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Hugo Boloren, le narrateur de Terra nullius est un flic en perdition, il a perdu sa bille depuis sa dernière enquête. La bille, « ce sont mes pensées qui s'ordonnent pour m'en livrer une autre plus grande, plus essentielle … Il faut qu'elle revienne, je ne vaux pas grand-chose comme flic quand elle n'est pas là ».
Hugo erre dans le commissariat, à Paris, pensant à sa mère pour qui le commissaire Grosset, aux petits soins avec son équipe, a obtenu un rendez-vous auprès d'un spécialiste de la maladie d'Alzheimer dans une clinique lilloise. Tout à ces pensées stressantes, il entend alors à la radio qu'un enfant d'une dizaine d'années, Jimcaale, vient de se faire agresser, près de Lille justement, dans la plus grande décharge publique de France coincée à la frontière franco-belge, jouxtant un étonnant bidonville, et qu'une émeute est en cours. Puisqu'il part pour Lille le lendemain, il pourrait peut-être aller jeter un oeil dans ce que certains appellent ironiquement, dans la région, la Terra nullius, cette locution latine désignant une zone de territoire qui n'appartient à aucun État.
Et puis il y a Lulu la stagiaire, rayonnante car elle vient de mettre le doigt sur un détail étrange en préparant son projet et, sachant que l'inspecteur aime bien les trucs bizarres, s'ouvre à lui de sa découverte : au cours d'enquêtes sur trois meurtres sans aucun lien entre eux, commis dans des lieux différents et à des époques différentes, un certain Antoine Dupuis est cité les trois fois comme témoin direct des meurtres, intrigant non ?
Hugo devient tout pâle. Son instinct lui souffle que ces deux éléments, Jimcaale l'assommé et Antoine Dupuis, le « trimoin » sont importants et que c'est peut-être une chance unique pour lui de redevenir lui-même.
Il prend donc le train avec sa mère, direction Lille. Ils sont accueillis sur le quai par l'inspecteur Desreumaux venu les chercher avec sa vieille Citroën. C'est lui et l'inspecteur Lasselin, eux aussi forts mais fragiles, qui sont chargés de la recherche des suspects de l'agression et ils vont être nombreux !
Notre sympathique inspecteur Hugo Boloren ne se doutait pas de ce qui l'attendait là-bas et qu'il allait devoir affronter l'affaire criminelle la plus sordide et la plus embrouillée de sa carrière car « le problème dans cette affaire, ce n'est pas le nombre de pièces dans le puzzle, c'est le nombre de puzzles ».
Terra nullius est un polar magnifique qui m'a subjuguée.
J'ai été conquise évidemment par cet enquêteur principal qu'est Hugo, tellement attachant mais aussi par la singularité, l'originalité des autres personnages. Malgré le nombre important de protagonistes, je n'ai jamais été perdue, chacun étant clairement authentifié.
Les thèmes abordés, extrêmement actuels, que ce soit la vie de ces laissés-pour-compte tentant de survivre dans ce bidonville, que ce soit le problème des décharges dont personne ne veut sur son territoire ou encore les troubles engendrés par la maladie d'Alzheimer, l'impact sur la vie au quotidien et la souffrance ressentie par les proches, tous apportent une plus-value non négligeable au bouquin en s'intégrant parfaitement à l'enquête.
Victor Guilbert, en choisissant comme cadre pour son polar cette décharge publique gigantesque, hallucinante, en a fait un véritable personnage. le cliquetis des tôles, les grincements lugubres, le gémissement glauque dû aux monticules qui s'affaissent, le plastique et le métal ramollissant sous le soleil, la canicule étant là, contribuent à la rendre effrayante, mais tellement vivante.
Ce qui fait le charme et la force de ce polar, le deuxième seulement, après Douve qui avait obtenu des critiques élogieuses, c'est aussi la plume espiègle, pleine d'humanité et d'humour de l'auteur, non exempte de tendresse.
Impossible de résister à ce héros désenchanté à souhait qui possède un étui à cigarettes rempli de chocolats et qui donc, use et abuse de carrés de chocolats millésimés, les considérant « comme un substitut à ses pensées désagréables, une catharsis comestible ». de plus, il n'a vraiment aucun talent pour le mensonge, mais pense-t-il, s'il ne sait pas mentir, il sait se taire.
Comment ne pas avoir envie de savourer une fricadelle avec lui, arrosée d'une « Bière de Snick, la lambic authentique qui tombe à pic » ?
Victor Guilbert emmène le lecteur dans une enquête à multiples rebondissements sans jamais le perdre et réussit à maintenir un suspense grandissant jusqu'au bout pour un final complètement inattendu.
Un excellent thriller avec une intrigue glaçante dans un lieu dantesque et un enquêteur fabuleux pourraient résumer Terra nullius de Victor Guilbert.
Je ne serais pas surprise que Terra nullius soit rapidement convoité par un réalisateur de cinéma, tant le scénario et le décor sont originaux !
Encore une très belle découverte grâce à Babelio et aux éditions Hugo Thriller que je remercie sincèrement.


