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EAN : 9782226400376
480 pages
Éditeur : Albin Michel (02/05/2018)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 33 notes)
Résumé :
« On t'a dit qu'il fallait parler aux bébés, qu'au petit d'homme le langage est aussi vital que le lait. Mais tu n'as rien à lui dire. La parole en toi s'est depuis longtemps asséchée. Alors tu l'abreuves de lait faute de trouver les mots. Et pour rencontrer ton enfant, te voilà contrainte de sonder les sources arides de ta propre existence. »

Dérangeant, tendu, le roman de Françoise Guérin, psychologue clinicienne, spécialiste du lien parent-bébé, br... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
helenemachelon
  30 septembre 2019
Depuis que Clara est mère, elle sombre dans la folie.
Envahie par une réalité qui n'appartient qu'à elle et par les souvenirs glaçants d'une enfance traumatisante.
J'ai trouvé passionnant d'entrer dans la tête de cette femme qui perd pied entre délires paranoïaques, envies suicidaires et culpabilité. Elle se débat.
Et cette solitude gluante au milieu des autres qui l'étouffe. On voudrait intervenir, changer les dialogues, réveiller tout le monde.
C'est vrai que j'aurais peut-être aimé voir la lumière un peu plus rapidement dans le roman pour mieux respirer mais je serais passée à côté de nombreux sentiments.
Merci à Françoise Guérin
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cathulu
  01 mai 2018
Clara planifie tout, excelle dans son travail mais beaucoup moins dans l'expression de ses sentiments. Quand elle décide de programmer sa première grossesse, laisse-t-elle vraiment parler son désir ?
Dotée d'un mari compréhensif, aimant et doué pour les mots (il enseigne le français et adore le théâtre), qui de surcroît fait office de médiateur entre Clara et ses parents quelque peu particuliers, la jeune femme a tout pour mener à bien sa grossesse et élever son bébé.
Mais, elle ,qui veut à tout prix être une mère ordinaire, ne parvient pas dans sa volonté de contrôle pour juguler l'angoisse,à accepter l'aspect qu'elle qualifie de" sauvage" de sa fille : "De cette mère qu'elle entend posséder , elle revendique la pleine jouissance et non l'usufruit que tu lui accordes. Elle n'est que pulsion illimitée." Il faudra d'ailleurs attendre la page 375 pour connaître enfin le prénom de cette enfant que ses parents appellent "la petite tigresse".
Avec cette naissance, Clara se trouve reliée à une histoire transgénérationnelle perturbée qui la verse dans la dépression, lui fait côtoyer la violence, voire la folie.
Françoise Guérin aborde ici sans tabous des thèmes puissants et dérangeants liés à la Maternité. Sans rien édulcorer, elle nous propose ici une vision débarrassée de tous les clichés liés à ce thème et , ce faisant, tend aussi la main à ces milliers de femmes " [...]silencieuses, honteuses. Des milliers à ne rien oser révéler de la chute vertigineuse que constitue, pour vous, la maternité."
Un roman intense, qui charrie les pulsions mises à l'oeuvre dans ce chamboulement physique, hormonal , émotionnel qu'est une naissance. Dévoré d'une traite et piqueté de marque-pages, tant les formules abondent dans ce texte et tant l'écriture est évocatrice (la description du nouveau-né rampant à la découverte de sa mère est exceptionnelle !).
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kathel
  08 juin 2018
Il y a tout d'abord le « tu » qui interpelle directement le lecteur, la lectrice en l'occurrence, qui campe le portrait d'une brillante directrice financière, trentenaire mariée et pleinement investie dans son travail, qui rappelle des épisodes de l'enfance, gênants ou cruels, qui cerne l'absence de désir d'enfant… Et pourtant, quand Clara est enceinte, elle et Frédéric, son mari, décident de mener jusqu'au bout cette grossesse qu'il attendait davantage qu'elle. Clara a du mal à réaliser la présence du bébé en elle, et ce jusqu'à l'accouchement, et tout autant à s'attacher au nourrisson qu'on lui présente.
Car c'est de cela qu'il s'agit dans maternité, de l'absence d'attachement maternel, du décalage, de l'étrangeté de la situation, qui peut aller de quelques heures à quelques jours, ou beaucoup plus, comme dans le cas de Clara, avant de se sentir mère. Cela, et la dépression post-natale qui lui est associée également. Françoise Guérin s'éloigne du polar pour nous livrer ce récit poignant qui fait référence à son travail de psychologue clinicienne. Choquant parfois, lorsque Clara perd complètement pied face à un nourrisson, une tout petite fille pas nommée pendant plus de trois cents pages, précis et tendu tout du long, ce roman se lit d'une traite et avec la gorge nouée. Car une parfaite connaissance du sujet de la part de l'auteure n'empêche absolument pas l'émotion de gagner du terrain, au fur à mesure de la lecture.
