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ISBN : 2707337994
Éditeur : Editions de Minuit (19/05/2016)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 49 notes)
Résumé :
"J'avais connu Vincent en 1982, alors qu'il était un enfant. Il l'était resté dans mes rêveries, je devais me résoudre à ce qu'il soit devenu un homme, je continuais à l'aimer pour ce qu'il n'était plus. Depuis six ans il envahissait mon journal... Qu'est-ce que c'était ? Une passion ? Un amour ? Une obsession érotique ? Ou une de mes inventions ?"
Parmi les textes d'Hervé Guibert, Fou de Vincent est celui où se mêlent le plus étroitement l'érotisme et la te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Stockard
  18 juillet 2019
Au début, Vincent meurt.
A la fin, Hervé rencontre Vincent.
En apprenant la mort de celui dont il fut dévoré d'amour, Hervé Guibert dans une de ses autofictions habituelles nous livre, à rebours, des fragments de son journal pour nous raconter qui était son Vincent. Et à travers les mots on découvre un jeune homme qui aurait pu paraître excessif si Guibert ne l'était encore plus, toujours plus. Et puis Vincent il aime surtout les femmes, la drogue et l'alcool alors pour le détourner de ses démons, il faut toute l'imagination débridée de l'écrivain pour le retenir, le revoir, l'attendre des nuits durant, l'espérer, l'aimer lui et encore plus son absence, prêt à n'importe quoi pour cet amour qui est si peu payé de retour. Parce que Vincent l'a bien compris, Guibert est fou de lui, alors selon ses humeurs et ses aspirations il choisit d'en faire ce qu'il veut. Un jour câlineur, le lendemain bourreau. Et puis des exigences, d'argent, de drogue, de temps... Guibert amoureux accepte tout, se soumet, oublie sa dignité, s'oublie lui-même, qu'importe du moment qu'il revoit Vincent le lendemain.
♪ You took your life, as lovers often do
But I could have told you, Vincent ♪
♫ This world was never meant for one
As beautiful as you ♫
Journal d'une passion à sens unique, Fou de Vincent nous dévoile un Hervé Guibert dont on ne sait plus si c'est d'amour qu'il se transit ou d'attente et d'espoir forcenés car bien entendu, moins Vincent lui cède, plus il en est dingue et s'il avait semblé ne pas prendre autant de plaisir à ce tourbillon masochiste que sans aucun doute il se délecte à entretenir, on souffrirait avec lui. Mais finalement puisque chacun paraît y trouver son compte...
On retrouve dans Fou de Vincent l'exacte recette dont sont cuistancés les textes les plus admirables de Guibert quand sans retenue ni fausse pudeur celui-ci, entre érotisme poétique et obscénité débridée, laisse s'exprimer tout son mal être et nous enseigne que l'amour, loin d'épanouir son homme, se doit d'en faire baver des ronds de chapeaux pour qu'on accepte, un jour, d'y prêter attention.
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anyways
  07 août 2012
Fou de Vincent. Fou de désir. Fou.
Hervé Guibert raconte, à travers son journal, son histoire d'amour avec Vincent, jeune homme extrême et excessif dont l'autodestruction mènera à la mort.
Les fragments d'amour sont fugaces et intenses. Les hommes ne se voient pas souvent, ils partagent quelques soirées, quelques jours de voyage.
Très vite, Vincent mène la danse. Il décide de tout, il est le maître du jeu. Commence alors une véritable torture pour Hervé G., qui se sait terriblement et passionnément amoureux, à tel point que la perte de la dignité, la souffrance de l'absence et l'incertitude constante encerclent ses pensées.
Un amour violent, tendre, enjoué, destructeur. Vincent est une personne (un personnage) complexe, très ambivalente, à la fois dans sa vie et dans son désir.
La langue est impudique et crue mais toujours poétique, amoureuse et respectueuse. Les images sont belles.
Une histoire d'absolu.
Hervé Guibert a des choses à nous dire de l'amour. Véritablement.
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LouDeBergh
  10 septembre 2019
Une gueule d'ange. Un regard bleu glacier. Une douceur mêlée de cynisme, une douleur infinie, une puissance incandescente. « le pied » somme toute, du moins le disait-il.