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D'abord , un immense merci à Babelio et aux éditions Hugo Thriller pour l'envoi de ce livre lors d'une masse critique privilégiée, Quand je pense que j'ai légèrement (très légèrement) hésité ...
Un gamin d'origine somalienne meurt assassiné dans une décharge à ciel ouvert. Eh non, on n'est pas en Afrique mais non loin de Lille, cependant étonnamment ni en France, ni en Belgique , mais à Terra Nullius, une zone de territoire qui n'appartient à aucun état : une décharge et un bidonville à la frontière entre les deux pays. Jim habitait dans le bidonville, jouait au super héros dans la décharge, son jardin. Il y est mort.
Hasard ou destinée, l'inspecteur Boloren doit justement y venir à Lille, accompagner sa maman pour une consultation dans une clinique haut de gamme. Alors, parce que l'annonce de cette mort entendue à la radio a créé un frémissement dans sa tête, il demande à être intégré à l'équipe qui travaille sur le meurtre.
Ce qu'il faut savoir sur l'inspecteur, c'est qu'il résout ses enquêtes à l'aide d'une bille, une bille qui roule dans sa tête jusqu'à trouver la vérité, et cette bille avait disparu, Alors ce frémissement lui laisse penser qu'elle peut réapparaitre.

Plus que l'enquête, qui quoiqu'il en soit se tient d'un bout à l'autre et dont je n'avais absolument pas envisagé la fin, ce qui m'a séduite dans ce polar ce sont d'abord les personnages.
En premier lieu, cet inspecteur, aux méthodes improbables, dont le désarroi est grand entre la maladie de sa mère et la perte de sa bille, et qui ne peut même plus compter sur son vice pour un moment de réconfort : Son étui à cigarettes est rempli de chocolats, et le chocolat n'a pas forcement les vertus consolatrices d'une bonne cigarette, même s'il va parfois jusqu'à sortir à l'extérieur pour en prendre un. de plus, il ne sait pas mentir, cela peut être pénalisant quand on interroge un suspect :
"Grosset me regarde pour vérifier. Mon visage incapable de mentir confirme que je n'en sais pas plus que lui sur cette affaire. Il parvient tout de même à percevoir que je n'ai rien contre y mettre mon nez. Je suis un livre ouvert et Grosset un lecteur habitué"
A coté de lui, on trouve un panel de personnages attachants, entre Lulu la stagiaire au commissariat qui est toute heureuse d'avoir dégoté une bizarrerie dans les dossiers qu'elle étudie, pour la soumettre à Boloren, et le ramener un peu plus dans le monde des vivants, et puis Raphaël l'inspecteur Lillois, qui essaye de déterminer quels sont les puzzles derrière cette enquête (impossible que toutes les pièces, viennent du même) et qui désespère de paraitre son age et d'être pris au sérieux :
"L'inspecteur se lève en rajustant son costume trop grand. Il est persuadé que les costumes le vieillissent, qu'ils lui donnent ses vingt-huit ans que sa tête de blondinet lui refuse.Alors qu'en flottant dans son costard, il empire l'effet. On dirait qu'il l'a emprunté à son père"
Et aussi tous les protagonistes qui gravitent autour de cette décharge et autour du petit Jim, gamin magnifique, qui survivra les 6 jours de l'enquête, allongé sur un lit d'hôpital dans le coma et séduira tous ceux qui l'approcheront malgré cette présence réduite. Il y a Mani, qui règne sur la décharge, la vieille Sara, mère par substitution de Jim, l'espion vietnamien, le photographe peut-être un peu pédophile, sans oublier Magnétophone le chien à collerette.

