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EAN : 978B016YMHL36
Marabout (30/11/-1)
4.12/5   4 notes
Résumé :
Chant, cri, serment, telle nous apparaît la poésie espagnole. Le rythme, la musicalité des vers rejoignent souvent ceux du flamenco ou du cante jondo : leur couleur rappelle la lumière qui baigne la Péninsule. La voix de tout un peuple trouve un écho en ses poètes, dont les chefs de file se nomment Unamuno, Machado, Jimenez, Lorca. "Il y a lieu de placer la gloire de survivre au-dessus de la joie de vivre", disait Unamuno. Toute la fierté, toute la dignité de l'âme ... >Voir plus
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   11 novembre 2022
Au commencement



Si j’ai tout perdu, la vie, le temps,
si j’ai tout jeté, comme un anneau, dans la mer,
si dans les broussailles j’ai perdu la voix,
il me reste la parole.

Si j’ai souffert de la soif et de la faim,
de tout ce qui était mien et dont il ne reste rien,
si j’ai fauché les ombres, en silence,
il me reste la parole.

Si j’ai ouvert les yeux
pour voir le visage pur et terrible
de ma patrie, si j’ai ouvert les lèvres
jusqu’à les déchirer, il me reste la parole.


// Blas de Otero (15/03/1916 – 29/06/1979)

/ Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña
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coco4649coco4649   06 octobre 2018
Parce que nous ne possédons rien


Le regard
II

Extrait 2

Le moment d’aujourd’hui. La dernière lumière
tremble dans l’air. C’est l’heure
où notre regard
rajeunit et s’embellit,
l’heure où malgré la honte figée
sur mon visage je regarde et j’échange
ma vie entière contre un regard,
absent et lointain,
le seul qui puisse me servir, et pour la seule raison
que j’aime mes deux yeux :
un regard qui n’a pas de maître.


//Claudio Rodriguez (1934 – 1999)
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coco4649coco4649   18 mai 2021
Sonnet



Là où j’apporte la vie j’apporte aussi le feu
de ma passion entière et sans issue.
Si l’amour a surgi, j’en ressens la blessure.
Et si je montre ma foi, je joue avec ma vie.

Je mets ma vie en jeu, je perds
et je recommence, sans ma vie, la nouvelle partie.
Déjà je l’ai perdue, je la reperds encore aujourd’hui,
je ne m’avoue pas vaincu , je m’obstine

et je joue ce qui me reste : un lambeau d’espérance.
Je joue à « toujours va ». Je maintiens mon enjeu.
Si le sort dit « jamais », mon espérance est morte.

Si le sort dit « amour », le printemps s’avance.
« Jamais » ou « amour », ma foi est grande ;
« jamais » ou « larmes », ma foi demeure forte.


//Angel González (1925 – 2008)

/Traduit de l’espagnol par Jacinto Luis Guereña
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coco4649coco4649   26 mars 2021
Nocturne



Vous qui avez ausculté le cœur de la nuit,
et qui dans l’insomnie tenace avez entendu
une porte se fermer, une voiture retentir au loin,
un écho vague, un léger bruit...

Aux moments de mystérieux silence,
quand les oubliés surgissent de leur prison,
à l’heures des mort, à l’heure du repos,
vous lirez mes vers d’amertume imprégnés ! ...

Comme en un vase en eux je verse la douleur
de lointains souvenirs et de malheurs funestes
ainsi que la triste nostalgie de mon âme, ivre de fleurs ;
j’y déverse le deuil de mon cœur par les fêtes attristé.

Et le regret de ne pas être ce que j’aurais pu,
j’évoque la perte du royaume qui m’était destiné,
le songe qu’est ma vie depuis que je suis né,
ah ! penser que j’aurais pu ne pas naître !...

J’évoque cela dans le profond silence
où la nuit enveloppe l’illusion d’être sur terre,
je sens les échos du cœur du monde
forer mon cœur le laissant profondément ému.


//Rubén Darío (1867 – 1916)

/Traduit de l’espagnol par Jacinto-Luis Guereña
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coco4649coco4649   25 avril 2019
J’aimerais, ce soir…


J’aimerais, ce soir, ne pas haïr
ne pas charger mon front de nuages sombres.
Je voudrais que mon regard fût plus clair
et pouvoir le poser, calme, sur le lointain...

Il doit être si beau de pouvoir dire :
« Je crois à ce qui existe et même à ce qui peut-être n’existe pas
aux choses qui peuvent me sauver, même si j’ignore leur nom :
je connais le fruit doré de la joie. »

Ce soir, j’aimerais ne pas haïr,
me sentir léger, chantant, être le vent qui berce les épis.
Je regarde au couchant : vers la nuit s’attardent les chemins,
ces chemins qui offrent leur fatigue à la nuit,
s’enfoncent dans l’ombre pour rêver en son noir mensonge.


//José Hierro (1922 – 2002)
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