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EAN : 978B016YMHL36
Éditeur : Marabout (30/11/-1)
4.12/5   4 notes
Résumé :
Chant, cri, serment, telle nous apparaît la poésie espagnole. Le rythme, la musicalité des vers rejoignent souvent ceux du flamenco ou du cante jondo : leur couleur rappelle la lumière qui baigne la Péninsule. La voix de tout un peuple trouve un écho en ses poètes, dont les chefs de file se nomment Unamuno, Machado, Jimenez, Lorca. "Il y a lieu de placer la gloire de survivre au-dessus de la joie de vivre", disait Unamuno. Toute la fierté, toute la dignité de l'âme ... >Voir plus
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   20 juillet 2021
Poésies de la guerre



III

Face à la palme de feu
tracée par le soleil, au couchant,
dans le soir silencieux
et dans ce jardin de paix
tandis que Valence fleurie
s’abreuve au Guadalaviar
– Valence aux sveltes tours
dans le ciel lyrique d’Ausias March,
sa rivière changée en roses
avant de se perdre dans la mer ! –
je pense à la guerre.
La guerre survient comme un ouragan
par les landes du Haut Duero,
par les plaines de moissons
depuis l’Estrémadure fertile
jusqu’à ces orangeraies,
du ciel gris des Asturies
aux marais de lumière et de sel.
Je pense à l’Espagne, vendue à l’encan,
de fleuve en fleuve, de montagne à montagne, de mer à mer.


//Antonio Machado (1875 – 1939)
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coco4649coco4649   20 juillet 2021
Poésies de la guerre



II

Une main de haine, mon Espagne
– lyre ouverte, vers la mer, entre deux mers –,
a tracé des zones de guerre et des crêtes militaires
sur la plaine, la colline, le coteau et la montagne.

Les forces de la haine et de la lâcheté
coupent le bois de tes chênaies,
foulent les grappes d’or dans tes pressoirs,
moulent le grain issu de ton terroir.

Une autre fois – encore une fois ! – oh triste Espagne
ce que le vent recouvre et ce que baigne la mer
est jouet de la trahison ; ce qu’enferment

les temples de Dieu l’oubli le souille ;
et ce que le sein de la terre purifie
est offert à la convoitise. Tout est vendu !


//Antonio Machado (1875 – 1939)
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coco4649coco4649   20 juillet 2021
Poésies de la guerre



I

Entre nous deux, entre deux mers, la guerre,
plus profonde que la mer. En mon jardin
je regarde la mer, fermée par l’horizon.
Et toi, Guiomar, de ton promontoire,

tu vois une autre mer, la mer d’Espagne,
ténébreuse chantée par Camoens.
Peut-être, mon absence te tient-elle compagnie ;
à moi, déesse, ton souvenir fait mal.

La guerre frappa l’amour d’un coup sauvage.
C’est l’entière angoisse de la mort
avec l’ombre stérile de la flamme,

et c’est aussi le miel d’un amour tardif,
et l’impossible floraison de la branche,
qui a connu de la hache le tranchant froid.


//Antonio Machado (1875 – 1939)
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coco4649coco4649   06 octobre 2018
Parce que nous ne possédons rien


Le regard
II

Extrait 2

Le moment d’aujourd’hui. La dernière lumière
tremble dans l’air. C’est l’heure
où notre regard
rajeunit et s’embellit,
l’heure où malgré la honte figée
sur mon visage je regarde et j’échange
ma vie entière contre un regard,
absent et lointain,
le seul qui puisse me servir, et pour la seule raison
que j’aime mes deux yeux :
un regard qui n’a pas de maître.


//Claudio Rodriguez (1934 – 1999)
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coco4649coco4649   18 mai 2021
Sonnet



Là où j’apporte la vie j’apporte aussi le feu
de ma passion entière et sans issue.
Si l’amour a surgi, j’en ressens la blessure.
Et si je montre ma foi, je joue avec ma vie.

Je mets ma vie en jeu, je perds
et je recommence, sans ma vie, la nouvelle partie.
Déjà je l’ai perdue, je la reperds encore aujourd’hui,
je ne m’avoue pas vaincu , je m’obstine

et je joue ce qui me reste : un lambeau d’espérance.
Je joue à « toujours va ». Je maintiens mon enjeu.
Si le sort dit « jamais », mon espérance est morte.

Si le sort dit « amour », le printemps s’avance.
« Jamais » ou « amour », ma foi est grande ;
« jamais » ou « larmes », ma foi demeure forte.


//Angel González (1925 – 2008)

/Traduit de l’espagnol par Jacinto Luis Guereña
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