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EAN : 9782070187096
184 pages
Éditeur : Verticales (25/08/2016)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 97 notes)
Résumé :
«Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses…»

Ce premier roman a trouvé le ton elliptique et malicieux pour conjuguer l’univers intérieur de l’enfance avec les bouleversements de la grande Histoire. Grâce à la naïveté fantasqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  06 mars 2020
"This is Major Tom to ground control :
I'm stepping through the door,
and I'm floating in a most peculiar way..."
(D. Bowie, "Space Oddity")
J'ai eu exactement ce à quoi je m'attendais : 200 pages remplies de souvenirs, émotions et de nostalgie, me rappelant ma propre enfance. Il est vrai que j'en ai lu d'autres, mais il n'y a que "Les cosmonautes" et "Marzi" de M. Sowa qui m'ont rappelé des souvenirs avec autant d'intensité et de précision.
"Marzi" se passe en Pologne et ce petit roman d'Elitza Gueorguieva en Bulgarie, mais finalement, peu importe. L'époque communiste était vue à peu près de la même façon par tous les enfants qui grandissaient dans l'ancien bloc de l'Est.
Le livre d'Elitza raconte, sur une période de dix ans, les déboires d'une petite fille qui vit la transition démocratique en Bulgarie, mais aussi les déboires de ce pays qui "grandit" en même temps que la petite narratrice. Un tas de changements en perspective ! Le tout est raconté à la deuxième personne du singulier, ce qui n'est pas sans charme et renforce encore l'illusion que cette histoire est aussi la tienne...
Quand tu as six ans et que tu fais ta première rentrée, tu as besoin de repères, et rien de tel que le communisme pour te les fournir. Tout marche à merveille. Tes parents sont à l'abri du chômage, les fournitures scolaires sont offertes, et il n'y a pas de jaloux, car tout le monde porte les mêmes baskets Botas et l'identique informe manteau ocre Makyta Puchov. Si tu as de la chance, t'auras un arrivage d'oranges au Konzum tous les mois, mais pour les mandarines, il faut attendre le passage du gentil St. Nicolas en décembre. Même si le "jogging" est une mode capitaliste, tu restes mince, car toutes les étoffes féeriques créées dans les pays de l'Est - Krimplen, Chemlon, Dederon - font merveilleusement office à la fois de vêtement de sudation et d'éponge grattante/massante. T'éprouves beaucoup de pitié envers les enfants qui grandissent derrière le rideau de fer, car ce sont des "impérialistes", et tu sais bien que l'impérialisme est "pourri" et qu'ils n'ont vraiment pas de chance, les pauvres ! C'est à l'école que t'apprends tout ça, mais aussi grâce à ta télé Tesla Orava, et tu ressens une immense gratitude envers ton frère Soviétique, car il t'a évité l'horrible pourriture en la remplaçant par des lendemains radieux. Il fournit même les super-héros comme Iouri Gagarine, et toi aussi, tu veux devenir comme Iouri, oh oui.
Et tu n'arrives pas à comprendre pourquoi tes parents râlent, parfois...
Mais arrive un jour de révélation, quand un de tes potes (dont la tante a émigré en Suisse) arrive vêtu d'un véritable jean et ouvre devant tes yeux ébahis un chocolat Milka. Cette vache violette a le parfum de l'interdit, et ton propre chocolat Barila Orion te fait subitement penser à un vulgaire tas de bouse de vache. Ton pantalon en krimplen te démange d'une façon toute nouvelle, et tes baskets Botas se mettent d'un coup à ressembler aux godasses informes d'un clown, à côté de ses Nike qui portent le nom de déesse de la victoire. Même ta chère vieille poupée Jarmila prend, sans crier gare, des airs d'une kolkhozienne prolétarienne, comparée à la Barbie élégante et élancée de ta copine P., ou à celle de Constantza dans le livre, qui posséde en plus un éléphant doré. T'es un peu jalouse... Et tu commences à comprendre que quelque chose cloche.
Et puis, un mur tombe, mais pas n'importe lequel !
