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EAN : 9782020936231
Éditeur : Points (31/01/2007)
3.41/5   37 notes
Résumé :
Tous les valets n'ont pas été acteurs de cinéma. Lui, si. Mais ce valet-là est une parodie, un tyran qui congédie le personnel de son maître à coups de couteau, dort dans son lit, lui interdit les émissions de variétés et l'habille en Nike et blouson de cuir. Méchant mensonge ou vrai journal ? Le maître, asservi aux volontés de son valet, laisse planer le doute...
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Stockard
  25 juillet 2019
Quand on embauche un valet pour se faire aider dans les tâches quotidiennes, voire même pour tout lui déléguer, on s'attend au moins à une chose : rester maître de son domaine et de la relation qui s'instaure. Un domestique n'a-t-il pas pour essence d'obéir aux ordres et de se soumettre, dans la mesure du raisonnable, à la volonté de son maître, quelle qu'elle soit ? Raisonnable oui évidemment, il est bien connu qu'aucun larbin n'a jamais été de par le monde traité autrement qu'avec raison, j'ose à peine dire avec respect.
Eh bien, gros bol d'air grâce à Hervé Guibert qui envoie cet axiome au diable (Vauvert, pour la rime) et nous retourne la situation comme une crêpe Gigi sans rien perdre pour autant de sa crédibilité.
Pourtant il a l'air gentil ce valet, prévenant, attentif, alors pourquoi cette sensation de malaise qui s'enracine insidieusement à peine les dix premières pages achevées ? Peut-être parce que, sous couvert de confort et de serviabilité, peu de valets se penchent sur la garde-robe de leur employeur afin de physiquement les faire passer de 80 ans à la petite vingtaine, peu de valets mettent tous les médecins de leur employeur à la porte pour, sans la moindre connaissance médicale, prendre sa santé en main. Peu de valets installent leur employeur dans le salon pour coloniser sa chambre, vendre ses tableaux de maîtres et se servir tranquillement sur son compte en banque avec la fallacieuse excuse de faire des affaires qui vont rapporter gros au taulier.
Exposé comme ça, c'est quand même un peu gros mais ce valet-là a le génie d'opérer avec patience et intelligence, ses motifs démontrés pour expliquer pourquoi c'est lui maintenant qui prend le pouvoir sont si bien argumentés qu'on a aucun mal à imaginer un vieux gonze quasi grabataire y céder pour qu'au final on ne sache plus trop qui est le domestique et qui est le bourgeois. La dépendance de l'un faisant écho à la dépendance de l'autre, chacun de manière différente a besoin de son partenaire pour respirer, vivre pour le maître, exister pour l'employé de maison.
Entre relation masochiste et amour impossible, on passe les presque 100 pages de ce très court roman à essayer de deviner si ce valet est maléfique, tordu ou curieusement amoureux et ce que son patron, à tout accepter sans broncher, se figure y trouver au bout du compte.
Rien finalement mais qu'importe, Hervé Guibert avait l'esprit suffisamment tortueux pour nous embarquer dans ce genre d'histoire malsaine, nous y voir adhérer et à la fin, nous trouver perversement à en redemander.
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torpedo
  17 septembre 2018
Nous assistons ici à une relecture des relations de maître à valet. Roman autobiographique écrit dans les dernières années de sa vie, Hervé Guibert transpose le ressort de la comédie dans un registre tragique. Il décrit avec précision le double jeu des relations au seuil de sa mort.
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Marti94
  23 mai 2020
Quand Hervé Guibert écrit "Mon valet et moi" il n'a que 35 ans mais s'imagine dans la peau d'un vieil homme de 80 ans. Et ce n'est pas par hasard qu'il évoque la déchéance physique ; il est atteint du sida et va mourir quelques mois après la publication de ce texte court.
Il est court mais d'une grande profondeur et d'un cynisme qui lui donne toute sa valeur.
Il s'agit d'une sorte de journal, celui du vieil homme qui raconte la fin de sa vie avec son valet. Ce dernier est un jeune homme qui a fait du cinéma à l'adolescence et qui n'avait plus de travail. Il a été recruté par le narrateur, ancien auteur de pièces de théâtre légères.
Mais le valet sous ses airs courtois est un voyou.
Il va congédier le personnel et gérer l'ensemble des affaires de ce vieux et riche dandy qui habite rue de Varenne dans un hôtel particulier parisien. D'ailleurs, l'octogénaire il lui a cédé sa chambre pour dormir sur le canapé du salon car c'est plus pratique.
On voit comment petit à petit l'emprise du valet sur le maître va être de plus en plus importante jusqu'à lui voler sa morphine alors qu'il ne peut pas se défendre.