Si un ou deux paragraphes m'ont semblé superflus (je pense à la fille à la verrue, par exemple), si la barque maternelle (celle de la mère de Clara, dont je n'ai pas parlé, mais les rapports de Clara avec ses propres parents éclairent la situation) est lourdement chargée, le roman n'en demeure pas moins très réaliste et éclairant sur ce qu'est la naissance de l'amour maternel, cet amour qui ne va pas toujours de soi, d'autant qu'il est censé apparaître à un moment de grande fatigue et de grande perturbation… La bienveillance dont Clara est entourée, de la part de son mari, de sa soeur, d'une amie, des professionnels qu'elle rencontre pour essayer d'arranger la situation, laisse imaginer avec horreur ce qu'il peut en être lorsqu'une jeune mère ne bénéficie pas de ce soutien. Même dans ce cas, loin d'être le plus noir, on tourne les pages en espérant du fond du coeur une éclaircie bienvenue !
Un roman troublant et essentiel.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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SagnesSy
  19 mai 2018
« Ce n'est pas toi.
C'est l'autre.
L'autre, pas toi.
L'autre est autre et toi… t'es toi.
Tais-toi. »
Clara est mariée à Frédéric. Elle est DAF (Directrice Financière), il est prof (de français). Elle, ce sont les chiffres, lui, les mots. Dès qu'on la rencontre, elle s'enorgueillit de son côté contrôle freak. Rassurée par la cohérence des choses (avant elle disait logique, mais cohérence la séduit plus), elle est assez imbuvable. Même carrément antipathique, en fait (limite trop : « femme de ménage, un accessoire de bureau qui revient à heures fixes, le temps d'accomplir une tâche subalterne »). Et puis Clara décide de devenir maman… Françoise Guérin, qui signe ici son premier roman non policier, est par ailleurs une autrice reconnue de nombreuses excellentes nouvelles et la créatrice de Lanester, rendu célèbre par son adaptation avec Richard Berry. Elle est également psychologue clinicienne et spécialiste du lien parent-bébé, c'est dire si elle sait de quoi elle parle dans ce roman. Car Clara ne suit pas le parcours « ordinaire » (elle qui travaille tellement fort à le paraître). Lorsque sa fille naît, cela déclenche un processus effrayant au possible de souvenirs irrépressibles et de comportements dérangeants. C'est un roman qui remue beaucoup, qui vient poser des mots sur des bribes de choses vécues par tout le monde, en tant que parent, enfant, conjoint ou simple témoin médusé parfois. Il exprime une grande souffrance et tout l'art de la romancière est de parvenir à nous faire reconsidérer l'héroïne malgré nous. Il serait tellement plus confortable de la catégoriser une fois pour toutes dans les cinglées et basta mais la vérité n'est jamais aussi tranchée. Tout se mêle enfin pour que notre empathie s'étende à l'ensemble des intervenants et ça fait mouche, sacrément. Assez éprouvant à lire (malgré des petites pépites de phrases qui constellent le texte, volontairement déjà bien aéré), ce roman est bouleversant.
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nathiec44
  05 juin 2018
Un livre qui embarque dans les tourments de la maternité lorsque celle-ci déclenche un séisme intérieur et qu'elle n'est pas vécue comme un heureux évènement.
Clara est une femme accomplie, Directeur Financier à trente-quatre ans, ambitieuse et déterminée. Elle ne fait preuve d'aucune empathie à l'égard de ses collaborateurs qu'elle mène à la baguette ; elle n'a même pas remarqué la grossesse avancée de son assistante !
Côté vie privée, elle partage son quotidien avec un homme attentif et amoureux, ils forment un couple parfait, moderne et stable.
Pourtant, le désir d'enfant de son mari la déstabilise, suscite de violents tourments. Elle y consent malgré la réticence de tout son être.
La grossesse qui suit la précipite encore plus dans des délires aux frontières de l'équilibre mental. Des souvenirs d'enfance l'assaillent, le fardeau que porte Clara remonte à son enfance, aux propos et comportements de sa mère.
L'arrivée du bébé scellera la descente aux enfers de Clara.
L'auteure n'épargne pas le lecteur. J'ai trouvé les propos de Clara à l'égard de son bébé dérangeants parfois, douloureux souvent. le bébé est une « petite furie », une « sauvageonne », l'allaitement est une torture. Clara ne prononce jamais le nom de sa fille qui ne sera révélé qu'à la page 375, lorsque Clara entame une thérapie.
Plus qu'un roman, c'est un livre document écrit par une professionnelle de la relation mère /enfant que j'ai lu d'une traite tellement il interpelle et dérange aussi.
J'ai été bouleversée pour ce bébé qui arrive au monde dans d'étranges conditions et par cette mère déboussolée dont les réactions de rejet frôlent la maltraitance. Heureusement le père est présent, attentif et protecteur.
Vous l'aurez compris, nous sommes loin des clichés sur la maternité. le sujet est fort, les propos sans filtre. Devenir mère relève parfois de l'exploit et nécessite un accompagnement par des professionnels bienveillants et attentifs ne serait-ce que pour prévenir les dérapages comme le syndrome du bébé secoué.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
pasphilpasphil   10 juin 2019
p. 12 Quand tu vas les voir, tu as froid. Quand tu es chez eux, tu as froid. Et même sur le chemin du retour, tu as froid.
Un microclimat, sans doute.

