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ISBN : 2221011821
Éditeur : Editions Seghers (12/09/1999)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Il n'est aucun poème, aucune ligne de René Char qui ne donne le sentiment de l'ouverture. Un espace accru apparaît devant nous, s'illumine en nous. Cet espace s'offre à nos yeux ouverts. Il n'a pas les facilités du songe : c'est le volume foisonnant et rude de notre séjour terrestre, c'est l'instant de notre souffle présent, révélé dans leur étendue plénière.
Jean Starobinski
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Wozniaksandy
  03 septembre 2017
On découvre un René Char complexe, nuancé, assez éloigné du tableau brossé à grands traits par la légende. L'auteur replace dans son contexte historique René Char le résistant, le poète s'est opposé d'emblée au régime de Vichy, et fut l'un des rares intellectuels de l'époque à s'être impliqué physiquement dans la lutte contre l'ennemi. À l'aide d'extraits de poèmes, d'analyses, d'échanges avec René Char, ce livre permet de comprendre l'approche poétique ainsi que la méthode de travail de se poète hors temps !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
KawaneKawane   03 mars 2017
A****
Tu es mon amour depuis tant d'années,
Mon vertige devant tant d'attente,
Que rien ne peut vieillir, froidir,
Même ce qui attendait notre mort,
Ou lentement sut nous combattre,
Même ce qui nous est étranger,
Et mes éclipses et mes retours.

Fermée comme un volet de buis
Une extrême chance compacte
Est notre chaîne de montagnes,
notre comprimante splendeur.

Je dis , ô ma martelée;
chacun de nous peut recevoir
La part de mystère de l'autre
sans en répandre le secret;
Et la douleur qui vient d'ailleurs
Trouve enfin s séparation
Dans la chaire de notre unité;
trouve enfin sa route solaire
Au centre de notre nuée
Qu'elle déchire et recommence.

Je dis chance comme je le sens.
Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra.
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WozniaksandyWozniaksandy   09 septembre 2017
Aromates chasseurs

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière: tout au fond.
Mes courants n'en auraient pas souci.

Maison mentale.
II faut en occuper toutes les pièces, les salubres comme les malsaines, et les belles aérées, avec la connaissance prismatique de leurs différences.

C'est quand on ne s'y reconnaît plus, ô toi qui m'abordas, qu'on y est.
Souviens-t'en.

La foudre libère l'orage et lui permet de satisfaire nos plaisirs et nos soifs.
Foudre sensuelle! (Hisser, de jour, le seau du puits où l'eau n'en finit pas de danser l'éclat de sa naissance.)

II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l'homme se composait.
Vint la pluie, à l'infini; puis l'homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s'éleva pour la deuxième fois.
L'homme alors, fort d'une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu'un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.

Détesté du tyran quel qu'en soit le poids.
Et pour tout alpage, l'étincelle entre deux flammes.

Il arrive que des actions légères se déploient en événements inouïs.
Qu'est-ce que l'inepte loi des séries comparée à cette crue nocturne?
+ Lire la suite
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WozniaksandyWozniaksandy   09 septembre 2017
LA NUIT TALISMANIQUE QUI BRILLAIT DANS SON CERCLE...

Nous n'avons pas plus de pouvoir s'attardant sur les décisions de notre vie que nous n'en possédons sur nos rêves à travers notre sommeil. À peine plus. Réalité quasi sans choix, assaillante, assaillie, qui exténuée se dépose, puis se dresse, se veut fruit de chaos et de soin offert à notre oscillation. Caravane délectable. Ainsi va-t-on.
Soudain nous surprend l'ordre de halte et le signal d'obliquer. C'est l'ouvrage.
Comment ramener au liseron du souffle l'hémorragie indescriptible ? Vaine question, même si un tel ascendant avait eu son heure dans nos maisons dissimulées. Il n'est pire simplicité que celle qui nous oblige à chercher refuge. Pourtant la terre où nous désirons n'est pas la terre qui nous enfouit. Le marteau qui l'affirme n'a pas le coup crépusculaire. Ô mon avoir-fantôme, qu'ils se couchent et qu'ils dorment ; la chouette les initiera ! Et maintenant, c'est moi qui vais t'habiller, mon amour.
Nous marcherons, nous marcherons, nous exerçant encore à une borne injustifiable à distance heureuse de nous. Nos traces prennent langue.
+ Lire la suite
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WozniaksandyWozniaksandy   09 septembre 2017
Le Marteau sans maître, 1934

Commune présence

Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
+ Lire la suite
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WozniaksandyWozniaksandy   09 septembre 2017
Le Nu perdu

Si tu cries, le monde se tait: il s'éloigne avec ton propre monde.

Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée.

Qui convertit l'aiguillon en fleur arrondit l'éclair.

La foudre n'a qu'une maison, elle a plusieurs sentiers. Maison qui s'exhausse, sentiers sans miettes.

Petite pluie réjouit le feuillage et passe sans se nommer. Nous pourrions être des chiens commandés par des serpents, ou taire ce que nous sommes.

Le soir se libère du marteau, l'homme reste enchaîné à son coeur.

L'oiseau sous terre chante le deuil sur la terre.

Vous seules, folles feuilles, remplissez votre vie.

Un brin d'allumette suffit à enflammer la plage où vient mourir un livre. L'arbre de plein vent est solitaire. L'étreinte du vent l'est plus encore.
Comme l'incurieuse vérité serait exsangue s'il n'y avait pas ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute et le dit du présent. Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant.
+ Lire la suite
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