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ISBN : 2706125489
Éditeur : PRESSES UNIVERSITAIRE DE GRENOBLE (26/05/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dès le début des années 80, les pouvoirs publics encouragent les offres de loisirs sportifs dans le cadre d’une politique dite d’insertion par le sport des jeunes garçons habitant les quartiers populaires urbains. Considéré comme « naturellement » éducatif et pacificateur, le sport apparaît comme un instrument légitime de lutte contre la délinquance masculine et l’échec scolaire.
L’ouvrage a pour objectif de cerner les enjeux et la réalité des effets de ces d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
shmileblik
  27 octobre 2016
Après un démarrage un peu difficile pour se plonger dans l'étude, j'ai eu un réel intérêt pour le Sport fait mâle "la fabrique des filles et des garçons dans les cités"
J'ai particulièrement apprécié la façon dont l'auteur positionne historiquement et sociologiquement les premiers ateliers sportifs proposés dans les cités.Pour les garçons il s'agissait de calmer leurs ardeurs , pour les filles au contraire il s'agissait de les aider à s'émanciper. Sans le réaliser pleinement, il est clair qu'en tant qu'adulte (parent, enseignant, éducateur ou autre) nous induisons une différenciation garçon/fille.
(je m'offusquais dernièrement, dans les vestiaires de la piscine en entendant un papa dire à ses deux garçons " ben dis donc, vous en mettez du temps pour vous changer, vous êtes des filles ou bien" ) Chaque jour, par de petites phrases de ce genre, nous maintenons la notion de force, de performance de compétition chez le garçon et la notion de soumission, futilité, faiblesse et de fait du manque de confiance en soi chez les filles.
Ce qui est intéressant l'étude c'est qu'elle ne s'arrête pas uniquement à l'espace urbain qu'est la cité. On réalise par exemple que, dans l'histoire du sport, lorsque les femmes avaient des performances meilleures que celles des hommes, on vérifiait qu'elles étaient de vraies femmes et non des hommes travestis, comme s'il était inconcevable qu'une femme surpasse les hommes dans certaines activités du fait de ses capacités d'une part et de son entrainement d'autre part.
Ce qui semble rassurant, c'est que" le sport scolaire participe au développement de la pratique féminine sportive" car l'école propose un espace "protégé" fermé, non ouvert au regard d'autrui.
"Affirmer sa virilité", ne pas pleurer comme une fille, courir plus vite qu'une mauviette ou une tapette, tant de phrases qui poussent les garçons à affirmer leur virilité, comme s'ils ne pouvaient se définir que par dénigrement des files. Hélas, cette notion "binaire" n'est pas l'apanage de la pratique sportive, on la retrouve notamment dans l'enseignement professionnel, où la conduite d'engin est réservée, selon ceux qui y forment "aux vrais hommes, les forts, ceux qui ont confiance en eux et qui savent s'affirmer", éliminant, de fait, les filles évidemment, mais également tous les garçons ne correspondant pas à ce schéma stéréotypé. Mixité vous dites?
Les façon de penser changent peu à peu, mais c'est à chacun de nous au contact des enfants et adolescents, à prendre garde à ne pas induire de préjugés simplistes et infondés. Et ces enfants à leur tour deviendront des relais pour revendiquer une place des femmes équivalente à celle des hommes dans la société.3,5/4
Merci à Babelio et aux PUF de Grenoble pour cette découverte dans le cadre de l'opération Masse Critique d'Octobre.
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Lprieur
  15 octobre 2016
Par où commencer... Cette étude est tellement dense ! Je dois dire que j'ai eu du mal à entrer dedans. Mais hop, j'ai sauté la préface, et je me suis finalement lancée.
J'ai bien fait. J'y ai lu plein de bonnes choses. le sport fait mâle est un ouvrage éclairant, qui analyse le rapport entre le sport et les stéréotypes de genre (entre autres. Je ne prétends pas résumer cette étude.) Je m'intéresse tout particulièrement à la question du sexisme et, étant professeur, j'en fais mon cheval de bataille.
Il est fou de voir à quel point les stéréotypes sont ancrés dans la société (qu'il s'agisse des cités, ou non) : les filles sont faibles, par conséquents ne sont pas sportives, par conséquent elles sont faibles, par conséquent il faut adapter l'activité en fonction de ce qu'on pourrait attendre d'elles, c'est-à-dire moins bien que les garçons... Quel cercle vicieux !
