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EAN : 9782909589442
Interférences (10/03/2021)
3.91/5   79 notes
Résumé :
Entre trois êtres qui semblent voués à la solitude, deux femmes que tout sépare - l'âge, le mode de vie, les expériences - et un jardin à l'abandon, un lien va se créer par-delà les mots, un lien salvateur pour tous les trois. Ce petit récit à la fois concret et suggestif nous entraîne dans le monde secret et délicat de ces affinités profondes, inexplicables, souvent indicibles, qui aident à grandir, à croître et à mûrir. Que l'on soit une femme simple et timide d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Wyoming
  02 janvier 2022
Lenteur, écoulement inexorable du temps, derniers et peut-être uniques bonheurs d'une femme âgée -- son âge n'est jamais mentionné -- qui vient vivre dans une maison de poupée dont elle a mystérieusement hérité à la campagne.
Une relation confuse va la lier à une adolescente de 14 ans, confuse par ses non-dits et ce sont eux que je reproche à cette narration car la plupart des sentiments sont tus, les deux étant incapables de se dire l'essentiel.
Alors, il faut aller le chercher dans la nature et particulièrement le jardin qu'elles entretiennent et accepter, dans cette lecture, ces bribes de bonheur fuyantes, pour parvenir quand même à une belle fin sur le plan de l'écriture.
Cela m'a d'ailleurs semblé la force de ce très court texte, que l'adolescente devienne par moments la narratrice, et dans ses réflexions, questionnements sans réponse, passe l'ombre d'une communication peut-être réussie entre les deux femmes.
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berni_29
  09 janvier 2022
Deux femmes et un jardin est l'histoire simple d'une rencontre entre une femme d'un certain âge et une adolescente timide. Entre les deux, comme un trait d'union, il y a un jardin ou plutôt une vieille maison qui abrite ce jardin.
Nous sommes dans la campagne normande, dans un village retiré de l'Orne. Au hasard d'une mystérieuse généalogie, Mariette une femme de ménage fatiguée par des années de labeur, habitant et travaillant à Paris, hérite d'une vieille bicoque perdue dans un village de Normandie. Mariette habite déjà dans ce village, elle a quatorze ans, elle est timide et rebelle, un peu voleuse, elle entre dans ce jardin comme un chat à la fois curieux et à l'affût...
Mais ce jardin est en friche, on ne s'en aperçoit pas trop l'hiver, mais au printemps quand la nature commence à exprimer toute sa joie et sa liberté, cela devient une évidence. Ce jardin en friche, il faudra bien s'en occuper, l'entretenir. Mariette qui vient de la ville est un peu désemparée... Seule elle ne sait pas trop comment s'y prendre.
Ce sont trois êtres qui vont se rencontrer puisqu'ici le jardin est un personnage à part entière. Il est le lieu,- et sans doute bien plus encore qu'un lieu, qui réunit et lie ses deux personnes qui n'étaient pas faites a priori pour se connaître.
Toutes deux vont s'apprivoiser...
Voilà deux femmes dont les vies semblaient vouées à la solitude ! Et sans doute aussi ce jardin à l'abandon livré aux mauvaises herbes... Mais qu'est-ce qu'une mauvaise herbe tant qu'on ne lui a pas donné un nom, tant qu'on ne l'a pas contemplé avec d'autres mauvaises herbes pour y voir une harmonie ?
Anne Guglielmetti, l'auteure de ce livre est au plus près d'une émotion tout en retenue dans ce récit. Son écriture est délicate, sobre, faite de poésie, même si on sait peu des personnages, si on sait peu de leurs ressentis. Parfois son écriture est déstabilisante aussi, un peu comme un jardin rebelle.
Ici bien sûr les thèmes évoqués me sont chers, tels que la mémoire, la transmission, l'amitié aussi.
La force du texte tient aussi à cette narration originale qui donne la parole successivement à chacune des femmes, elles deviennent tour à tour narratrices, spectatrices et actrices de l'histoire qui les unit presque malgré elles.
Et puis il y a au milieu de ce jardin ce vieux marronnier dans toute sa splendeur. J'ai pensé alors au châtaigner du jardin de mon enfance. Enfant, j'avais planté une châtaigne. Au fil des années elle avait donné un petit arbre, mes parents avaient respecté cela, on était fier de cet arbre. On y revenait avec plaisir sous son ombre grandissante à chaque été retrouvé. Plus tard mon père est mort, la maison a été vendue il y a près de vingt-cinq ans maintenant ... Tout récemment, passant dans cette ville où ma famille avait habité autrefois, j'ai eu envie de revenir sur les lieux. Je suis allé dans la rue qui donne sur l'arrière de la maison côté jardin. Il n'y avait plus d'arbre... Ou du moins, je ne parvenais pas à voir grand-chose avec cette humidité dans mes yeux. C'est bête un jardin qui pleure...