Toutes tes certitudes d'effondrent, mais l'espoir général monte. Le décor que tu croyais immuable devient tellement instable que tu n'arrives pas à assimiler la vitesse de tous ces changements. La rue "Gagarinova" depuis l'éternité change de nom, ton école aussi, et même Iouri, ton idole à jamais, est facilement évincé par les autres qui arrivent en masse. Surtout Kurt Cobain. Alors tu déchires ton teeshirt et tu bidouilles ta vieille guitare pour pouvoir jouer en "distortion". T'oublies exprès le russe, et tu te mets à l'anglais, pour pouvoir chanter "Come as You Are".
Les élections démocratiques arrivent, mais aussi la corruption, les arnaques téléphoniques, McDonalds, les bouquins feel-good... tout pêle-mêle. Il n'est pas étonnant que ton grand-père, un "vrai" communiste, commence à perdre la tête, n'est-ce pas, Elitza ?
Mais les cosmonautes ne font que passer, ainsi que les Kurt Cobain et un tas d'autres idoles.
Je viens d'évoquer mes propres souvenirs, mélangés un peu au livre. C'était vraiment la même chose, peu importe si dans votre classe de CP est accroché un portrait du camarade Jivkov ou de soudruh Husak. Ils attendent que vous n'ayez plus besoin de ces idoles, car vous avez enfin grandi et trouvé votre propre chemin.
Parfois je lis des commentaires sur des chansons ou des films des années 60-80, souvent très nostalgiques de cette époque dont on avait une telle hâte de sortir.
Mais ce n'est pas la nostalgie du totalitarisme. C'est la nostalgie du passé, de l'enfance, de l'insouciance, et du temps où tout était encore devant nous, "l'avenir radieux" y compris.
Salut, Elitza ! Moi non plus, je ne sais pas où est passé mon foulard rouge, et comme à toi, il ne me manque pas. Pourtant, quelque chose manque quand-même, non...?
Quatre étoiles et demi, avec un regret que ce soit aussi court.
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VALENTYNE
  26 décembre 2018
D'abord le titre m'a fait sourire « Les cosmonautes ne font que passer » avec une jolie jeune femme souriante et son casque CCCP.
Le début est intriguant puisque l'auteur s'adresse à la petite fille bulgare qu'elle était quand elle avait sept ans, en lui parlant à la deuxième personne du singulier. Sous ses dehors un peu enfantins – puisque c'est une petite fille qui parle – le fond est intéressant, résolument féministe. La petite fille confond spatial – elle a sept ans – et spécial. le titre du premier chapitre est donc « la conquête spéciale » et pendant tout le livre la petite fille va essayer de devenir cosmonaute (en passant par parachutiste, scaphandrière…). Les autres titres de chapitres sont aussi très drôles : Youri Gagarine n'est pas une cantatrice d'opéra, Youri Gagarine a été kidnappé par des extraterrestres, le Père Noël t'envoie le bonjour…
La petite fille observe son entourage : sa mère qui n'arrête pas de fumer, son père qui se retrouve au chômage, son grand-père un « vrai » communiste. J'ai ri du décalage entre les mots d'enfants et la réalité : par exemple elle dit que le camarade Todor Jivkov, chef de l'Etat, est « vilain » et la mère panique, file dans la salle de bain et revient catastrophée en disant « Nous voici dissidents ». La tension des adultes est palpable à travers les yeux d'une enfant qui ne comprend pas la situation. L'absurde de la situation fait à la fois rire et trembler.
On assiste aux essais infructueux de la petite fille et de son amie Constantza qui veulent chacune devenir la future Valentina Tereshkova, première femme cosmonaute soviétique.
La petite fille grandit, vit la chute du mur de Berlin – à 10 ans – elle croit que Berlin est un homme. Lentement la Bulgarie sort de l'étreinte soviétique et plonge vers la misère. Il faut des heures pour acheter de quoi se nourrir, le cousin de la petite fille se découvre une vocation de « mafioso « (mutra dans le livre)
La petite fille devient ado, se passionne pour Kurt Cobain qui remplace dans son coeur Youri Gagagine ….obligé de descendre de son piédestal car communiste…
De 7 à 14 ans, vu par les yeux d'une enfant, un monde se délite : il ne reste que la misère ou l'exil …et Kurt Cobain…
Au delà de l'histoire le ton m'a beaucoup plus : le « tu « de l'auteur interpelle et je me suis sentie proche de cette petite fille qui fait les 400 coups et ne veut pas grandir trop vite ….