J'ai particulièrement apprécié de voir mis au jour les mécanismes de "pensée" (inconscients) des garçons, leur "virilisme", qui explique aussi l'agression comme mécanisme de diversion. Tout plutôt que de reconnaître sa faiblesse, qui diminue sa virilité !
La comparaison du comportement des garçons et des filles montre que le défi, la compétition, la performance et la domination semblent l'apanage du garçon pour affirmer sa masculinité, tandis qu'on réserve - évidemment ... - la soumission, la conformité, la discrétion à la fille.
Pas étonnant qu'elles se montrent si peu ambitieuses : c'est révoltant !
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AMasini
  09 novembre 2016
Le Sport fait mâle est un essai qui s'intéresse à l'origine des ateliers sportifs dans les cités, qui ont eu des conséquences sur le long terme en matière de sexisme. Apparaissant avant tout comme une sorte de défouloir visant à canaliser la violence des garçons, le sport, paradoxalement, met aussi en valeur une certaine violence qui serait réservée aux garçons, et auxquels ils devraient tous prétendre, sous peine de ne pas être de « vrais » hommes…
D'une autre part, le sport serait pour les filles un moyen d'émancipation, de liberté – ce qui part du principe qu'elle sont forcément « enfermées ».
Somme toute, l'essai démonte certains préjugés et montre la persistance du sexisme à travers la différenciation des filles et des garçons, qui serait basée sur des observations fallacieuses : les filles seraient plutôt des artistes, fragiles et sensibles, tout le contraire des garçons (ou pas). L'essai interroge aussi la notion de « virilité » et engage tout un chacun à réfléchir sur les stéréotypes qu'il reconduit inconsciemment.
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scienceenlivre
  17 juin 2018
Ce document étudie les politiques d'intégration par le sport des filles et garçons issus de quartiers populaires urbains, interroge leur pratique sportive (notamment football pour les uns, hip-hop pour les autres) et trace les perspectives possibles de la mixité dans les espaces de la cité.
Le contenu de l'ouvrage prend pour base une enquête ethnographique de plusieurs années mais aussi d'autres études d'après les notes de bas de page qui font référence à des sociologues de renom (Bourdieu au 1er rang), des chercheurs de laboratoires (dont le CERIES de Lille) mais aussi d'autres acteurs (éducation scolaire, UNSS…). le public visé est sans conteste des étudiants ou spécialistes.
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Lien : http://www.dev.scienceenlivr..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LprieurLprieur   15 octobre 2016
Le sport développerait la solidarité et l'altruisme par les échanges qu'il suscite entre partenaires au cours des entraînements et des matchs. Pensé comme une microsociété idéalisée dans laquelle l'individu se confronte à un système de communication, de règles et de sanction, il favoriserait également l'apprentissage du fair-play et du respect d'autrui. de même, il renforcerait l'estime de soi du pratiquant par les progrès techniques réalisés, en cas de victoires sportives ou par la reconnaissance que le groupe lui octroie. Enfin, il permettrait de réguler et de canaliser l'agressivité par le défoulement qu'il autorise. Selon le principe du transfert, les apprentissages générés par l'engagement sportif auraient des effets dans d'autres sphères du social.
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LprieurLprieur   14 octobre 2016
Dans toutes les séances d'entraînement observées, et ce dès le plus jeune âge, les intervenants invitent les garçons à ne pas s'abaisser à se conduire comme des filles, ces dernières servant de groupe de référence négatif. Lors d'un entraînement des poussinets, Amina interpelle un garçon en ces termes : "Plus vite mauviette !" Elle leur signifie également que l'expression de la douleur est une faiblesse réservée aux filles :"Pleure pas, t'es pas une fille !" Les joueurs apprennent les rôles qui leur sont dévolus en fonction de leur sexe : infériorité physique et émotivité pour les unes, performance et résistance pour les autres.
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LprieurLprieur   14 octobre 2016
Alors que les acteurs politiques et les journalistes s'emploient régulièrement à réaffirmer cette construction idéologique, les historiens et les sociologues dénoncent pourtant depuis longtemps l'illusion d'un sport citoyen et pacificateur par nature en insistant sur le fait qu'il ne porte que les valeurs qu'on lui attribue. Le sport peut notamment produire de la discrimination sexuée.
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