Malgré le sujet, je suis toujours resté un peu en lisière de ce jardin sans jamais vraiment y pénétrer. Je crois par ailleurs n'avoir jamais pu vraiment entré dans le coeur de Mariette ni celui de Louise. J'aurais aimé mieux les connaître. Mais parfois c'est peut-être aussi aux lecteurs que nous sommes de construire l'histoire au gré de notre imagination...
Cette lecture fut cependant un instant bucolique et délicat comme je les apprécie en ce moment.
LU DANS LE CADRE DU PRIX DU ROMAN CEZAM 2022.
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visages
  01 janvier 2022
Ce petit livre est une caresse... L'histoire,mais est-ce vraiment une histoire ? Est celle d'une rencontre improbable qui va ouvrir la voie à une autre rencontre tout aussi improbable ! Mariette hérite d'une bicoque perdue dans un trou de Normandie ,ainsi Est-elle en tout cas présentée par le notaire. Entre la dite bicoque,son jardin sauvage et Mariette née la première rencontre. Oh,ce n'est pas un coup de foudre! Non,mais la naissance d'un amour tendre,respectueux,qui nécessite du temps pour bien se connaître et s'attacher...puis la deuxième rencontre surgit. Elle a quatorze ans et s'appelle Louise.... à patte de velours elle va adopter et se faire adopter par ce petit monde, à part du monde! Je découvre quant à moi Anne Guglelmetti et je suis séduite. Sa prose n'est que poésie et délicatesse et je sais que parfois,je retournerai m'apaiser à la lecture de quelques pages,prises au hasard...
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croquemiette
  08 novembre 2021
Les éditions Interférences nous donnent à découvrir un bien bel ouvrage, à la publication soignée, avec une jolie police de caractère et du papier épais de qualité.
A l'image de ce roman de Anne Guglielmetti, se dégage de ces pages un charme désuet, hors du temps.
Le titre est très bien choisi, car les deux femmes et un jardin sont au coeur de ce texte poétique. Nous faisons la rencontre de Mariette, femme âgée faisant des ménage à Paris, qui hérite d'une « bicoque » isolée dans le fin fond de la Normandie et qui s'y installe et de Louise qui, pour tuer l'ennui de ses quatorze ans, se lie d'amitié avec la vieille dame, autour de ce jardin qu'elles entretiennent avec amitié.
Tout en pudeur, tout en lenteur, des liens se tissent entre les deux femmes que tout éloigne. Elles apprennent à se comprendre au fil des vacances scolaires qui les réunissent. Deux solitudes qui s'apprivoisent, les saisons passant. L'entretien du jardin abandonné est prétexte a une belle histoire.
Il s'agit plus d'une déambulation contemplative dans la nature que d'une réelle histoire avec intrigue. Je conseille ce court texte à tous les amoureux.ses de botanique qui seront ravi.e.s par les descriptions de plantes et d'arbres, très réussies.
J'ai eu quelques difficultés avec l'écriture, que j'ai trouvée presque trop précieuse. de même, le personnage de Louise, quatorze ans, m'a paru peu crédible. Elle s'exprime à la première personne dans un style beaucoup trop soutenu pour son âge, qui sied mieux à Mariette.
Ce livre a reçu un très bon accueil critique par ailleurs. Et je n'aurai aucun mal à le proposer aux lectrices et lecteurs de ma médiathèque. Mais le charme n'a pas complètement opéré sur moi.
Sélection Prix du roman Cezam 2022.
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oiseaulire
  07 juillet 2021
"Deux femmes et un jardin" est un court roman, le plus récent d'Anne Guglielmetti, paru en 2021.
Il évoque, à travers l'histoire d'un petit héritage imprévu la renaissance d'une maison et d'un jardin abandonnés, grâce aux soins conjugués d'une femme déjà âgée et d'une adolescente.
Cette maison et ce jardin ne sont qu'une métaphore de l'âme. le récit poétique nous rappelle que nous lui devons tous nos soins et que comme on taille les herbes envahissantes qui menacent d'étouffement arbres, plantes et fleurs, nous devons nous débarrasser de nos mauvaises herbes intérieures et des fantômes de tristesse et de déception qui nous hantent, pour croître, embellir et nous réconcilier avec nous-mêmes avant de rejoindre l'autre rive.
