avec le Divin. La notion de la vérité, après avoir été rabaissée à n’être plus qu’une simple représentation de la réalité sensible, est finalement identifiée par le pragmatisme à l’utilité, ce qui revient à la supprimer purement et simplement ; en effet, qu’importe la vérité dans un monde dont les aspirations sont uniquement matérielles et sentimentales ?
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D’abord, le symbolisme nous apparaît comme tout spécialement adapté aux exigences de la nature humaine, qui n’est pas une nature purement intellectuelle, mais qui a besoin d’une base sensible pour s’élever vers les sphères supérieures. Il faut prendre le composé humain tel qu’il est, un et multiple à la fois dans sa complexité réelle ; c’est ce qu’on a trop souvent tendance à oublier, depuis que Descartes a prétendu établir entre l’âme et le corps une séparation radicale et absolue. […] Au fond, toute expression, toute formulation, quelle qu’elle soit, est un symbole de la pensée qu’elle traduit extérieurement ; en ce sens, le langage lui-même n’est pas autre chose qu’un symbolisme. Il ne doit donc pas y avoir opposition entre l’emploi des mots et celui des symboles figuratifs ; ces deux modes d’expression seraient plutôt complémentaires l’un de l’autre (et d’ailleurs, en fait, ils peuvent se combiner, puisque l’écriture est primitivement idéographique et que parfois même comme en Chine, elle a toujours conservé ce caractère). D’une façon générale, la forme du langage est analytique, « discursive » comme la raison humaine dont il est l’instrument propre et dont il suit ou reproduit la marche aussi exactement que possible ; au contraire, le symbolisme proprement dit est essentiellement synthétique, et par là même « intuitif » en quelque sorte, ce qui le rend plus apte que le langage à servir de point d’appui à l’« intuition intellectuelle » qui est au-dessus de la raison, et qu’il faut bien se garder de confondre avec cette intuition inférieure à laquelle font appel divers philosophes contemporains ; Par conséquent, si l’on ne se contente pas de constater une différence et si l’on veut parler de supériorité, celle-ci sera, quoi qu’en prétendent certains, du côté du symbolisme synthétique, qui ouvre des possibilités de conception véritablement illimitées, tandis que le langage, aux significations plus définies et plus arrêtées, pose toujours à l’entendement des bornes plus ou moins étroites.
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Il ne faut pas se le dissimuler, ceux mêmes qui se croient être sincèrement
religieux n’ont, pour la plupart, de la religion qu’une idée fort amoindrie ; elle n’a
guère d’influence effective sur leur pensée ni sur leur façon d’agir ; elle est comme
séparée de tout le reste de leur existence.
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Dans les hiéroglyphes, écriture sacrée où souvent l’image de la chose représente le mot même qui la désigne, le cœur ne fut cependant figuré que par un emblème : le vase. Le cœur de l’homme n’est-il pas en effet le vase où sa vie s’élabore
continuellement avec son sang ?
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Vidéo de René Guénon
Présentation du livre par Thomas Sibille de la Librairie al-Bayyinah "La Crise du Monde Moderne" de René Guénon aux Editions Héritage.
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