L'auteur nous peint tous ces personnages et le déroulement de l'enquête dans une écriture savoureuse, pleine de trouvailles et d'humour, pleine aussi de tendresse pour ses personnages. Et j'ai aimé que la vie de l'inspecteur fasse partie de l'enquête : la façon dont l'auteur décrit comment la maladie d'Alzheimer débutante de sa mère est difficile à gérer pour Hugo Boloren, comme il est compliqué de voir une personne qu'on aime perdre la mémoire, comme il est douloureux de ne pas être reconnu par cette personne, comme les va-et-vient entre période d'oubli et période normale sont éprouvants, pour l'entourage et pour la malade qui à ce stade se rend compte de ce qui lui arrive.
Un vrai coup de coeur pour moi ce polar inventif, aux personnages attachants. Je vais surement lire le premier roman mettant en scène cet inspecteur.
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Après avoir dévoré fin mars le premier polar de l'auteur, « Douve », je me suis directement plongée dans son nouveau thriller paru il y a un peu plus d'un mois aux Editions Hugo Thriller, « Terra nullius ». Étant donné la récurrence de l'inspecteur Hugo Boloren, j'avais encore en mémoire tous les petits détails de sa première enquête et cette suite logique a fait que j'ai tout autant aimé ce second.

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce personnage, bien atypique qu'est cet inspecteur de police à la fois un tantinet étrange mais aussi attachant au travers de ses fêlures. On le retrouve ici à Lille, afin de visiter une clinique spécialisée pour sa mère et sa maladie d'Alzheimer. C'est l'occasion pour lui de se pencher sur l'agression d'un jeune garçon, dans un camp de migrants, jouxtant une décharge à cheval entre la Belgique et la France.

Un point commun observé dans les deux livres de l'auteur que je viens de dévorer, « Douve » et « Terra nullius » est la façon d'installer et de projeter le dénouement de façon intelligente et réfléchie. Alors que j'ai en horreur les enquêtes qui se terminent en moins de deux où l'auteur bâcle les dernières pages, Victor Guilbert prend bien le temps pour son final et j'admire cela.

Toute l'histoire se lit avec beaucoup de facilités, même si je trouve que l'auteur introduit à chacun de ses livres un certain nombre de personnages. Malgré cette pléthore, chacun de ceux-ci apporte une plus-value à l'histoire et n'est pas superflu.

En plus de cela, un événement déstabilisant se déroule aux deux tiers de l'histoire et franchement, je ne l'avais vraiment pas vu venir. Je ne rentrerai pas dans les détails pour ne pas en dire trop au risque de spoiler des détails mais j'en suis tombée de ma chaise, si je puis dire.

Pour finir, Victor Guilbert est parvenu à me surprendre par sa façon de se renouveler dans l'écriture d'une nouvelle enquête policière, sans que cela ne soit redondant par rapport à celle qui avait tenu place dans « Douve ». Il ne s'est pas reposé sur ses acquis et j'apprécie beaucoup ça que cela soit pour des auteurs confirmés mais aussi par des primo-écrivains.