Il m'a semblé que ce livre était l'histoire d'une seconde chance donnée à l'héroïne (l'héritage est symbolique, c'est quelque chose qui l'a sortie de son horizon habituel et l'a propulsée vers une aventure où elle part à la recherche d'elle-même). Cette seconde chance arrive alors qu'elle a atteint ou dépassé la maturité, c'est-à-dire qu'elle est à l'heure où l'on prépare la fin du voyage et où on déblaye le terrain pour accéder à un maximum de sérénité pour vivre le mieux possible la vieillesse et accueillir la mort : et justement, il est question d'un jardin qu'elle ne cesse de travailler, et d'une toute petite maison, qui lui suffit, un fauteuil, son fauteuil, sa vraie place, enfin.... La maison et son jardin, c'est elle ou son âme, on peut l'appeler comme on veut. Chaque geste est précieux et compte : elle défriche, plante, sarcle, bine, enjolive... Là-dessus elle fait la rencontre d'une adolescente qui devient son amie. L'adolescente l'aide, elle est un témoin, une passeuse, une "bonne fée" (prêt de la bicyclette, de la tondeuse...). La jeune fille l'accompagne sur un chemin qui aurait pu être celui de la solitude. Elle apporte à l'héroïne le matériau nécessaire pour que son parcours soit une réussite : la chaleur humaine, désintéressé. On comprend que la partie est gagnée lors de la ballade en vélo qu'elles font ensemble avec le partage du repas : c'est l'apothéose, plus rien ne viendra faire obstacle à la progression, on le sent bien. La voie est tracée, la jeune fille peut s'éloigner, ni l'une ni l'autre ne resteront seules désormais, puisque leur amitié est active, présente, matérialisée par les cadeaux réciproques et les courriers... C'est une amitié généreuse et non intrusive. Enfin la jeune fille apprend la mort de son amie, mais ce n'est pas triste puisque elle sait qu'elle a atteint bon port (sérénité).
On peut espérer que la jeune fille devenue femme mûre trouvera elle aussi un ou une "passeuse" qui l'aidera comme elle a su aider la femme vieillissante quand elle en était, elle, à l'orée de sa vie : c'est le passage des générations, la plus jeune aide l'aînée à lâcher prise dans la sécurité et l'affection donnée.
Voilà comment j'ai ressenti ce livre. Il semble très modeste mais c'est un joli voyage qu'il fait parcourir, surtout si on en est à la seconde partie de sa vie.
C'est un beau livre plein de douceur.
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critiques presse (1)
LeMonde   02 avril 2021
Une vieille maison, une dame fatiguée et une adolescente timide : « Deux femmes et un jardin » est l’histoire simple d’une rencontre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
HQLHQL   09 janvier 2022
Elle s'était installée à une table, la plus isolée, avait ouvert le livre et y avait littéralement plongé, si plonger veut dire retenir son souffle et entendre son cœur accélérer sa cadence.
Commenter  J’apprécie          80
AifelleAifelle   01 décembre 2021
Dis-moi, toi qui n'a jamais failli te noyer, que Mariette était peut-être un peu nigaude, mais ensuite passe ton chemin. Mariette n'était pas plus stupide, ignorante ou empotée que la plupart d'entre nous. Simplement, elle avait senti que se jouait là quelque chose de l'ordre du miracle, et moins parce qu'un hasard avait fait d'elle la dernière représentante d'une tortueuse descendance qu'à cause de ce qu'elle devait appeler plus tard la bonté de la vie. Or le miracle requiert le silence de celui qui en est l'objet, ou plus exactement, il le lui impose.
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WyomingWyoming   01 janvier 2022
Les maisons longtemps fermées sont sur la défensive comme les chiens abandonnés.
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celinereichelcelinereichel   06 juillet 2021
À la mi-janvier, le temps se mit brutalement au froid. La cuisinière ronflait du matin au soir et ce qui restait d'une réserve de bois baissait à vue d'œil. À l'aube, des fleurs de glace ourlaient les carreaux de la chambre. Mariette portait sur elle la triple épaisseur des vêtements qui constituaient toute sa garde-robe. Il eut fallu se résoudre à acheter quelques stères de bois, qui entamèrent sa pension mensuelle non moins radicalement que le loyer d'antan.
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celinereichelcelinereichel   06 juillet 2021
Le lendemain, la neige fraîchement tombée durant la nuit portait un entrelacs de fines empreintes, précisément dessinées sur la pierre de seuil et sous les fenêtres. Une danse de moineaux. Ou ce qui demeurerait pour Mariette des moineaux jusqu'à ce qu'elle constate qu'il s'agissait de mésanges, de rouges-gorges, de merles et de bien d'autres encore.
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