On ne sait jamais de quel côté est la servilité et c'est ce qui est très impressionnant dans l'écriture d'Hervé Guibert.
Et puis ça ne l'empêche pas d'avoir de l'humour notamment quand il se moque de Marguerite Duras. Petite revanche peut-être alors qu'ils ont tous les deux un point commun, cette écriture minimale et pourtant très puissante.
Lu en mai 2020
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Generationdisco
  29 avril 2019
Je me suis placée dans la peau d'une lectrice qui lisait un conte imaginaire avec un personnage malintentionné. Guibert est un octogénaire dans ce roman. Lui, le gentil et pauvre être qui est victime de son valet subissant le joug de celui-ci. Méchant valet, fouineur, voleur, barbare et cruel.
Lu en avril 2019 / Points - Prix : 4,50 €.
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madameduberry
  24 novembre 2013
Chef-d'oeuvre écrit par un homme épuisé, face à la maladie, au désir et à la mort. Une écriture à la fois nue et travaillée. La vérité du mensonge et le mensonge de la vérité.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
torpedotorpedo   17 septembre 2018
Les narrateurs des romans russes ont des valets qui dorment comme des chiens dans des vestibules traversés de courants d'air, aiguisent le fleuret de leurs duels et portent leurs vieux pardessus. Ce sont des ratés, souvent des doubles de leurs maîtres, qui auraient pu l'être à leur place, mais qu'une infortune de naissance ou un revers, une femme, le jeu, a abaissé à ce rang. Ils sont serviles par lassitude, tout leur être exhale quelque chose de rance. Ils travaillent sans amour et sans précision, cirer les bottes de leurs maîtres ne les enthousiasme même pas.
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Marti94Marti94   23 mai 2020
Nous partons en forêt de Rambouillet, j’y ai découvert par hasard une usine qui pilonne les livres de Marguerite Duras, un auteur des années quatre-vingt. Je fais garer la Skoda devant l’usine, portières et vitres ouvertes pour mieux entendre ce bruit divin du papier écrabouillé dans des mâchoires d’acier, qui le ressortent en pâte pour refaire du bon papier vierge. J’ai l’impression d’entendre hurler le vice-consul de Lahore sur les bords du Gange. Cette occupation ne distrait pas mon valet, il la trouve malsaine, il dit : « Qu’est-ce que vous avez contre cette pauvre femme ?
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StockardStockard   04 juillet 2019
Quitte à prendre sa température, autant avoir un peu de fièvre. Mon anus reste chaud quand tout mon corps est engourdi par le froid. Mon valet dit que ce sont des habitudes barbares et obsolètes, peu hygiéniques, qu'il n'y a que les Français pour faire des cochonneries comme ça, ou se mettre des suppositoires, que ni les Allemands ni les Espagnols ne seraient assez tordus malgré leur culture.
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blanchenoirblanchenoir   29 juin 2015
Mon valet déteste mon médecin, qui est pour ainsi dire mon meilleur ami, vu qu'il me soigne depuis trente-cinq ans, et que tous les autres amis sont décédés.
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blanchenoirblanchenoir   30 juin 2015
Nous partons en forêt de Rambouillet, j'y ai découvert par hasard une usine qui pilonne les livres de Marguerite Duras, un auteur des années 80.
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Videos de Hervé Guibert (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Guibert
Mathieu Lindon Hervelino éditions P.O.L - où Mathieu Lindon tente de dire comment et de quoi est composé son nouveau livre "Hervelino", et où il est notamment question de son séjour à la Villa Médicis à Rome en 1988 et 1989 en compagnie d'Hervé Guibert, de l'amitié et de l'amour, de l'écriture et de la lecture, d'Hervé Guibert bien sûr, et de Michel Foucault, de la vie et de la mort, de "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie" et de "Ce qu'aimer veut dire", ainsi que du "Livre de Jim-Courage", de l'année 1978 et 1986, à l'occasion de la parution de "Hervelino" et de la ré-édition de "Le LIvre de Jim-Courage" aux éditions P.O.L, à Paris le 4 janvier 2021. Avec trois photographies de Hans Georg Berger d'Hervé Guibert et de Mathieu Lindon.
"« Vous êtes puni, Hervé Guibert ? » l'abordai-je alors qu'il se tenait à l'écart lors d'une petite réception, et nous devînmes amis. À la fin de sa vie, nous nous sommes retrouvés ensemble un an durant, en fait deux, à la Villa Médicis, à Rome.Je n'ai pas l'ambition de raconter toute notre amitié – mais ces années romaines, soudain, oui."
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