J'ai maintenant hâte de découvrir le prochain thriller de cet auteur et espère de tout coeur que ce personnage captivant d'Hugo Boloren reviendra pour de prochaines aventures.
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Une belle rencontre avec Victor Guilbert et sa Terra Nullius. Edité par Hugo Thriller et reçu lors de la masse critique privilège. Merci Babelio.
Territoire sans maître entre la France et la Belgique, tel est le lieu où s'établit la construction du livre. Un, quelque part peu convoité où il n'y a pas de richesse mais pas non plus une ligne de front sans terre ni homme car résident là une horde de laissés-pour-compte. Une gigantesque décharge peu convoitée, mais tout de même le début d'un tout pour qui n'a rien, ce no man's land est une adresse. C'est le terrain de jeu de Jimcaale, un garçon de 10 à 12 ans qui évolue en connaisseur sur cette immense montagne de bric et de broc et de métal, amas crissant, couinant qui expire au soleil.
Il doit se hisser à son sommet pour ensuite en dévaler la pente, armuré de fer et casqué de fonte, il s'élance tel un oiseau fou veillant à ne poser, peser que peu en surface pour ne pas s'enfoncer, s'empaler dans quelques pieux et tôles coupantes qui s'érigent de façon anarchique. Et puis c'est comme un gâteau au four, ça lève bien. On apprend justement que l'enfant à des talents en cuisine et qu'il cultive les secrets, tant les siens que ceux de son histoire. On s'y intéresse d'autant qu'il devient à cet instant le personnage principal. Malheureusement en tant que victime car sa disparition n'est pas le fait d'un accident comme on aurait pu le croire. Nous allons alors mettre en branle la procédure judiciaire et rencontrer les enquêteurs. le commissaire Grosset de Paris dépêche Hugo Boloren vers la P.J. de Lille tout en lui recommandant pour sa mère, un éminent spécialiste Lillois de la maladie d'Alzheimer. Il devra rencontrer le commissaire Lepoutre, l'inspecteur Raphaël Desreumaux et son collègue Côme Lasselin. Hugo Boloren a une bille en tête. Soit qu'une particularité un peu dingo peut vous distancer sans pour autant vous écarter de la vérité, au contraire. de fait, c'est un personnage très attachant, tout comme Raph du reste. Pour calmer son angoisse, Boloren consulte Solange Kernadec, paléontologue de son métier, il faut bien ça pour un individu de cet acabit. Ensuite, c'est comme je l'ai dit, il faut suivre la cuisson, chaque personnage étant partie d'un puzzle ; et pour ma part, je compte bien retrouver cet auteur avec « Douve » car cette histoire m'a conquise. J'aime l'écriture, le style puisqu'il y en a un et le tout en ‘somme'.
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J'en ai connu des flics de littératures.
Des impulsifs, des taiseux, des excentriques, des violents, des nonchalants, des passifs, des courageux et des peureux aussi.
J'ai connu des addicts au tabac, à l'alcool, à des produits stupéfiants parfois et même un accro aux jeux télévisés.
Il y a de tout pour faire un monde de flics...
Celui de Victor Guilbert, lui, c'est le chocolat, son truc, il le déguste à longueur d'enquêtes, planqué dans un étui à cigarettes, fondant et au goût intense selon l'humeur.
J'ai aimé son polar.
Ce Terra nullius.
En plus du policier, l'originalité de ce roman, c'est son décor.
Une immense décharge à ciel ouvert et un camp de réfugiés, ou de sans-abris, ou des deux, même, au Nord de la France, presque en Belgique, enfin, on ne sait pas bien, personne n'en veut de ce bout de planète.
Terrain de jeux de Jimcaale, un gamin d'une dizaine d'années qui rêve de sauver le monde.
Son monde.
Mais voilà qu'on l'agresse.
Laissé pour mort, son cas arrive aux oreilles d'Hugo Boloren, un flic parisien qui doit justement se rendre dans les Hauts de France.
Sa petite bille (comprenne qui lira) lui dit que quelque chose se trame et qu'il devrait y jeter un oeil.
Sitôt dit, sitôt fait.
Il va donc se joindre aux enquêteurs du coin pour démêler le sac de noeuds tressé par Guilbert.
Bon, y a p't'être des trucs qui chiffonnent dans l'histoire, il n'y a pas un suspense insoutenable,  ce n'est pas un thriller diabolique, mais c'est quand même un bon polar, bien ficelé, suffisamment pour vous tenir en haleine tout au long du récit.
Et puis ce flic, j'y reviens, mais c'est un condensé de célèbres prédécesseurs.
Victor Guilbert n'est ni Peter Falk, ni Simenon, ni Agatha Christie, mais il a pioché chez eux, enfin, je crois.
Parce que, pour moi, il y a du Columbo (le par-dessus élimé et froissé trouverait tout à fait sa place dans le décor) dans sa façon de mener l'enquête, il y a du Maigret dans sa façon discrète d'observer et de juger les gens et il y a du Hercule Poirot dans sa façon de révéler la vérité.
Si ça, c'est pas de la référence...


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Merci à Babelio et aux éditions Hugo pour cette sympathique découverte.