En 1990, un an avant son décès, la France toute entière s'émeut et se scandalise à la découverte de A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, le dernier roman d'Hervé Guibert, 35 ans et déjà petit génie des Lettres Françaises. Dans la célèbre émission télévisée « Apostrophe », à la veille de la mort de l'auteur, face à un Bernard Pivot qui n'en menait pas large, la magnifique présence du jeune homme prend le pays à la gorge. Sa candeur, son aplomb, son obscénité, fascinent. Il séduit autant qu'il inspire le rejet. On s'offusque de sa crudité. On ne comprend pas comment un si parfait visage peut formuler de telles abjections. On admire aussi. Et on a raison.
C'est par l'émission de Matthieu Garrigou-Lagrange, sur France Culture, que j'ai pour la première fois entendu parler d'Hervé Guibert. Prise d'intérêt pour cet homme dont je ne saisissais encore qu'à peine la puissance, je me suis plongée dans toute une série d'archives, d'interviews et de lectures à son sujet. J'ai été subjuguée par la quantité d'écrivains et de lecteurs pour lesquels il y avait un « avant » et un « après » Hervé Guibert. Des hommes et des femmes qui parlaient de lui avec un respect, un amour et une admiration infinie. Pour l'homme qu'il était mais surtout pour l'auteur.
Très vite, quelques uns de ses romans se sont dégagés du lot. Fou de Vincent, publié en 1989 en faisait partie. Hervé Guibert y racontait sa relation érotique et obsessionnelle avec Vincent, au prisme de fragments aussi crus que sublimes.
Au creux de ce roman, c'est tout Hervé Guibert qui transparait. Ses amours, ses doutes, ses souffrances, sa vie brisée par les années sida, la peur de l'infection, les amis qui tombent les uns après les autres dans une douleur infinie, la maladie, celle qui aura raison de lui en 1991 ; il n'avait que 36 ans.
Dans une langue crue, brute, parfois dénuée de tout sentiment de manière à laisser l'émotion s'épanouir majestueusement, Hervé Guibert nous livre tout de cette passion déchirante pour celui qu'il nomme l'enfant. Noirceur michelangelesque, candeur infinie. Son écriture est celle de la chair, du sexe, de la « sueur de l'absolu ». C'est une poésie de la pornographie à l'état pure, une ode à un érotisme cru et incarné. A la beauté des gestes rime la pureté des mots. Chaque phrase, choisie au hasard au coeur du roman, est un miracle de littérature, une petite perle, souvent cabossée, parfois abîmée, mais toujours précieuse. Cette rhétorique de l'écriture de la chair rend chaque page plus sublime que la précédente. Et cette magnificence n'est pas le fruit d'artifices et de pulsions conventionnelles.
Sa fascination pour les corps l'amène à la description de morceaux de chair bien éloignés des canons et des standards, des corps menant leur propre vie, parfois laids, disgracieux, sales, mais toujours beaux, au fond de ses yeux. Son propre corps, alors même que celui-ci commence à la trahir (les premiers symptômes du Sida apparaissent) se transforme en objet d'écriture et la proximité de la mort métamorphose sa désillusion en un acte de courage incommensurable.
C'est par l'écriture de Fou de Vincent, qu'Hervé Guibert tente d'oublier cet amour. Il le magnifie autant qu'il le salit, l'abîme et le sculpte, le dévore et le rejette. Par la force de ses mots, le soin porté au choix des phrases, à l'ordre des fragments, il dresse le portrait magistral d'une liaison aussi destructrice que salvatrice, aussi douce que sauvage.
Un roman à faire sien de toute urgence.

Lien : https://www.mespetiteschroni..
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DemainJeLis
  12 mars 2019
Il y a des auteurs qui étaient fait pour vous, et à côté desquels vous passez pendant des années sans jamais les rencontrer. Et puis un jour le hasard, la chance, le coup de foudre instantané.
Hervé Guibert est de ceux là.
C'est par l'émission radio d'Adèle van Reth que j'ai pour la première fois entendu parler d'Hervé Guibert. Dans son cycle sur la pornographie, elle consacrait un épisode à Fou de Vincent, publié en 1989 par ce dernier. Il y raconte la relation érotique et obsessionnelle qu'il a liée avec Vincent dans des fragments crus et sublimes qui interrogent la réalité du désir : “Qu'est-ce que c'était ? Une passion ? Un amour ? Une obsession érotique ? Ou une de mes inventions ?”
J'ai tiré ce livre et c'est tout Hervé Guibert qui est venu avec. Ce petit génie de la littérature, sa gueule d'ange, ses belles boucles blondes. Sa vie brisée par les années sida: alors que ses amis tombent les uns après les autres, la maladie aura raison de sa peau en 1991.