Hasard de lecture : c'est la deuxième livre en moins d'un mois que je lis un roman où l'action est "racontée" par un enfant de 7 ans : j'ai aussi beaucoup aimé le ton de « Lignes de faille » de Nancy Huston : la naïveté et la candeur de l'enfance font passer bien des messages…
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Penylane
  14 avril 2019
Le personnage principal a 7 ans au début du roman et c'est pour moi un alter ego du petit Nicolas de Sempé et Goscinny.
Ses réflexions et son regard portés sur la Bulgarie de la fin des années 80 sont réjouissantes de drôlerie et de justesse. Je suis tombée totalement sous le charme de cette petite narratrice.
Avec ce premier roman, Elitza Gueorguieva montre une grande dextérité à se fondre dans la peau d'une enfant et c'est avec beaucoup d'intelligence et de finesse qu'elle nous plonge dans la Bulgarie post communiste.
J'ai ri, j'ai été touché et j'ai découvert un peu mieux une facette de ce pays que je connais peu.
Que demander de plus …
Hâte de lire le prochain roman !
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xst
  24 octobre 2016
Elitza Gueorguieva veut nous faire vivre au travers de l'enfance les bouleversements qui ont secoués la Bulgarie pendant et à la fin du régime autocratique de Todor Jivkov. Il paraît que c'est un roman "rétrofantasque" au style loufoque.
Malheureusement ce n'est pas très réussi.
L'utilisation du "tu" pour décrire ce que vit sa jeune héroïne est particulièrement déplaisant tout autant que la structure répétitive des paragraphes qui commencent et se terminent souvent soit sur la même phrase soit sur la même idée phrasée légèrement différemment.
On se retrouve devant un livre "sec" où l'émotion, quelle qu'elle soit, n'arrive pas à se faire sentir.
Heureusement le livre est court
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gromit33
  28 février 2017
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier roman, qui nous entraîne sur les pas d'une enfant en Bulgarie. Elle a sept ans dans les années 80 et découvre le monde qui l'entoure. Nous sommes encore derrière le mur de Berlin et dans l'Union Soviétique. Elle est inscrite dans l'Ecole Iouri Gargarine. Dans la première partie de ce roman, elle va avoir qu'une seule envie et mission, devenir cosmonaute, même si son entourage n'y croit pas trop. Son entourage, c'est son grand père, un « vrai communiste émérite », qui lui raconte l'aventure « spéciale», sa mère, qui travaille dans une radio et qui après plusieurs et plusieurs cigarettes, s'enferme avec son père dans la salle d'eau, mais mystère de leurs conversations et des sons qu'elle entend. Il y a aussi sa grand –mère, qui va devenir croyante et l'emmène voir le pope. Mais il y a surtout l'école, avec une directrice qui leur parle des idéaux communistes et aussi, Contanza, sa meilleure amie. Celle-ci a la chance ou malchance que sa mère soit souvent en Grèce et lui ramené des produits, des vrais.. Son cousin, Andréi, qui va devenir un Mutra ! Car dans la deuxième partie du roman, le mur de Berlin est tombé et la démocratie va arriver. Notre petite narratrice va alors changer d'idole et de Gargarine, elle va s'enticher de Kurt Cobain, et devenir une vraie ou fausse punk !! J'ai beaucoup aimé la légèreté, l'humour, l'ironie que l'auteure emploie pour nous raconter les changements de la société bulgare. L'évolution de la société vue par une petite fille, qui essaie au niveau de son jeune âge à comprendre ses proches. Ai songé au film « Good Bye Lenin ». Ai eu aussi une pensée pour Thomas Pesquet, qui est actuellement dans l'espace et qui a réalisé son rêve, devenir un Gargarine français. «Si un jour tu te perds dans la forêt, il faut continuer à avancer, il faut marcher tout droit et tu finiras par trouver ta route, hurle ton grand-père communiste, qui, pris d'une ardeur démesurée à la suite du film soviétique, se met à te raconter sa jeunesse – période intense où il affrontait dans les bois le fascisme et d'autres problèmes. Une fois la guerre terminée, il a pu poursuivre sa formation et s'élever au poste de machiniste pour apprendre à conduire : a) Un train, b) Puis un avion, c) Enfin un Vostok, Rêve ultime, te dit-il d'une voix tremblotante sous le coup de l'émotion. Mais il s'en est tenu aux trains car la suite lui a paru trop vertigineuse, et il a préféré rester sur Terre avec sa famille, qui lui réclamait déjà beaucoup d'héroïsme au quotidien. Maintenant c'est officiel : le rêve de ton grand-père communiste émérite officiel a échoué.»