Une des citations en exergue de ce roman précise que, en droit international public, une Terra nullius, littéralement « territoire sans maître », c'est soit « un espace terrestre qui n'a jamais eu de statut territorial [soit] qui a été délaissé après avoir été approprié ». le territoire qui nous occupe, celui que nous décrit Victor Guilbert, c'est la deuxième option : un espace abandonné de tous, une décharge à côté de laquelle se sont regroupés des laissés-pour-compte, des paumés de toutes sortes, essentiellement des réfugiés. Jimcaale, entre 10 et 12 ans, on ne sait trop, orphelin somalien, vit avec la vieille Sara, une Éthiopienne qui l'a pris sous sa protection. Il connaît la décharge comme sa poche et il aime se déguiser : super-héros pour les uns, chevalier pour les autres, mais petit héros infiniment sympathique, solaire. À la fin du prologue de 4 pages, vous le savez : « au matin du sixième jour, Jim sera mort ». Qui donc avait intérêt à tuer ce petit garçon ?
***
Après le prologue, le récit est divisé en 6 jours bien remplis. Deux narrateurs interviennent irrégulièrement. L'inspecteur Hugo Boloren se raconte à la première personne, et un narrateur à la troisième personne prend le relais. Plus Hugo prend de la place dans l'enquête, plus ce deuxième narrateur s'efface. La présentation des personnages du commissariat parisien m'a un peu essoufflée avec une accumulation de détails que le lecteur est censé connaître puisqu'il s'agit de la deuxième enquête de l'inspecteur Boloren. Cependant, cette impression de trop-plein s'efface rapidement, malgré la présentation des policiers de Lille : c'est dans la banlieue de cette ville que se déroulera l'enquête. Hugo Boloren accompagne sa mère, célèbre journaliste, qui doit consulter un spécialiste de la maladie d'Alzheimer dont elle est maintenant atteinte. Il se retrouve mêlé à cette enquête par pure curiosité et parce que son patron connaît bien le commissaire lillois.
***
Même s'ils ne se ressemblent pas vraiment, l'univers de Victor Guilbert et son Hugo Boloren m'ont semblé avoir quelques points communs avec le monde de Fred Vargas et son Adamsberg : deux policiers bien improbables évoluant dans des décors réalistes, prétextes à souligner des manques et des dysfonctionnements de notre société. Ils sont accompagnés de personnages secondaires, dont certains assez fouillés pour qu'on s'attache à eux. Un de ses collège décrit Hugo Boloren comme « sympathique, lunaire, agréable, indépendant… et préoccupé ». Ajoutons que l'inspecteur ne sait pas mentir et qu'il redoute les survenues de la bille dans sa tête. Il matérialise ainsi, je crois, ce qu'il ressent quand ses intuitions et ses déductions se rejoignent pour devenir cohérentes. N'empêche, il aimerait bien se débarrasser de cette bille qui provoque chez lui une sorte de transe momentanée qui s'apparente à une crise d'angoisse pour un observateur et qui l'amène à douter de ses compétences. La fantaisie et l'humour de Victor Guilbert ajoutent de l'intérêt à cette histoire complexe : plusieurs puzzles à assembler, mais les différentes pièces trouvent leur place à la fin. J'ai bien aimé ce roman à énigme, et maintenant, je me sens obligée de lire Douve pour savoir comment Hugo avait perdu sa bille, comment il a pris du plomb dans la main, pourquoi sa copine l'a quitté, etc. C'est bon signe...

Petit irritant : un personnage a des cernes sous les yeux, et le mot « cerne » qui revient plusieurs fois pour le décrire est considéré comme un mot féminin...
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Perché sur son sommet, Jim un enfant de dix ou douze ans, contemple son jardin, des collines de déchets accumulés. Jim a trouvé disait un trésor dans la décharge et il va sauver le monde. Une main s'abat et le garçon s'effondre, un liquide tiède se répand et un voile opaque embrume ses rétines. Jim laisse le lourd sommeil s'emparer de son petit corps d'enfant. Un sommeil, il ne la sait pas encore, qui durera que six jours. Car au matin du sixième jour, Jim sera mort.

Six jours ce sera la durée de l'enquête dans laquelle Victor Guilbert nous entraine. Ce qui, à mon avis fait la force de ce roman c'est avant tout le lieu atypique où se déroule l'action, une gigantesque décharge près de la frontière belge, accolée à un bidonville, une terre indésirable, complètement oubliée, une zone de non-droit. le deuxième attrait de ce récit ce sont les personnages, dont Hugo Boloren chargé de l'enquête sur le meurtre sauvage d'un gamin. Une petite bille de plomb souvenir d'une partie de chasse dont il a été le gibier zigzague dans son crâne et le met sur la bonne piste. Hugo conserve précieusement du chocolat belge dans un étui à cigarettes, il va découvrir la saveur de la bière de Snick, la lambic authentique qui tombe à pic.
Cette enquête ressemble à un immense puzzle avec de nombreuses pièces dont certaines m'ont semblé un peu alambiquées. Terra Nullius reste cependant un thriller agréable à lire, plein de rebondissements, il se déguste comme un petit carré de chocolat à 85 % de cacao.