Hervé Guibert est un maître de l'obscénité, de la lumière crue qui tombe sur la chair. Comme il avait raconté sa relation érotique avec Vincent, il raconte à la fin de sa vie l'avancée du sida sur les corps. Sur celui de Michel Foucault, son voisin et ami dont il retrace l'agonie dans La Mort Propagande. Sur le sien, dans une trilogie qui décrit les ravages de la maladie au jour le jour. On l'aperçoit en 1990 sur le plateau d'Apostrophe, décharné, ses belles boucles blondes sont tombées. Il montre la mort en direct, il est tragique, on est touché par son destin.
Hervé Guibert est comme une porte dérobée, un passage secret dans les livres: vous pensez être le seul à l'emprunter, et vous vous apercevez au fil des lectures qu'il est connu de beaucoup. Il exerce son attraction sur nombre d'auteurs contemporains, et avec eux il refait surface, se fraye un chemin, continue d'exister.


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johnny2770
  27 mars 2014
Une relation devastatrice entre le héro du livre et l'auteur , écrit sous forme de journal. C'est la première fois que je lis du hervé Guibert , son style se rapproche de cyril Collard très cru ce qui ma un peu décu.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LouDeBerghLouDeBergh   10 septembre 2019
Un soir, au moment d’entrer à la projection, je le trouve à la grille des arènes. Je suis si heureux que j’en deviens froid, tétanisé par un bonheur qui me glace. Il me dit : « Je suis crevé, j’ai voyagé toute la journée en stop pour te rejoindre, allons à ton hôtel. » Je n’ai rêvé et je ne rêve que de ce moment où je me retrouverai avec lui dans ma chambre d’hôtel, et pourtant mes lèvres lui répliquent sèchement : « On ira tout à l’heure, voyons d’abord la projection. » A la fin de la séance, Vincent l’a annoncé qu’il repartait ; au bonheur glacé a succédé le malheur brûlant.
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LouDeBerghLouDeBergh   10 septembre 2019
Atrocement amoureux ? L’amour n’est-il pas un prétexte au désespoir ?
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StockardStockard   02 juillet 2019
Dans la nuit du 25 au 26 novembre, Vincent tombait d'un troisième étage en jouant au parachute avec un peignoir de bain. Il a bu un litre de tequila, fumé une herbe congolaise, sniffé de la cocaïne. Le retrouvant inanimé, ses camarades appellent les pompiers. Vincent se redressa brusquement, marcha jusqu'à sa voiture, démarra. Les pompiers le coursent, s'engouffrent dans son immeuble, montent avec lui dans l'ascenseur, pénètrent dans sa chambre, Vincent les injurie. Il dit : « Laissez-moi me reposer », eux : « Andouille, tu risques de ne jamais te réveiller. » Dans la chambre d'à côté, ses parents continuent de dormir. Vincent a foutu les pompiers dehors. Il s'est endormi comme un charme. À neuf heures moins le quart, sa mère le secoue pour l'envoyer au travail, il ne peut plus bouger d'un pouce, elle le transporte à l'hôpital. Le 27 novembre, prévenu par Pierre, je rendis visite à Vincent à Notre-Dame-du Perpétuel-Secours. Deux jours plus tard il mourait des suites d'un éclatement de la rate.
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StockardStockard   15 juillet 2019
Toujours heureux de retrouver son visage, sa paupière lourde et son oeil décalé par la fatigue, sa bouche étroite et charnue craquelée par le tabac, là où je ne l'attends pas : dans le portrait de Horst par Bérard, parmi les pages de l'album que je feuillette, dans ces photos de Buster Keaton, intercalées dans ses Mémoires que je lis pour fuir la noire complication de Faulkner.
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StockardStockard   20 juillet 2019
Relu hier soir avec émotion, en attendant Vincent, des Fragments d'un discours amoureux : l'impression que je poursuis souvent des choses indiquées par Barthes.
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Videos de Hervé Guibert (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Guibert
Frédéric Andrau - Hervé Guibert ou Les morsures du destin .Frédéric Andrau vous présente son ouvrage "Hervé Guibert ou Les morsures du destin" aux éditions Séguier. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/andrau-frederic-herve-guibert-les-morsures-destin-9782840496946.html Notes de Musique : Storyteller by Jahzzar. Free Musique Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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