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EAN : 9782070388776
168 pages
Éditeur : Gallimard (13/04/1994)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Pourquoi la grand-tante Louise saccage-t-elle l'appartement de sa sœur Suzanne ? Quels sont ces documents qu'elle cherche, et que contiennent ces liasses de papiers qu'elle brûle finalement dans la cuisinière ? Concernent-ils vraiment, comme le prétend Suzanne, une infamie qu'aurait commise la mère, trente ans plus tôt ? Comment se fait-il qu'au même moment le père ait dû précipitamment quitter Nice, abandonnant un cabinet de vétérinaire, un voilier, une Ford verte,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Enroute
  16 août 2015
Parents je vous hais. C'est ce que le narrateur ne cesse de répéter tout au long de son autobiographie orientée. Et pourtant, au travers de l'évocation incessante de ces parents détestés se révèle un attachement profond pour eux qui dépasse peut-être la situation particulière du personnage et relèverait davantage de la relation universelle que les enfants entretiennent avec ceux qui les ont mis au monde.
Car d'abord qu'a-t-il à leurs reprocher à ces parents ? Son père le battait dit-il (….). Oui, mais la violence du père pourrait bien n'avoir été que passagère puisque évoquée une fois seulement. le lecteur sachant que le narrateur hait ses parents (…) la phrase « mon père nous battait », avec cet imparfait qui sous-entend la répétition pour un évènement relaté une seule fois, pourrait bien n'être qu'une manière de se venger du souvenir cuisant d'un dérapage isolé plutôt que la relation d'une violente habitude. Ils ont manqué de psychologie (pour nous faire peur dit sa mère ) (… dit son père), ce qui fait dire au narrateur toujours dans le même état d'esprit « quand vous serez morts « ). Il a souffert de ces mots c'est certain. de même, il semble souffrir de ne rien avoir à leur dire (nombreuses mentions). Sans doute. Mais un homme adulte qui intègre dans ses souvenirs les départs en vacances, les billes à la cour de récréation et comment il badigeonnait le crâne de son père pour faire repousser les cheveux semble garder au fond de lui beaucoup de tendresse pour les moments vécus - à défaut d'en garder pour les personnes elles-mêmes. Et puis il n'y a pas vraiment d'opposition dans sa vie avec la leur. Il les méprise, ils sont radins, leur vie est inutile, mais la sienne se déroule sans qu'il semble lui chercher d'utilité, sans qu'il semble chercher à la rendre supérieure à celle de ses parents. Hervé Guibert se contente de nous dire comment ceux-ci le perçoive, une fois adulte (« tu n'es pas aussi loqueteux que d'habitude « ).
Le personnage rétorque : « le pire est d'avoir un enfant ». Au final n'est-ce pas cela que l'enfant devenu adulte reproche à ses parents : l'avoir mis au monde, être responsable de la vie qu'ils lui ont « infligée ». Car l'enfant du début de l'ouvrage grandit au fur et à mesure et sa lucidité sur le monde s'affine. Il comprend qu'il lui revient, à lui désormais, de prendre la responsabilité de sa vie, de décider de l'influence qu'il aura dans le monde. Et cette responsabilité, il semble la reprocher à ses parents de la lui avoir donnée. Il cherche un père chez ses amants, il mène une vie qui ne semble pas lui déplaire, mais ne lui donne pas de responsabilité vis à vis des autres.
Cet ensemble de souvenirs est émouvant. La simplicité de la narration, parfois crue, d'une enfance des années soixante, avec cet attendrissement envers une époque kitsch et mythifiée, rend avec une étonnante proximité la réalité des rapports familiaux. On se prend pour un frère (une soeur) qui aurait connu ces parents, cet enfant, qui aurait aussi son mot à dire de cette famille dont pourtant il ne sait rien. Et il reste cette haine et cette tendresse. La haine envers ceux qui ont décidé à votre place de vous faire naître et cet attachement nécessaire que vous éprouvez pour eux (les souvenirs d'enfance, la maladie de sa mère le révèle). La vérité de ce livre, c'est peut-être le regard de tous les enfants envers leurs parents, qui ne peuvent leur pardonner de les abandonner lorsqu'ils doivent prendre la responsabilité de mener leur vie, sans eux.