Merci aux Éditions Hugo et à Babelio pour leur confiance.


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Jimcaale, 10 ou 12 ans sûrement joue dans son « jardin », c'est-à-dire la décharge géante à ciel ouvert à cheval sur la frontière franco-belge quand il est frappé à la tête.
Hugo Boloren a perdu « sa bille », cette petite harmonique particulière qui lui permet de résoudre ses enquêtes quand un mot, un regard, un geste fait « ding » dans son esprit vagabond. (Pour moi ce serait plutôt « tilt » car j'ai visualisé une bille de flipper allant, venant, virevoltant selon des trajectoires improbables à travers la piste du jeu).
Il doit justement emmener sa mère à un Rdv avec un ponte de la maladie d'Alzheimer à Lille.
Peut-être qu'en s'intéressant à cette affaire il retrouvera sa bille ?
Accueilli sur place par un jeune et sympathique collègue qui ne se formalise en rien de ses côtés lunaires, Hugo ne se contente pas de reconstituer un puzzle mais d'assembler les pièces des multiples puzzles dont la décharge, la Terra nullius est le coeur.
Une terra nullius : quesoko ?
C'est une terre, un territoire comme on dit maintenant, dont personne ne veut tout comme la décharge que ni la France, ni la Belgique ne revendique, tout comme les habitants du bidonville adossé à celle-ci dont personne ne veut non plus.
Voici un bon polar avec des personnalités attachantes comme le petit flic Raphael, ou Lulu la stagiaire, des personnalités originales comme Jimcaale petit bonhomme solaire qui rayonne depuis son coma hospitalier, ou le trimoin, et bien sûr comme Hugo qui a un petit air d'Adamsberg, incapable de mentir, toujours dans les nuages, qui suit son fil personnel, exaspérant les personnes rationnelles qui refusent d'admettre que l'on peut résoudre une enquête en suivant les chemins de traverse de son inconscient pas toujours conscient de se balader.
Un bon polar aux dialogues savoureux.
Merci à Babelio et aux Editions Hugo-Thriller pour cette Masse critique privilège.
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Un roman qui détient tous les ingrédients d'un bon polar tout en sortant des ressorts habituels du genre.
L'environnement : une décharge peuplée de migrants que la France et la Belgique se disputent ; évidement pour prétendre que cela concerne le territoire de l'autre et pas le sien.
L'intrigue : un enfant mort dans les premières pages, un autre dans le coma, du suspense, un tas de secrets et de non-dits.
Du rythme, des rebondissements et de l'humour .
Et surtout un flic atypique qui ne sait pas mentir et qui va se constituer sa petite équipe personnelle de non-professionnels ; pas sûre que cela plaise à l'IGPN.
On rajoute à cela sa mère victime d'Alzheimer, des collègues parisiens solidaires, des confrères Lillois accueillants et puis il ne boit pas (enfin il n'est pas tout à fait alcoolique car il enchaîne quand même bien les bières) mais mange du chocolat pour se concentrer et se détendre.
Vous l'aurez compris, la découverte de cet auteur fut un plaisir.
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Voici un polar très original que j'ai beaucoup apprécié.
Quelques points clefs pour vous donner une idée :

L'inspecteur qui mène l'enquête est attachant et présente quelques petites excentricités amusantes.
Tous les personnages sont bien fouillés et rendent l'histoire crédible et vivante.
Le lieu principal, inventé par l'auteur, est un univers à lui tout seul : une immense décharge à ciel ouvert située entre la France et la Belgique. Un territoire perdu dont personne ne veut mais dans lequel vivent tout un tas de laissés-pour-compte.
L'intrigue est très bien ficelée, tout est cohérent jusqu'à une fin bien amenée.
Le roman est bien écrit, dans une langue fort agréable à lire.

Et puis ? Et puis ?
Et puis c'est tout... ne comptez pas sur moi pour en dévoiler davantage !
Si vous voulez en savoir plus, ouvrez ce bon polar et laissez-vous prendre dans les filets de Victor Guilbert. Je fais le pari que vous serez ferrés dès le prologue, intrigant en diable.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Hugo Thriller pour leur invitation à découvrir ce livre et pour l'organisation d'une rencontre avec l'auteur qui fut très intéressante.
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