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critiques presse (2)
Lexpress   02 janvier 2017
Elitza Gueorguieva livre le récit de la vie quotidienne d'une fillette dans la Bulgarie des années 1980-1990. Irrésistible.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   08 septembre 2016
La Bulgarie communiste à travers les yeux d’un enfant en un récit teinté d’humour.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   04 mars 2020
Tu te décides, après réflexion, à sortir aussi le fromage pour hamburger - gâteau occidental et inconnu - rapporté par ta grand-mère de son seul voyage à l'étranger, il y a deux ans, à Bratislava, avec beaucoup d'amour. C'est une délicatesse rare qui ne ressemble à aucune spécialité bulgare : chaque tranche est enveloppée dans une feuille de plastique que tu adores décoller, très lentement, avant de mettre un bout de fromage dans ta bouche où il fond, et ce rituel est si fantastique que tu te le permets uniquement à des occasions exceptionnelles.
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missmolko1missmolko1   14 mars 2019
Décidément, tout t’est interdit en ce moment. Grimper sur des arbres, se balancer trop haut, sauter d’un tremplin ne sont pas des activités de petite fille, te dit ta mère en allumant sa première cigarette de la journée, et tu comprends que l’élévation spatiale, comme tout ce qui est glorieux en général, est réservée aux garçons. Il y a comme une distribution des tâches : tous les garçons que tu connais, ou dont on te parle, camarades, voisins, cousins veulent devenir des cosmonautes un jour, c’est une évidence, cela va de soi et ce serait étrange, voire extravagant que cela soit autrement. Ils collent sur leurs murs des affiches avec le visage souriant de Iouri, des images de soucoupes volantes et d’autres objets non identifiés par toi, et soupirent avec émoi lorsque à la télévision on montre des images d’archives du premier vol spatial. Ils sont obsédés. Ils s’amusent à former des galaxies et d’autres complots dans la cour de récréation, et s’exercent au vol partout où ça leur chante, en escaladant librement les branches du sapin de Iouri ou ton banc, que tu es obligée désormais de partager avec Constantza.

Les filles ont des objectifs professionnels plus imprécis et franchement dépourvus d’originalité. Dans le flou général des réponses, trois propositions reviennent le plus souvent : infirmières, ballerines, ou pareil que maman. Comme les deux premières te paraissent peu enviables, tu préfères t’en tenir à la troisième, valeur plus sûre mais dont tu regrettes un peu l’évidente absence d’héroïsme : ta mère travaille à la radio, objet inutile, car toujours éteint. Tu te demandes si un autre scénario serait envisageable, qui conviendrait mieux à tes conceptions de l’avenir et du monde en général.
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motspourmotsmotspourmots   26 août 2016
Il n'y a pas d'amitiés éternelles, il n'y a que des intérêts communs, te dit ta grand-mère et cette phrase t'explose à la figure comme un pétard dans une rue campagnarde un dimanche après-midi.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   13 octobre 2016
Quelques mois plus tard, c’est officiel : ce n’est pas juste un mur qui est tombé, c’est tout le communisme, phrase qu’on te répète sans cesse comme si tu en doutais, ou comme si subitement tu ne comprenais plus la langue bulgare, ou comme le vinyle rayé du Petit Chaperon rouge, qui s’était coincé sur la suggestion : VA TE REGARDER DANS LE LAC, traumatisme ancien venant de refaire surface. Tu ne peux plus mettre un pied dehors, pour promener ton indestructible bâtard Joki, ou pour monter sur la fusée spatiale derrière l’immeuble en espérant que cette fois elle s’envolera enfin, sans que cela recommence : tout le monde répète la phrase, la camarade voisine du quatrième étage, la camarade vendeuse de l’épicerie Soleil et ton grand-père vrai communiste, plongé soudain dans une dépression profonde.
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actionjoeactionjoe   24 juin 2019
Tu ne peux pas devenir Iouri Gagarine car il est :

a) un homme,
b) soviétique,
c) toujours souriant, discipliné et opérationnel,

contrairement à toi qui es :

a) une fille,
b) bulgare,
c) dont la seule préoccupation est de faire des bêtises,
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