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Lune93
  11 avril 2019
Je n'ai pas bien compris cette haine, cette rancoeur, ce dégoût qu'il a envers ses parents et surtout sa mère. L'auteur raconte bien certaines taloches qu'il a reçues avec sa soeur mais rien à voir avec de la maltraitance et puis ces épisodes sont sporadiques. Des souvenirs exacerbés et réinventés ? Je n'ai pas compris non plus pourquoi avec sa mère particulièrement la situation relationnelle était tendue, difficile, froide ? Un rejet des femmes ? Ses parents, certes ils ont des défauts comme tout parent mais ils m'ont donné l'impression de s'occuper avec soins de leurs enfants. Hervé GUIBERT a toujours ressenti une très vive attirance pour les garçons, les hommes. Sa préférence sexuelle est d'emblée tournée vers le sexe masculin, à aucun moment il ne tergiverse. Peut-être qu'il en a voulu à ses parents le fait qu'ils savaient qu'il était homosexuel depuis toujours mais qu'ils n'ont jamais abordé ce sujet avec leur fils. GUIBERT a pris cela (entre autre) comme un refus de voir les choses en face, de l'hypocrisie, un manque de courage de leur part ?
Lors de la parution de ce livre, GUIBERT a trente ans et ses parents sont encore vivants. (J'aurai bien voulu savoir ce qu'ils en ont pensé...). Livre toujours bien écrit, clair, concis, précis.
Lu en avril 2019 / Folio - Prix : 5,50 €.
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chroniquesassidues
  25 mai 2011
Mes parents débute, en 1983, avec la grand-tante Louise, qui, se sentant mourir, se met à faire le ménage dans ses papiers et à brûler les plus compromettants. Guibert interroge alors ses deux grand-tantes et apprend que sa mère aurait commis une infamie. C'est ainsi que le secret du mariage des parents de Guibert est dévoilé. A partir de là, il enchaîne chronologiquement le récit de souvenirs marquants, de sa naissance à la maladie de sa mère, des années plus tard. On a donc une suite de paragraphes plus ou moins longs, parfois très courts dans lesquels il évoque ses premières amours, les vacances familiales, les dîners etc.., soit des scènes de famille, souvent teintées d'érotisme.
Mes parents est un récit éclaté, dans lequel Hervé Guibert reprend, réinvente ou reconstruit ses souvenirs d'enfance. Environ un tiers du livre est constitué de pans entiers de son journal qu'il reproduit : "A partir de 1979, mes parents occupent à peu près un cinquième de mon journal. Je vais recopier ici les passages qui les concernent, rajoutant entre eux les épisodes qui sur le moment m'ont fait défaut." (p.120). La relation qu'il entretient avec ses parents est compliquée, mêlée de haine et d'amour, presque malsaine. Guibert laisse libre court à ses fantasmes : son père se superpose souvent à l'image de ses amants, et Guibert se surprend à souhaiter la mort de sa mère.
J'aime l'écriture de Guibert, franche et directe, que j'avais découvert avec L'Image fantôme (éditions de Minuit). J'avais ensuite enchaîné avec Suzanne et Louise, un recueil de photographies et de fac-similés de textes manuscrits consacrés à ses grand-tantes. Dans Mes parents, j'ai particulièrement aimé le récit de ses premières amours, ses souvenirs d'école (les billes et le papier crépon) et l'évocation de la relation torturée qu'il a avec ses parents. J'ai moins aimé les descriptions crues d'actes sexuels et la morbidité quasi omniprésente dans Mes parents. Je lirai volontiers, mais plus tard, car ce livre m'a marqué, d'autres livres d'Hervé Guibert.