p. 14 … et qu'elle prend soin des trois plantes anémiques qui te servent de jardin.

p. 25 Mais la vie c'est quoi?
Tu entres en pleurant, tu sors en pleurant et on pose un couvercle en bois.

p. 27 … Depuis toujours, tu te sens responsable de la bonne marche du monde.

p. 31 Déjà que, nullipare persévérante tu te sens constamment écrasée par leur multiparité triomphante.

p. 36 … Au fil des heures, tu surveilles la cuisson de ses jambes velues.

p. 156 … Un bébé chiffré mais pas déchiffré.

p. 172 La pudeur, vous en payez le prix qui a pour nom solitude.

p. 190 Ton bébé t'a été livré sans mode d'emploi?

p. 213 … La vie te tombe des mains, elle se brise sans bruit entre tes pieds nus.

p. 214 Le pire est inépuisable.

p. 244 Les albums. Tu ne les ouvres jamais. Tu crains trop d'y entendre ton regard.

p. 360 - Je me disais : vous avez la main mélodieuse.

- … Vous êtes comme un chef de chœur.

p. 451 Mais tu n'es rien. On naît ( ) on meurt. Entre les deux, une parenthèse à remplir.
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kathelkathel   08 juin 2018
Finalement, tu ne supportes ni les pleurs de ton bébé, ni son silence. Les pleurs pénètrent dans ta tête et paralysent ta pensée. Tu deviens pure angoisse d’être ainsi délogée de toi. Mais que le silence se prolonge et c’est la mort qui s’impose.
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cathulucathulu   01 mai 2018
Comme elle te semble loin, à présent, la Clara d'avant la grossesse avec ses certitudes et sa lucidité sans faille ! En mettant au monde cet enfant, tu as dangereusement dévié de ta trajectoire.
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SagnesSySagnesSy   19 mai 2018
Ce n’est pas toi.
C’est l’autre.
L’autre, pas toi.
L’autre est autre et toi… t’es toi.
Tais-toi.
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kathelkathel   08 juin 2018
Un bouleversement sans précédent se passe au fond de toi et tu n’as aucune prise. Aucun contrôle. Pas plus sur ton corps que sur tes pensées pagailleuses, cette armée dérisoire qui piétine jusqu’à l’épuisement.
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Vidéo de Françoise Guérin
"Au chevet des vivants", le nouveau livre de Françoise Guérin. Extrait de la nouvelle "Un silence pour abri" lue par l'auteure et mis en images par l'éditeur. Parution le 24 décembre 2019 chez Zonaires éditions.
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