Lien : http://leschroniquesassidues..
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Clytemnestre
  14 juillet 2019
Une écriture toujours intéressante; dommage que la description de la vie sexuelle de Guibert prenne autant de place dans sa narration. Pensées pour ses parents qui ont du souvent trouver du courage face à cet enfant, adolescent rugueux et désinvolte.
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etiennebp7
  01 juillet 2018
Extraits du journal intime d'Hervé Guibert. le livre se construit autour d'anecdotes de la vie de l'auteur.
Au départ, le livre ne m'a pas intéressé. La petite enfance d'Hervé Guibert ne m'a pas intéressé et le manque d'intrigue m'a lassé. Puis je suis entré dans cette famille, dans cette époque et son adolescence m'a vraiment excité.
Finalement, non seulement j'ai aimé le livre, mais en plus je l'ai adoré !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
chroniquesassidueschroniquesassidues   25 mai 2011
Mes rapports avec mes parents se sont réduits à des formules d'attentions, de craintes, d'inquiétudes réciproques. Je suis d'une froideur extrême avec eux, ils n'osent même plus me poser de questions. Mais je pense : les laisser juste me voir, et toujours vivant, est le plus grand don - le seul - que je puisse leur faire.
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blanchenoirblanchenoir   29 octobre 2015
Dans le berceau puis dans le lit je me retrouve enlacé à un grand chiffon de laine blanche souillée et pelucheuse (...) c'est mon burnous (...) c'est mon petit jumeau plat de laine, nous nous embrassons collés l'un à l'autre, je lui pisse dessus et il en rit, un matin je m'éveille affreusement nu, la peau retournée opérée de sa peau (...) première idée de mort, premier mépris.
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oscar-dejarjayesoscar-dejarjayes   04 mars 2014
Quand je me pencherai sur vos cadavres, mes chers géniteurs, au lieu de baiser votre peau je la pincerai, et je leur arracherai une touffe de cheveux.
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Romain28Romain28   30 septembre 2018
La mort des parents : le jour ou l'on connait la délivrance ne n'avoir plus rien à prouver ( p 130)
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Videos de Hervé Guibert (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Guibert
Mathieu Bermann "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin": où Mathieu Bermann tente de dire de quoi et comment sont composés les deux livres qui en forment qu'un: "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin", et où il est question d'une histoire d'amour née sur Instagram et des réseaux sociaux, des fragments d'un discours amoureux et d'une nuit passée à Rennes, du décalage du désir et de sa variation, du genre des personnages et du making-of d'un récit, de l'autofiction et de la question du narrateur, de Hervé Guibert, d?Annie Ernaux et de Christine Angot, du consentement et d'une deuxième nuit, à l'occasion de la parution de "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin" aux éditions P.O.L, à Paris le 11 octobre 2019 "C?est l?histoire d?un désir. Je rencontre Marin sur Instagram, qui n?est pourtant pas un site de rencontres. À l?évidence, on se plaît. Il y a du désir de part et d?autre. Et il y a la réalité : des centaines de kilomètres nous séparent. Et puis ça, aussi : Marin, qui a vingt ans, aimerait être en couple, et je le suis déjà avec un autre garçon. Au fond, c?est un désir qui n?a aucune chance, pour le meilleur ou pour le pire. Mais j?ai écrit "Un coup d?un soir". En toute logique, ce livre n?aurait jamais dû exister. Et encore moins celui d?après : "Dans le lit de Marin", qui en est la suite et, aussi bien, l?envers ou la contradiction. C?est le désir poussé à bout. Mais, soudain, cela n?a pas le même sens pour Marin que pour moi. Et, après coup, je ne sais plus ce qui s?est passé. Et si je dois en avoir honte. Ce que je sais, c?est que je n?avais pas du tout envie d?écrire ce deuxième livre, parce que j?avais peur de ce que j?écrirais."
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